Affichage des articles dont le libellé est Baie-du-Febvre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Baie-du-Febvre. Afficher tous les articles

mercredi 12 mai 2021

Un p'tit roux bien intriguant.

 

 

Vous connaissez l'Érismature rousse? Connue autrefois sous l'appellation de Canard roux? C'est normal que ça ne vous dise pas grand chose. Il s'agit d'un petit canard plongeur (i.e. qu'il plonge complètement sous l'eau pour aller chercher de la nourriture). En opposition à un canard barboteur qui ne plonge que l'avant de son corps pour se nourrir, laissant dépasser son arrière-train bien en évidence à la surface de l'eau. Pensez au Canard colvert. Vu sa petitesse et son caractère farouche, il est facile de passer sur un site idoine sans la repérer. Elle a cette particularité de pouvoir enfoncer son corps lentement dans l'eau jusqu'à disparaitre sans causer aucune ride à la surface... pour apparaître loin de son lieu d'immersion initial.

 

En période de nidification, ses habitats préférés sont les marais et les étangs d'épuration qui sont bien pourvus des invertébrés aquatiques dont elle est friande. Elle se nourrit à 75% de végétation qu'elle va chercher dans le fond de l'eau. Aussi des insectes aquatiques, des escargots et des crustacés. Je vous présente un beau p'tit mâle accompagnée d'une Oie des neiges. Question de vous donner une idée de sa grosseur.

 


 

Ce canard a aussi la particularité de lever sa queue à 90° à l'instar des troglodytes. 

 


 

Les deux premières images ont été captées le 07 mai 2021 sur les bassins de décantation le long de la route Janelle à Baie-du-Febvre. L'endroit le plus facile pour observer cette beauté entre Montréal et Québec.

 

La photo suivante a été prise le 09 juin 2020 sur le même bassin de décantation.

 


 

Et, toujours au même endroit, une femelle peut-être moins colorée, mais tout aussi intéressante à observer. C'était le 12 juillet 2015.




 @ bientôt.

mercredi 23 janvier 2019

Mes coups de coeur 2018



J'adore observer les oiseaux et j'adore faire de la photo. Maintenant, l'un ne va plus sans l'autre. Sans jumelle au cou, je me sens handicapé, de même lorsque je ne porte pas ma caméra en bandoulière. C'est donc équipé de ces deux éléments que je peux savourer au maximum cette belle nature, si généreuse à nous révéler ses trésors dès que nous passons du temps dehors. Et dans la nature, il n'y a pas que des oiseaux, il y a tout le monde végétal, les insectes et les animaux. Tout est source d'apprentissage à condition bien entendu d'être curieux et avide d'en apprendre davantage.

En 2018, j'ai ajouté près de 1000 photos sur mon compte Flickr. Difficile de choisir les 15 photos qui m'ont marqué davantage que les autres, mais je me suis prêté à cet exercice. J'y vais dans l'ordre chronologique.

Le 10 mars 2018, je suis au domaine de Maizerets. Il neige de plus en plus abondamment et un Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl  est perché le long de la rivière qui traverse le parc. À mon arrivée, il y a plusieurs photographes et l'oiseau est bien éveillé. L'attention du hibou se porte sur les chiens qui passent dans les sentiers tout près. Ils sont en laisse et accompagnés de leur maître. L'intensité de son regard est remarquable.






Le 31 mars 2018, Gérard Cyr repère à Neufchatel un oiseau dont la présence est inusitée au Québec: le Merlebleu azuré / Sialia currucoides / Mountain Bluebird. Il s'agit d'un oiseau de l'ouest du continent et qui se serait égaré de son corridor migratoire. Gérard le trouve et il communique sa trouvaille par texto. Dès que Anne en prend connaissance, nous nous dirigeons vers l'endroit. Gérard est toujours présent et il nous indique où l'oiseau est perché. Même si l'oiseau n'est pas près de nous, il me permet de prendre quelques photos dont celle-ci. Malheureusement, juste comme arrive un autre ornithologue, l'oiseau s'envole et il ne sera pas revu par la suite. Merci à Gérard pour avoir partagé aussi rapidement sa découverte.







