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vendredi 1 juillet 2016

Des oiseaux en juin 2016



Et oui, le temps passe vite. Juin 2016 est maintenant derrière nous. Au Québec, le mois de juin est le mois le plus fébrile pour les oiseaux nicheurs. Nombre d'espèces néo-tropicales atteignent leurs quartiers de reproduction nordiques seulement en début juin et ils les quittent en août ou septembre. Ceci donne le temps à certaines espèces de rendre à terme une deuxième nichée... qui se fera en juillet... et même une troisième selon des conditions exceptionnelles de température et d'accessibilité à des sources alimentaires. Les troisièmes nichées sont plus normalement observées pour les espèces qui nous reviennent au début d'avril comme le Merle d'Amérique ou celles qui restent au Québec toute l'année comme la Tourterelle triste. Des espèces dont nous pouvons observer des immatures assez tard à la fin de l'été.


Anne et moi avons profité de ce mois de juin 2016 en nous échappant à chaque fin de semaine pour explorer différents coins de la province. Ceci dans le but de lister le plus d'espèces possibles dans une même année. Cette activité se répercute d'année en année et elle est l'apanage de bien des ornithologues Québécois(es) un peu plus passionné(e)s que la moyenne. Les endroits visités sont en majorité les mêmes à chaque année, car ils accueillent les mêmes espèces selon des habitats particuliers, et nous ajoutons les spécialités annuelles dont nous obtenons la présence en consultant la plateforme informatique Ebird pour le Québec. Je mentionne régulièrement cet outil dans mes billets, car il est de plus en plus utilisé par les ornithologues amateurs actifs qui y téléchargent leurs observations très rapidement. Ceci aide grandement à la diffusion de l'information et j'en remercie tous les observateurs d'oiseaux désireux de partager la bonne nouvelle avec leurs pairs.


Voici par ordre chronologique un bref compte-rendu photographique de nos sorties.


4 Juin 2016:  Port-Saint-François et Baie-du-Febvre


Le Port-Saint-François se situe près de Nicolet et c'est un site de plus en plus visité par les ornithologues. Une longue passerelle surélevée traverse un milieu marécageux et l'observation de la gente ailée s'en trouve grandement facilitée. Au fil des années, ce lieu a accueilli des espèces pour le moins spéciales et 2016 s'avérera (du moins jusqu'ici) comme l'année de la Paruline orangée / Protonotaria citrea / Prothonotary Warbler. Une paruline dont l'aire de distribution se retrouve à partir du sud-ouest de l'Ontario vers le sud. Elle migre jusqu'au nord de l'Amérique du Sud. Personnellement, je l'ai observée au parc de Rondeau (près de Pointe Pelée en Ontario) et souvent au Costa Rica où il hiverne en bon nombre. L'individu du Port-Saint-François est considéré comme un égaré qui ne s'accouplera probablement pas en 2016. La seule pensée qu'une femelle de la même espèce se soit égarée au même endroit relève de la plus pure fiction. Ce mâle chante sans arrêt et il va même jusqu'à creuser un tronc pourri pour y préparer un nid bien douillet, tout comme il le ferait sur son terrain de reproduction normal.



Paruline orangée / Protonotaria citrea / Prothonotary Warbler



Paruline orangée / Protonotaria citrea / Prothonotary Warbler


Alors que nous suivons des yeux la paruline, un photographe me dit qu'un couple de Marouette de Caroline / Porzana carolina / Sora est occupé à construire un nid et que le tout s'observe très bien à partir de la passerelle. Une occasion à ne pas manquer.


Marouette de Caroline / Porzana carolina / Sora

Un autre site qui agit comme un véritable aimant pour les oiseaux est Baie-du-Febvre, aussi situé près de Nicolet. Un grand marais, des plans d'eau, des champs ouverts, un peu de forêt et la proximité du fleuve: tout ce qu'il faut pour inciter nos amis ailés à y faire une pause. Pour Anne et moi, c'est l'endroit où nous ajoutons annuellement la Guifette noire / Chlidonias niger surinamensis / Black Tern qui y niche en très grand nombre.


