Et oui, l'hiver. La seule saison au Québec qui ne peut se permettre d'empiéter sur la saison qui la précède ou qui la succède sans provoquer l'apparition de certaines humeurs négatives. En effet, alors que nous acceptons volontiers une température trop douce pour une saison donnée, c'est bien différent lorsque nous devons affronter une température en dessous de la normale.
Et, comme basse température inhabituelle, nous y avons goûté en cet hiver 2014-2015. Nous avons battu des records de froid datant de plusieurs décennies et il semble encore, en ce 19 mars 2015, que le printemps hésite encore à s'affirmer. Un tapis de neige recouvre encore les champs, même ceux en bordure du grand fleuve Saint-Laurent.
Je me souviens très bien de mon premier 19 mars en temps qu'ornithologue en devenir (c'était en 1963) alors que, à partir de la fenêtre de ma chambre, j'observais pour la première fois de ma vie un groupe d'une dizaine de Carouges à épaulettes perchés dans un arbre à l'arrière de la maison familiale. C'est un souvenir qui restera graver à jamais dans ma mémoire. C'est une espèce que j'avais identifiée par moi-même en consultant le guide de Roger Tory Peterson, le seul et unique guide d'oiseaux disponible à ce moment-là. La photo suivante illustre l'espèce, mais dans un environnement où il adore nicher.
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| Carouge à épaulettes (mâle) / Agelaius phoeniceus phoeniceus / Red-winged Blackbird (male). Photo réalisée au marais Léon Provancher, Neuville, Québec. |
Bon, je m'écarte du sujet. Même si je préfère les tropiques à notre saison hivernale, je dois avouer que cette période froide nous permet d'observer des espèces boréales qui se déplacent plus au sud lorsque la source de nourriture devient moins accessible dans la zone de distribution où ils vivent habituellement durant toute l'année. Ce qu'il y a de particulier avec ces oiseaux nordiques, c'est que leur présence n'est jamais assurée d'une année à l'autre.
En cet hiver 2014-2015, les tarins, les sizerins et les durbecs sont abondants. Il en est de même pour les jaseurs. Les gros-becs sont fidèles à eux-mêmes i.e. observés en petits nombres et dans leurs endroits habituels comme la Réserve Nationale du Cap Tourmente, près de Québec. Du côté des strigidés, les harfangs sont rapportés un peu partout alors que d'autres années, c'est l'absence presque totale. Les chouettes lapone et épervière sont présentes depuis le début de l'hiver. Malgré les froids intenses, elles sont demeurées fidèles aux sites où elles ont d'abord été trouvées. C'est plus tranquille du côté des nyctales. La petite est la seule rapportée. La boréale brille par son absence.
Oui, c'est certain que nos hivers québécois recèlent de beaux trésors, mais, après six mois, il commence à être grand temps de retrouver nos immensités vertes.
@ bientôt,






















