Affichage des articles dont le libellé est Épervier de Cooper. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Épervier de Cooper. Afficher tous les articles

samedi 6 mars 2021

Une marche dans le parc.

 

 

Les rapaces m'ont toujours fasciné. Les plus gros et les plus puissants d'entre eux occupent le sommet dans la hiérarchie gouvernant le monde des prédateurs et de leurs proies. Les rapaces nocturnes < hiboux, chouettes > m'impressionnent davantage que les diurnes < buses, éperviers, faucons >. Quand j'en croise un sur le terrain en plein jour, c'est comme si je faisais une rencontre du troisième type. Oui, nous vivons sur la même planète, mais sous des conditions d'éclairage inverses. Alors lorsque Dame chance place sur notre route un rapace diurne et un rapace nocturne perchés à faible distance, dans le même arbre et se regardant fixement, il ne reste plus qu'à s'émerveiller du spectacle offert.

 

Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk et Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl perchés dans le même arbre. Domaine de Maizerets, ville de Québec, le 28 février 2021 vers les 10h00 du matin.

 

Les deux oiseaux rapaces peuvent donc se croiser en un même lieu sans pourtant y vivre à l'année longue. La ville de Québec possède des parcs municipaux éparpillés aux quatre coins de la ville. Ces parcs abritent des parcelles de forêt assez vastes pour permettre à ces deux espèces de nicher et de pourvoir au nourrissage des jeunes. Les deux espèces partagent une certaine partie de leur diète lorsqu'elle se compose de petits et de moyens rongeurs (mulots, rats, souris, écureuils..). Même si j'ai déjà découvert une dépouille décapitée d'un mâle de Cardinal à poitrine rose en dessous d'un nid occupé par un Grand-duc d'Amérique, les petits passereaux sont trop vifs pour permettre au gros strigidé de les chasser efficacement. Par contre, ne lui montrez pas trop longtemps un lièvre, une marmotte ou une moufette, car il lui sera difficile de résister à passer à l'attaque. Par contre, l'épervier possède toutes les habiletés pour attaquer les oiseaux en vol. Selon vous, qui des deux prédateurs doit à se méfier le plus de l'autre? 

En cette belle matinée, l'oiseau le plus actif est l'épervier qui vient frôler en rase-motte l'extrémité des aigrettes du hibou. L'épervier niche régulièrement depuis quelques années dans ce parc, alors que le grand-duc vient faire son tour occasionnellement et surtout en saison froide. L'épervier ne peut qu'essayer de l'effrayer pour l'éloigner de son lieu de nidification. Par contre, le nuit venue, alors que l'épervier est bien installé immobile à se refaire des forces, rien ne garantit que le hibou ne profitera pas de cet instant de vulnérabilité pour l'attaquer, le tuer et s'en nourrir. 

 

 

Domaine de Maizerets, le 18 février 2017. Un regard très intimidant.

 

 

Le 07 avril 2015 au parc linéaire de Beauport, ville de Québec. Un mâle adulte d'Épervier de Cooper est perché près de son nid en devenir après avoir apporter quelques branches additionnelles.

 

Il y a de belles rencontres à faire en parcourant les parcs municipaux et je vous en souhaite près de chez vous.

 

@ bientôt.

  

mardi 2 mars 2021

Un rapace de plus en plus fréquent.

 

 

L'Épervier de Cooper fait de plus en plus partie du paysage dans la région de Québec. Pourtant, si on remonte au premier Atlas des Oiseaux nicheurs du Québec méridional (1984-1989), il était reconnu comme un oiseau migrateur rare dans le Sud du Québec. À cette époque, la mention la plus à l'Est de la province se retrouvait dans la région de Montréal. Le tableau de distribution est bien différent 25 ans plus tard, lors du deuxième Atlas des Oiseaux nicheurs du Québec méridional (2010-2014), durant lequel cette espèce est signalée aussi à l'Est que dans le Bas-Saint-Laurent, avec de nombreuses confirmations éparpillées un peu partout. Il est maintenant un nicheur régulier dans quelques parcs municipaux de la ville de Québec. 