Le 9 avril 2018, nous sommes à Baie-du-Febvre, près des deux étangs de rétention le long de la route Janelle. Tous connaissent le potentiel d'accueil de Baie-du-Febvre en période migratoire. Une avifaune abondante et variée y fait un arrêt stratégique pour refaire des forces avant de continuer leur migration. Voilà qu'un Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin, un chasseur implacable des petits passereaux, vient se percher tout près en tenant dans ses serres un mâle de Plectrophane des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Bunting. Il le déplume devant nous avant de percer la chair de son bec acéré. Ce petit prédateur suit les passereaux lors de leur migration et il se nourrit quotidiennement à même le cheptel des migrateurs.





Voici maintenant un locataire permanent de ma cour. Ce petit rongeur me fait sourire à chaque fois que j'observe son comportement. Il est petit, vif, tellement vaillant et d'un charme absolu. Le Tamia rayé / Tamias striatus / Eastern Chipmunk ne laisse personne indifférent.






Le bourdon diffère très peu de l'abeille domestique: il se nourrit du nectar des fruits et récolte le pollen pour nourrir les larves. Il est donc un important pollinisateur. Les abeilles distinguent trois couleurs : le bleu, le vert et les ultraviolets. Les autres couleurs leur apparaissent en noir. Les dégradés de bleu et de vert se dévoilent à elles avec un décalage de teinte par rapport à notre vision. Par exemple le jaune se révèle comme du vert plus ou moins pâle. Photo réalisée le 16 août 2018 au Marais Léon-Provancher à Neuville, près de Québec.





Le mois d'août est une belle période pour observer les plantes et les insectes à la Base de Plein Air de Sainte-Foy. En ce 19 août 2018, je découvre une espèce de libellule que je n'avais jamais remarquée. Mes recherches dans les quelques livres à la maison me permettent d'identifier un Sympetrum vicinum / Autumn Meadowhaw. Désolé pour le nom français, mais je ne l'ai pas trouvé sur internet et mes livres sont en anglais. Il y avait plusieurs individus de cette espèce dans un endroit bien localisé. Si vous connaissez son nom français, je serais très heureux de l'ajouter à mon texte.







Le 20 août 2018, un mâle de Chardonneret jaune / Carduelis tristis tristis / American Goldfinch joue au parent nourricier et il a intérêt à faire vite parce que son rejeton est très affamé. Cette journée-là, je rencontre plusieurs autres parents de différentes espèces qui sont très occupés par le nourrissage des jeunes: moqueur-chat, carouge, bruant... Ça se passe au marais Léon Provancher.






Le 4 septembre 2018, une visite au quai Boulanger, à Montmagny, nous fait découvrir un Phalarope de Wilson / Phalaropus tricolor / Wilson's Phalarope très coopératif. Cette espèce est observée annuellement à cet endroit et à cette date. Il n'est que de passage, aussi il est difficile de prévoir le temps qu'il passera sur ce site.






Nous y retournons le 7 septembre pour voir s'il n'y aurait pas de nouvelles espèces. Les espèces de limicoles régulières y sont en assez bon nombre. J'en profite pour capter les deux espèces de chevaliers aux pattes jaunes: les Petit et Grand Chevaliers / Lesser and Greater Yellowlegs. Nous pouvons très bien voir la différence de grosseur et la longueur du bec. Ce n'est pas toujours évident.






Le 15 septembre 2018, nous nous rendons à la rivière Trois-Pistoles avec l'espoir de trouver le Traquet motteux / Oenanthe oenanthe leucorhoa / Northern Wheatear qui a été observé à un endroit bien précis, quelques jours auparavant. À notre arrivée, des observateurs du bas Saint-Laurent sont sur le site. J'y reconnais Marco Beaulieu et Sébastien Dionne. Nous passons environ trente minutes à regarder l'oiseau se nourrir devant nous. Il est très occupé à fouiller au sol, à la recherche de nourriture. Lorsque nous quittons, l'oiseau est toujours là et il n'a pas changé de comportement.





