vendredi 12 janvier 2018

Gamboa Rainforest Resort: les points d'intérêt.




Suite à mon dernier court séjour au Panama, du 8 au 15 décembre 2017, j'ai reçu quelques courriels me demandant de l'information sur les lieux d'observation dans la région du Gamboa Rainforest Resort, près de la petite ville de Gamboa. Le but de ce billet n'est pas de faire la promotion de cet endroit, mais bien de donner une information la plus complète sur les lieux à ne pas manquer lors d'un séjour à ce site de plus en plus populaire. D'entrée de jeu, je dois parler des dates choisies. Même si j'ai une grande expérience de la zone tropicale, je me suis gouré sur l'évaluation de la saison des pluies versus la saison sèche. Dans mon esprit, la saison sèche était installée au début de décembre, mais c'est plutôt au début de janvier que ça se produit au Panama. Résultat: de la pluie à tous les jours, pas toute la journée, mais assez pour être désagréable. Alors que l'ornithologue y trouve quand même son compte, pour le photographe, c'est une calamité, car qui dit pluie, dit ciel couvert et défaillance de lumière adéquate pour permettre une belle photo. Mais qu'à cela ne tienne, nous avons fait avec.





Ce complexe hôtelier est stratégiquement bien situé avec une vue imprenable sur le Rio Chagres qui vient se déverser dans le canal de Panama, au sud du Lac Gatun. La première image nous présente le vaste territoire couvrant 340 acres qui appartient au complexe, exception faite des points 6, 7 et 8. Le restaurant de la Marina (Los Lagartos) semble appartenir à l'hôtel et une navette gratuite permet de relier l'hôtel et la Marina (du moins lors de notre séjour). Cette distance se fait très bien à pied en environ une quinzaine de minutes. 

Les routes 1 et 2 sont asphaltées et sont très intéressantes à parcourir tôt le matin. Elles traversent différents habitats et mènent au tram aérien et à un sentier pédestre qui part juste à côté de la station du téléférique et qui peut réserver de belles surprises. Le numéro 3 (en rouge) est un sentier en boucle très intéressant à parcourir en fin d'après-midi. 


Amazone poudrée / Amazona farinosa / Mealy Parrot


Au début du 2, se trouvent différents bâtiments: serres d'orchidées, serpentarium, jardin de papillons et différentes boutiques d'art local. Un bel endroit fleuri où s'observent des papillons, des colibris et autres oiseaux nectarivores, frugivores ou granivores. 





Batara rayé / Thamnophilus doliatus nigricristatus / Barred Antshrike

Tangara à dos rouge / Ramphocelus dimidiatus isthmicus / Crimson-backed Tanager


Tyran licteur / Pitangus lictor panamensis  / Lesser Kiskadee


Nous n'avons pas pu parcourir le sentier 4, car il était fermé lors de notre passage. Mais ce serait sans aucun doute un endroit très intéressant. À chaque fin de journée où nous nous étions dans les environs, nous avons entendu les longs sifflements plaintifs du Grand Tinamou / Tinamus major / Great Tinamou en provenance de ce chemin.


La route 6 est asphaltée et conduit vers Gamboa. Tout le long de cette route, nous pouvons entendre et voir plusieurs espèces intéressantes.


Sporophile variable (mâle) / Sporophila corvina hicksii / Variable Seedeater


Sporophile variable (femelle) / Sporophila corvina hicksii / Variable Seedeater


La première rue rencontrée à gauche est la rue Harding Ave.. Dès que nous l'empruntons, nous découvrons un poste d'alimentation située à l'arrière de la première maison à notre gauche. En continuant sur la rue Harding Ave., nous rencontrons une première rue (rue Jadwin Ave.) et nous la traversons pour découvrir, toujours sur la gauche, une autre mangeoire très occupée par des ortalides, des touis et autres espèces.


Ortalide à tête grise / Ortalis cinereiceps / Gray-headed Chacalaca
  

Toui à menton d'or  / Brotogeris jugularis jugularis / Orange-chinned Parakeet

Et une belle surprise vers les 10h30 le matin, alors qu'un hululement attire mon attention.


