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lundi 18 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (octobre 2020) < 1 de 2 >

  

Les parulines d'automne sont souvent très déroutantes pour les observateurs et pas seulement pour ceux qui débutent en ornithologie. Durant leur périple migratoire qui les mènera, du moins pour certaines d'entre elles, aussi loin qu'en Bolivie, elles doivent se nourrir tout au long du parcours et elles sont alors très actives. Avec les feuilles encore présentes dans les arbres, il n'est pas facile d'observer les oiseaux à découvert et dans leur intégralité, mais à force de voir tantôt une tête, tantôt les dessus, tantôt les dessous et tantôt la queue, on finit par rassembler les morceaux du casse-tête et par se faire une idée.

 

 

La Paruline obscure / Oreothlypis peregrina / Tennessee Warbler exhibe un pâle et mince sourcil jaune souligné par une ligne peu prononcée, mais apparente, qui traverse l'oeil et le dépasse légèrement. Les sous-caudales sont BLANCHES et le ventre blanchâtre. Une seule bande alaire peut être évidente chez certains individus. Domaine de Maizerets, 03 octobre 2020.



La Paruline verdâtre / Vermivora celata celata / Orange-crowned Warbler possède un plumage uniforme. Les dessous sont jaunâtres, aucune bande alaire, la tête grisâtre, un cercle oculaire évident mais incomplet, et les sous-caudales JAUNES. Elle est dans la liste des dernières espèces de paruline à nous quitter.



La Paruline jaune / Setophaga petechia amnicola / Yellow Warbler possède un cercle oculaire complet et bien évident. Les dessous jaunes vont du menton jusqu'au bout des sous caudales. Les ailes paraissent plus foncées et les grandes et petites couvertures alaires sont fortement lisérées, ce qui n'est pas le cas chez la Paruline verdâtre.




Au Québec, le Bruant à couronne blanche / Zonotrichia leucophrys leucophrys / White-crowned Sparrow niche dans la toundra, la taïga et la Plaine hudsonienne. Il hiverne du centre des États-Unis jusqu'au centre du Mexique. Il n'est que de passage durant les migrations. À l'automne, il visite souvent nos cours et les parcs municipaux comme ici au Domaine de Maizerets, le 04 octobre 2020.




Il est fréquent, lors des migrations d'automne, de voir passer des groupes de Merles d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robins . Ils s'arrêtent dans les arbres fruitiers pour engloutir goulûment tous les fruits qui tombent sous leurs becs. Comme le Domaine Maizerets abrite plusieurs de ces arbres, c'est l'endroit idéal pour assister au passage de ces gros passereaux. L'immature se reconnait facilement à ses dessous orangés marqués de marbrures noires et de zones blanchâtres. Rencontre faite le 04 octobre.



C'est à l'automne que cette espèce arbore les couleurs qui lui ont valu son nom. Ce mâle en plumage inter-nuptial est un Quiscale rouilleux / Euphagus carolinus carolinus / Rusty Blackbird et il reste très fidèle à sa niche écologique même en pleine migration. Il niche en forêt boréale et il est inféodé aux milieux humides tels les ruisseaux à faible débit, les tourbières, les marais, les marécages et les étangs de castors. Si vous désirez le trouver en période migratoire, cherchez le dans les milieux inondés, les fossés et les sous-bois. Son chant qui fait penser à une poulie de corde linge... un peu rouillé... reste encore la même façon de connaître sa présence. Domaine de Maizerets, le 04 octobre 2020.



Comme si le Coronavirus n'était pas une plaie suffisante à endurer, voilà que le Circovirus semble affecter un oiseau rencontré ce matin du 06 octobre au Domaine de Maizerets, du côté de l'arboretum. Je remarque un passereau de bonne dimension perché dans un arbuste dégarni de ses feuilles. C'est un Mésangeai du Canada / Perisoreus canadensis nigricapillus / Gray Jay. Il est silencieux et il s'envole pour se percher dans un conifère. Un mésangeai, c'est plutôt loquace habituellement et il n'est pas rare de l'entendre émettre des sifflements ou d'autres sons de contacts courts et variés. Pas celui-ci. Il ne reste pas longtemps en place et il disparaît vite en vol. En regardant mes photos, je constate que le culmen de son bec est allongé et recourbé vers le bas. La mandibule inférieure est courte, comme tronquée. Par manque de soin qui demande un bec normal, son plumage est hirsute et les plumes sont clairement en mauvaise condition. Une recherche sur le net m'amène à la conclusion que cet oiseau doit souffrir de la PBFD (Psittacine Beak and Feather Disease) ou maladie du bec et des plumes. Ses chances de survie sont malheureusement faibles.