En octobre 2018, je découvre une activité très intéressante qui se tient dans la Réserve Nationale de Faune du Cap Tourmente. Il s'agit d'une station de baguage d'oiseaux. Une équipe de techniciens et de biologistes capturent des oiseaux à l'aide de filets japonais pour les identifier, déterminer le sexe et l'âge, les peser, les mesurer, constater le pourcentage de graisse et les baguer. Un biologiste commente le travail qui se passe devant nous et nous pouvons même les voir manipuler les oiseaux pour les relâcher ensuite. J'en profite pour prendre des gros plans de différentes espèces. Je publie ici la photo d'une espèce recherchée lors des migrations par les ornithologues soit la Grive à joues grises / Catharus minimus aliciae / Gray-cheeked Thrush. Il vaut vraiment la peine d'assister à cette activité et je me promets bien d'y retourner à l'automne 2019.







Le 21 octobre 2018, en revenant de Rimouski, nous nous arrêtons au Parc National du Bic. Deux Gélinotte huppée / Bonasa umbellus togata / Ruffed Grouse sont occupées à se nourrir au sol en picorant les graines sur la végétation ambiante. Je les approche très lentement en effectuant de multiples arrêts et les oiseaux font peu de cas de ma présence.






Un peu plus loin, toujours dans le même parc, c'est un magnifique Renard roux / Vulpes vulpes / Red Fox qui nous fait l'honneur de se présenter devant nous. Wow ! Qu'il est beau ! Tous ceux que je rencontre dans la région de Québec sont tellement furtifs qu'il est difficile de les photographier. Cet individu semble habitué aux visiteurs du parc, car il nous regarde avec un certain désintéressement.






Le 22 octobre 2018 nous voit visiter le domaine de Maizerets. Les grives, bruants et merles sont très actifs dans les arbres fruitiers du parc. On ne se lasse pas de les voir dévorer goulûment les petits fruits rouges. Ici, c'est un Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin qui réalise des acrobaties afin d'atteindre les baies.







Le Geai bleu / Cyanocitta cristata bromia / Blue Jay m'a envoûté la première fois où je l'ai observé à mes débuts en ornithologie. Le bleu étant l'une de mes couleurs préférées, disons qu'il partait avec une longueur d'avance. J'ai été surpris d'apprendre qu'un oiseau aussi coloré appartenait à la famille des corvidés qui regroupe habituellement des membres au manteau très sombre (corneille, corbeau..) ou très sobre (mésangeai). Si ceci est vrai pour le Québec, il en est autrement pour le reste du monde. Les corvidés comprennent 21 genres et 123 espèces. Trop souvent désavoués comme le sont des oiseaux noirs familiers, la famille des corvidés comprend des oiseaux d'une beauté saisissante; certains témias (treepie) et pirolles (magpie) font partie des oiseaux les plus élégants et les plus gracieux du monde.








Je vous souhaite une année 2019 des plus riches en rencontres intéressantes.


@ bientôt.



     

mardi 10 avril 2018

Baie-du-Febvre, l'incontournable.



Je l'ai d'abord connu sous le nom de Baieville, c'était avant le 6 juin 1983, avant l'annexion de trois municipalités (Saint-Antoine-de-Baie-du-Febvre, Baieville et Saint-Joseph) sous le vocable de Baie-du-Febvre. Au fil des ans, j'y ai observé des millions d'Oies des neiges et des milliers de Bernaches du Canada et d'anatidés de toutes les espèces possibles, des plus communes au plus rares.

Bien des facteurs jouent en faveur de la présence de ces oiseaux d'eaux dans ce lieu idyllique pour eux. La proximité du grand Fleuve Saint-Laurent, la présence de marécages et de plans d'eau naturels, de bassins de rétention des eaux usées et de champs qui retiennent l'eau de la fonte des neiges et qui se transforment le temps d'une saison en véritables pataugeuses pour nos amis palmés. Et comme ces champs sont voués à la culture, le bec des oies et des bernaches est très bien adapté pour déterrer les racines restées enfouies dans le sol après les récoltes. Et il n'y en a pas seulement pour les oies, les canards et les bernaches. Cette région hautement agricole est constituée de vastes régions ouvertes où les rapaces et les passereaux y trouvent gîte, nourriture et escale avant de poursuivre leur route plus au nord.


