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mercredi 23 janvier 2019

Mes coups de coeur 2018



J'adore observer les oiseaux et j'adore faire de la photo. Maintenant, l'un ne va plus sans l'autre. Sans jumelle au cou, je me sens handicapé, de même lorsque je ne porte pas ma caméra en bandoulière. C'est donc équipé de ces deux éléments que je peux savourer au maximum cette belle nature, si généreuse à nous révéler ses trésors dès que nous passons du temps dehors. Et dans la nature, il n'y a pas que des oiseaux, il y a tout le monde végétal, les insectes et les animaux. Tout est source d'apprentissage à condition bien entendu d'être curieux et avide d'en apprendre davantage.

En 2018, j'ai ajouté près de 1000 photos sur mon compte Flickr. Difficile de choisir les 15 photos qui m'ont marqué davantage que les autres, mais je me suis prêté à cet exercice. J'y vais dans l'ordre chronologique.

Le 10 mars 2018, je suis au domaine de Maizerets. Il neige de plus en plus abondamment et un Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl  est perché le long de la rivière qui traverse le parc. À mon arrivée, il y a plusieurs photographes et l'oiseau est bien éveillé. L'attention du hibou se porte sur les chiens qui passent dans les sentiers tout près. Ils sont en laisse et accompagnés de leur maître. L'intensité de son regard est remarquable.






Le 31 mars 2018, Gérard Cyr repère à Neufchatel un oiseau dont la présence est inusitée au Québec: le Merlebleu azuré / Sialia currucoides / Mountain Bluebird. Il s'agit d'un oiseau de l'ouest du continent et qui se serait égaré de son corridor migratoire. Gérard le trouve et il communique sa trouvaille par texto. Dès que Anne en prend connaissance, nous nous dirigeons vers l'endroit. Gérard est toujours présent et il nous indique où l'oiseau est perché. Même si l'oiseau n'est pas près de nous, il me permet de prendre quelques photos dont celle-ci. Malheureusement, juste comme arrive un autre ornithologue, l'oiseau s'envole et il ne sera pas revu par la suite. Merci à Gérard pour avoir partagé aussi rapidement sa découverte.







Le 9 avril 2018, nous sommes à Baie-du-Febvre, près des deux étangs de rétention le long de la route Janelle. Tous connaissent le potentiel d'accueil de Baie-du-Febvre en période migratoire. Une avifaune abondante et variée y fait un arrêt stratégique pour refaire des forces avant de continuer leur migration. Voilà qu'un Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin, un chasseur implacable des petits passereaux, vient se percher tout près en tenant dans ses serres un mâle de Plectrophane des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Bunting. Il le déplume devant nous avant de percer la chair de son bec acéré. Ce petit prédateur suit les passereaux lors de leur migration et il se nourrit quotidiennement à même le cheptel des migrateurs.





Voici maintenant un locataire permanent de ma cour. Ce petit rongeur me fait sourire à chaque fois que j'observe son comportement. Il est petit, vif, tellement vaillant et d'un charme absolu. Le Tamia rayé / Tamias striatus / Eastern Chipmunk ne laisse personne indifférent.






Le bourdon diffère très peu de l'abeille domestique: il se nourrit du nectar des fruits et récolte le pollen pour nourrir les larves. Il est donc un important pollinisateur. Les abeilles distinguent trois couleurs : le bleu, le vert et les ultraviolets. Les autres couleurs leur apparaissent en noir. Les dégradés de bleu et de vert se dévoilent à elles avec un décalage de teinte par rapport à notre vision. Par exemple le jaune se révèle comme du vert plus ou moins pâle. Photo réalisée le 16 août 2018 au Marais Léon-Provancher à Neuville, près de Québec.