Guifette noire / Chlidonias niger surinamensis / Black Tern


En passant, j'observe ce Tyran tritri / Tyrannus tyrannus / Eastern Kingbird qui garde l'oeil bien ouvert sur son territoire. Gare à l'oiseau qui osera passer trop près.


Tyran tritri / Tyrannus tyrannus / Eastern Kingbird




5 Juin 2016:  Marais Léon Provancher à Neuville



Un autre incontournable près de la ville de Québec est le Marais Léon Provancher. Un endroit qui réserve souvent de belles surprises ornithologiques. Un des joyaux de l'endroit est le Petit Blongios / Ixobrychus exilis exilis / Least Bittern qui y niche depuis quelques années. Avec un peu de chance et beaucoup de patience, il est possible de voir évoluer le plus petit des ardéidés québécois à quelques mètres de nous. Lorsqu'il est en mode nourriture, il vaque à ses occupations sans tenir compte de notre présence, à condition bien évidemment que nous restions silencieux et immobiles.


Petit Blongios / Ixobrychus exilis exilis / Least Bittern



Petit Blongios / Ixobrychus exilis exilis / Least Bittern


En juin, l'eau libre du marais voit apparaître plusieurs petites familles d'anatidés. Une femelle de Canard colvert / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard passe tout près avec sa petite famille de canetons duveteux. Trop mignon pour que je résiste à l'envie de prendre quelques photos.



Caneton de Canard colvert / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard




11 Juin 2016  Gros-Cacouna et St-Fabien-sur-mer



La découverte d'une Aigrette neigeuse / Egretta thula brewsteri / Snowy Egret dans le petit marais du port de Gros-Cacouna nous attire aujourd'hui vers le Bas-Saint-Laurent. Dès notre arrivée au site, nous l'observons alors qu'elle se nourrit près de la végétation. 



Aigrette neigeuse / Egretta thula brewsteri / Snowy Egret


Nous poursuivons notre route jusqu'à Saint-Fabien-sur-mer où une autre belle surprise nous attend. Tout près de la rive, un mâle d'Eider à tête grise / Somateria spectabilis / King Eider accompagne quelques Eiders à duvet. Cette photo ne rend pas hommage à la beauté de cet eider qui s'appelait autrefois l'Eider remarquable. Malgré le fait que cette espèce se retrouve sur la liste annuelle des ornithologues actifs, il est rare d'en observer plus d'un individu à la fois et la région du Bas-Saint-Laurent est l'endroit pour l'observer.



Eider à tête grise / Somateria spectabilis / King Eider



12 Juin 2016:  Baie-du-Febvre



Et oui, nous voilà de retour à cet endroit puisqu'une observation plutôt étonnante y a été rapportée dans les derniers jours. Une espèce d'oiseau qui s'observe habituellement au large des côtes et que je n'avais pas encore eu la chance de croiser au Québec. Un Labbe à longue queue / Stercorarius longicaudus  / Long-tailed Jaeger se tient dans un champs en culture où il se nourrit d'insectes au sol. C'est bien le dernier endroit où j'aurais pensé trouver cette espèce pélagique.




Labbe à longue queue / Stercorarius longicaudus  / Long-tailed Jaeger



Alors qu'il commence à pleuvoir, nous nous dirigeons vers la Halte Sarcelle où un plan d'eau héberge des Érismatures rousses et un Canard siffleur. Nous les observons, mais le manque de lumière et la distance rendent impossible la prise de photo. Par contre, une rencontre plutôt spéciale sur la digue surprend autant ce Cerf de Virginie / Odocoileus virginianus / White-tailed Deer que nous-mêmes.




Cerf de Virginie / Odocoileus virginianus / White-tailed Deer




18 Juin 2016:  Montérégie (de Huntingdon à Dundee)



Notre sortie annuelle en Montérégie nous permet d'aller observer des espèces habituellement absentes ou peu fréquentes près de la ville de Québec: Bruant des champs, Tohi à flancs roux, Viréo à gorge jaune, Grive des bois, Troglodyte à bec court, Paruline à ailes bleues, Paruline à ailes dorées, Paruline de Brewster, Bruant vespéral...