Chouette à lunettes / Pulsatrix perspicillata chapmani / Spectacled Owl

Un peu plus loin, nous arrivons à la rue Sibert Ave., sur la gauche c'est un cul-de-sac et il est intéressant de la suivre jusqu'à bout. 


Guit-guit saï (mâle) / Thraupis palmarum atripennis / Red-legged Honeycreeper


Agouti ponctué / Dasyprocta punctata / Central American Agouti


Ermite à longue queue / Phaethornis longirostris cephalus  / Long-billed Hermit (Central American)


Le sentier no 5 longe le Rio Chagres et Anne et moi y avons fait de belles rencontres.


Jacana noir  / Jacana jacana hypomelaena / Wattled Jacana


Vanneau téro / Vanellus chilensis cayennensis / Southern Lapwing


Trogon de Masséna / Trogon massena hoffmanni / Slaty-tailed Trogon


Martin-pêcheur vert (femelle) / Chloroceryle americana septentrionalis / Green Kingfisher


Milan des marais (femelle) / Rostrhamus sociabilis sociabilis / Snail Kite (female)

Le site du Gamboa Rainforest Resort se situe dans le parc national La Soberania qui abrite un des endroits les plus prisés par les ornithologues qui visitent le Panama soit la Pipeline road (point 2 sur la carte qui suit).


 


Si vous n'avez pas de véhicule pour vous déplacer, vous pouvez contacter le service des tours au Gamboa R.R. et leur demander si un guide ornithologue pourrait vous accompagner pour Ammo Dump Ponds (point 1) et Pipeline Road (point 2). Ces deux endroits sont situés à moins de 30 minutes de route de l'hôtel. 

Après 4 jours à parcourir les différentes routes autour de l'hôtel, nous voulions vraiment voir autre chose et nous savions aussi qu'il était plus que souhaitable d'être accompagnés par un bon guide local pour parcourir Pipeline Road. J'en parle donc à la personne à l'hôtel qui s'occupe des tours pour les touristes et elle me fait contacter Jacobo Ortega qui s'avère être d'une grande compétence. Comme nous ne sommes que deux, Anne et moi, il nous charge $70.00US par personne pour une demie-journée. Il vient nous chercher à 7h00 le mercredi matin et il nous ramène à l'hôtel vers midi. Je crois que c'est la journée de notre séjour qui a le plus plu et nous avons été bénis d'être accompagnés par Jacobo. Grâce à une connaissance extraordinaire des cris et des comportements, il nous a fait rencontrer de superbes espèces dont quelques unes étaient des primecoches (lifers) pour Anne.


Un bref arrêt à l'Ammo Dump Ponds nous permet d'observer


Onoré rayé / Tigrisoma lineatum lineatum / Rufescent Tiger-Heron
 

Tohi ligné / Arremonops conirostris striaticeps / Black-striped Sparrow


Ani à bec lisse / Crotophaga ani / Smooth-billed Ani


Ani des palétuviers / Crotophaga major / Greater Ani


Se rendre sur Pipeline road sans guide local, c'est augmenter de plusieurs crans la difficulté de découvrir tous les trésors qui ne se laissent voir qu'avec parcimonie. Pas surprenant alors que les ornithologues qui ne sont pas guidés puissent manquer beaucoup d'espèces. Pour ma part, c'est la quatrième fois que je pose les pieds sur ce sentier mythique et je le fais encore accompagné d'un bon guide. En cette journée très pluvieuse, c'est essentiel. Jacobo a vraiment sauvé notre journée. Tellement que nous décidons de louer ses services pour le lendemain matin vers un autre endroit. 

Tout au long du sentier nous rencontrons quelques groupes mixtes (flocks) et nous avons la chance de tomber sur une horde de fourmis légionnaires accompagnées par les espèces d'oiseaux habituelles.


Fourmilier grivelé (femelle) / Hylophylax naevioides naevioides / Spotted Antbird
 

Fourmilier grivelé (mâle) / Hylophylax naevioides naevioides / Spotted Antbird


Fourmilier ocellé / Phaenostictus mcleannani mcleannani / Ocellated Antbird


Grimpar enfumé  / Dendrocincla fuliginosa ridgwayi / Plain-brown Woodcreeper

Avant que la mauvaise température ne nous oblige à quitter un peu plus vite que prévu, nous faisons encore de belles rencontres.