Le mois d'août est une belle période pour observer les plantes et les insectes à la Base de Plein Air de Sainte-Foy. En ce 19 août 2018, je découvre une espèce de libellule que je n'avais jamais remarquée. Mes recherches dans les quelques livres à la maison me permettent d'identifier un Sympetrum vicinum / Autumn Meadowhaw. Désolé pour le nom français, mais je ne l'ai pas trouvé sur internet et mes livres sont en anglais. Il y avait plusieurs individus de cette espèce dans un endroit bien localisé. Si vous connaissez son nom français, je serais très heureux de l'ajouter à mon texte.







Le 20 août 2018, un mâle de Chardonneret jaune / Carduelis tristis tristis / American Goldfinch joue au parent nourricier et il a intérêt à faire vite parce que son rejeton est très affamé. Cette journée-là, je rencontre plusieurs autres parents de différentes espèces qui sont très occupés par le nourrissage des jeunes: moqueur-chat, carouge, bruant... Ça se passe au marais Léon Provancher.






Le 4 septembre 2018, une visite au quai Boulanger, à Montmagny, nous fait découvrir un Phalarope de Wilson / Phalaropus tricolor / Wilson's Phalarope très coopératif. Cette espèce est observée annuellement à cet endroit et à cette date. Il n'est que de passage, aussi il est difficile de prévoir le temps qu'il passera sur ce site.






Nous y retournons le 7 septembre pour voir s'il n'y aurait pas de nouvelles espèces. Les espèces de limicoles régulières y sont en assez bon nombre. J'en profite pour capter les deux espèces de chevaliers aux pattes jaunes: les Petit et Grand Chevaliers / Lesser and Greater Yellowlegs. Nous pouvons très bien voir la différence de grosseur et la longueur du bec. Ce n'est pas toujours évident.






Le 15 septembre 2018, nous nous rendons à la rivière Trois-Pistoles avec l'espoir de trouver le Traquet motteux / Oenanthe oenanthe leucorhoa / Northern Wheatear qui a été observé à un endroit bien précis, quelques jours auparavant. À notre arrivée, des observateurs du bas Saint-Laurent sont sur le site. J'y reconnais Marco Beaulieu et Sébastien Dionne. Nous passons environ trente minutes à regarder l'oiseau se nourrir devant nous. Il est très occupé à fouiller au sol, à la recherche de nourriture. Lorsque nous quittons, l'oiseau est toujours là et il n'a pas changé de comportement.





En octobre 2018, je découvre une activité très intéressante qui se tient dans la Réserve Nationale de Faune du Cap Tourmente. Il s'agit d'une station de baguage d'oiseaux. Une équipe de techniciens et de biologistes capturent des oiseaux à l'aide de filets japonais pour les identifier, déterminer le sexe et l'âge, les peser, les mesurer, constater le pourcentage de graisse et les baguer. Un biologiste commente le travail qui se passe devant nous et nous pouvons même les voir manipuler les oiseaux pour les relâcher ensuite. J'en profite pour prendre des gros plans de différentes espèces. Je publie ici la photo d'une espèce recherchée lors des migrations par les ornithologues soit la Grive à joues grises / Catharus minimus aliciae / Gray-cheeked Thrush. Il vaut vraiment la peine d'assister à cette activité et je me promets bien d'y retourner à l'automne 2019.







Le 21 octobre 2018, en revenant de Rimouski, nous nous arrêtons au Parc National du Bic. Deux Gélinotte huppée / Bonasa umbellus togata / Ruffed Grouse sont occupées à se nourrir au sol en picorant les graines sur la végétation ambiante. Je les approche très lentement en effectuant de multiples arrêts et les oiseaux font peu de cas de ma présence.






Un peu plus loin, toujours dans le même parc, c'est un magnifique Renard roux / Vulpes vulpes / Red Fox qui nous fait l'honneur de se présenter devant nous. Wow ! Qu'il est beau ! Tous ceux que je rencontre dans la région de Québec sont tellement furtifs qu'il est difficile de les photographier. Cet individu semble habitué aux visiteurs du parc, car il nous regarde avec un certain désintéressement.