Et voici la cerise sur le sundae, comme on le dit si bien. Cet immature d'Aigle royal / Aquila chrysaetos canadensis / Golden Eagle tournoie au-dessus de nos têtes en cette belle journée du 09 octobre alors que nous visitons l'endroit le plus sûr pour en trouver un, soit la Réserve Nationale de Faune du Cap Tourmente. Mais ils ne sont que de passage. Ce sont les migrations qui les amènent à traverser le secteur. Ces gros rapaces reviennent du sud vers la mi-mars et ils repartent vers la fin-septembre. Quelques individus peuvent rester l'hiver.



Le Bruant des marais / Melospiza georgiana ericrypta / Swamp Sparrow est assez facile à trouver au Cap Tourmente. Il faut le chercher dans les milieux humides comme ici au Marais des Graves. Comme la réserve possède plusieurs plans d'eau, ce ne sont pas les occasions qui manquent. À l'instar de bien des passereaux, il est curieux et il résiste mal à l'envie de se montrer à découvert dès qu'il entend un chuintement suspect. Mais il faut être rapide pour le photographier, car ça ne dure vraiment pas longtemps.



Et oui, c'est comme ça à la RNF du Cap Tourmente! On ne jamais ce qu'une sortie nous réserve. Alors que j'observe à la jumelle une grive dans la végétation, un flash gris pâle passe dans ma vision périphérique. Intrigué, je focalise vers l'endroit et j'identifie à l'oeil nu un rare Gobemoucheron gris-bleu / Polioptila caerulea caerulea / Blue-gray Gnatcatcher. Ce petit moucherolle nerveux est observé de temps à autres en période migratoire. En raison de sa petite taille, il peut facilement passer inaperçu. Son cri très faible et très aigu est caractérisque, mais encore faut-il l'entendre. Cet individu n'en a émis aucun.



J'adore cette espèce qui joue volontiers à cache-cache. Avec son imitation de miaulement de chat, elle nous fait connaître sa présence, mais on dirait qu'elle le fait pour nous narguer. Son manteau gris uniforme le rend difficile à déceler à travers un feuillage épais ou dans la pénombre des sous-bois. La seule couleur voyante se retrouve au niveau des plumes sous-caudales qui sont rousses.



Avec les dessous d'un jaune aussi éclatant, il est difficile de passer inaperçue pour cette belle Paruline à joues grises / Vermivora ruficapilla ruficapilla / Nashville Warbler. Même dans son plumage plus terne d'immature, son jaune reste évident. Ici, il s'agit probablement d'un adulte à cause du contraste  entre le jaune des parties inférieures et le gris de la tête.



Wow! Une autre belle prime en cette journée. Pierre Otis repère le plus petit des strigidés du Québec alors qu'il est bien caché dans un buisson. La Petite Nyctale / Aegolius acadicus acadicus / Northern Saw-whet Owl est un vrai petit bijou ailé. Malgré son allure inoffensive de toutou, sa petite taille et son faible poids, 20 cm et 80 g, elle demeure un prédateur très hargneux qui peut capturer des prises assez impressionantes en regard de sa propre grosseur. J'ai déjà observé une Petite Nyctale perchée à environ cinq mètres du sol, sur une branche d'un conifère... et assise sur un rat mort. J'étais ébahi de voir un si petit prédateur et une si grosse proie en comparaison. Et ensuite m'est venue la question qui tue "Mais comment a-t-elle fait pour transporter le rat sur cette branche?". La nature ne finira jamais de nous étonner.


@ bientôt pour la suite du mois d'octobre 2020.

 

mercredi 13 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (septembre 2020).