Tamatia à plastron / Notharchus pectoralis / Black-breasted Puffbird


Trogon aurore (femelle) / Trogon rufus tenellus / Black-throated Trogon


Myrmidon à flancs blancs  / Myrmotherula axillaris albigula / White-flanked Antwren


Buse semiplombée / Leucopternis semiplumbeus / Semiplumbeous Hawk


Le lendemain, toujours accompagné par Jacobo, nous nous rendons au Summit Municipal Park, plus spécialement sur la Old Gamboa Road. Un autre endroit mythique au Panama et l'un de mes préférés. Ce matin, il fait exceptionnellement beau et c'est sous le soleil que nous commençons notre journée. Mes voyages antérieurs au Panama se sont toujours déroulés en mars et le soleil est omniprésent à cette date. Ça faisait du bien de retrouver un Panama ensoleillé. Voici des spécialités que nous y avons trouvées.



Cotinga bleu / Cotinga nattererii / Blue Cotinga


Martin-pêcheur nain (mâle) / Chloroceryle aenea aenea / American Pygmy Kingfisher


Milan de Cayenne (immature) / Leptodon cayanensis cayanensis / Gray-headed kite


Microtyran coiffé / Atalotriccus pilaris wilcoxi  / Pale-eyed Pygmy-Tyrant


Tamatia à front blanc / Notharchus hyperrhynchus hyperrhynchus / White-necked Puffbird


Sporophile à bec fort / Sporophila funerea / Thick-billed Seed-Finch


J'espère que ces quelques informations sauront vous aider à rendre votre séjour dans la région de Gamboa plus agréable.

Voici l'information complète pour contacter Jacobo Ortega  

jacobo_ortega@yahoo.com  ou jacoboortega2013@gmail.com

cell: (507) 6676-4464

Il est super. Si jamais il n'était pas disponible lors de votre visite, vous pouvez toujours demander au bureau du service à la clientèle au Gamboa Rainforest Resort.

@ bientôt.




dimanche 12 novembre 2017

Le seigneur du domaine de Maizerets



À tout seigneur, tout honneur !

Cet oiseau vit toute l'année sur le domaine de Maizerets et ce n'est pas si évident que ça quand on considère que ce site se situe dans la ville de Québec, au Canada, où les saisons sont très bien senties. L'été, ça peut être chaud (oui, quelques fois mais pas trop longtemps), l'hiver c'est très très froid (oui, souvent et trop longtemps). Il pourrait même très bien arriver que notre oiseau mystère naisse sur ce site, qu'il y passe une moyenne de 5 ans de vie et qu'il y meure de façon tout à fait naturelle.

De quelle espèce s'agit-il ? J'imagine facilement tous ceux qui connaissent le site se creuser les méninges et qui pourraient risquer quelques noms, mais j'ajoute dès maintenant un autre critère de sélection qui va circonscrire radicalement le choix de réponse: cette espèce est la plus nombreuse sur le site, peu importe la saison.

Et voilà que tout nous dirige vers une espèce d'oiseau appartenant à l'ordre des ansériformes et à la famille des anatidés et de la sous-famille des anatinés. Cette famille englobe mondialement 41 genres, 147 espèces et 238 taxons (incluant les espèces et les sous-espèces). J'ajouterais même que cette espèce est à l'origine de tous les canards domestiques, du plumage blanc pur au plumage des plus bigarrés.

Et le voici sans plus de préambule, un canard commun, d'une grande beauté et qui est peut-être même trop souvent sous-estimé: le Canard colvert / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard.


19 janvier 2012. Les canards et les oies ont une remarquable adaptation au niveau de leurs pattes lorsqu'ils se tiennent dans l'eau très froide ou sur une surface glacée. Une adaptation qui empêche leurs pieds de geler. À l'intérieur de leurs membres inférieurs, les artères et les veines sont serrés les unes contre les autres et le sang froid des plus petites veines est réchauffé aussitôt par le sang chaud des artères. La perte de chaleur est ainsi évitée. Alors que la température corporelle interne d'un canard qui se tient sur la glace est de 40° C, celle de ses pattes est juste au dessus du point de congélation (0° C). Par une température de - 20° C, les pattes du canard risquent moins les engelures dans l'eau non gelée qu'en dehors de l'eau. Lorsqu'il se repose sur la glace, le canard s'assied sur ses pattes avec le bec retourné vers le dos, bien enfoui sous les plumes dorsales.