Le 22 octobre 2018 nous voit visiter le domaine de Maizerets. Les grives, bruants et merles sont très actifs dans les arbres fruitiers du parc. On ne se lasse pas de les voir dévorer goulûment les petits fruits rouges. Ici, c'est un Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin qui réalise des acrobaties afin d'atteindre les baies.







Le Geai bleu / Cyanocitta cristata bromia / Blue Jay m'a envoûté la première fois où je l'ai observé à mes débuts en ornithologie. Le bleu étant l'une de mes couleurs préférées, disons qu'il partait avec une longueur d'avance. J'ai été surpris d'apprendre qu'un oiseau aussi coloré appartenait à la famille des corvidés qui regroupe habituellement des membres au manteau très sombre (corneille, corbeau..) ou très sobre (mésangeai). Si ceci est vrai pour le Québec, il en est autrement pour le reste du monde. Les corvidés comprennent 21 genres et 123 espèces. Trop souvent désavoués comme le sont des oiseaux noirs familiers, la famille des corvidés comprend des oiseaux d'une beauté saisissante; certains témias (treepie) et pirolles (magpie) font partie des oiseaux les plus élégants et les plus gracieux du monde.








Je vous souhaite une année 2019 des plus riches en rencontres intéressantes.


@ bientôt.



     

jeudi 31 août 2017

Encore des limicoles




Et oui, nous sommes de nouveau en plein dedans. À partir de la moitié du mois d'août jusqu'à la fin du mois de septembre, les milieux humides ont bien des chances de se faire envahir par des groupes d'oiseaux en migration vers le sud. Il s'agit des limicoles. Je vous invite à lire un billet écrit l'an dernier en août dans lequel je donne beaucoup d'informations autant sur les oiseaux que sur les lieux où se diriger pour les observer: Les limicoles en migration.

Alors que nous nous dirigeons dans quelques jours vers l'Île-aux-Basques pour notre séjour automnal, Anne et moi avons visité au cours des deux dernières semaines le quai Boulanger à Montmagny et le chemin de la Grève à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie. Je vous présente ici quelques photos qui vous donneront, je l'espère, le goût d'aller les observer à votre tour.


Quai Boulanger, Montmagny, 20 août 2017

 

La présence depuis quelques jours de seize Phalaropes à bec étroit tout près du quai est suffisante pour que nous nous y rendions environ deux heures avant la marée haute. De tels groupes sont régulièrement observés sur les barres d'algues flottantes au large, mais de les voir comme ça à une vingtaine de mètres du quai est plutôt insolite.


8 des 16 Phalaropes à bec étroit / Phalaropus lobatus / Red-necked Phalarope

Les phalaropes ont cette façon bien caractéristique à l'espèce de tourner sur eux-mêmes ou de se déplacer en cercles plus ou moins serrés afin de provoquer un vortex qui fait remonter des particules alimentaires à la surface. On voit bien cet individu en saisir une alors qu'elle vient d'apparaître à la surface liquide.

La diversité est bien présente en ce beau matin. C'est la première fois que nous observons autant de Bécasseaux à poitrine cendrée (8), de Bécassins roux (15) et de Bécasseaux à échasse (3). La photo suivante en témoigne.

Petit Chevalier / Lesser Yellowlegs (2), Bécasseau à poitrine cendrée / Pectoral Sandpiper (1), Bécasseau à échasse / Stilt Sandpiper (2), Bécassin roux / Short-billed Dowitcher (2)
 
Petit Chevalier / Tringa flavipes / Lesser Yellowlegs

Les limicoles sont des oiseaux très nerveux qui inspectent continuellement les alentours. Cette image nous le montre bien. Les faucons comme le pèlerin et l'émerillon peuvent passer à tout moment. Ici, deux Petits chevaliers et un Bécassin roux.

Les limicoles sont des oiseaux agressifs qui se disputent les places sur les rochers. Ces deux bécassins nous le montrent bien, mais les interactions se produisent tout aussi bien entre des individus d'espèces différentes.
  
