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vendredi 22 février 2019

Encore des oiseaux... et de la neige



Et oui, la neige a encore neigé depuis mon dernier billet... et une autre bonne chute de neige est prévue dans une couple de jours. Il faut donc profiter du beau temps entre les tempêtes pour aller observer nos chers oiseaux. À quelques reprises, nous nous sommes dirigés dans le beau comté de Lotbinière où nous avons fait de belles rencontres.

Aussi énergique que ses notes de contact en vol le suggèrent de prime abord, le Sizerin flammé / Acanthis flammea flammea / Common Redpoll est très dynamique alors qu'il est constamment à la recherche de nourriture. Il se déplace très souvent en groupes, ce qui aide grandement à détecter sa présence. En hiver, il faut le chercher assez haut dans les arbres alors qu'il grappille les graines contenues dans les cônes des conifères ou lorsqu'ils mâchouillent les bourgeons des arbres ou, plus à notre niveau, lorsqu'ils se gavent aux mangeoires.

Ces petits passereaux de la toundra arctique et de la forêt boréale migrent de manière irrégulière et ils se retrouvent parfois en grand nombre jusqu'à l'extrême sud du centre des États-Unis. Au cours de ces années d'irruption, les sizerins se rassemblent souvent autour des silos de chardon présents aux postes d'alimentation. L'hiver 2018-1019 s'avère bon pour observer et photographier ces oiseaux. C'est ainsi que j'ai pu capter de belles images de cette espèce le long de la route.

Le premier individu aperçu au sol alors qu'il recherche des graines de tournesol tombées au sol.


Sizerin flammé / Acanthis flammea flammea / Common Redpoll


Alors que je m'y attends le moins, il m'indique la direction du poste d'alimentation installée à seulement quelques mètres.



Je m'y dirige juste à temps pour saisir cet autre individu qui quitte en vol, avec une graine de tournesol bien sécurisée dans son bec.



Même si nous changeons d'endroit, nous rencontrons d'autres groupes sur notre parcours.



 


L'hiver 2018-2019 est également propice à la présence de Gros-bec errants / Coccothraustes vespertinus vespertinus / Evening Grosbeaks un peu partout aux endroits visités. Originaire de l'Ouest, il est observé pour la première fois dans le sud du Québec à la fin du 19ième siècle. Aujourd'hui, on le retrouve un peu partout au Québec où il peut nicher lorsqu'il trouve l'habitat propice et la source de nourriture disponible. Sur son territoire de reproduction, il est peu loquace donc plus discret. C'est bien autre chose lorsque, le reste de l'année, il se tient en groupes très bruyants qui sont fréquemment observés aux postes d'alimentation. C'est ainsi que la plupart des ornithologues Québécois le connaissent.

Même si le Gros-bec errant est considéré comme un oiseau chanteur, il ne semble pas utiliser de sons complexes pour attirer un partenaire. Il possède un petit répertoire d'appels simples, comprenant des notes perçantes et des pépiements enthousiastes.

Sa présence n'est jamais garantie d'une année à l'autre. Ce gros passereau ajoute une touche colorée lors des mois mornes d'hiver et sa visite à nos mangeoires est toujours souhaitée et souhaitable.




Durant la saison hivernale, la rencontre avec des rapaces n'est pas très habituelle. Les oiseaux migrateurs partis, peu de prédateurs restent sous nos cieux. Les proies sont plus rares et les conditions climatiques sont rigoureuses. Deux espèces plus nordiques font leur apparition en saison froide: le Harfang des neiges et la Pie-grièche boréale. Les deux espèces apparaissent à la fin de l'automne et nous quittent au début du printemps. Alors que la présence du harfang est moins prévisible, car il connaît des fluctuations cycliques de population, celle de la pie-grièche est beaucoup plus assurée.

Les Harfangs des neiges se reproduisent dans l'Arctique, mais ils se déplacent vers le sud de manière irrégulière pour chasser en hiver, émerveillant tous les passionnés qui ont la chance de rencontrer ces fantômes des neiges aux yeux jaunes.

Ils passent l'été loin au nord du Québec à chasser les lemmings, les lagopèdes et d'autres proies à la lumière d'un soleil qui brille 24 heures par jour durant la saison estivale. Les années où le cheptel de lemmings est à son plus haut niveau, les femelles peuvent doubler ou même tripler le nombre habituel de jeunes au nid.