En toutes saisons, il est un visiteur régulier aux postes d'alimentation installés dans nos arrière-cours. Sa diète est très variée. Il peut être une menace pour les petits mammifères (souris, écureuils) et pour les oiseaux variant en taille des petits oiseaux chanteurs jusqu'aux jeunes faisans. Il lui arrive même de se nourrir de poissons. Au cours d'une étude faite en 1959 à Ithaca, N.Y., s'étalant sur trois ans et impliquant le suivi de 12 différentes nichées, il a été confirmé que les Tamias rayés et les Écureuils roux comptaient pour 94% des mammifères rapportés au nid par les adultes. L'Étourneau sansonnet remportait la palme chez les oiseaux.

 

 

Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk / Gavilán de Cooper. Adulte. Domaine de Maizerets, ville de Québec. Le 28 février 2021.

 

 

 

Adulte. 09 mai 2019 le long du rang Bois-de-l'Ail, Saint-Flavien, comté de Lotbinière, Québec.

 

 

Adulte. 21 janvier 2017 à Saint-Édouard, comté de Lotbinière, Québec.

 

 

Immature se nourrissant d'un Moineau domestique apporté par un parent quelques instants plus tôt. 20 juillet 2014 au Bois-de-Coulonge, ville de Québec, Québec.

 

@ bientôt.

 

vendredi 24 février 2017

Des oiseaux de l'hiver 2017




L'hiver 2017 n'a pas été très propice pour nous pour les sorties ornithologiques. En plus de différentes obligations familiales ou sociales successives, les chutes de neige fréquentes durant les fins de semaine ont beaucoup freiné notre intérêt à prendre la route. Mais nous nous sommes échappés à quelques reprises et voici des endroits visités et des images prises sur le vif.


Saint-Antoine-de-Tilly

Le chemin Boisclair est un rang parallèle à la route 132 et au sud de cette dernière. En hiver, cette route tranquille vaut la peine d'être parcourue lentement. Les espèces d'intérêt fréquemment rencontrées: Plectrophane des neiges, Dindon sauvage et Perdrix grise. Des mangeoires privées distribuées le long de cette route peuvent apporter leur lot de surprises. Selon la quantité de neige dans les champs, des groupes d'Alouettes hausse-col sont occasionnellement rapportés et ils peuvent dissimuler un rare Plectrophane lapon. Lors de notre passage, nous croisons un groupe de Jaseurs boréaux qui se nourrissent dans trois pommiers à quelques mètres seulement de la route. Dans ma jeunesse, nous appelions ces grosses pommes des pommes d'hiver. La chair de cette variété de pommes est tellement dure que les frugivores ne peuvent s'en nourrir avant les grands froids. Il faut que le fruit gèle complètement pour que sa chair devienne assez molle pour que les becs des frugivores puissent la pénétrer.


 



 




Quand il n'y a pas d'eau liquide disponible, les oiseaux mangent de la neige, mais ils le font toujours avec parcimonie. Ingurgiter trop de neige refroidirait leur chaleur interne, chose à ne pas faire en période hivernale où toute perte de chaleur corporelle pourrait mener à l'hypothermie et à la mort.




 Tewkesbury


La rue Jacques Cartier Sud à Tewesbury est une autre route à parcourir lentement en période hivernale. Elle longe la rivière Jacques Cartier et traverse des boisés intéressants. C'est l'endroit idéal pour y observer le Gros-bec errant. La présence des fringillidés est toujours un coup de dé selon les années. En 2016, c'était l'euphorie. En 2017, c'est la pénurie totale. Aucun sizerin, chardonneret, tarin ou bec-croisé. Quelques durbecs sont venus sauver l'honneur de la famille. Par contre le gros-bec est encore présent, mais en petit nombre. Un Pic chevelu me permet quelques photos.



Cette femelle de Pic chevelu fait s'envoler des brins de neige lorsqu'elle tambourine l'écorce de cet arbre.



 
Son mâle est également à la recherche active de nourriture.



 Comté de Lotbinière



Le comté de Lotbinière agit sur moi comme un aimant puisque j'y ai passé la majeure partie de ma vie. Pour l'avoir parcouru maintes et maintes fois, j'en connais presque tous les recoins. Mais il est tellement riche en découvertes que j'y retourne encore toujours avec un intérêt renouvelé. C'est dans le village de Saint-Édouard que nous faisons la rencontre d'une magnifique femelle d'Épervier de Cooper. Elle est bien installée sur la structure d'une meunerie, en plein milieu du village. Un ami m'a demandé comment je pouvais dire que c'était une femelle puisque les adultes ont le même plumage. J'y suis allé par l'évaluation de la grosseur de l'individu. L'oiseau observé était assez gros pour que j'imagine d'abord avoir affaire à l'Autour des palombes. Dès le premier coup de jumelle, j'ai vite identifié un Épervier de Cooper. Seule une femelle de Cooper peut avoir cette grosseur. Je vous la livre maintenant.