Au moins 50 Petits Chevaliers sont présents sur les rochers. Rien de surprenant à cet endroit lors de la migration automnale.



Chemin de la Grève, Saint-Denis-de-la-Bouteillerie, 26 août 2017




Deux Bécassins roux et un Pluvier argenté se tiennent dans l'herbe longue sur le rivage.

Bécasseau maubèche / Calidris canutus rufa / Red Knot
 
Démonstration agressive entre deux Pluviers argentés.

Pluvier argenté / Pluvialis squatarola / Gray Plover
 
Pluvier argenté / Pluvialis squatarola / Gray Plover


@ bientôt.



 

mardi 18 octobre 2016

Des oiseaux en septembre 2016.



Après un très beau séjour sur l'Île-aux-Basques au début de septembre, le reste du mois a été plutôt tranquille. Nous avons fait quelques sorties à nos endroits fétiches. Même si nos recherches de nouveautés pour l'année ont été peu fructueuses, nous avons quand même vécu de beaux moments.


Le 10 septembre, nous partons tôt pour nous rendre jusqu'à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie afin d'y trouver le Bécassin à long bec qui y est présent depuis quelques jours. Il est réputé se tenir avec un petit groupe de Bécassins roux et nous comptons bien le repérer. Dès notre arrivée, notre attention est portée vers des limicoles posés sur des rochers tout près de la rive. Nous identifions rapidement les Bécasseaux maubèche, sanderling, semipalmé et Pluvier argenté. Et oups ! voilà 5 Bécassins roux en repos avec le bec dans le dos pour la plupart d'entre eux. Une étude très minutieuse nous permet d'écarter le Bécassin à long bec. Après environ 30 minutes, nous décidons de partir. Un groupe d'observateurs, mené par Mireille Poulin, est encore sur place. Nous apprendrons par la suite que le fameux bécassin est arrivé en vol après notre départ. Il y a des journées comme ça. Un arrêt sur les battures de Kamouraska nous fait rencontrer un oiseau que je n'espérais pas photographier de si près. Il se tient également sur les rochers. Il les parcoure en marchant et, à cause des dénivellations, il arrive que nous le perdions de vue. Si nous ne le voyons, il ne nous voit pas. Profitant de chaque instant où je le perds de vue, je finis par m'approcher à moins de quatre mètres de lui.



Le Pipit d'Amérique / Anthius rubescens rubescens / American Pipit s'observe le plus souvent en groupes et dans les champs.



Cette espèce fréquente les milieux ouverts et on le retrouve souvent dans les milieux agricoles où le sol a été chamboulé depuis peu par la machinerie agricole. Elle accompagne souvent les alouettes et des limicoles comme les Pluvier bronzé, Pluvier kildir, Bécasseau de Baird, Bécasseau roussâtre et Bécasseau à poitrine cendrée.


Notre prochaine destination est Cacouna où un Pélican d'Amérique / Pelecanus erythrorhynchos / American White Pelican pourrait bien nous y attendre. Et oui, il est là, bien occupé à se nourrir dans la grande étendue d'eau formant le bassin principal.


Le Pélican d'Amérique est rarement observé au Québec. Au Canada, cette espèce se reproduit sur les plans d'eau des grandes plaines s'étendant au centre du pays (Manitoba, Alberta, Saskatchewan). Sa distribution est beaucoup plus grande aux États-Unis alors qu'il occupe les deux tiers du territoire à partir du Pacifique vers l'est. Par contre, il s'observe sur les côtes de la "pan handle" floridienne. Il est difficile de déterminer avec certitude d'où proviennent exactement les pélicans qui atteignent le Québec.