Un Faucon émerillon se nourrit d'un Plectrophane des neiges mâle qu'il vient d'attraper. Baie-du-Febvre, le 09 avril 2018.


Un groupe de plus de 5,000 Plectrophanes des neiges tourbillonnent au-dessus des champs au bout de la rue Lacerte. Baie-du-Febvre, 09 avril 2018.

Des centaines de milliers d'Oies des neiges transitent par Baie-du-Febvre à tous les ans lors de la migration printanière. Baie-du-Febvre, le 09 avril 2018.

Et parmi elles, se cachent des espèces moins communes comme l'Oie de Ross, l'Oie à bec court, la Bernache de Hutchins ou la Bernache nonnette. Au plus vaillant à les repérer. Anne a trouvé une Bernache de Hutchins dans ce groupe. Baie-du-Febvre, 09 avril 2018.

Et la fatalité frappe dans ces groupes impressionnants. Les migrations ne sont pas des déplacements de tout repos pour les migrateurs. Des individus peuvent se blesser, tomber malades ou mourir d'épuisement faute de ne pas se nourrir suffisamment. Des oies mortes gisent au sol à différents endroits et des rapaces comme les pygargues, les aigles, les buses et les busards se nourrissent à même ces carcasses. Ici, une grosse femelle de Busard Saint-Martin essaie de se sustenter, mais le cadavre s'avèrera finalement trop gelé. Baie-du-Febvre, 09 avril 2018.


En même temps que nous observons le busard, nous pouvons voir un peu plus loin deux Pygargues à tête blanches adultes bien assis chacun sur leur carcasse d'Oies des neiges. Comparativement au busard, ils sont beaucoup mieux outillés pour percer la peau gelée.


L'hiver 2017-2018 a été froid, nuageux et neigeux. On dirait qu'il tarde à vouloir nous quitter, mais la température se réchauffe progressivement. Les jours qui viennent risquent de voir arriver une bonne variété de migrateurs. Une visite à Baie-du-Febvre devrait faire partie de votre cédule des prochaines sorties. Voici quelques photos faites sur le site et comportant des espèces qui arriveront dans les jours ou les semaines qui viennent.


Bruant chanteur / Melospiza melodia melodia / Song Sparrow

Bécasseau minuscule / Calidris minutilla / Least Sandpiper

Bruant des prés / Passerculus sandwichensis mediogriseus / Savannah Sparrow

Paruline à croupion jaune / Setophaga coronata coronata / Yellow-rumped Warbler

Aigle royal / Aquila chrysaetos canadensis / Golden Eagle

Érismature rousse / Oxyura jamaicensis / Ruddy Duck

Hirondelle bicolore / Tachycineta bicolor / Tree Swallow

Troglodyte des marais / Cistothorus palustris dissaeptus / Marsh Wren

Moucherolle phébi / Sayornis phoebe / Eastern Phoebe

Une visite à Baie-du-Febvre est toujours excitante car nous ne savons jamais quelle belle observation nous attend. En ce 09 avril 2018, c'est un Faucon Gerfaut / Falco rusticolus / Gyrfalcon de forme grise qui s'est présenté devant nous. Arrivé de nulle part, il survole les oies posées sur l'eau et il entreprend des piqués pour les faire décoller. Le stratagème ne fonctionne pas. Il fait alors du surplace et fait plonger un petit canard que nous n'avons pas le temps d'identifier. Il reste quelques secondes au-dessus du point où sa proie a disparu et il se dirige ensuite vers une femelle de Busard Saint-Martin qui arrive en vol.  Les deux se confrontent un peu, mais le faucon finit par disparaître sans demander son reste. Je suis malheureusement incapable de prendre une photo. Ce sera pour une prochaine.