La montée Biggar, près de Huntingdon, est l'endroit idéal pour observer la Paruline à ailes bleues / Vermivora cyanoptera / Blue-winged Warbler, la Paruline à ailes dorées / Vermivora chrysoptera / Golden-winged Warbler et la Paruline de Brewster /  Brewster's Warbler. Cette dernière espèce n'en est pas une à part entière parce qu'elle est le fruit de l'hybridation des deux premières. 

 

Paruline à ailes bleues / Vermivora cyanoptera / Blue-winged Warbler




Paruline de Brewster /  Brewster's Warbler


C'est sur le chemin Shearer que nous entendons le Viréo à gorge jaune / Vireo flavifrons / Yellow-throated Vireo. Comme les autres membres de la famille, ce viréonidé préfère le sommet des arbres où il se nourrit dans le feuillage dense. Il est très vocal, mais il doit descendre vers nous si nous voulons l'observer. Quelques chuintements l'attirent et il descend presque à notre niveau. 



Viréo à gorge jaune / Vireo flavifrons / Yellow-throated Vireo


C'est à la montée Gordon de Dundee que nous trouvons l'habitat idéal recherché par le Troglodyte à bec court / Cistothorus platensis stellaris / Sedge Wren. Ce chemin est en fait un cul-de-sac qui mène à quelques maisons. Il est très important d'y aller avec beaucoup de respect autant pour les gens qui y vivent que pour l'habitat bien particulier. Il n'est pas question de s'aventurer dans les champs pour s'approcher des oiseaux. Toute observation ou photographie doit se faire à partir du chemin. 




Troglodyte à bec court / Cistothorus platensis stellaris / Sedge Wren



26 juin 2016:  Saint-Édouard-de-Lotbinière



Une tournée dans le comté de Lotbinière est un circuit que nous aimons faire régulièrement. Nos cibles de la journée sont un Bruant des plaines / Spizella pallida / Clay-colored Sparrow rapporté à Saint-Antoine-de-Tilly, une Tourterelle turque / Streptopelia decaocto decaocto / Eurasian Collared-Dove rapportée dans le village de Saint-Édouard-de-Lotbinière et un Moucherolle à côtés olive / Contopus cooperi / Olive-sided Flycatcher possiblement nicheur le long du rang Juliaville, toujours à Saint-Édouard. Si nous sommes chanceux pour la première espèce, les deux autres éludent nos recherches. Cependant, chaque sortie apportant son lot de belles rencontres non planifiées, voici une belle Bécassine de Wilson / Gallinago delicata /Wilson's Snipe perchée sur un piquet de cèdre en bordure du rang des Plaines, à Saint-Antoine-de-Tilly.




Bécassine de Wilson / Gallinago delicata /Wilson's Snipe



Bécassine de Wilson / Gallinago delicata /Wilson's Snipe


Alors que nous sommes à la recherche du Moucherolle à côtés olive, voilà qu'apparaît une Paruline à couronne rousse / Setophaga palmarum hypochrysea / Palm Warbler. Cet individu est de la race hypochrysea, celle qui a les dessous très jaunes et dont la distribution est attribuée à la province de Québec. Pourtant, sur leur aire de reproduction, elle est rencontrée beaucoup moins fréquemment que la race palmarum qui, elle, est attribuée plus à l'ouest du Québec (Ontario vers l'ouest du pays). Parmi les centaines d'individus de cette espèce répertoriés sur leur terrain de nidification au-dessus du 49ième parallèle dans le nord du Québec, je n'ai jamais rencontré la race hypochrysea, mais toujours la race palmarum. Ce fait m'a toujours troublé. Pourtant, au cours des migrations, les deux races sont observables. Si vous avez de l'information supplémentaire à ce sujet, j'apprécierais beaucoup la lire. N'hésitez pas à laisser un commentaire.



Paruline à couronne rousse / Setophaga palmarum hypochrysea / Palm Warbler





@ bientôt.




vendredi 29 avril 2011

Ces oiseaux des rapides

Heureusement que je ne suis pas un canard de mer, car je serais très malheureux. L'eau tumultueuse et moi, ça fait deux. Aussi, lorsque j'observe des oiseaux de mer qui se font brasser de tout bord tout côté par une houle déchaînée, je me demande comment ils peuvent faire pour ne pas vomir leurs tripes. Mais je me console en pensant qu'ils doivent sûrement connaître des journées plus reposantes. Non, je ne trouve pas les canards plongeurs particulièrement chanceux. Je ne me vois pas luttant, jour après jour, contre les vagues, les courants de surface ou de fond et les vents violents. C'est certain que si vous me dîtes qu'ils sont génétiquement pourvus de toutes les adaptations physiques et physiologiques pour se sentir à l'aise dans de telles conditions, j'acquiesce tout de go avec un "je sais", mais il reste que j'éprouve une grande admiration à leur endroit. Disons, qu'il y en a qui ont une vie plus facile que d'autres.