L'épervier est un rapace doté d'une longue queue et d'ailes plutôt courtes et arrondies. Alors que les ailes courtes sont un atout pour se faufiler entre les arbres et les branches à l'intérieur de la forêt, la queue longue et flexible l'aide à assurer un équilibre parfait lors de changements rapides de direction. Le vol de l'épervier est également facilement reconnaissable puisqu'il consiste à de rapides battements des ailes suivis d'une longue glissade.


 Saint-Mathieu-de-Rioux


Ce petit village se situe dans le Bas-Saint-Laurent à une vingtaine de kilomètres de Saint-Simon, à l'intérieur des terres. Il est reconnu pour la quantité phénoménale de nids de Balbuzards pêcheurs
accrochés aux pylônes d'Hydro Québec, tout près d'un lac de bonne envergure. En 2017, une espèce occasionnellement observée au Québec, en provenance de l'ouest canadien, est présente à une mangeoire depuis quelques semaines. Comme Anne n'a jamais coché cette espèce au Québec, nous nous y rendons le 22 janvier 2017. Voici quelques photos rapportées de cette rencontre.


Ce magnifique mâle de Tohi tacheté / Pipilo maculatus / Spotted Towhee a élu domicile, dans son errance hivernale, dans la cour arrière dotée d'un bon système d'alimentation.




Un milieu naturel propice à attirer les oiseaux d'hiver contribue à retenir des oiseaux granivores et frugivores.






Domaine de Maizerets



Un parc urbain de la ville de Québec qui n'a plus besoin de présentation. Ce site peut contenir de magnifiques trouvailles une journée donnée et être non productif dès le lendemain. Il est bien situé en bordure du fleuve et, à vol d'oiseau, il peut constituer un relais facilement accessible entre les différents boisés de la région. Une bonne diversité d'habitats amène toujours une bonne diversité d'espèces d'oiseaux. Notre visite du 18 février 2017 vise le Merle d'Amérique et le Grand-duc d'Amérique. Nous trouvons facilement les espèces anticipées et voici quelques photos du grand-duc.



Quel regard intimidant !  Le hibou est perché à environ 6 mètres de hauteur et je me place juste en dessous du strigidé. Je suis bien content de ne pas être une proie potentielle.



Bien qu'en période de repos, ce grand-duc est concentré sur deux Écureuils gris qui s'ébattent tout autour de lui. Le parc abrite un bon nombre d'écureuils et leur présence explique celle du plus gros de nos strigidés.


Forêt Montmorency


Un autre incontournable auprès des ornithologues de la région de Québec. Réputé pour sa forêt boréale et les spécialités qui y sont associées: Mésangeai du Canada, Mésange à tête brune, Sittelle à poitrine rousse et Tétras du Canada. Il y a bien sûr les pics boréaux et les fringillidés, mais ces derniers répondent à des conditions particulières qui fluctuent selon les années. Et comme l'hiver 2017 est très avare pour la présence des fringillidés, un seul Tarin des pins, trois Durbecs des sapins et quelques Sizerins flammés ont été aperçus. Par contre, exception faite du tétras, nous avons fait de belles rencontres.



C'est difficile de prédire d'avance le comportement de la plus belle de nos mésanges, la Mésange à tête brune / Poecile hudsonicus littoralis / Boreal Chickadee. Plus souvent qu'autrement, elle se tient bien cachée dans le sapinage. Cette fois-ci, elle était hyper active, mais elle s'approchait sans cesse tout près de nous. Donc, avec de la patience, il m'a été possible de réussir quelques belles prises.


Si j'ai toujours eu un faible pour la Mésange à tête noire, je fonds littéralement lorsque je rencontre une Mésange à tête brune. Son "chick-a-dee-dee" plus lent et plus enroué permet de connaitre sa présence, car elle est tellement moins démonstrative que sa cousine.



Et que dire de la mignonne et acrobatique Sittelle à poitrine rousse / Sitta canadensis / Red-breasted Nuthatch qui n'est jamais très éloignée des petits groupes de mésanges. Une simple imitation de son cri nasillard et la voici à quelques mètres de l'objectif.







