Affichage des articles dont le libellé est forêt boréale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est forêt boréale. Afficher tous les articles

mardi 5 novembre 2019

La chouette des forêts boréales






Cette silhouette est si caractéristique qu'elle nous permet une identification rapide de ce visiteur du nord. Image captée à la brunante sur l'île-aux-Basques, le 11 octobre 2019.




Cette unique et magnifique chouette est le seul membre du genre Sturnia. Selon la bible moderne qu'est le Handbook of the Birds of the World, trois sous-espèces sont reconnues dans le monde, soient

  • Surnia ulula ulula:  Nord de l'Eurasie à l'est jusqu'à Kamchatka et Sakhalin, Centre de la Sibérie au sud jusqu'à Tarbatay.
  • Surnia u. tianschanica: Centre de l'Asie et le Nord-Ouest et Nord-Est de la Chine, possiblement aussi le Nord de la Mongolie.
  • Surnia u. caparoch: Alaska à l'est jusqu'à Terre-Neuve, au Sud jusqu'à l'extrême Nord des États-Unis (durant l'hiver).

L'Épervière boréale (Northern Hawk Owl) occupe la zone de toundra forestière et la taïga boréale au nord jusqu’à la limite des arbres et au sud jusqu'à la steppe et les terres cultivées. Même si cette zone sied également bien à la Nyctale de Tengmalm, les deux chouettes n'occupent pas la même niche écologique. L'épervière cherche toujours un accès facile aux clairières, aux zones brûlées, aux tourbières et aux forêts claires, y compris les forêts de bouleaux, de trembles et de forêts mixtes, avec une certaine préférence pour les pins, les mélèzes et les arbres rabougris, en particulier si ces derniers se terminent en troncs brisées ou par des branches nues. Elle évite les forêts de conifères denses. En hiver, en Amérique du Nord, elle fréquente les landes et les prairies ouvertes, allant même jusqu'à se percher sur des meules de foin.



Épervière boréale / Surnia ulula caparoch / Northern Hawk Owl



C'est un prédateur redoutable. Autant diurne que nocturne, l'épervière chasse normalement à partir de perchoirs exposés. Dans un premier temps, elle repère les endroits permettant la meilleure vue sur le territoire et elle se déplace ensuite d'une perche à l'autre après de longues minutes de guet à chaque endroit. Dès qu'une proie est repérée, elle fond dessus ou elle descend au ras du sol. Comme la crécerelle, le busard et certaines buses, elle peut faire du vol de surplace. Elle peut saisir une proie en vol et son acuité auditive lui permet de plonger dans la neige pour dénicher tout rongeur qui s'y cacherait.


Cette Épervière boréale nous montre bien les outils dont elle bénéficie et qui font d'elle un prédateur accompli. Une vue et une ouïe exceptionnelles, des serres puissantes pourvues de griffes acérées et un bec crochu qui lui sert à pénétrer les chairs pour les déchirer. Elle dépèce la proie en morceaux qu'elle avale tout rond.



En saison de nidification, elle se nourrit presque entièrement de petits rongeurs (Microtinae: Clethrionomys, Arvicola, Microtus), avec quelques petits oiseaux et des mammifères plus gros. Des oiseaux allant jusqu'à la taille des merles sont capturés et on a même documenté des captures de lagopèdes (Lagopus lagopus). Elle peut compléter ce régime avec des amphibiens, des poissons et des insectes. Des cas de cannibalisme, i.e. des adultes mangeant leurs propres rejetons, ont été rapportés par des chercheurs. La race caparoch est friande de levrauts (jeunes lièvres). Lors des années d'abondance de sa population, qui obéit à un cycle de dix ans, ce léporidé peut contribuer à la hauteur de 40%-50% de la biomasse récoltée par la chouette durant la période de nourrissage de sa nichée. En général, les lièvres, ainsi que les écureuils (Tamiasciurus, Spermophilus) peuvent devenir une source critique de nourriture lorsque le cheptel des rongeurs diminue.



Épervière régurgitant une boulette de réjection faite des éléments non digestibles de ses proies (poils, os, dents, griffes...).