Sans doute l'un des plus beaux canards de mer au Québec, l'Eider à tête grise ne s'observe qu'à partir du Bas St-Laurent vers l'est. Photo prise à Pointe-au-Père, Québec, le 24 avril 2011.


Mais il n'y a pas que les canards qui sont capables de telles prouesses et même que certaines espèces en redemandent. Non seulement se sentent-ils bien dans l'eau, mais en plus, ils recherchent les rivières au fort débit et bien empierrées. L'oiseau le plus spectaculaire que j'ai eu la chance d'observer est le Cincle d'Amérique / Cinclus mexicanus / American Dipper. En Amérique du Nord, il se retrouve dans les montagnes de l'ouest du continent (entre 300 et 3,000 mètres d'altitude). En Amérique centrale, on peut l'observer jusqu'au Panama. En Amérique du Sud, il est remplacé par le Cincle à tête blanche / Cinclus leucocephalus / White-capped Dipper et le très localisé Cincle à gorge rousse / Cinclus schulzi / Rufous-throated Dipper. En fait, j'ai eu la chance d'observer ces trois espèces dans leurs milieux naturels et elles ont exactement le même comportement. La première fois où j'observe le Cincle d'Amérique, c'est le 2 mars 1989 dans le Parc National Tapanti au Costa Rica. Au premier coup d'oeil, je crois avoir devant moi un espèce de merle bedonnant, tout gris et avec une queue très courte. Il se tient sur un gros rocher et il plie constamment les genoux nerveusement, ce qui donne à l'oiseau des mouvements secs de haut en bas et de bas en haut. Un peu comme le font occasionnellement le Troglodyte mignon et le Troglodyte des rochers. Et, non sans surprise, ma deuxième impression est celle d'un troglodyte sur les stéroïdes. Donc, j'ai devant moi un bien curieux oiseau. Mais lorsque je le vois s'approcher de l'eau tourbillonnante en marchant sur les rochers humides et glissants comme si de rien n'était, pour le voir disparaître sous l'eau et réapparaître quelques secondes plus tard de l'autre côté des rapides, là je suis estomaqué.


Le Cincle d'Amérique n'effectue pas de migration vers le sud en hiver, mais plutôt des migrations altitudinales. Photo prise sur internet.

Alors que, habituellement, il s'immerge complètement sous l'eau à la recherche de sa nourriture, il lui arrive souvent de plonger seulement sa tête pour inspecter les lieux et la présence d'une éventuelle proie. Photo prise sur internet.

C'est toujours très impressionnant de voir avec quelle facilité le cincle s'agrippe sur les rochers les plus glissants et en plein courant.  Photo prise sur internet.



Si vous désirez voir le cincle en pleine action, cliquez sur le lien suivant


Une décennie plus tard, le 14 août 2000, je découvre une autre espèce impressionnante. Nous sommes à Mindo, en Équateur. Alors que nous traversons un pont surplombant une rivière très agitée, notre guide arrête le véhicule et nous jetons un oeil sur les rives et les rochers. Après avoir trouvé un Cincle à tête blanche très actif dans les rapides, mon attention se porte sur une masse pâle immobilisée sur un gros rocher. La lunette d'approche me permet de confirmer un mâle Merganette des torrents / Merganetta armata / Torrent Duck. Je suis très excité, car ça fait longtemps que je la cherche. Pour espérer la trouver, il faut scruter les rivières des Andes, à partir du sud du Lac Maracaibo, au Venezuela, jusqu'à la Terre de Feu en Argentine. Pour ma part, j'ai eu la chance de l'observer en Équateur, au Pérou et en Argentine. Le fait de l'avoir rencontrée dans ces différents pays est intéressant puisque cela m'a permis de noter les différences de coloration affectant le mâle des différentes sous-espèces. La race colombiana est la plus pâle des six sous-espèces alors que turneri est la plus foncée. 
   




