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samedi 6 mars 2021

Une marche dans le parc.

 

 

Les rapaces m'ont toujours fasciné. Les plus gros et les plus puissants d'entre eux occupent le sommet dans la hiérarchie gouvernant le monde des prédateurs et de leurs proies. Les rapaces nocturnes < hiboux, chouettes > m'impressionnent davantage que les diurnes < buses, éperviers, faucons >. Quand j'en croise un sur le terrain en plein jour, c'est comme si je faisais une rencontre du troisième type. Oui, nous vivons sur la même planète, mais sous des conditions d'éclairage inverses. Alors lorsque Dame chance place sur notre route un rapace diurne et un rapace nocturne perchés à faible distance, dans le même arbre et se regardant fixement, il ne reste plus qu'à s'émerveiller du spectacle offert.

 

Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk et Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl perchés dans le même arbre. Domaine de Maizerets, ville de Québec, le 28 février 2021 vers les 10h00 du matin.

 

Les deux oiseaux rapaces peuvent donc se croiser en un même lieu sans pourtant y vivre à l'année longue. La ville de Québec possède des parcs municipaux éparpillés aux quatre coins de la ville. Ces parcs abritent des parcelles de forêt assez vastes pour permettre à ces deux espèces de nicher et de pourvoir au nourrissage des jeunes. Les deux espèces partagent une certaine partie de leur diète lorsqu'elle se compose de petits et de moyens rongeurs (mulots, rats, souris, écureuils..). Même si j'ai déjà découvert une dépouille décapitée d'un mâle de Cardinal à poitrine rose en dessous d'un nid occupé par un Grand-duc d'Amérique, les petits passereaux sont trop vifs pour permettre au gros strigidé de les chasser efficacement. Par contre, ne lui montrez pas trop longtemps un lièvre, une marmotte ou une moufette, car il lui sera difficile de résister à passer à l'attaque. Par contre, l'épervier possède toutes les habiletés pour attaquer les oiseaux en vol. Selon vous, qui des deux prédateurs doit à se méfier le plus de l'autre? 

En cette belle matinée, l'oiseau le plus actif est l'épervier qui vient frôler en rase-motte l'extrémité des aigrettes du hibou. L'épervier niche régulièrement depuis quelques années dans ce parc, alors que le grand-duc vient faire son tour occasionnellement et surtout en saison froide. L'épervier ne peut qu'essayer de l'effrayer pour l'éloigner de son lieu de nidification. Par contre, le nuit venue, alors que l'épervier est bien installé immobile à se refaire des forces, rien ne garantit que le hibou ne profitera pas de cet instant de vulnérabilité pour l'attaquer, le tuer et s'en nourrir. 

 

 

Domaine de Maizerets, le 18 février 2017. Un regard très intimidant.

 

 

Le 07 avril 2015 au parc linéaire de Beauport, ville de Québec. Un mâle adulte d'Épervier de Cooper est perché près de son nid en devenir après avoir apporter quelques branches additionnelles.

 

Il y a de belles rencontres à faire en parcourant les parcs municipaux et je vous en souhaite près de chez vous.

 

@ bientôt.

  

mardi 12 septembre 2017

Chronique d'une mort annoncée



Pendant les migrations, que ce soit durant la printanière ou durant l'automnale, des centaines de millions d'oiseaux transitent entre leur aire de reproduction et leur aire d'hivernage. Certaines espèces, dites résidentes, demeurent toute l'année dans un territoire défini, mais les autres, dites migratrices, doivent parcourir souvent de très longues distances pour assurer leur propre survie.


En Amérique du Nord, quatre corridors migratoires sont reconnus: de l'Atlantique,du Mississippi, central et du Pacifique. Certaines espèces, comme le Pluvier bronzé / Pluvialis dominica / American Golden-Plover, utilisent deux corridors différents pour l'aller-retour. Au début de la migration automnale, les oiseaux se rassemblent au Labrador pour voler ensuite vers la côte du Brésil et les pampas de l'Argentine. Lorsqu'il retourne vers l'Arctique au printemps, ils survolent l'Amérique centrale et la vallée du Mississippi. Ceci explique le nombre d'observations beaucoup plus élevées pour cette espèce l'automne sous les cieux québécois.