 

Voilà maintenant six mois que nous sommes confinés. Rien n'a vraiment changé concernant les mesures de santé à prendre pour nous protéger et pour protéger les autres. Cependant, il est possible de se déplacer partout à condition de ne pas rentrer en contact rapproché avec d'autres personnes. À la mi-septembre, nous nous permettons même une nuitée aux Escoumins. Tout se passe très bien avec toutes les mesures sanitaires mises en place à l'hôtel et au restaurant situé juste en face de l'hébergement. Voici donc un aperçu de nos sorties.

 

Une espèce que nous recherchons en septembre est la Grue du Canada / Grus canadensis canadensis / Sandhill Crane. Même si le plus grand de nos échassiers du Québec se retrouvent en plus grand nombre en Abitibi et au Saguenay-Lac-Saint-Jean,  il est possible de l'observer près de la Grande tourbière de Villeroy située dans la région administrative Centre-du-Québec. Et c'est dans le secteur de Notre-Dame-de-Lourdes que nous l'observons chaque année depuis une couple de décennies. Voici une photo très lointaine que j'ai pu prendre de deux d'entre elles, le 06 septembre 2020. Comme ce sont des terres agricoles privées, il est interdit de s'aventurer de plus près.

 


Voici une photo prise le 08 mai 2015 au Three Lakes Wildlife Management Area, en Floride. Il s'agit de la sous-espèce pratensis qui passe l'année en Floride. Elle est habituée à la coexistence humaine et elle continue sa besogne malgré ma présence.



Après Notre-Dame-de-Lourdes, nous nous rendons dans la région de Saint-Édouard-de-Lotbinière à la recherche cette fois-ci d'un limicole migrateur assez fidèle à la date de son apparition et à l'habitat où on peut l'observer durant sa migration automnale. Mais il faut être aux aguets, car il se confond tellement bien avec la végétation dans les champs labourés tapissés d'un court tapis vert. Un truc pour le trouver plus facilement? Chercher les champs où le Pluvier kildir se tient en petites bandes. Ce limicole s'appelle le Pluvier bronzé / Pluvialis dominica / American Golden-Plover.

 

 

Vous vous souvenez des Bécasseau à échasses et Bécassin à long bec que je vous ai présentés dans le billet précédent? Et bien les voici côte-à-côte parmi des Petits Chevaliers. La proximité des trois espèces permet de comparer leur taille. Ça se passe toujours au quai Boulanger à Montmagny. Cette fois-ci le 07 septembre 2020.

 

 

Encore une comparaison entre un Petit Chevalier et un Bécasseau à échasses. On voit bien les différences au niveau du bec, de l'arcade sourcilière, de la couleur des pattes et des motifs bien différents sur les parties supérieures. 

 

 


Le Garrot à oeil d'or / Bucephala clangula americana / Common Goldeneye niche sur les lacs ou les plans d'eau de moindre importance comme ceux créés par les barrages de castor. J'ai d'ailleurs eu la chance d'en trouver quelques uns en forêt boréale. Ce n'est pas un canard plongeur facile à approcher, mais il arrive qu'un individu s'approche des quais comme c'est le cas ici à Montmagny. La photo montre bien la couleur de cet oeil qui lui a valu son nom. À noter également les canelures de son bec qui agissent comme filtre en laissant échapper l'eau excédentaire lorsqu'il sort de l'eau avec une proie dans le bec.

 

 

Quand on pense à élégance et à finesse des traits, il est difficile de ne pas penser au Phalarope de Wilson / Phalaropus tricolor / Wilson's Phalarope. Remarquez les semi-palmures entre les doigts qui l'aident à se propulser dans l'eau alors qu'elle effectue ses célèbres vrilles à la surface en quête de nourriture. Une autre belle espèce qui visite le quai à toutes les années et toujours lors de la migration d'automne.

 

 

Et nous passons d'un quai à l'autre. Nous voici maintenant le 12 septembre au quai d'Essipit < Les Escoumins > dans la région administrative de la Haute-Côte-Nord. Un automne ne serait jamais le même sans ce rendez-vous annuel alors que la découverte de laridés plus rares est fortement appréhendée dans cette région. C'est le meilleur endroit pour l'observation de la Mouette pygmée. Ici, je vous présente un canard marin qui se rencontre habituellement en eau salée. Il est commun et même abondant. Cette femelle d'Eider à duvet / Somateria mollissima dresseri / Common Eider s'approche du quai alors qu'elle se livre à sa pêche aux mollusques et aux crustacés.