Et que dire maintenant de l'élégant et gracieux Mésangeai du Canada / Perisoreus canadensis nigricapillus / Gray Jay qui s'approche de nous en toute confiance. Il est tellement silencieux dans son approche qu'il peut être tout près de nous sans que l'on ne le sache.


Et le voici posant à la distance minimale permise par ma lentille de caméra. Un oiseau exceptionnel et fascinant.



Avant de quitter la forêt boréale, je ne peux m'empêcher de capter une image d'un Ecureuil roux nord-américain / Tamiasciurus hudsonicus / North American Red Squirrel.




Rue Courcy, Sainte-Foy


Une autre espèce rare au Québec, également en provenance de l'ouest canadien, est présente dans la ville de Québec. Il s'agit d'un Solitaire de Townsend / Myadestes townsendi townsendi / Townsend's Solitaire, une espèce rapportée presqu'annuellement en hiver au Québec.



Espèce frugivore, le Solitaire de Townsend est parfaitement à l'aise lorsqu'il se retrouve dans un environnement où les arbres produisant de petits fruits en quantité sont présents.


Le mois de mars est à nos portes et il signifie l'arrivée prochaine des premiers migrateurs en provenance de sud. Tout dépendamment de l'endroit où nous nous trouvons dans la province de Québec, nous verrons bientôt apparaître les premiers "oiseaux noirs" (quiscale, carouge et vacher) arrivant du sud et d'autres espèces hâtives. Nous ne commençons que d'aller de surprise en surprise.


@ bientôt.


 

dimanche 26 avril 2015

Que c'est beau... la beauté du début du printemps 2015 !




Comme chacun de nous possède sa façon de voir les choses, j'imagine que chacun vit ses saisons "à sa façon" et c'est ce qui rend notre propre vie aussi intéressante. Aussi, le printemps que je vais vous présenter est le mien et il peut être complètement différent du vôtre. Une chose certaine, il n'est ni meilleur ni pire. Voici donc quelques espèces d'oiseaux ou d'animaux qui ont croisé ma route depuis le début de mars 2015. Peut-être y reconnaîtrez-vous quelques unes qui ont également fait "votre" printemps ?

Ma première vedette est couverte de poils plutôt que de plumes. Elle est reconnue dans le nord-est des États-Unis et au Québec pour nous annoncer l'arrivée du printemps. Traditionnellement, c'est au début du mois de février qu'elle se montre le nez hors de son terrier. Si elle voit son ombre, elle angoisse et elle regagne sa cache pour une période supplémentaire de six semaines. Le cas échéant, le printemps sera tardif (ce qu'il est TOUJOURS à tout de fin pratique au Québec). Si, par contre, elle ne voit pas cette ombre et qu'elle s'aventure plus avant, alors le printemps sera précoce i.e.que l'on peut l'attendre au début du mois de mars. À bien y penser, cela équivaut à une différence de deux semaines.



Une Marmotte d'Amérique / Marmota monax / Groundhog à l'entrée de son terrier où elle a possiblement passé l'hiver. Photo réalisée le 29 mars 2015 le long du chemin Aubin, secteur St-Nicolas, ville de Lévis.


Le printemps est la saison idéale pour observer les rapaces qui suivent les oiseaux dans leur migration. Ce début de printemps 2015 est très bon à ce propos. Le 6 avril, c'est à Saint-Édouard de Lotbinière que nous rencontrons un Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin alors qu'il s'est perché sur un fil électrique afin de déguster une Mésange à tête noire / Poecile atricapillus atricapillus / Black-capped Chickadee. Une autre mésange, apparemment en plein désarroi, se tient dans un arbuste tout près et elle n'arrête pas d'enguirlander le rapace qui vient vraisemblablement de lui enlever sa compagne de vie. L'émerillon est un chasseur véloce et implacable pour les petits oiseaux.







Un peu plus loin, à Lotbinière, un Urubu à tête rouge / Cathartes aura septentrionalis / Turkey Vulture est perché dans un arbre en bordure de la route. C'est un nouvel arrivant dans un secteur que nous couvrons d'une façon régulière.







La présence d'un deuxième individu nous fait même envisager la possibilité d'un couple qui viendrait de regagner son aire de nidification.