Ces longs voyages sont remplis d'embûches qui occasionnent beaucoup de pertes parmi les rangs des migrateurs. La demande énergétique est tellement grande que les oiseaux doivent accumuler le plus de graisses possibles avant d'entreprendre la migration. Les longues heures passées en vol à combattre la chaleur, le froid, la pluie et les vents contraires exigent des oiseaux en pleine forme. Seuls ces derniers réussiront à se rendre au bout du long périple.

Cependant tous ces oiseaux en mouvement vers le sud peuvent compter sur des haltes stratégiques qui leur permettent de refaire des forces. Ceci explique pourquoi certains endroits sont reconnus, migration après migration, pour accueillir les vagues successives d'oiseaux migrateurs. Les limicoles sont parmi les oiseaux les plus faciles à prédire quant aux dates ou aux lieux de leur apparition sous nos cieux. À condition bien évidemment que les habitats restent intacts. La destruction d'habitats riverains dans les zones d'hivernage comptent pour beaucoup dans la diminution du nombre des limicoles. Et pour en ajouter davantage, ces hordes d'oiseaux sont accompagnés par des oiseaux rapaces qui, eux aussi, entreprennent des déplacements similaires à leurs proies. Les deux principaux prédateurs pour les limicoles au Québec sont le Faucon pèlerin / Falco peregrinus / Peregrine Falcon et le Faucon émerillon / Falco columbarius / Merlin.


Un Faucon émerillon en train de dépecer une Mésange à tête noire.


Ce Faucon pèlerin adulte se nourrit d'un Foulque d'Amérique qu'il vient tout juste de capturer.

Alors que le Faucon pèlerin peut capturer des proies beaucoup plus grosses, le Faucon émerillon se contente habituellement d'espèces plus petites. Mais un jeune Faucon pèlerin peut à l'occasion poursuivre un oiseau aussi petit qu'un Pluvier semipalmé et réussir même à le capturer. Anne et moi avons assisté à une poursuite très endiablée d'un faucon contre un pluvier à la Rivière Trois-Pistoles. Après d'interminables minutes, c'est finalement le faucon qui a eu gain de cause.

La présence de faucons immatures des deux espèces constitue une bien mauvaise nouvelle pour les limicoles qui se nourrissent dans la zone intertidale. Ces jeunes sont très fougueux, inexpérimentés et ils s'essaient sur tout ce qui bouge. Les poursuites sont très fréquentes, mais elles se terminent souvent par l'insuccès du côté du prédateur. Bonne nouvelle pour les proies, mais ces attaques successives, faites quotidiennement, induisent un stress bien compréhensible sur les limicoles. Pas étonnant donc de les voir s'envoler sans raison apparente pour revenir se poser au même endroit qu'ils viennent de quitter quelques secondes auparavant.

Jusqu'à hier, le 10 septembre 2017, je croyais dur comme fer qu'un limicole maintenu dans les serres d'un falconidé n'avait absolument aucune chance de s'en échapper. C'était pour moi comme une mort annoncée. Pourtant.... en ce matin pluvieux... 


Anne et moi sommes à l'ouest du quai de Kamouraska, dans un stationnement public limitrophe, et nous reluquons quelques espèces de limicoles qui se nourrissent sur le rivage. Il y a environ une soixantaine d'individus au total.


2 Bécasseaux variables, 2 Bécasseaux sanderling, 2 Pluviers semipalmés et 2 Bécasseaux semipalmés tentent de se nourrir, mais ils semblent plutôt stressés car ils ne cessent de s'envoler et de revenir au même endroit. Cette activité suggère souvent qu'ils sentent la présence d'un prédateur ailé. Même si nous ne le voyons pas, eux le voient ou, du moins, sentent sa présence.

C'est ainsi que, pour une nième fois, le groupe s'élance en trombe. Je prends une photo de ce moment en espérant pouvoir capter l'image d'un Bécasseau à croupion blanc que j'avais repéré au sol juste avant l'envol.