Enchantés de cette belle trouvaille, nous prenons le chemin du retour vers Québec avec un arrêt incontournable au quai Boulanger de Montmagny. Des fois que le Bécassin à long bec s'y trouverait. Après tout, c'est l'endroit où nous l'avons observé le plus souvent au Québec. La marée est plutôt basse, mais une belle surprise nous attend. Nous estimons à environ un millier le nombre de Bécasseaux semipalmés / Calidris pusilla / Semipalmated Sandpipers agglomérés sur les rochers jouxtant le quai. 



Un mouvement continuel anime tous ces groupes d'oiseaux. Des individus s'envolent, d'autres atterrissent. Tout se fait très rapidement. Vu le grand nombre, les oiseaux doivent se serrer s'ils veulent avoir une place pour se reposer ou faire leur toilette. La promiscuité fait partie de leur mode de vie.



Cette photo montre un oiseau arrivant en vol et qui, faute de place disponible, ne peut faire autrement que de se poser sur le dos d'un oiseau déjà installé. Il n'y restera qu'une fraction de seconde, dès que l'oiseau harassé se tassera. Une vie plutôt stressante pour d'aussi petits oiseaux. Comme on dit, il n'y a pas de lunch gratuit.



Et voilà qu'un Faucon émerillon passe en vol et TOUS les bécasseaux s'envolent simultanément, tout en formant un groupe très serré. Ce comportement inné est essentiel à leur survie lorsqu'ils sont en présence d'un prédateur. Le faucon ne réussit sa chasse que lorsqu'il peut se concentrer sur un seul individu. Il le poursuit alors sans relâche. Devant plusieurs individus, il ne sait lequel choisir et son hésitation permet à ses proies potentiels d'échapper à son attaque.




En solo, cet individu constitue une bien belle proie pour un virtuose de l'attaque en vitesse, tel le Faucon émerillon ou le Faucon pèlerin.


Et, pour terminer, voici une autre espèce abondante en migration, mais que l'on retrouve en plus petit nombre à cet endroit.




Ce Pluvier semipalmé / Charadrius semipalmatus / Semipalmated Plover se pose sur un rocher dénudé d'autres limicoles. Bien sûr, il n'y rencontre aucune opposition i.e. qu'il n'a pas à se débattre pour trouver un lieu paisible, mais qu'en serait-il lors du prochain passage d'un prédateur ailé ?



@ bientôt,





mardi 9 août 2016

Les limicoles en migration.




Nous voici au début d'une vague migratoire qui mettra en vedette les limicoles. Cette appellation de limicole vient du latin limus qui peut être traduit par limon ou par vase. En effet, la majorité des espèces d'oiseaux appartenant à cette catégorie consomme des petits invertébrés vivant dans la vase ou dans l'humus. Nous les retrouvons surtout en bordure de mer, de lac ou de rivière, mais quelques espèces préfèrent les lieux humides comme les marécages ou, tout simplement, les endroits inondés par les pluies automnales dans les champs. Quelques autres privilégient les milieux ouverts où l'herbe est très courte, comme dans leurs lieux de nidification, ou lorsque la terre a été chamboulée sous l'action de la machinerie agricole.


J'ai déjà écrit plusieurs billets sur ces oiseaux fascinants et, si je le fais encore, c'est juste pour attirer votre attention sur ce phénomène qui se déroule présentement et qui atteindra son apogée dans quelques semaines. Quand nous nous mettons plus sérieusement à l'ornithologie, nous nous apercevons très vite qu'il existe des temps forts dans une année pour l'observation de différentes espèces. Les migrations, printanière et automnale, figurent parmi les temps forts. Nous voici présentement à l'aube de la migration automnale. Si pour les passereaux le tout commence en septembre, les limicoles ont terminé leur saison de nidification plus au nord et ils entreprennent un périple qui les mènera, aussi loin que la Terre de Feu, au sud de l'Argentine, du moins pour certaines espèces comme le Bécasseau roussâtre / Tryngites subruficollis / Buff-breasted Sandpiper.



L'élégant et coloré  Bécasseau roussâtre se rend aussi loin que la Terre de Feu, à l'extrême sud de l'Argentine, pour y passer notre hiver.