27 janvier 2014. Malgré des apparences trompeuses, cet individu n'est pas du tout en mauvaise position dans son combat contre le froid. Il est doté d'un plumage serré et duveteux qui recouvre toutes les surfaces charnues et d'une bonne couche de graisse sous la peau.      

26 février 2016. Ce magnifique mâle quitte le ruisseau en contre-bas pour venir rejoindre un groupe de canards qui se fait nourrir par un passant. Le Ruisseau du moulin trace la fin du boisé et le début de l’Arboretum. Ce ruisseau, qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent, est sujet à l’effet des marées, ce qui fait qu'il y a de l'eau libre toute l'année et que la source de nourriture est renouvelée avec chaque marée haute. 


26 février 2016. Le plumage de la femelle est plutôt terne comparativement à celui du mâle. Chez le mâle et la femelle, une des principales caractéristiques est la barre blanche de chaque côté du miroir bleu de l'aile.


16 avril 2015. Le Canard colvert est un barboteur qui mange surtout des végétaux et des invertébrés, mais il se régale aussi de céréales et d'insectes. Pour se nourrir en eau peu profonde, il bascule son corps vers l'avant et il met sa tête sous l'eau, le derrière relevé à la verticale. Grâce à une caractéristique commune à tous les anatidés, l'intérieur périphérique des deux mandibules du bec étant pourvu de lamelles qui s'imbriquent lorsque le bec est fermé, il peut se nourrir à la surface de l'eau. Ces lamelles servent de filtre qui laisse s'écouler l'eau tout en retenant les fines particules de nourriture qui sont récupérées par une langue hautement spécialisée.



15 mai 2014. Vers la fin du printemps, le mâle perd peu à peu son beau plumage et il ressemblera bientôt à la femelle. Cette dernière couve seule les oeufs pendant les 28 jours que dure l'incubation. Les liens du couple commencent à se défaire dès le début de l'incubation et le mâle abandonne la femelle généralement entre la première et la dernière semaine d'incubation. Il va alors rejoindre son "boys' club" sur un autre plan d'eau.


29 mai 2014. À la naissance, les oisillons ressemblent à de petites boules de duvet brun et jaune. Dans les heures qui suivent, leur mère les conduit à l'eau. La cane prend continuellement soin de rassembler et de réchauffer ses petits. Elle leur apprend aussi à se nourrir.


5 juin 2016. Vers l'âge de 6 à 8 semaines, les canetons sont autonomes.


14 septembre 2014. Le plumage caractéristique du mâle apparaît dès le premier automne, mais il peut ne pas avoir tout son éclat avant la deuxième année.


27 septembre 2014. Si le Canard colvert est l'ancêtre des canards domestiqués par l'homme, il est aussi le canard le plus prisé des chasseurs. Sa nature plutôt sociable lui joue de bien mauvais tours, car il se laisse facilement duper par les appeaux. Dans les années 1960, il était commun dans le sud-ouest , mais rare dans l'est du Québec. À cette époque, dans les basses-terres du Saint-Laurent, les chasseurs le considéraient comme un trophée exceptionnel. Aujourd'hui, il niche partout dans l'est du Québec, ainsi que dans les provinces de l'Atlantique.

Quand la glace commence à recouvrir les lacs, le Canard colvert migre vers le sud, l'est et l'ouest des États-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du sud. Certains individus passent parfois tout l'hiver plus au nord quand des plans d'eau libres de glace sont disponibles et que la nourriture est suffisante. Même si canard est d'abord un oiseau d'eau douce, certains s'établissent sur les côtes pour hiverner.


04 novembre 2017.

04 novembre 2017.


Le domaine de Maizerets est l'endroit le plus facile à visiter l'hiver à Québec pour l'ornithologue ou le photographe qui désirent en connaître plus sur les comportements du seigneur de ce domaine, le flamboyant Canard colvert.


@ bientôt.