 

@ bientôt.


vendredi 11 juillet 2014

Juin 2014



C'est la première fois, depuis 2010, que je passe le mois de juin à la maison. J'ai bien l'intention d'en profiter pour faire quelques sorties dans les environs afin d'observer les oiseaux nicheurs. En ce mois de juin 2014, la température est plutôt fraîche, quelques degrés en bas de la normale. La pluie et les vents semblent plus présents que d'habitude et je ne peux m'empêcher, à tous les matins, d'avoir une pensée pour mes confrères de l'Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec qui s'activent dans les régions nordiques de la province.


Je vous invite à m'accompagner dans certaines des sorties effectuées à partir de la mi-juin.



Le 16 juin, je me rends dans le comté de Lotbinière afin de compiler des informations pour l'Atlas.




Dans un chemin forestier en bordure de rivière, cette Paruline à flancs marron / Setophaga pensylvanica / Chestnut-sided Warbler me gratifie de son beau chant. Comme elle niche dans le coin, elle est très territoriale et mon seul passage suffit à l'agiter.


Je marche lentement et j'entends le sifflement caractéristique du Tyran huppé / Myiarchus crinitus / Great Crested Flycatcher. J'émets un sifflement similaire et il répond aussitôt. Quelques minutes plus tard, il passe en vol et je réalise ce cliché. L'oiseau se perche trop loin pour une autre photo. Mais son attitude agressive démontre bien que je suis sur son territoire de nidification. Les tyrannidés sont très agressifs lorsqu'ils nichent. À travers mes années d'observation, j'ai été attaqué par plusieurs espèces appartenant à cette famille. Saviez-vous que le Tyran huppé aime apporter une mue de serpent dans son nid ? Il niche dans les anciens nids de pics ou dans des cavités naturelles présentes dans les arbres. Il adopte volontiers un nichoir mis à sa disposition.


Nous sommes peu enclins à chercher l'Alouette hausse-col / Eremophila alpestris alpestris / Horned Lark au début de l'été alors que les champs cultivés commencent à voir sortir la végétation provenant des semis. Et pourtant, l'alouette est toujours là. Elle niche très tôt au printemps, même lorsque la neige est encore présente au sol. Pendant cette période, elle pointe les deux cornes qui lui ont valu son ancien nom d'Alouette cornue. En ce matin de mon passage, elles étaient trois, bien excitées, toutes en voix et les cornes déployées. Elles se pourchassaient. Drôle de comportements pour une espèce qui aurait finit de nicher. Une deuxième nichée en vue ???




Le 23 juin, ma généreuse cour me réserve encore de beaux moments.




L'Étourneau sansonnet / Sturnus vulgaris vulgaris / European Starling a été importé d'Europe et 60 individus ont été introduits en 1890 à Central Park, ville de New York. 40 autres ont suivi en 1891. Ils se sont mis à nicher immédiatement puisque le premier nid fut trouvé à l'été 1890 sous les corniches du Musée d'Histoire Naturelle d'Amérique, tout près du célèbre parc. 50 ans plus tard, ils nichaient en Californie. L'adulte au bec jaune amène un juvénile pour se désaltérer et se baigner dans un bassin mis à leur disposition.


Dès qu'ils apparaissent durant l'été, les juvéniles de plusieurs espèces communes deviennent de réels casse-têtes pour les ornithologues débutants. Les couleurs sont fades et le manteau général est souvent fortement strié ou tacheté alors que le plumage de l'adulte ne possède pas ces critères. De là l'importance de continuer l'observation assidue des oiseaux même en été.



Et voici une espèce qui me réconcilie avec la grisaille du plumage d'autres espèces. Ce magnifique mâle de Cardinal rouge / Cardinalis cardinalis cardinalis / Northern Cardinal est un visiteur régulier à nos mangeoires. Il nous avise de son arrivée par des "tick, tick" très sonores. Bientôt il reviendra avec ses jeunes pour nous les présenter.




Le 24 juin, Anne et moi nous nous dirigeons vers Baie-du-Febvre.