Pour les intéressé(e)s, voici les endroits où doit se porter votre attention si vous désirez en observer.



Mais d'abord, avant de vous déplacer vers ces lieux, il est important de vérifier s'il n'y aurait pas dans votre région rapprochée un endroit propice aux regroupements d'oiseaux de rivage en migration. Les sites les plus "payants" sont ceux où les décharges des rivières rejoignent le fleuve. À marée basse, l'eau douce apportée par ces rivières contient beaucoup de nouveaux nutriments qui font sûrement l'affaire des oiseaux avides de retrouver des forces en gobant tout ce qui se présente sous leur bec.


Pour ma part, dans le comté de Lotbinière, j'ai repéré deux endroits propices. Au niveau de Leclercville, la rivière du Chêne se déverse dans le fleuve Saint-Laurent et j'y ai observé plusieurs espèces de limicoles au fil des ans. La même chose à Sainte-Croix où l'eau s'écoulant de la Rivière du Petit Saut aboutit à une belle chute d'une quinzaine de mètres et s'écoule en un filet plus ou moins mince dans la zone intertidale du grand fleuve. Ce lieu permet la concentration de petits groupes d'oiseaux de rivages en migration. Qu'en est-il pour vous ?  Une recherche sur Google Map pourrait vous aider à faire le point.



Mais une fois que les endroits sont définis, il reste un facteur très important: le niveau des marées. À marée très haute, les oiseaux ne sont pas là. Ils s'éparpillent dans les lieux humides où la nourriture est plus abondante et surtout accessible plus facilement. À marée très basse, les oiseaux sont là, mais les zones de nourrissage sont tellement répandues qu'il n'y a pas une grande concentration d'individus au même endroit. L'heure idéale est deux heures avant la marée haute. En envahissant progressivement la zone intertidale, l'eau pousse les oiseaux vers le rivage. Les zones de nourrissage s'amenuisant, les différents groupes se rejoignent et peuvent former une bande de centaines, voire de milliers d'individus. Quand vous découvrez de tels lieux, c'est le bonheur total. Suffit d'une bonne lunette d'observation et de la patience pour identifier les différentes espèces qui s'activent devant vous.


D'autres endroits qui attirent les limicoles sont les décharges d'eaux usées des villes et villages dans les cours d'eau ou dans les bassins de rétention d'eaux usées. Plusieurs villes et villages utilisent de tels bassins. 


Pour ma part, voici mes places préférées où je fais des visites fréquentes dans ma quête de limicoles.


La baie de Saint-Vallier et la décharge de la Rivière Boyer sont visités régulièrement pour ne pas dire religieusement par une horde d'ornithologues en manque de limicoles. Le niveau d'adrénaline peut augmenter de façon significative lorsque les espèces vedettes sont aux rendez-vous: Bécasseau de Baird, Bécasseau roussâtre, Barge marbrée, Barge hudsonienne...



Le Bécasseau de Baird passe souvent inaperçu. Plus furtif que les autres petits limicoles, il se dissimule plus fréquemment dans la végétation riparienne.



Le quai Boulanger à Montmagny est un endroit idyllique pour observer de très bons rassemblements de limicoles. Situé tout près des chutes de la Rivière-du-Sud, ce quai a été aménagé de belle façon et les oiseaux sont très près des observateurs. C'est l'endroit de prédilection pour y retrouver les espèces suivantes:



Alors que le Bécassin à long bec volète d'un rocher à l'autre, un Bécasseau à échasses se dresse bien droit, alarmé par un Faucon émerillon qui passe en vol. Le bécasseau est à l'extrême gauche avec une couronne très foncée, un trait sourcilier blanc et un bec mince et recourbé vers le bas. Sa poitrine est plus colorée que les autres (légèrement beige). Photo réalisée le 29 août 2015 à partir du quai Boulanger, Montmagny.