Harfang des neiges (immature) / Bubo scandiacus / Snowy Owl


Au Québec, nous avons deux espèces de pie-grièche: la Pie-grièche migratrice et la Pie-grièche boréale. Si la grise vient nous visiter de façon régulière entre les mois de novembre et de mars, la migratrice est devenue extrêmement rare. Même si la pie-grièche se nourrit de petits rongeurs, de gros insectes ou d'autres petits oiseaux, elle n'est pas un rapace, mais bien un passereau. Ses pattes étant trop faibles pour tuer un animal, elle peut compter sur un bec muni d'un crochet puissant qui lui permet de déchirer les chairs de ses victimes. Elle se sert des épines naturelles des aubépines et des fils barbelés pour empaler ses victimes. Elle peut ainsi se constituer un garde-manger. Même si elle n'est pas commune en hiver, elle est plutôt facile à repérer à cause de son habitude à se percher ostensiblement tout au bout des branches les plus hautes d'un arbre ou d'un arbuste. Sa silhouette bedonnante et sa longue queue sont des critères caractéristiques aidant à l'identification de cette espèce.


Pie-grièche boréale / Lanius excubitor borealis / Northern Shrike

L'épervier est un rapace doté d'une longue queue et d'ailes plutôt courtes et arrondies. Alors que les ailes courtes sont un atout pour se faufiler entre les arbres et les branches à l'intérieur de la forêt, la queue longue et flexible l'aide à assurer un équilibre parfait lors de changements rapides de direction. Le vol de l'épervier est également facilement reconnaissable puisqu'il consiste en de rapides battements des ailes suivis d'une longue glissade. En hiver, il est plus normal de rencontrer l'Épervier de Cooper que son diminutif cousin, l'Épervier brun. Et c'est à la Meunerie Soucy de Sainte-Croix-de-Lotbinière que nous trouvons le Cooper. Il est bien perché sur les structures de la bâtisse, occupé à observer les dizaines de pigeons qui vont et viennent sans cesse. Il est bien clair que c'est la présence du prédateur qui cause tout cet émoi.


Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk
 
Et voici quelques autres rencontres faites dans les derniers jours.


Bruant hudsonien / Spizelloides arborea arborea / American Tree Sparrow


Étourneau sansonnet / Sturnus vulgaris vulgaris / European Starling


Le  Plectrophane des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Bunting est un oiseau des champs enneigés de la toundra arctique. Il fait partie des rares petits oiseaux pouvant se reproduire dans les conditions les plus extrêmes de l'Arctique. Même par une journée ensoleillée, le plumage essentiellement blanc d'un troupeau de plectrophanes évoque l'image d'une tempête de neige. En début de saison de reproduction, cette espèce développe une apparence plus brillante causée par l'usure normale des plumes. On voit parfois les mâles se frotter contre la neige pour accélérer l’usure des plumes.


Jaseur boréal / Bombycilla garrulus pallidiceps / Bohemian Waxwing


Jaseur boréal / Bombycilla garrulus pallidiceps / Bohemian Waxwing


Mésange à tête noire / Poecile atricapillus atricapillus / Black-capped Chickadee


Grand Pic / Dryocopus pileatus abieticola / Pileated Woodpecker

Bonne tempête et @ bientôt.



mardi 12 avril 2016

Quand il pleut des roselins ....




Sincèrement, je ne me souviens pas avoir observé autant de Roselins pourprés / Carpodacus purpureus purpureus / Purple Finch en début de printemps. Non pas qu'il s'agisse d'une espèce rare sous les cieux québécois, mais un rapport normal d'observation en hiver peut mentionner une couple d'individus observés principalement à un poste d'alimentation. Depuis la moitié du mois de mars 2016, c'est presque la frénésie, car on en voit partout et en grand nombre. Comme ils sont très vocaux, il est facile de constater leur présence. Ceci réalisé, une recherche plus poussée nous permet de repérer une dizaine d'individus par site. Et les accompagnent invariablement les cousins de la famille, sizerins et tarins. Même le poste d'alimentation de notre arrière-cour citadine en voit apparaître régulièrement.





 
Il côtoie alors son cousin des villes, le Roselin familier / Carpodacus mexicanus frontalis / House Finch.