Illustrations de quatre des six sous-espèces de la Merganette des torrents. La colorée femelle arbore le même plumage quelque soit la sous-espèce. Source: volume I de la série Handbook of the birds of the World.







Ces anatidés plongeurs sont très farouches et nous devons très souvent nous contenter d'une observation à longue distance. Aussi est-il conseillé de scruter attentivement les rivières tumultueuses en contrebas de différents postes d'observation disséminés naturellement sur le bord des routes qui s'accrochent aux flancs des Andes. Une image qui me restera gravée à jamais est celle d'un mâle et une femelle qui se laissent porter, tels des bouchons de liège, à la surface d'une rivière absolument déchaînée en saison des pluies sur le versant est des Andes, dans la région de San Isidro en Équateur. Même s'ils sont presque côte à côte, les deux jouent au yoyo alors que seulement l'un des deux est visible en même temps dans la jumelle. C'était à donner le mal de mer.

Pour ramener le tout au Québec, nous avons quelques anatidés qui aiment l'eau agitée. Je pense d'abord au Grand Harle /  Mergus merganser / Common Merganser que j'ai observé quelquefois remontant lentement une rivière sur l'eau et à contre courant, sans doute pour profiter de ce que l'eau en mouvement transporte comme nutriments et proies éventuelles. Lorsque l'oiseau atteignait une partie tranquille de la rivière, il retournait en vol au début de la partie agitée et il remontait à nouveau les rapides.




Une autre espèce de canard partage cet engouement pour les eaux agitées, le Arlequin plongeur / Histrionicus histrionicus / Harlequin Duck. Sa distribution mondiale se situe à partir du Lac Baikal en Sibérie vers l'est aux Îles Aléoutiennes et l'Alaska, vers le sud jusqu'au Colorado, É.U.; l'est du Canada, le Groënland et l'Arctique. Au Québec, je l'ai d'abord observé au réservoir Beaudet à Victoriaville. Un mâle s'était égaré là, le 17 avril 1989. Un peu surprenant de le rencontrer dans un lieu aussi calme, mais il faut dire qu'il n'était réellement pas dans son habitat régulier. En 1996, il avait été rapporté à Saint-Jean-sur-le-Richelieu et, comme je travaillais là-bas, j'ai pu profiter d'une occasion pour essayer de le repérer. J'ai vu passer en vol un petit canard très foncé et il s'est dirigé tête première dans la partie la plus agitée de la rivière. Je savais que j'avais affaire à lui. Ma dernière rencontre, et la plus belle, se passe le 24 avril 2011 alors que je suis au mont Albert avec Anne. Nous recevons des indications selon lesquelles il y aurait de très bonne chance d'observer ce très beau canard en nous rendant sur un site en particulier. Nous suivons à la lettre les directives et nous nous retrouvons bientôt en face de trois arlequins, deux mâles et une femelle. Voici quelques photos que j'ai pu réaliser:


Le Arlequin plongeur aime les eaux agitées où il peut trouver une profusion de proies drainées par le courant. Photo Laval Roy, le 24 avril 2011 au Gîte du Mont Albert.

Le Arlequin plongeur est sans contredit l'un de nos plus beaux canards. Alors que le mâle arbore des dessins et des couleurs intéressantes, la femelle est plus terne, allant même jusqu'à ressembler à une roche lorsqu'elle ne bouge pas et qu'elle nous cache les tâches pâles sur sa tête. Photo Laval Roy, le 24 avril 2011, au Gîte du Mont Albert, Gaspésie.


Un couple de Arlequins plongeurs sur les rives de la rivière où ils nicheront sûrement en 2011. Photo Laval Roy, le 24 avril 2011 près du Gîte du Mont Albert, Gaspésie.




Oui, j'admire ces oiseaux qui se rient des eaux tumultueuses et qui en tirent même le meilleur parti pour assurer leur survie et celle de leur progéniture. Pour Anne et moi, l'observation des Arlequins plongeurs dans leur aire de nidification a été une belle surprise et un beau cadeau de cette belle nature.