Le Bécassin roux est une espèce sûre au quai Boulanger de Montmagny.



Bécasseau minuscule (en vol) et Bécasseau variable.



Phalarope de Wilson au centre, Bécasseau à échasse à gauche et Grand Chevalier à droite. Prise réalisée en digiscopie, au quai Boulanger, Montmagny, le 15 août 2010.



Le Phalarope à bec étroit est un des fidèles au quai de Montmagny. Il passe cependant très vite. Réalisé en digiscopie le 12 septembre 2009 au quai Boulanger.



Le Bécasseau semipalmé forme des groupes pouvant atteindre la centaine d'individus. Photo réalisée le 08 septembre 2007 à partir du quai Boulanger à Montmagny.


Les rivages du Saint-Laurent au niveau de Kamouraska sont reconnus également pour héberger les limicoles en migration. Voici quelques autres espèces observables à ces endroits.



Bécassin roux et Petit Chevalier. Saint-Denis-de-la-bouteillerie, le 30 août 2015.



Bécasseau minuscule. Saint-Denis-de-la-bouteillerie, le 30 août 2015.



Bécasseau roussâtre. Kamouraska, le 30 août 2015.



Dans la région de Trois-Pistoles, les trois lieux pouvant permettre de belles trouvailles sont: la rivière Trois-Pistoles, la grève Morency et la grève Leclerc. Une recherche sur Google Map vous permettra de les localiser rapidement. Il est bon de se retrouver deux heures avant la marée haute à la décharge de la rivière Trois-Pistoles. J'y étais encore dimanche dernier pour observer la Mouette atricille qui s'y tient depuis une semaine. L'an dernier, c'était un rare Chevalier semipalmé qui y a passé quelques jours.



Chevalier semipalmé photographié le 04 mai 2015 en Floride.


Mon endroit préféré restera toujours l'Île-aux-Basques, petite île sympathique flottant au large de Trois-Pistoles. Il faut obligatoirement y passer au moins quelques jours si nous voulons apprécier toutes les richesses naturelles présentes en ce lieu accueillant et unique au monde. La longue pointe de sable qui se dégage au sud à marée basse, les rives sablonneuses à l'ouest, la zone rocheuse à l'est et les sites d'observation vers le nord constituent un amalgame incroyable pour y faire des découvertes intéressantes. Aucun séjour n'est semblable aux précédents et c'est ce qui nous attire, Anne et moi, année après année. Le fait d'occuper un chalet sur place nous permet de profiter des meilleures heures d'observation que ce soit pour les oiseaux marins ou pour les oiseaux forestiers.




Bécasseau sanderling. Prise le 19 septembre 2015 sur l'Île-aux-Basques.



Bécasseau variable. Prise le 19 septembre 2015.



Le Bécasseau violet est une spécialité de l'île, mais il ne s'observe que tôt ou tard durant l'année. Ici, je l'ai photographié le 22 mai 2011. Il faut attendre à la mi-octobre pour son passage automnal à l'île.



Le Bécasseau à croupion blanc passe souvent inaperçu à cause de sa ressemblance avec le Bécasseau semipalmé, mais sa plus grande taille, son sourcil blanc prononcé et le bout des ailes dépassant la queue sont des traits caractéristiques si nous ne pouvons voir le croupion parfaitement blanc. Photographié le 08 octobre 2011.



Si le Tournepierre à collier arbore des couleurs éclatantes au printemps (ici, en Floride le 6 mai 2015)...


il en est bien autrement à l'automne où l'espèce exhibe un plumage internuptial et où la présence d'oiseaux immatures est abondante. Photo réalisée le 31 août 2013, à l'Île-aux-Basques.


Dans quelques semaines, un séjour de 4 jours est prévu sur l'île magique. Peut-être y retrouverons nous encore notre espèce fétiche, le Bécasseau roussâtre ? Nous y avons déjà observé trois individus en même temps.  Je le laisse vous saluer.






@ bientôt.