Le bécasseau recherché ne se trouve pas dans la portion du groupe d'oiseaux que je pointe. Cependant, je perçois du coin de l'oeil un mouvement qui me fait lorgner sans hésiter dans cette direction. Je n'en reviens pas de découvrir un Faucon émerillon qui tient dans les serres de sa patte droite un Bécasseau semipalmé resté parmi les roches du rivage..




Comme pour me permettre une meilleure vue sur la scène, le rapace se tourne un peu sur sa droite et je vois bien que ses serres tiennent l'oiseau par ses ailes. Le pauvre bécasseau a peu de chance de s'en sortir.




Le limicole se débattant de plus en plus, le prédateur le place pour lui asséner un coup fatal à la gorge.




Soudainement, l'attention du faucon se porte sur sa droite. Il en oublie ce qu'il était en train de faire. Le bécasseau en profite pour donner des coups de bec à son tortionnaire.




Alors que je m'attends à ce que le rapace s'envole avec sa proie dans les pattes, il lâche son étreinte...





Et il s'envole vers sa gauche. Le bécasseau en profite pour se sauver dans la direction opposée.

  


Anne me dit que c'est probablement une Corneille d'Amérique qui a passé tout près en croassant qui l'a fait fuir. Nous ne saurons jamais avec certitude ce qui a déstabilisé le rapace au point de lui faire lâcher sa proie avant de s'envoler sans demander son reste.

Mais une chose est certaine, ce bécasseau a eu une chance exceptionnelle. Et oui, il semble possible de déjouer la mort, mais il ne faut pas s'y frotter trop souvent.


@ bientôt.





mercredi 19 mars 2014

Donnant donnant


"Donnez et vous recevrez", voilà un principe bien connu des boxeurs, mais il ne s'applique pas qu'à eux. Heureusement.


Les ornithologues qui passent du temps en nature ont quelques fois la chance d'observer des comportements animaux assez intéressants. Comportements dictés par une loi aussi immuable que celle de la gravité sévissant sur notre belle planète bleue, celle qui commande que chaque action provoque une réaction.

C'est ce constat que nous avons vérifié, Anne et à moi, lors de notre dernier voyage près de Huatulco, sur la côte Pacifique du Mexique. Plus précisément à Pluma Hidalgo, à une heure et trente minutes de route au nord de Huatulco. Cet endroit est renommé pour le café et le chocolat qu'on y produit. Ce site est très fréquenté par les touristes qui y débarquent par dizaines. Situé à 1300 mètres d'altitude, il offre l'occasion pour les ornithologues d'ajouter des espèces rencontrées en forêt tropicale humide par opposition à la forêt tropicale sèche qui prévaut dans les basses terres du versant Pacifique. "Pluma" se traduit par "plume" et cette image réfère aux nuages qui s'accumulent au sommet des plus hauts pics et qui ressemblent à des plumes duveteuses. "Hidalgo" et le nom d'un prêtre qui a beaucoup fait pour que les mexicains gardent leur indépendance. Ce nom se retrouve d'ailleurs souvent dans des noms de villages ou de sites.

En ce beau matin du 18 février 2014, nous nous y rendons accompagnés par Eric Antonio Martinez, un guide ornitho local vivant à Oaxaca, et un couple en provenance du Chili, Magdalena et Willie. Avant d'arriver près de Pluma Hidalgo, nous bifurquons à gauche sur une vieille route. Cette ancienne route continue encore à être empruntée aujourd'hui puisqu'elle mène à divers petits villages en montagne. Elle est intrigante en ce sens qu'on a l'impression quelques fois de pénétrer dans une cour privée tellement c'est étroit et que les maisons sont collées sur la route. Quelle bonne idée nous avons eu de louer les services d'Eric pour quelques jours.

Aux environs de 7h45, nous observons un petit rapace perché sur une grosse branche d'un arbre mort. Nous stationnons l'auto à un endroit sécuritaire et nous observons la scène avec beaucoup d'intérêt. D'abord, l'identification est facile, il s'agit d'un Faucon des chauve-souris / Falco rufigularis petoensis / Bat Falcon. Cette espèce est régulièrement rencontrée en zone tropicale et elle est facile à repérer grâce à son habitude de se percher bien en évidence. Les mâle et femelle arborant le même manteau, la taille permet de déterminer le sexe. Comme l'individu est seul pour l'instant, nous ne nous préoccupons pas de cette précision.