 

 

Une autre belle occasion de photo avec l'approche de cet immature de Grèbe jougris / Podiceps grisegena holbollii / Red-necked Grebe. Cette espèce se tient habituellement assez loin du rivage. Ce grèbe se nourrit principalement de poissons, mais aussi d'insectes, de crustacés, d'amphibiens et de vers. Ne pouvant digérer rapidement les arêtes de poisson, il arrache et avale de grandes quantités de ses propres plumes. Les plumes enveloppent et bloquent les arêtes dans l'estomac de l'oiseau. Les arêtes auront ainsi le temps d'être digérées. Le Grèbe jougris fait aussi avaler des plumes à ses petits.



Je vous présente le < canard Nike > qui arbore fièrement la célèbre coche. C'est un canard plongeur, la Macreuse à ailes blanches / Melanitta deglandi deglandi  / White-winged Scoter, qui peut se rencontrer en eau salé ou en eau douce. Elle porte bien son nom, car c'est la seule espèce de macreuse rencontrée au Québec qui se distingue par un miroir blanc.



La migration des passereaux en provenance de la forêt boréale bat son plein et nous pouvons escompter voir n'importe quelle espèce, n'importe où, n'importe quand et dans des plumages très différents de ceux présentés le printemps d'avant. En septembre, les immatures de l'année peuvent causer des maux de tête à l'observateur, mais ce n'est pas le cas ici. Nous reconnaissons facilement une belle Paruline à gorge orangée / Setophaga fusca / Blackburnian Warbler dans un plumage tout frais d'immature. Domaine de Maizerets, le 18 septembre 2020.



La façon de pêcher du Héron vert / Butorides virescens virescens / Green Heron me semble remplie de zénitude avec son apparente passivité, son excessive lenteur et son indéfectible concentration. On dirait qu'il hypnotise ses proies. Peut-être le fait-il après tout! Après souvent d'interminables minutes sans broncher, son cou se détend à la vitesse de l'éclair et son bec attrape sur ou sous l'eau la proie qui n'a rien vu venir. Observé à la Réserve Naturelle du Marais-Léon-Provancher, le 20 septembre 2020.



Il n'est pas toujours évident d'identifier avec certitude les grives à l'automne. Il y a tellement de différentes teintes de couleurs dans le plumage selon l'âge des individus rencontrés. Je me suis souvent trompé en identifiant mal certaines grives. Mon daltonisme ne m'aide guère avec toutes ces parties rousses qui m'échappent complètement. Je me considère chanceux d'avoir pu photographier la peu commune Grive à joues grises / Catharus minimus aliciae / Gray-cheeked Thrush le 21 septembre au Domaine de Maizerets. En fait, malgré de multiples visites à cet endroit autour de cette date, c'est la seule fois que nous en avons vu une.



Le petit étang à l'entrée de l'arborétum au Domaine de Maizerets réserve quelques fois des surprises. Aujourd'hui, c'est un immature de Harle couronné / Lophodytes cucullatus / Hooded Merganser qui nage parmi les Canards noirs et les Canards colverts. Contrairement à ces derniers qui sont des canards barboteurs, le harle est un canard plongeur qui se nourrit de petits poissons, de crustacés et d'insectes aquatiques. Il peut également se nourrir de graines et de plantes aquatiques même si ce n'est pas sa spécialité. L'ancien nom du harle était < bec-scie > et il faisait référence aux rebords en pointe de scies de son bec. Bien utile pour retenir les proies autrement insaisissables.



Parmi les passereaux recherchés en automne, on retrouve le Viréo de Philadelphie / Vireo philadelphicus / Philadelphia Vireo. Même si quelques individus peuvent nicher ici et là dans notre région, c'est dans la forêt boréale qu'il se retrouve pour nicher. Les deux migrations sont les meilleures périodes de l'année pour l'observer en plus grand nombre. Il accompagne les groupes de passereaux en migration et il est très actif au niveau de la recherche de nourriture. Il faut être rapide pour le photographier avec une proie dans le bec, car il l'avale très vite.