Cette impression toute personnelle d'abondance inhabituelle du nombre de roselins a été étayée par un article de Pascal Côté, directeur de l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac (OOT), sur le site web de l'organisme. En plus de confirmer ce fait, il propose des explications très intéressantes. Je vous suggère de lire ce billet en cliquant sur ce lien 




Et pourquoi pas envoyer un don à cet organisme ! De mon côté, j'encourage pécuniairement et annuellement une couple de différentes activités gravitant autour d'une activité reliée à l'ornithologie, et je vais consacrer cette année une partie de cette somme à l'OOT. Cet organisme constitue une pépinière de jeunes biologistes passionnés qui réalisent des projets scientifiques qui ne pourraient l'être par des gens comme vous et moi. La pérennité de l'organisme doit être assurée.


Les roselins appartiennent à la famille des fringillidés qui regroupe également les tarin, sizerin, durbec, bec-croisé et gros-bec. Tous ont ceci en commun qu'ils sont granivores. Une particularité qui explique leur attirance envers nos postes d'alimentation durant la saison froide. La spécialisation de leur bec leur permet de partager le même habitat sans trop entrer en compétition pour les sources de nourriture.



Le bec très fin et pointu du Tarin des pins / Spinus pinus pinus / Pine Siskin lui permet de s'immiscer entre les écales des cônes de conifères pour aller cueillir les graines séminales.
 


Le bec spécialisé du Bec-croisé bifascié / Loxia leucoptera leucoptera / White-winged Crossbill lui permet d'écarter les écales des cônes des conifères pour happer ensuite les graines avec sa langue.



Le Gros-bec errant / Coccothraustes vespertinus vespertinus / Evening Grosbeak possède le plus gros bec parmi les fringillidés se retrouvant au Québec. C'est un réel broyeur qui s'attaque facilement aux samares des érables dont il est particulièrement friand. Son arrivée à un poste d'alimentation est synonyme de baisse significative des victuailles offertes. Et comme il arrive rarement seul...

 

 Le bec court et épais du Durbec des sapins / Pinicola enucleator leucura / Pine Grosbeak est idéal pour broyer les bourgeons et les fruits. Il est attiré par les pommes d'hiver qui ont gelé et dont la chaire s'est ramollie.



Le Sizerin flammé / Acanthis flammea flammea / Common Redpoll possède un petit bec conique qui lui est très utile pour picorer au sol à la recherche de graines et d'insectes.




Le Sizerin blanchâtre / Acanthis hornemanni hornemanni / Hoary Redpoll accompagne quelques fois son cousin flammé. Son plumage plus pâle lui donne une allure givrée et son bec est légèrement plus petit que le flammé. Son statut d'espèce distincte est en étude présentement et il se pourrait que le flammé et le blanchâtre soient scindés sous une même espèce.



Les fringillidés sont plus faciles à observer en hiver et au printemps alors qu'ils peuvent se rassembler en groupes allant de quelques individus à une centaine. Ils arrivent en bandes et leur présence peut aussi bien durer quelques heures que quelques jours. Vu leur abondance en 2016, c'est un très bon moment pour les observer et constater les différences de dimension, de plumage et de comportement.



Bonne fin de printemps et @ bientôt.






lundi 29 février 2016

Des oiseaux en février 2016



Si le mois de février 2015 a battu tous les records de froid au Québec, il en fut autrement en février 2016. Durant ce mois qui se termine aujourd'hui, les Québécois ont vécu toutes les conditions climatiques possibles sous des températures oscillant entre - 27 °C et + 14 °C. Pluie, grésil, verglas, neige, froid, soleil, chaleur: un véritable potpourri où chacun a pu y trouver son compte. Une journée, le soleil prodiguait tellement une chaleur enveloppante que nous nous serions crus en avril. Le lendemain, l'hiver reprenait ses droits. S'il y a peu de neige dans la première moitié du mois, elle s'est mise à tomber à faible débit dans la troisième semaine et quelques tempêtes d'importance marquent les derniers jours. Bon an mal an, le tapis de neige finit toujours par atteindre la même épaisseur.


Voici en photos ce qui a marqué nos sorties à Anne et à moi.


02 février 2016


Je débute le mois par une visite chez mon ami et mentor, Gabriel Allaire, à Cap Rouge. Sa cour arrière donne sur une petite rivière et il a installé un poste d'alimentation très complet pour nourrir les oiseaux. De plus, un sorbier offre de beaux fruits bien juteux et il est situé à quelques mètres seulement des grandes baies vitrées de son salon.