Ce deuxième individu part en vol et il va rejoindre son complice qui est maintenant perché sur le toit d'un hangar tout près.







Le lendemain matin, 7 avril, je me rends au parc linéaire de Beauport, ville de Québec, où un couple d'Éperviers de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk est en train de se construire un nid douillet. Dès mon arrivée, j'aperçois le couple. Chez les accipitridés, même si le plumage des adultes est identique, il est possible de distinguer facilement les sexes. La femelle est plus grande et plus costaude que le mâle. Ceci s'explique notamment par le fait qu'elle couve les oeufs et qu'elle doit être en mesure de bien protéger les oisillons contre d'éventuels prédateurs. Ce dimorphisme joue également un rôle dans la diversité des proies apportées aux jeunes. La femelle peut capturer des proies plus grosses que celles rapportées par le mâle.


Pendant que la femelle fait un brin de toilettage







Le mâle s'occupe à apporter des brindilles pour aménager le nid






Lors de mon passage, c'est le mâle seul qui s'occupe de la construction du nid.







Le 16 avril, au Domaine de Maizerets à Québec, une magnifique femelle de Sittelle à poitrine blanche / Sitta carolinensis carolinensis / White-breasted Nuthatch me procure de belles occasions de photographie.












Le printemps est vraiment dans l'air et un couple de Goélands à bec cerclé / Larus delawarensis /  Ring-billed Gull le prouve bien.






 Le 19 avril, nous nous rendons à Baie-du-Febvre pour y observer des milliers d'oies, de bernaches et anatidés qui s'y rassemblent à chaque printemps. Nous ne sommes pas déçus. Parmi les 57 espèces différentes d'oiseaux répertoriées en quelques heures, nous comptons une Oie rieuse, une Bernache de Hutchins, deux Oies de Ross et un Canard siffleur. Et parmi les sept espèces de rapaces, voici les deux buses les plus communes en période migratoire.



Cette Buse pattue / Buteo lagopus sanctijohannis / Rough-legged Hawk de forme claire a été photographiée au-dessus de la route Lacerte près de Baie-du-Febvre. Regardez attentivement et vous verrez que son jabot est gonflé,signifiant qu'elle a récemment capturé et avalé une proie.




Cette Buse à queue rousse / Buteo jamaicensis borealis / Red-tailed Hawk est escortée par un escadron de Corneilles d'Amérique. Aucune buse ne peut traverser le territoire d'une corneille sans être houspillée et conduite manu militari en dehors des  limites de ce territoire.



Oiseau mélomane par excellence, ce Bruant chanteur / Melospiza melodia melodia / Song Sparrow semble bien accroché à une portée musicale.


Les parulines n'ont pas encore atteint la région de la ville de Québec, mais cela ne saurait trop tarder. En attendant, une petite saucette en Floride ne sera pas de refus pour Anne et moi. Après un hiver aussi froid, un peu de chaleur sera la bienvenue. Et nous allons en profiter pour pousser les parulines migratrices retardataires plus au nord.


@ bientôt.





jeudi 28 août 2014

Juillet 2014



Nos incursions ornithologiques, à Anne et moi, commencent dès le premier jour de juillet alors que nous nous rendons dans la région de Manseau et de Villeroy, dans le comté de Lotbinière, dans l'espoir de retrouver une espèce de plus en plus rare et très recherchée au Québec soit le Troglodyte à bec court / Cistothorus platensis stellaris / Sedge Wren qui a été rapporté quelques jours plus tôt dans cette région. Il n'a pas été vu, mais plutôt entendu par quelques ornithologues Québécois dont la compétence ne saurait être contestée. Anne et moi avons fait au moins deux visites dans cette région avant le début de juillet sans avoir réussi à seulement entendre l'oiseau. Cette dernière visite ne s'avèrera pas plus fructueuse. Mais j'en profiterai par rapporter cette photo d'une espèce vraiment abondante au Québec en été, soit la Paruline masquée / Geothlypis trichas trichas / Common Yellowthroat.


Ce beau mâle bien coloré se montre ostensiblement sans aucune provocation de ma part. Il faut dire que je suis en pleine période de nidification et qu'il doit être préoccupé de ma présence aussi près de sa progéniture. Et je n'ai pas à attendre trop longtemps avant de voir apparaitre sa compagne...




le bec bien rempli de succulents insectes qui permettront à ses oisillons d'acquérir l'apport calorique suffisant pour connaitre une croissance normale i.e., dans le cas des animaux, très rapide comparée à celle des humains.



