mardi 13 avril 2021

Un printemps bien entamé

 

Qu'il est long le retour du printemps pour nous Québécois, ensevelis sous un beau drap blanc depuis déjà plusieurs mois. Oui, je sais, nous ne pouvons pas nous plaindre de ce bel hiver 2020-2021. Pas de grands froids pénétrants, pas trop de neige au sol et un soleil au rendez-vous durant la majorité des journées, du moins en janvier. On a même entendu quelques < snowbirds >, contraints de rester au Québec à cause de la Covid, déclarer que l'hiver québécois n'est pas si dur que ça en fin de compte. On s'en reparlera l'hiver prochain.

Toujours est-il que la température la nuit va bientôt mettre un terme au flirt qu'il entretient avec le point de congélation. Les érables vont cesser de produire leur fameux nectar et les cours d'eau vont regagner leur eau vive. Ça sent le printemps à plein nez. Voici quelques images glanées ici et là dans la Capitale Nationale, Chaudière-Appalaches, Portneuf  et le Centre-du-Québec qui en témoignent.

 

Le Cardinal rouge passe l'hiver avec nous, mais ses visites sont plus sporadiques. À partir du 02 avril, voilà qu'il est plus régulier dans notre cour et nous le voyons à toute heure de la journée. Ici un splendide mâle vient grignoter pour sa pause de l'avant-midi. Sillery, ville de Québec.

 

Le Moucherolle phébi revient tôt au printemps, dès que les cours d'eau sont dégagés et que les insectes commencent à voler. Cet insectivore a été observé en bordure d'un cours d'eau, le 04 avril à Notre-Dame-de-Lourdes.


Voici trois des dix Grues du Canada observées le 04 avril, toujours à Notre-Dame-de-Lourdes. Elles sont de retour sur leur site de nidification.


Le Pic flamboyant est un oiseau spectaculaire par le jaune doré qui orne le dessous des plumes de sa queue et de celles des primaires et des secondaires lorsque l'oiseau s'envole. Notre-Dame-de-Lourdes, le 04 avril 2021.


L'acrobatique Sittelle à poitrine blanche adopte souvent des positions assez cocasses comme celle-ci alors qu'on sent qu'elle va se laisser tomber dans le vide, attirée par une possible proie en contrebas. En avril, elle est plus agressive envers ses congénères et les poursuites font bientôt partie de leur activité quotidienne. 04 avril 2021, Villeroy, Québec.


La pâleur du plumage du mâle du Busard des marais attire facilement le regard lorsque l'oiseau maraude à basse altitude au-dessus des milieux ouverts que sont les champs et les marécages. Leur retour est grandement espéré et apprécié par les amoureux des oiseaux rapaces comme moi. 05 avril 2021, près de l'aéroport de Québec.


"Oh, Henriiiii" semble clamer cet oiseau noir fort en gueule et à l'épaulette rouge feu. Il ne passe jamais inaperçu alors qu'il jacasse sans cesse lorsqu'il arrive en bandes au printemps. Comme pour bien d'autres espèces d'oiseaux, les mâles arrivent avant les femelles afin de déterminer un territoire de nidification. Ainsi dès que la compagne sera arrivée, la nidification pourra commencer. Un oiseau au ton grinçant, mais tellement doux finalement à l'oreille de l'ornithologue. 05 avril 2021, près de l'aéroport de Québec.


Une espèce phare dont la baisse drastique de la population résulte de la dégradation de la niche écologique où ils vivaient et se reproduisaient. À toutes les années, afin de préserver ma santé mentale, je DOIS observer au moins un individu de cette espèce et je DOIS entendre son doux sifflement. Autrefois commune dans les champs, la Sturnelle des prés est aujourd'hui beaucoup plus rare, voire totalement absente à certains endroits où on la trouvait avant. 05 avril 2021, Québec.


C'est le 07 avril que ce beau mâle de Merle d'Amérique vient farfouiller dans ma cour de Sillery à la recherche de délicieux vers de terre (lombrics) ou autres proies rampantes. C'est lui que les Québécois surnomment faussement le rougegorge. Un surnom que les premiers colons immigrants de France lui ont donné à cause de son plumage qui leur faisait penser à leur Rougegorge familier.