Le coloré Jaseur boréal / Bombycilla garrulus pallidiceps / Bohemian Waxwing est un frugivore vorace dont le transit intestinal est très rapide. Les fruits se digèrent très vite et des études démontrent que la diète annuelle du jaseur est constituée de fruits à 84%.  D'octobre à avril, le taux atteint 100%. Le mois de mai est le seul mois de l'année où les fruits tombent en second plan. À cette date, les fruits disponibles sont à leur plus bas niveau et les jaseurs se tournent alors vers les fleurs dans une proportion de 44%. Les pétales et les étamines sont consommés. Les insectes et autres invertébrés comptent pour 40% de la diète en mai.


De mémoire, c'est la première fois que j'observe une Mésange à tête noire / Poecile atricapillus atricapillus / Black-capped Chickadee se nourrir accrochée à une grappe de fruits rouges de sorbier. Généraliste et opportuniste, la mésange sait tirer profit de toutes les sources de nourriture disponibles.




06 février 2016


Un couple d'amis nous invitent à aller observer une espèce pas souvent rapportée au Québec. Nous nous rendons sur la rive sud du Saint-Laurent, le long de la rivière Chaudière. Dans une minuscule baie, lieu très paisible en comparaison avec les flots tumultueux des rapides tout près, un mâle de Fuligule à dos blanc / Aythya valisineria / Canvasback patauge nonchalamment en compagnie de Canard colvert / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard. Une vision incroyable en hiver au Québec.




Nous nous dirigeons ensuite à la Base de Plein Air de Sainte-Foy portés par l'espoir de repérer la Chouette rayée / Strix varia varia / Barred Owl rapportée la veille à cet endroit. Nous la trouvons assez rapidement le long du sentier de raquettes no A.













07 février 2016


Retour à la Base de Plein Air de Sainte-Foy dans l'espoir d'ajouter le Grand Pic et le Grimpereau brun. Nous ne faisons qu'entendre le premier et nous apercevons le dernier de très loin. Pas de photo de ces espèces, mais une volée d'une quinzaine de Sizerins flammés contient quelques Sizerins blanchâtres / Acanthis hornemanni / Hoary Redpolls.



Au moins 3 Sizerins blanchâtres faisaient partie de ce petit groupe de fringillidés.



Un couple de Cardinal rouge / Cardinalis cardinalis cardinalis / Northern Cardinal nous accueille tout près du stationnement.



Il n'y a pas de meilleur endroit à Québec pour réussir des photos de près de l'Écureuil roux nord-américain / Tamiasciurus hudsonicus / North American Red Squirrel.



12 février 2016


En ce vendredi matin, une espèce exceptionnelle est rapportée sur Ebird. Nous profitons de l'heure du midi pour nous rendre à Val Bélair dans l'espoir de la repérer et, si possible, de la photographier. Heureusement pour nous, l'oiseau se présente sur les lieux de la découverte après seulement une couple de minutes d'attente.



Cet immature de Pic à tête rouge / Melanerpes erythrocephalus / Red-headed Woodpecker visite un poste d'alimentation dans un secteur boisé et peu achalandé.


14 février 2016


Quoi de mieux que de profiter de cette journée de la Saint-Valentin pour ajouter une autre espèce sur notre liste annuelle 2016. C'est en nous promenant très lentement sur la route Petrée, près de Saint-Étienne (Lévis), que nous rencontrons deux Gélinottes huppées / Bonasa umbellus togata / Ruffed Grouses occupées à se nourrir de bourgeons dans un arbre en bordure de forêt.















21 février 2016



Une petite escapade à Montmagny va nous permettre de trouver la prochaine espèce. Depuis le début de l'année, nous avons visité différents sites où elle avait été rapportée, mais sans succès. Cette fois-ci, c'est la bonne. Ebird est encore notre source d'information. En fait, ce sont les gens qui prennent le temps de diffuser l'information sur Ebird qui devraient être remerciés pour leur générosité. C'est sur le chemin des Cascades, d'une longueur de cinq kilomètres, que le tout se passe. Quelques Plectrophanes lapons / Calcarius lapponicus lapponicus / Lapland Longspurs se retrouvent parmi des petites bandes d'Alouettes hausse-col / Eremophila alpestris alpestris / Horned Larks et de Plectrophanes des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Buntings.



Un Plectrophane lapon est ici en compagnie d'un Plectrophane des neiges et de plusieurs Alouettes hausse-col. Sauriez-vous le trouver ?



Et voici un plan rapproché qui facilite la reconnaissance des trois différentes espèces.



@ bientôt.





vendredi 20 mars 2015

Que c'est beau... la beauté des oiseaux d'hiver !