Le 5 Juillet 2014, nos efforts se portent vers le Cap Tourmente où nous espérons bien ajouter le Bruant de Nelson / Ammodramus nelsoni subvirgatus / Nelson's Sparrow à notre liste annuelle. Il vente très fort ce matin au cap alors qu'il ne ventait pas du tout lorsque nous sommes partis de Québec. Nous sommes très déçus, car il sera difficile de repérer le chant ténu de ce bruant avec tout ce bruit engendré par les rafales de vent qui s'engouffrent à travers la végétation. Malgré tout, nous finissons par en entendre un et nous le voyons alors qu'il quitte son perchoir pour s'éloigner.



Autrefois appelé Bruant à queue aigüe, le Bruant de Nelson a cédé ce nom à une autre espèce qui se rencontre dans les marais salés de la côte est des États-Unis.


Voici d'ailleurs l'actuel Bruant à queue aigüe / Ammodramus caudacutus caudacutus / Saltmarsh Sparrow que j'ai pixellisé le 27 Juillet 2014 au Scarborough Marsh dans le Maine.


Il faut dire que les deux espèces se ressemblent beaucoup au niveau du plumage et qu'elles peuvent même se rencontrer dans le même habitat comme c'est le cas ici au Scarborough Marsh. Voici les principaux points à retenir afin de les différencier sur le terrain.

Le Bruant de Nelson  a 
  • des rayures très faibles sur la poitrine
  • un bec plus court et bleuté
  • un dos gris
  • un chant plus fort qui s'entend d'assez loin
  • des plages orange pâles à la tête
  • des traits malaires plus larges et moins distinctes
  • une légère rondeur de la tête vers le bec
  • un vol en parabole ( pas toujours vrai du côté du Bruant à queue aigüe)


Le Bruant à queue aigüe a
  • des rayures nettes à la poitrine
  • un bec plus long et jaunâtre
  • la tête s'aplatit vers le bec
  • un dos rayé et brunâtre
  • des plages orange brillant à la tête
  • des traits malaires minces et nettes
  • un chant faible et pas évident à entendre même de près
  • un vol quelquefois parallèle au sol.


C'est chez nous, à Sillery que, le 9 juillet, je suis témoin d'un nourrissage de deux jeunes Cardinaux rouges par un parent. C'est maintenant la coutume de voir le Cardinal rouge dans notre cour, mais c'est toujours spécial de voir la petite famille en action. La succession semble bien assurée.



Le jeune Cardinal rouge / Cardinalis cardinalis cardinalis / Northern Cardinal arbore la huppe de l'adulte, mais le bec est tout noir.


Le 11 Juillet, je me rends à la Base de Plein Air de Sainte-Foy avec l'idée de réaliser des photos. Je n'ai pas de but précis et je ne recherche rien en particulier. Juste profiter d'une température estivale dans un lieu riche en découvertes de toutes sortes. Comme je m'intéresse de plus en plus aux insectes et aux plantes, je suis ravi de cette belle rencontre.


Sous des apparences trompeuses, cet insecte n'est pas piqueur. Il s'agit d'une simple "mouche à fleur" ou syrphe. Ne me demandez pas une identification assurée de celle-ci, car plus de 2 000 espèces de syrphes se répartissent dans 200 genres différents, tous appartenant à la famille des syrphidés. Les syrphes sont communs à travers le monde et présents sur tous les continents, excepté l'Antarctique. En dépit de leur ressemblance avec les plus dangereuses guêpes ou abeilles, ils sont inoffensifs. Par contre, la fleur hôtesse est un Millepertuis commun / Hypericum perforatum / Common St. John's-wort


Mon beau-frère Yves Déry s'intéresse beaucoup aux batraciens. Très bon photographe, il aime croquer des scènes de nature autour de chez lui ou à son chalet. Il m'a transmis son intérêt et je n'ai pu résister à l'envie de pixelliser le plus gros des batraciens du Québec, le Ouaouaron / Lithobates catesbeianus / American Bullfrog. 