Nous sommes toujours au Domaine de Maizerets, mais le 27 septembre cette fois-ci. Deux immatures de Bihoreau gris / Nycticorax nycticorax hoactli / Black-crowned Night-Heron sont fidèles au poste près de la rivière qui sépare le site en deux parties. Le 13 mai, j'avais photographié un adulte au même endroit. Difficile de confirmer si ces immatures font partie de la descendance de cet adulte. Ça me surprendrait énormément, car je ne vois où cette espèce pourrait nicher sur le site. Et de la façon que ça évolue, i.e. le trafic humain augmentant de façon exponentielle et le manque de respect pour demeurer dans les sentiers tracés, on risque de trouver de moins en moins d'activité animale variée au domaine dans un avenir malheureusement rapproché. 



Depuis quelques années, l'Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk niche sur le site du Domaine de Maizerets. Il niche également dans d'autres parcs municipaux de la ville de Québec. C'est difficile de concevoir qu'un aussi petit site puisse servir de garde-manger à une famille d'éperviers. Je crois que les parents nourriciers font des rondes régulières dans les boisés avoisinants et dans les stations d'alimentation dans les différentes cours des particuliers où leurs  proies potentielles, les rongeurs et les passereaux, vont se nourrir. J'ai la visite d'un épervier au moins deux fois par année dans ma cour de Sillery. Et ça, c'est ce que je peux voir. Il y a sans doute plus de visites que ça.



Le Bruant de Lincoln / Melospiza lincolnii lincolnii / Lincoln's Sparrow fait penser au Bruant chanteur par les motifs de son plumage, mais il est bien différent au point de vue comportemental. Plus petit, il est également plus furtif et il affectionne les tourbières pour nicher. En période migratoire, il peut cependant visiter tous les genres d'habitats, même dans nos cours. Il peut alors être abondant et le meilleur endroit pour le voir en plus grand nombre est dans la réserve nationale de faune du Cap Tourmente. Nous en avons aperçu quatre en quelques heures le 28 septembre 2020.



Ce même avant-midi, nous avons observé 69 individus de cette autre espèce de bruant. La beauté de ce Bruant à couronne blanche / Zonotrichia leucophrys leucophrys / White-crowned Sparrow est rehaussée par ce décors aux couleurs automnales.


@ bientôt pour la suite de l'année 2020.


mercredi 23 janvier 2019

Mes coups de coeur 2018



J'adore observer les oiseaux et j'adore faire de la photo. Maintenant, l'un ne va plus sans l'autre. Sans jumelle au cou, je me sens handicapé, de même lorsque je ne porte pas ma caméra en bandoulière. C'est donc équipé de ces deux éléments que je peux savourer au maximum cette belle nature, si généreuse à nous révéler ses trésors dès que nous passons du temps dehors. Et dans la nature, il n'y a pas que des oiseaux, il y a tout le monde végétal, les insectes et les animaux. Tout est source d'apprentissage à condition bien entendu d'être curieux et avide d'en apprendre davantage.

En 2018, j'ai ajouté près de 1000 photos sur mon compte Flickr. Difficile de choisir les 15 photos qui m'ont marqué davantage que les autres, mais je me suis prêté à cet exercice. J'y vais dans l'ordre chronologique.

Le 10 mars 2018, je suis au domaine de Maizerets. Il neige de plus en plus abondamment et un Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl  est perché le long de la rivière qui traverse le parc. À mon arrivée, il y a plusieurs photographes et l'oiseau est bien éveillé. L'attention du hibou se porte sur les chiens qui passent dans les sentiers tout près. Ils sont en laisse et accompagnés de leur maître. L'intensité de son regard est remarquable.






Le 31 mars 2018, Gérard Cyr repère à Neufchatel un oiseau dont la présence est inusitée au Québec: le Merlebleu azuré / Sialia currucoides / Mountain Bluebird. Il s'agit d'un oiseau de l'ouest du continent et qui se serait égaré de son corridor migratoire. Gérard le trouve et il communique sa trouvaille par texto. Dès que Anne en prend connaissance, nous nous dirigeons vers l'endroit. Gérard est toujours présent et il nous indique où l'oiseau est perché. Même si l'oiseau n'est pas près de nous, il me permet de prendre quelques photos dont celle-ci. Malheureusement, juste comme arrive un autre ornithologue, l'oiseau s'envole et il ne sera pas revu par la suite. Merci à Gérard pour avoir partagé aussi rapidement sa découverte.