Et oui, l'hiver. La seule saison au Québec qui ne peut se permettre d'empiéter sur la saison qui la précède ou qui la succède sans provoquer l'apparition de certaines humeurs négatives. En effet, alors que nous acceptons volontiers une température trop douce pour une saison donnée, c'est bien différent lorsque nous devons affronter une température en dessous de la normale. 

Et, comme basse température inhabituelle, nous y avons goûté en cet hiver 2014-2015. Nous avons battu des records de froid datant de plusieurs décennies et il semble encore, en ce 19 mars 2015, que le printemps hésite encore à s'affirmer. Un tapis de neige recouvre encore les champs, même ceux en bordure du grand fleuve Saint-Laurent.


Je me souviens très bien de mon premier 19 mars en temps qu'ornithologue en devenir (c'était en 1963) alors que, à partir de la fenêtre de ma chambre, j'observais pour la première fois de ma vie un groupe d'une dizaine de Carouges à épaulettes perchés dans un arbre à l'arrière de la maison familiale. C'est un souvenir qui restera graver à jamais dans ma mémoire. C'est une espèce que j'avais identifiée par moi-même en consultant le guide de Roger Tory Peterson, le seul et unique guide d'oiseaux disponible à ce moment-là. La photo suivante illustre l'espèce, mais dans un environnement où il adore nicher.



Carouge à épaulettes (mâle) / Agelaius phoeniceus phoeniceus / Red-winged Blackbird (male). Photo réalisée au marais Léon Provancher, Neuville, Québec.


Bon, je m'écarte du sujet. Même si je préfère les tropiques à notre saison hivernale, je dois avouer que cette période froide nous permet d'observer des espèces boréales qui se déplacent plus au sud lorsque la source de nourriture devient moins accessible dans la zone de distribution où ils vivent habituellement durant toute l'année. Ce qu'il y a de particulier avec ces oiseaux nordiques, c'est que leur présence n'est jamais assurée d'une année à l'autre.


En cet hiver 2014-2015, les tarins, les sizerins et les durbecs sont abondants. Il en est de même pour les jaseurs. Les gros-becs sont fidèles à eux-mêmes i.e. observés en petits nombres et dans leurs endroits habituels comme la Réserve Nationale du Cap Tourmente, près de Québec. Du côté des strigidés, les harfangs sont rapportés un peu partout alors que d'autres années, c'est l'absence presque totale. Les chouettes lapone et épervière sont présentes depuis le début de l'hiver. Malgré les froids intenses, elles sont demeurées fidèles aux sites où elles ont d'abord été trouvées. C'est plus tranquille du côté des nyctales. La petite est la seule rapportée. La boréale brille par son absence.


  
Le Jaseur boréal / Bombycilla garrulus pallidiceps / Bohemian Waxwing est un oiseau d'une grande beauté et il est spectaculaire à observer lorsqu'il est en mode "gavage de petits fruits". À ce moment-là, il est tellement obnubilé par sa tâche qu'il nous ignore complètement. En étant patient et respectueux, il devient possible de s'approcher de l'oiseau pour l'étudier de plus près. Photo prise en bordure d'une rue très fréquentée de Sillery, ville de Québec, Québec.


L'espèce se tient en groupes de quelques dizaines à quelques centaines d'individus et ils se nourrissent souvent dans un même arbre fruitier. Ce qui apporte souvent des frictions bien compréhensibles alors que deux individus reluquent la même baie rouge.


À l'aide de son bec long et très effilé, le Tarin des pins / Spinus pinus pinus / Pine Siskin peut facilement fouiller les bourgeons, les cônes des conifères ou les interstices de l'écorce du tronc ou des branches afin d'y prélever les graines ou les insectes qui s'y cachent. Ils mangent même les dits bourgeons et des feuilles tendres. En hiver, il se tient habituellement en petites bandes et il est un visiteur assidu aux postes d'alimentation. Photo réalisée à la Réserve Nationale du Cap Tourmente, près de Québec, Québec.


Voici une autre splendeur qui contribue à ensoleiller (dans nos coeurs tout au moins)  les journées les plus sombres et les plus ternes de l'hiver. Le Gros-bec errant / Coccothraustes vespertinus vespertinus / Evening Grosbeak apprécie la Réserve Nationale du Cap Tourmente puisqu'il y est présent PRESQUE à chaque saison froide. Oui, PRESQUE, car ses déplacements sont pour le moins très erratiques. D'où son nom.