Alors que nous nous attardons à cet endroit, voilà qu'un deuxième oiseau arrive en vol transportant dans ses serres un mâle de Paruline à gorge noire / Setophaga virens / Black-throated Green Warbler. C'est un mâle et il remet rapidement sa proie à sa femelle. Je n'ai malheureusement que le temps de prendre cette photo juste après le transfert.




Le couple reste de longues minutes à vocaliser et la femelle s'éloigne à moins d'un mètre pour commencer à déplumer sa proie.



 

Le mâle part en vol, mais il revient se percher un peu plus bas. Les deux partenaires sont toujours dans le même arbre. Ça prend bien une vingtaine de minutes avant que la femelle ne finisse d'ingurgiter la paruline.

Il se passe alors une chose à laquelle personne du groupe ne s'attendait. Voilà que la femelle émet quelques sons et le mâle vient se percher dessus pour copuler.




La différence de taille est alors encore plus apparente. Le mâle bat des ailes afin de garder un équilibre précaire. Les deux cloaques fusionnent quelques fois et pendant quelques secondes. Le mâle quitte et la femelle garde un instant une posture plutôt suggestive... pour un autre faucon.





Les échanges de nourriture entre les partenaires d'un même couple sont souvent observés chez les oiseaux et ils sont presque toujours associés à la reproduction. En apportant une proie à sa promise, ce faucon mâle lui a montré ses habilités de chasseur et lui a indiqué qu'il pourra subvenir aux besoins d'une prochaine nichée. La femelle ne demandait pas mieux.

Comme chaque sortie en nature nous apprend des choses, je suis bien content d'avoir pu assister à une telle scène. J'ai souvent observé ce faucon en chasse alors qu'ils poursuivaient des chauve-souris, mais c'est la première fois que je pouvais voir un passereau dans ses serres.


À bientôt.




lundi 10 mars 2014

The Struggle for life



En mars 1973, j'en suis à ma deuxième année d'étude collégiale au CEGEP Notre-Dame-de-Foy à Cap-Rouge, situé à quelques kilomètres à l'ouest de la ville de Québec. Notre prof de philosophie nous donne comme travail de faire un résumé des différents courants de pensée concernant l'évolution des espèces à l'époque de Charles Darwin. C'est un sujet qui m'intéresse au plus point et j'y consacre toute la fin de semaine. Ce qui frappe le plus mon imaginaire c'est le livre de Charles Darwin, publié le 24 novembre 1859 et intitulé "The Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life", dans lequel il explique le mécanisme présidant, selon lui, à l'évolution graduelle des espèces vivantes dans la nature. J'aime beaucoup le terme "struggle for life", car il exprime bien ce qui se passe réellement dans la nature sauvage. Même si cela peut paraître très cruel aux coeurs sensibles, il n'y a pas d'autre moyen pour conserver une population en santé que de ne permettre qu'aux plus en forme de survivre et de se reproduire afin de perpétuer une race forte.

En ce beau 23 février 2014, Anne et moi observons les oiseaux en arpentant un terrain de golf situé à Huatulco, dans le sud-ouest du Mexique. Heureusement pour nous, il est fermé pour réparation depuis quelques mois et il ne doit ouvrir que dans quelques mois. Situé à seulement dix minutes de marche de notre hôtel, le Barcelo Premium de Huatulco, c'est un endroit où nous nous rendons régulièrement tôt le matin. Il est aux environs de 9h00 du matin lorsque Anne attire mon attention sur un oiseau posé au sol, en plein milieu d'une allée de golf. Je pointe les jumelles vers l'endroit et je suis tout surpris de découvrir un magnifique Faucon pèlerin / Falco peregrinus tundrius / Peregrin Falcon assis sur une proie qu'il vient d'attraper, une Foulque d'Amérique / Fulca americana americana / American Coot.




En tout bon oiseau de proie qu'il est, le faucon cache sa victime en étendant les ailes et les plumes de la queue. Il évite ainsi d'attirer l'attention d'un autre prédateur. La foulque n'est pas encore morte et elle essaie d'échapper aux serres du rapace. Mais la prise est ferme et la fuite impossible.