Le 9 avril 2018, nous sommes à Baie-du-Febvre, près des deux étangs de rétention le long de la route Janelle. Tous connaissent le potentiel d'accueil de Baie-du-Febvre en période migratoire. Une avifaune abondante et variée y fait un arrêt stratégique pour refaire des forces avant de continuer leur migration. Voilà qu'un Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin, un chasseur implacable des petits passereaux, vient se percher tout près en tenant dans ses serres un mâle de Plectrophane des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Bunting. Il le déplume devant nous avant de percer la chair de son bec acéré. Ce petit prédateur suit les passereaux lors de leur migration et il se nourrit quotidiennement à même le cheptel des migrateurs.





Voici maintenant un locataire permanent de ma cour. Ce petit rongeur me fait sourire à chaque fois que j'observe son comportement. Il est petit, vif, tellement vaillant et d'un charme absolu. Le Tamia rayé / Tamias striatus / Eastern Chipmunk ne laisse personne indifférent.






Le bourdon diffère très peu de l'abeille domestique: il se nourrit du nectar des fruits et récolte le pollen pour nourrir les larves. Il est donc un important pollinisateur. Les abeilles distinguent trois couleurs : le bleu, le vert et les ultraviolets. Les autres couleurs leur apparaissent en noir. Les dégradés de bleu et de vert se dévoilent à elles avec un décalage de teinte par rapport à notre vision. Par exemple le jaune se révèle comme du vert plus ou moins pâle. Photo réalisée le 16 août 2018 au Marais Léon-Provancher à Neuville, près de Québec.





Le mois d'août est une belle période pour observer les plantes et les insectes à la Base de Plein Air de Sainte-Foy. En ce 19 août 2018, je découvre une espèce de libellule que je n'avais jamais remarquée. Mes recherches dans les quelques livres à la maison me permettent d'identifier un Sympetrum vicinum / Autumn Meadowhaw. Désolé pour le nom français, mais je ne l'ai pas trouvé sur internet et mes livres sont en anglais. Il y avait plusieurs individus de cette espèce dans un endroit bien localisé. Si vous connaissez son nom français, je serais très heureux de l'ajouter à mon texte.







Le 20 août 2018, un mâle de Chardonneret jaune / Carduelis tristis tristis / American Goldfinch joue au parent nourricier et il a intérêt à faire vite parce que son rejeton est très affamé. Cette journée-là, je rencontre plusieurs autres parents de différentes espèces qui sont très occupés par le nourrissage des jeunes: moqueur-chat, carouge, bruant... Ça se passe au marais Léon Provancher.






Le 4 septembre 2018, une visite au quai Boulanger, à Montmagny, nous fait découvrir un Phalarope de Wilson / Phalaropus tricolor / Wilson's Phalarope très coopératif. Cette espèce est observée annuellement à cet endroit et à cette date. Il n'est que de passage, aussi il est difficile de prévoir le temps qu'il passera sur ce site.






Nous y retournons le 7 septembre pour voir s'il n'y aurait pas de nouvelles espèces. Les espèces de limicoles régulières y sont en assez bon nombre. J'en profite pour capter les deux espèces de chevaliers aux pattes jaunes: les Petit et Grand Chevaliers / Lesser and Greater Yellowlegs. Nous pouvons très bien voir la différence de grosseur et la longueur du bec. Ce n'est pas toujours évident.






Le 15 septembre 2018, nous nous rendons à la rivière Trois-Pistoles avec l'espoir de trouver le Traquet motteux / Oenanthe oenanthe leucorhoa / Northern Wheatear qui a été observé à un endroit bien précis, quelques jours auparavant. À notre arrivée, des observateurs du bas Saint-Laurent sont sur le site. J'y reconnais Marco Beaulieu et Sébastien Dionne. Nous passons environ trente minutes à regarder l'oiseau se nourrir devant nous. Il est très occupé à fouiller au sol, à la recherche de nourriture. Lorsque nous quittons, l'oiseau est toujours là et il n'a pas changé de comportement.