Baie-du-Febvre constitue notre rendez-vous annuel pour observer l'élégante Guifette noire / Chlidonias niger surinamensis / Black Tern. Même si je l'ai déjà observée en période migratoire aussi à l'est que Saint-Vallier, c'est à partir de Trois-Rivières qu'elle devient de plus en plus abondante vers l'ouest. Elle est super abondante et nicheuse dans le grand marécage au nord des deux bassins d'eau sur la route Janelle.


La très gracieuse Hirondelle bicolore / Tachycineta bicolor / Tree Swallow niche dans les nombreux nichoirs mis à sa disposition autour des plans d'eau de la route Janelle.



Mais nous sommes si habitués à les voir occuper des nichoirs que c'est toujours une surprise de les voir disparaître dans des cavités naturelles. Pour Anne, il s'agissait d'une première. Deux oisillons attendent l'arrivée des parents avant de se présenter dans l'ouverture. Photo prise plus près du fleuve.



À peine 50 mètres de la bicolore, c'est un couple d'Hirondelle rustique / Hirundo rustica erythrogaster / Barn Swallow qui nourrit fébrilement une nichée très exigeante. Le mâle, à droite, est nettement plus coloré que sa femelle.



La femelle vient tout juste de déposer dans le bec grand ouvert d'un oisillon de succulents insectes ailés. Il ne reste maintenant qu'à retourner en chercher d'autres. Le nid, en forme de quart de sphère, est fait de boulettes de boue projetées et collées les unes aux autres. Il est placé de façon à être protégé de la pluie sur des poutres ou des dessus de porte ou de fenêtre.





Les 28 et 29 juin, nous faisons une tournée en Montérégie. Le 28, nous nous rendons directement au croisement des routes 202 et Montée Clinton près de Franklin. Nous couvrirons la distance en deux heures trente minutes.




Voici l'oiseau le plus convoité lors de cette escapade en Montérégie. Le Dickcissel d'Amérique / Spiza americana / Dickcissel est peu commun au Québec. Sa rare présence, en période migratoire, est le plus souvent détectée grâce à son cri de vol entendu lors d'écoutes nocturnes ou  lors de ses déplacements diurnes. Il aime fréquenter les postes d'alimentation et c'est là qu'il est habituellement observé.

Exceptionnellement, cet individu est bien campé au croisement de deux routes passantes depuis déjà quelques semaines et il ne cesse de s'époumoner pour attirer une possible partenaire.



Et voilà que seulement quelques jours avant notre passage, une autre rareté est trouvée exactement au même endroit que le dickcissel. Il s'agit d'un jeune mâle de Guiraca bleu / Passerina caerulea ssp. / Blue Grosbeak. C'est quand même extraordinaire d'avoir deux oiseaux égarés sur le même site et en même temps. À l'instar du dickcissel, le guiraca est très vocal, mais il ne restera finalement que quelques jours. En date du 11 juillet, le dickcissel est toujours là.



Sur le chemin Gowan, un beau bruant au bec rose nous surprend par son chant typique. Non pas qu'ils soit rare, mais il est peu commun à l'est des Bois-Francs. Le Bruant des champs / Spizella pusilla pusilla / Field Sparrow est petit et furtif. Il se cache très bien dans la végétation et il passerait inaperçu si ce n'était de son chant.



Toujours sur ce même chemin, cette femelle de Cardinal à poitrine rose / Pheucticus ludovicianus / Rose-breasted Grosbeak vient tout près de nous, histoire de savoir ce qui peut attirer deux humains dans son boisé.




En fin d'après-midi, nous nous rendons au gîte du passant que nous avons réservé avant de quitter la maison. Le Gîte chez Mimi est judicieusement situé sur le chemin Ridge. Des cabanes d'oiseaux, des mangeoires et des abreuvoirs sont installés pour les oiseaux. Un couple de Moineau domestique / Passer domesticus / House Sparrow niche dans une cabane, mais il a le malheur d'avoir un voisin très agressif, soit le diminutif Troglodyte familier / Troglodytes aedon aedon / House Wren. La femelle nourrit ses petits, mais le petit diable ne cesse de la contrarier en passant très près. Le troglodyte ne niche pas dans la cavité en bas de celle du moineau, mais plutôt dans une autre cabane placée en dessous de celle que l'on voit sur la photo. Disons que ce n'est jamais une bonne idée de placer des cabanes trop près les unes des autres.