  
Le faucon s'attarde au cou du rallidé. Il y plonge le bec et il s'ingénie à couper les vertèbres grâce à la dent présente à sa mandibule supérieure. Au début, je ne vois pas où il veut en venir, mais la prochaine photo nous dévoile le dénouement.




D'un coup de tête, il fait voler celle de sa victime, rendant l'identification de cette dernière plutôt facile. Je n'ai jamais vu comment le faucon a fait pour capturer la foulque. Est-ce en vol, comme il le fait habituellement, ou a-t-il fondu sur une foulque qui s'était égarée un peu trop loin du point d'eau tout près ? Une bonne centaine de foulques se trouvent à proximité dans et autour de deux grands plans d'eau. Et nous avons l'occasion d'en observer certaines qui arpentent les surfaces gazonnées pour y trouver des graines ou des insectes. Nous ne saurons jamais comment le tout s'est produit.

Profitant du fait que le prédateur est occupé à continuer son repas, je m'avance super lentement et à pas de loup afin de ne pas l'effrayer.




La tête de la victime à moins d'un mètre en face de lui, le falconidé s'applique à déplumer ce qui reste de la foulque. Je suis tellement absorbé à prendre des photos que je ne remarque même pas l'oiseau qui arrive sur la droite.




Un Urubu à tête rouge / Cathartes aura aura / Turkey vulture vient se poser en trombe au sol en maintenant ses ailes grande ouvertes. Le faucon prend panique et soulève la foulque en faisant voler tout autour les plumes se trouvant au sol. Sans doute à cause de la pesanteur de sa proie, il ne se déplace que de quelques mètres.




L'urubu profite du déplacement du pèlerin et il s'empare aussitôt de la tête. "Bon", que je me dis,"c'est donc cela qu'il voulait". À voir l'allure courroucée du faucon, je suis certain que c'est seulement ce bout que l'urubu aura de la foulque. L'urubu se déplace lentement et il se tourne pour présenter son dos au faucon.




Les ailes bien déployées, le cathartidé protège, comme le faisait au début le faucon, sa proie de tout autre individu. Le pèlerin, quant à lui, semble plus préoccupé par la présence possible d'autres urubus. Les deux mangent leur partie respective du festin. Je ne m'attends certes pas à ce qui va suivre.




Utilisant sa propre version du célèbre "moon walk" de feu Michael Jackson, voilà que le gros urubu recule d'un trait et résolument vers le faucon. Cela se fait si vite que j'ai à peine le temps de peser sur le déclencheur de ma caméra. Le faucon est tellement subjugué par cette attaque surprise qu'il prend une fraction de seconde additionnelle avant de prendre la poudre d'escampette.




Mais cette fois-ci, le pèlerin ne tient sa proie qu'à l'aide d'une patte et la fuite effrénée lui fait perdre son précieux butin.





Et voilà notre pauvre foulque, ou du moins ce qu'il en reste, qui s'envole pour une dernière fois, les deux pattes en l'air, nous montrant ses longs doigts palmés. Contre toute attente, le pèlerin abdique et l'urubu sort grand gagnant de ce combat de courte durée, mais superbement bien planifié par le nécrophage.




Si je ne l'avais jamais vu, jamais je n'aurais cru qu'un oiseau à l'allure aussi féroce que le Faucon pèlerin pourrait céder sa proie à un seul Urubu à tête rouge. L'urubu n'inspire aucune férocité puisqu'on le considère plutôt comme un fossoyeur qui n'a jamais à se battre contre sa proie. Son vol est indolent et lent comparé au bolide ailé qu'est le pèlerin. 

Et que fait notre gros faucon une fois la confrontation terminée ?  Et bien, je vous le donne en mille, il vient se percher dans un gros arbre au-dessus de moi. 





Il ne cesse de se plaindre sur son sort en regardant en direction du vainqueur debout sur son ancienne proie. J'ai tout à coup envie de lui raconter l'histoire du petit oiseau tombé du nid et qui se plaignait de son sort... mais je sens qu'il ne comprendrait pas.


@ bientôt,