En octobre 2018, je découvre une activité très intéressante qui se tient dans la Réserve Nationale de Faune du Cap Tourmente. Il s'agit d'une station de baguage d'oiseaux. Une équipe de techniciens et de biologistes capturent des oiseaux à l'aide de filets japonais pour les identifier, déterminer le sexe et l'âge, les peser, les mesurer, constater le pourcentage de graisse et les baguer. Un biologiste commente le travail qui se passe devant nous et nous pouvons même les voir manipuler les oiseaux pour les relâcher ensuite. J'en profite pour prendre des gros plans de différentes espèces. Je publie ici la photo d'une espèce recherchée lors des migrations par les ornithologues soit la Grive à joues grises / Catharus minimus aliciae / Gray-cheeked Thrush. Il vaut vraiment la peine d'assister à cette activité et je me promets bien d'y retourner à l'automne 2019.







Le 21 octobre 2018, en revenant de Rimouski, nous nous arrêtons au Parc National du Bic. Deux Gélinotte huppée / Bonasa umbellus togata / Ruffed Grouse sont occupées à se nourrir au sol en picorant les graines sur la végétation ambiante. Je les approche très lentement en effectuant de multiples arrêts et les oiseaux font peu de cas de ma présence.






Un peu plus loin, toujours dans le même parc, c'est un magnifique Renard roux / Vulpes vulpes / Red Fox qui nous fait l'honneur de se présenter devant nous. Wow ! Qu'il est beau ! Tous ceux que je rencontre dans la région de Québec sont tellement furtifs qu'il est difficile de les photographier. Cet individu semble habitué aux visiteurs du parc, car il nous regarde avec un certain désintéressement.






Le 22 octobre 2018 nous voit visiter le domaine de Maizerets. Les grives, bruants et merles sont très actifs dans les arbres fruitiers du parc. On ne se lasse pas de les voir dévorer goulûment les petits fruits rouges. Ici, c'est un Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin qui réalise des acrobaties afin d'atteindre les baies.







Le Geai bleu / Cyanocitta cristata bromia / Blue Jay m'a envoûté la première fois où je l'ai observé à mes débuts en ornithologie. Le bleu étant l'une de mes couleurs préférées, disons qu'il partait avec une longueur d'avance. J'ai été surpris d'apprendre qu'un oiseau aussi coloré appartenait à la famille des corvidés qui regroupe habituellement des membres au manteau très sombre (corneille, corbeau..) ou très sobre (mésangeai). Si ceci est vrai pour le Québec, il en est autrement pour le reste du monde. Les corvidés comprennent 21 genres et 123 espèces. Trop souvent désavoués comme le sont des oiseaux noirs familiers, la famille des corvidés comprend des oiseaux d'une beauté saisissante; certains témias (treepie) et pirolles (magpie) font partie des oiseaux les plus élégants et les plus gracieux du monde.








Je vous souhaite une année 2019 des plus riches en rencontres intéressantes.


@ bientôt.



     

jeudi 8 novembre 2018

La couleur de la survie.



Coloré, c'est l'épithète qui me vient à l'esprit quand je pense à l'automne 2018. C'est mon impression première. Des soucis de santé ont grandement limité mes déplacements depuis la fin mai et ils m'ont obligé à porter un regard plus attentif, voire plus concentré, sur mon environnement immédiat et sur les activités dites quotidiennes. Pas de projet à long et même à court terme. Carpe diem. C'est ainsi qu'un voyage en Indonésie, planifié et réservé depuis plusieurs mois pour le mois d'août, m'a coulé entre les doigts. Heureusement, comme il s'agissait d'un voyage de groupe, Anne a pu le faire quand même et elle en a rapporté de beaux souvenirs... en plus d'une centaine d'espèces d'oiseaux nouvelles à ajouter sur sa liste personnelle. Pour moi, ce n'est que partie remise.


Toujours est-il que j'ai eu amplement le temps de voir les feuilles changer de couleurs autant dans ma cour que dans les parcs urbains ou les endroits visités aux alentours. L'automne est une saison prisée par les photographes avec la panoplie des couleurs révélées par les feuillages des différentes espèces d'arbres et d'arbustes. Elles contribuent à créer des arrière-plans (bokeh) d'une beauté exceptionnelle. Et une grive farfouillant parmi un tas de feuilles mortes peut avoir un certain charme.


Cette Grive solitaire / Catharus guttatus faxoni / Hermit Thrush est venue nous faire une courte visite le 27 octobre 2018 dans notre arrière-cour de Sillery, ville de Québec, Québec.
 