C'est par milliers que les oies et les bernaches envahissent les rivages du fleuve au cours du mois d'avril. Ces deux Bernaches du Canada se jouent des vagues provoqués par le passage d'un gros bateau, près du quai de Saint-Antoine-de-Tilly. 09 Avril 2021.



Le Merlebleu de l'Est est sans contredit l'un de nos oiseaux les plus colorés au Québec. Il n'a jamais été abondant, mais la mise en place de nichoirs a fait que l'oiseau connaît un accroissement significatif de sa population. Nous voyons ici une femelle apporter au nid des herbes sèches qui rendront le nid plus confortable pour les oeufs et les oisillons à venir. Le mâle fait le guet afin d'empêcher d'autres oiseaux (moineau, hirondelle, étourneau) de prendre possession de la cabane. 09 avril 2021, Saint-Antoine-de-Tilly.


Et voici, à l'orée d'un bois, quelques mâles de Dindon sauvage qui font la roue pour tenter d'intéresser une femelle bien assise sur l'herbe et qui semble tout à fait désintéressée par autant de sparages. 10 avril 2021, Sainte-Croix-de-Lotbinière.


Un autre pic d'une grande beauté, le Pic maculé a une affiliation bien spéciale avec la sève des arbres. Il est reconnu pour percer sur l'écorce des arbres une série de petits trous qu'on appelle des puits à sève. La sève de l'arbre s'écoule lentement de ces orifices, ce qui attire des oiseaux comme le colibri, le roitelet et certaines parulines. Non seulement ces oiseaux profitent de la sève, mais également des insectes attirés eux aussi par l'eau sucrée et qui restent emprisonnés dans le liquide collant. 11 avril 2021, Portneuf.


Le rouge dans la couronne du Roitelet à couronne dorée n'appartient qu'au mâle. Le printemps est le temps de l'année où il l'exhibe le plus fréquemment. Les couleurs sont très importantes pour les oiseaux et les insectes. En écartant les plumes jaunes de sa couronne, le rouge devient très attractif pour la femelle et peut-être aussi par un papillon qui pourrait être intéressé à venir butiner cette jolie fleur qui n'en est pas une en fin de compte. 11 avril 2021, Deschambault.


@ bientôt.



lundi 12 avril 2021

Le petit roi.

 

 

Depuis la nuit des temps, il a été établi dans le monde animal terrestre que le Lion est le ROI des animaux. Mais qu'en est-il du monde des oiseaux? 

Selon la légende, il y eut un jour dans le monde des oiseaux un conciliabule visant à trancher la question une fois pour toutes. Laquelle des espèces pourrait se mériter le titre de ROI des oiseaux et quel aspect considérer en priorité pour faire le point? 

Beaucoup se présentèrent et firent le pied de grue devant l'oiseau le plus sage de l'époque, le Grand-duc, afin d'exposer leurs qualités respectives. Des candidats et des aptitudes particulières, il y en a eu à profusion. Des plongeurs, des barboteurs, des marcheurs, des coureurs, des pêcheurs, des chasseurs, des imitateurs, des fouisseurs... Après des mois d'entrevues, le Grand-duc déclara enfin de sa grosse voix autoritaire "l'attribut qui distingue le plus les oiseaux des autres animaux est le vol. Alors, l'oiseau qui volera le plus haut sera le vainqueur." 

C'est ainsi que le jour venu, des oiseaux de tout acabit entreprirent la grande envolée vers le firmament. Un grand vainqueur fut établi avec l'approbation de tous. L'Aigle royal est celui qui s'éleva le plus haut. Un nouveau ROI était nommé pour la postérité. 

Mais voilà que quelques secondes après qu'il se soit posé au sol, un petit oiseau caché dans les plumes du dos de l'aigle sorti en proclamant que c'était lui le ROI. Au point le plus haut de l'envolée, il avait étiré son cou en dehors des plumes et sa tête trônait au-dessus du dos du gros rapace. 

Dans sa grande sagesse, le Grand-duc donna le titre de ROITELET à ce petit roi qui porte encore aujourd'hui sa couronne de feu.

 

 

Roitelet à couronne dorée / Regulus satrapa satrapa / Golden-crowned Kinglet / Reyezuelo Sátrapa. Le
11 avril 2021, à Deschambault, comté de Portneuf, Québec.











@ bientôt.