Même si cette photo s'apparente plus à des ombres chinoises, vous n'aurez sûrement pas trop de difficulté à identifier l'oiseau. Il s'agit d'un Étourneau sansonnet qui est contrarié par notre présence sur la galerie au deuxième étage. Il niche en effet en dessous de la corniche, à environ deux mètres où nous nous tenons, et sa marmaille ne cesse de réclamer son retour.



Le 29 juin, nous retournons sur la montée Biggar afin de trouver la Paruline à ailes dorées / Golden-winged Warbler entendue la veille par Alain Daigle de Victoriaville. Nous finissons par en entendre une, mais l'auteur du chant est en fait une Paruline de Brewster / Brewster's Warbler, une espèce hybride provenant de l'accouplement entre une Paruline à ailes dorées et une Paruline à ailes bleues. L'individu hybride découlant de cette union peut alors chanter comme l'un ou l'autre des parents, ce qui nous oblige à voir l'oiseau pour nous assurer de faire une bonne identification. Un peu plus loin sur le même chemin nous rencontrons un petit groupe familial de Paruline à ailes dorées alors qu'une femelle adulte nourrit au moins deux oiseaux qui se déplacent continuellement. Un quatrième individu, que nous soupçonnons être le mâle selon ce qu'un rapide coup d'oeil nous a permis de décortiquer, s'envole et s'éloigne trop rapidement pour une confirmation absolue. 

Ces deux parulines sont très rapides et elles se tiennent dans un feuillage épais ce qui a rendu la prise de photo impossible.

Nous nous dirigeons ensuite vers Dundee et la Réserve nationale de faune du Lac Saint-François. Il s'agit pour Anne et moi d'une première visite à vie. Nous sommes subjugués par la belle nature omniprésente et les beaux paysages. Enfin, nous arpentons la fameuse "digue aux aigrettes" dont nous entendons de plus en plus parler. C'est un endroit magnifique.



Nous sommes accueillis dès nos premiers pas dans le sentier par une grosse Chélydre serpentine / Chelydra serpentina serpentina /  Common snapping Turtle. Nous la connaissons aussi sous le nom de Tortue serpentine. Elle est reconnue pour son agressivité et la pointe de sa mandibule supérieure nous aide à comprendre toute la douleur que l'on doit ressentir à la suite d'une morsure. C'est la première que je rencontre à l'état sauvage et c'est très impressionnant.




Et voici une autre espèce plutôt rare à l'est du centre du Québec, mais plus commune vers l'ouest: le Moucherolle des saules / Empidonax traillii traillii / Willow Flycatcher.  Il fait partie du complexe bien connu par les Nord-Américains soit celui du genre "Empidonax" où peuvent se retrouver au Québec 5 espèces bien distinctes. Ces moucherolles sont tous très similaires en apparence: petits oiseaux gris (teintés d'olive, de brun ou de jaune) avec deux barres alaires et un cercle oculaire. Leurs caractères spécifiques sont si subtils qu'il y a quelquefois autant de variation entre deux individus d'une même espèce qu'entre deux individus d'espèces différentes. Même des spécimens de musée sont difficiles à confirmer. La meilleure façon de les identifier avec certitude est de les entendre chanter ou émettre leur cri de contact. Celui sur la photo nous a gratifié de son "Fitz-biou" ou l'emphase est mise sur la première syllabe. Nous en avons entendu au moins trois sur le site.



Notre coup de coeur en ce mois de Juin 2014 a sans aucun doute été notre visite de deux jours en Montérégie. Quel merveilleux territoire à parcourir ! C'est tellement différent des autres endroits visités au Québec et la nature y est particulièrement généreuse. Ce périple s'inscrira maintenant dans nos randonnées annuelles récurrentes.


@ bientôt.