Un mâle adulte d'Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk est venu semer l'émoi parmi les oiseaux fréquentant les mangeoires de notre cour, le  23 octobre 2018.

 
La beauté de ce mâle de Quiscale bronzé / Quiscalus quiscula versicolor / Common Grackle est accentuée autant avec un arrière-plan coloré...
 

... qu'un décor plus terne, mais très évocateur de son mode d'alimentation. Ces 2 photos ont été réalisées au mois d'octobre 2018 dans les environs de la réserve nationale de faune du Cap-Tourmente.


Un immature de Busard Saint-Martin / Circus cyaneus hudsonius / Northern Harrier survole un champ près de la réserve nationale de faune du Cap-Tourmente. Sur un fond de couleurs automnales, le prédateur fend l'air parmi les flocons de la première neige de l'année. Un spectacle tout-à-fait bucolique. Nous sommes le 18 octobre 2018.


La rencontre avec le très délicat Bruant de Lincoln / Melospiza lincolnii lincolnii / Lincoln's Sparrow s'avère toujours une belle récompense lorsqu'on observe en période de migration automnale. Le Cap-Tourmente est l'endroit où il est observé avec le plus de facilité. Peut-être bien à cause de la concentration de l'espèce en ce lieu lors de la migration. Nous en repérons 8 en ce 5 octobre 2018.


Au marais des Graves, près de la Petite Ferme, cette Paruline à croupion jaune / Setophaga coronata coronata / Yellow-rumped Warbler nous montre bien la caractéristique de son plumage à l'origine de son nom. En ce 18 octobre 2018, elle s'affaire à la recherche des dernières proies encore vivantes: insectes, arthropodes...


Et il n'y pas que la végétation qui change avec la baisse généralisée de la température. Certaines sources de nourriture habituellement abondantes rétrécissent comme peau de chagrin au point de disparaître tout-à-fait. Ceci a pour effet d'induire presque la totalité des espèces nichant dans nos forêts québécoises à littéralement fuir pour regagner des habitats plus accueillants, sous des climats plus tempérés ou même tropicaux. Les granivores sont certes moins affectés que les insectivores car les graines persistent plus longtemps que les insectes. Cependant, la neige finira par ensevelir la végétation basse et la survie leur dicte également la migration vers des cieux plus cléments. Cependant, ils n'auront pas à se rendre aussi loin au sud que les insectivores. Des habitats moins froids, où la neige au sol est pratiquement inexistante, leur garantiront le gîte et la nourriture.


Le régime alimentaire change avec les saisons. Sur leur site de nidification, les grives se nourrissent d'insectes, principalement de coléoptères, de fourmis, de chenilles, de sauterelles, de grillons, d'araignées, d'escargots, de vers de terres et même de salamandres qu'ils offrent à leur oisillon. C'est une toute autre réalité en migration alors que les fruits constituent la principale source alimentaire. La variété et l'abondance ne manquent pas tout le long du corridor migratoire sous nos latitudes: airelles, mûres, raisins, baies de sureau, baies de cerise, baies de gui, cornouilles... Ils sont faciles à repérer avec leurs couleurs aux 50 nuances de rouge.



Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin



Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin



Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin


Pic maculé (immature) / Sphyrapicus varius / Yellow-bellied Sapsucker


Ce Bruant à gorge blanche / Zonotrichia albicollis / White-throated Sparrow pourra compter sur un apport calorique additionnel en ajoutant cette coccinelle aux fruits de l'aubépine.


Pic chevelu (femelle) / Picoides villosus villosus / Hairy Woodpecker


Grive solitaire / Catharus guttatus faxoni / Hermit Thrush


Ce mâle de Merlebleu de l'Est / Sialia sialis sialis / Eastern Bluebird régurgite devant moi des petits fruits emmagasinés dans son jabot. Comme pour mieux les déguster une deuxième fois, il les avale quelques secondes plus tard.


Et si, pour une raison ou pour une autre, une grive migratrice ne peut entreprendre le long trajet vers le sud, elle pourra au moins compter sur des baies délicieuses et nutritives pour passer l'hiver. Comme cette Grive solitaire observée un 20 décembre dans le comté de Lotbinière.





@ bientôt.