Le 13 juillet, nous nous dirigeons vers Cacouna et ses vastes étendues herbeuses où s'observent régulièrement le Râle jaune. Il est d'ailleurs rapporté sur Ebird depuis quelques jours et nous calculons avoir pas mal de chances de l'entendre. Ce site est aussi l'endroit idéal pour trouver le Bruant de Nelson. Il était facile d'en entendre au moins 4 sur le site. Et là, j'ai été plus chanceux pour une photo de plus près.






Mais aucune chance du côté du Râle jaune qui reste silencieux lors de notre visite.

Le 19 juillet, direction Rivière Ouelle où un surprenant Bec-en-ciseaux noir / Rynchops niger niger / Black Skimmer a été trouvé la veille. 




Pour cette espèce appartenant à la famille des laridés, il s'agit d'une deuxième visite reconnue dans l'histoire de la province de Québec. Selon la liste commentée de Normand David, un spécimen a été récolté à Nicolet le 26 octobre 1938. Aucun autre individu n'avait été rapporté avant 2014. On peut dire avec justesse que c'est de la visite plutôt rare et que son observation valait le déplacement.

Galvanisés par une telle observation, nous décidons de nous diriger ENCORE vers Cacouna avec en tête, et oui, l'idée d'ENFIN entendre le Râle jaune. Mais nous passons d'abord par le quai de Rivière Ouelle qui est tout proche. Nous arrivons un peu après 08h00 et nous repartons vers 09h00. C'est tranquille au bout du quai, mais je capte un immature de Cormoran à aigrettes / Phalacrocorax auritus auritus / Double-crested Cormorant qui passe en vol.




À Cacouna, le Bruant de Nelson est tout aussi actif et très vocal. Nous passons une bonne heure à imiter le cri du râle en frappant deux pierres l'une contre l'autre. Aucune réponse. Nous décidons alors de nous donner encore plus de chances en nous rendant plus à l'est, i.e. vers Trois-Pistoles, pour y observer quelques limicoles. Au retour, nous arrêterons de nouveau à Cacouna et il sera plus tard dans la journée. Il faut dire que le soleil tape dure et qu'il fait très chaud. Être un râle, je resterais probablement bien tapi et silencieux sous la végétation en attendant que la chaleur s'estompe à la faveur de la fin du jour.

Notre escale à Trois-Pistoles s'avère aussi tranquille que les deux précédentes. Aucun limicole nouveau à la rivière Trois-Pistoles et rien de spectaculaire au quai du village. Je prends quelques photos dont celle-ci d'un Pigeon biset / Columba livia livia / Rock Pigeon qui s'approche de nous, probablement curieux de voir deux humains debout sans bouger et sans parler pendant de longues minutes.





Nous revenons à Cacouna vers les 15h00 et nous y demeurons jusqu'à 17h00. Mais aucun râle. Pourtant il a été rapporté tout récemment et il le sera dès le lendemain de notre visite. Je me défoule avec ma caméra et je vous offre cette photo d'un superbe papillon, le Bronzé / Lycaena hyllus / Bronze Copper. Il s'agit d'une femelle.






Et celle-ci d'un Croissant nordique / Phyciodes cocyta / Northern Crescent.






Le lendemain, 20 juillet, nous nous rendons au Bois-de-Coulonge où se trouve une nichée d'Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk. Nous ne tardons pas à repérer trois oiseaux immatures qui sont capables de voler, mais qui sont encore nourris par leurs parents. Ils sont très bruyants et leurs cris aident à les localiser.



Un superbe Épervier de Cooper immature se tient bien droit, à la façon typique des éperviers, et il semble insensible aux gens qui circulent dans un parc urbain quelques fois bien achalandé.



En voici un autre qui vient de se faire livrer une femelle ou un immature de Moineau domestique / Passer domesticus / House Sparrow par l'un de ses parents.




Alors qu'il tient sa proie bien fermement entre ses talons, il émet des cris perçants. Je ne comprends pas le sens de ces cris, mais ils trouvent rapidement écho auprès de ses frère et/ou soeur.



Et voilà qu'il se met à déplumer le moineau. L'une des premières plumes projetées dans les airs redescend lentement comme retenue par un fil invisible. Le rapace suit des yeux cette plume et nous pouvons voir toute la concentration déployée par un oiseau de proie afin de déceler tout mouvement suspect. Non, je ne voudrais pas être un moineau en présence d'un Épervier de Cooper.


Du 26 juillet au 2 août, nous nous rendons sur la côte est des États Unis et un prochain billet vous racontera nos découvertes.


@ bientôt.