Son gros bec est un puissant outil qui lui permet de briser facilement l'enveloppe pourtant coriace protégeant la graine des samares des différentes espèces d'érables poussant en Amérique du nord. C'est cette espèce qui attiré particulièrement mon attention alors que je n'avais que 12 ans. Et, 51 ans plus tard, voilà que je photographie un beau mâle dans le même contexte où je l'avais remarqué une première fois un demi-siècle précédemment.


Une autre espèce boréale vient apporter de la couleur à la blancheur de la froidure québécoise, le Durbec des sapins / Pinicola enucleator leucura / Pine Grosbeak. Cet hiver, nous entendions souvent ses doux sifflements avant de le voir. Sans être le plus loquace des fringillidés, il émet des cris de contacts qui trahissent sa présence. Photo réalisée à la forêt Montmorency, Parc des Laurentides, Québec.



Malgré que son bec soit moins impressionnant que celui du Gros-bec errant, il permet au durbec de broyer l'écorce des graines de tournesol déposées dans les différentes mangeoires. Une partie d'écale est encore accrochée au bec de l'oiseau alors qu'il s'empiffre sans vergogne. Photo réalisée à la Réserve Nationale du Cap Tourmente, près de Québec, Québec.


 Affublé de son béret rouge, voici le très nerveux et très dynamique Sizerin flammé / Acanthis flammea flammea / Common Redpoll. Son ancien nom de Sizerin à tête rouge lui allait d'ailleurs comme un gant. Comme tous ses cousins appartenant aux fringillidés, il se tient en groupes en saison hivernale. Encore là, le nombre total d'individus peut atteindre des chiffres assez impressionnants. Toute personne entretenant des postes d'alimentation souhaite en accueillir à ses mangeoires. Le comportement hyperactif de cette espèce amène énormément de vie dans une cour.


Et, parfois, avec un peu de chance, voilà que nous pouvons discerner un individu plus blanchâtre, moins strié et plus "bouboule" que tous ses congénères. Il s'agit bien souvent de son cousin le Sizerin blanchâtre / Acanthis hornemanni hornemanni / Hoary Redpoll. Même si cette photo date de 2013, nous avons eu la chance, Anne et moi, d'en observer cette année au même endroit où cette photo a été prise soit à Saint-Antoine-de-Tilly, comté de Lotbinière, Québec.


Une autre espèce qu'il fait plaisir à accueillir à notre mangeoire est le Roselin pourpré / Carpodacus purpureus purpureus / Purple Finch. Plus forestier que son cousin le Roselin familier, il visite les mangeoires des villes en période migratoire ou certains hivers. Ça fait dix ans que j'habite à Sillery et cette espèce ne s'est présentée dans notre cour que durant les quatre dernières années. Et c'était en période migratoire.  Cette année, deux individus nous ont visité quelques jours en février. Photo réalisée à la Réserve Nationale du Cap Tourmente, près de Québec, Québec.



Icône de nos durs hivers québécois, le Harfang des neiges (immature) / Bubo scandiacus / Snowy Owl compte parmi les espèces que nous ne voulons pas rater d'une saison froide à l'autre. L'hiver 2014-2015 a été généreux à cet égard.



La Chouette épervière / Surnia ulula caparoch / Northern Hawk Owl nous a également gratifié de sa présence à Montmagny, Québec. Elle y est toujours présente en mars 2015 alors qu'elle a été découverte dans les environs à la fin de 2014.



La Chouette lapone / Strix nebulosa nebulosa / Great Gray Owl est également très recherchée en territoire québécois. Cet individu, sans doute une femelle a cause de sa très grande taille, est demeuré longtemps dans le secteur de Beauport, ville de Québec, permettant ainsi à plusieurs observateurs de réaliser des moments de pure contemplation.


La Chouette rayée / Strix varia varia / Barred Owl est résidente dans la région et elle n'effectue pas les mêmes migrations que les espèces plus boréales. Cependant, elle est plus facile à repérer en hiver alors qu'elle se déplace davantage en plein jour en quête de nourriture. J'ai croisé cette dernière au Domaine Maizerets, ville de Québec, Québec.


Un autre icône de l'hiver québécois est le Plectrophane des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Bunting. Il arrive à la fin de l'automne comme poussé par les premières bordées de neige. D'ailleurs, les immenses groupes qu'il forme ressemblent étrangement, lorsqu'ils sont en vol, à de la poudrerie de neige soufflée par des vents violents.


Oui, c'est certain que nos hivers québécois recèlent de beaux trésors, mais, après six mois, il commence à être grand temps de retrouver nos immensités vertes.


@ bientôt,