Le 19 juin 2011, je me retrouve au nord du réservoir Gouin, en Haute-Mauricie, en compagnie de mon collègue François Gagnon. Nous y sommes dans le cadre des inventaires d'oiseaux commandités par l'Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec en régions éloignées. Pour nous deux, il s'agit d'une deuxième visite dans cette parcelle. C'est durant la première visite que François avait trouvé un nid occupé par une Épervière boréale. Bien installé tôt le matin à un point d'écoute pré-établi par le bureau de l'Atlas, il entend nettement des pépiements d'oisillons tout près. Une fois les cinq minutes d'écoute effectuées, il trouve la nichée qui prône au sommet du tronc coupé d'un gros bouleau. Ce moignon d'arbre est bien camouflé entre les épinettes. Vraiment pas évident à trouver. N'eût été du babillage des jeunes, il aurait été difficile pour François de le trouver.









Alors que la moyenne des oisillons par nichée est de six à dix, nous n'avons pu observer que quatre individus dans ce nid. Aucun arbre assez gros ne se trouvant à proximité, il était impossible de le savoir sans grimper directement à partir du tronc. Et il n'était pas question pour nous deux de nous approcher davantage du nid. Nous aurions pu laisser une odeur qui aurait conduit d'autres prédateurs vers ce nid.


Lors de cette deuxième visite dans la parcelle, je devais passer au moins six heures dans le secteur pour récolter des indices de nidification.  J'ai donc repassé devant le nid et j'ai noté que tout était correct. Je voyais encore les têtes des jeunes dépasser au sommet du tronc. J'ai donc continué ma route et, à à peine un demi kilomètre de là, j'aperçois un adulte en vol et il se dirige vers moi. Il émet une série de cris aigus et il se perche pas très loin, tout en continuant de maugréer.




 


Devant ce comportement non sollicité, je décide de ne pas trop m'attarder dans ce secteur ouvert, déforesté depuis environ une dizaine d'années.


Alors que le mâle de la Nyctale de Tengmalm réside habituellement dans son territoire de reproduction pendant l'hiver, même lorsque la nourriture peut être rare, celui de l'Épervière boréale est parfois plus mobile. Le mâle de la nyctale doit rester sur place s'il veut sécuriser un site de nidification pour le printemps suivant. Les sites de nidification de l'épervière sont moins restreints parce qu'elle est moins sélective et elle a donc moins besoin de défendre un territoire et un nid contre tous les arrivants. Néanmoins, il pourrait bien rester sur son territoire tout l’hiver afin de se familiariser avec les localités des proies et de trouver un site de nid, de sorte qu’il soit prêt à se reproduire tôt au printemps. Les mâles sont donc beaucoup plus susceptibles de rester toute l'année sur les mêmes territoires que les femelles.

La femelle adulte de l'Épervière boréale se déplace souvent vers des zones plus basses en hiver. Pour la femelle, les risques liés à la migration sont compensés par la perspective de trouver plus de nourriture dans des zones moins susceptibles d'être sous une neige profonde. Il y a souvent moins de juvéniles dans les basses terres productives que les femelles adultes, ce qui indiquerait que les oiseaux plus âgés revendiquent les meilleurs terrains de chasse. Comme chez le Harfang des neiges, c'est le statut social de ces hiboux qui détermine leurs déplacements et leur répartition en hiver.


 
@ bientôt,


Bibliographie


del Hoyo, J., Elliott, A. & Sargatal, J. eds. (1999) Handbook of the Birds of the World. Vol. 5. Barn-owls to Hummingbirds, Lynx Edicions, Barcelona.
 
Hume, Rob & Boyer, Trevor (1991) Owls of the World, Running Press, Philadelphia / Pennsylvania.
 

vendredi 24 février 2017

Des oiseaux de l'hiver 2017




L'hiver 2017 n'a pas été très propice pour nous pour les sorties ornithologiques. En plus de différentes obligations familiales ou sociales successives, les chutes de neige fréquentes durant les fins de semaine ont beaucoup freiné notre intérêt à prendre la route. Mais nous nous sommes échappés à quelques reprises et voici des endroits visités et des images prises sur le vif.


Saint-Antoine-de-Tilly

Le chemin Boisclair est un rang parallèle à la route 132 et au sud de cette dernière. En hiver, cette route tranquille vaut la peine d'être parcourue lentement. Les espèces d'intérêt fréquemment rencontrées: Plectrophane des neiges, Dindon sauvage et Perdrix grise. Des mangeoires privées distribuées le long de cette route peuvent apporter leur lot de surprises. Selon la quantité de neige dans les champs, des groupes d'Alouettes hausse-col sont occasionnellement rapportés et ils peuvent dissimuler un rare Plectrophane lapon. Lors de notre passage, nous croisons un groupe de Jaseurs boréaux qui se nourrissent dans trois pommiers à quelques mètres seulement de la route. Dans ma jeunesse, nous appelions ces grosses pommes des pommes d'hiver. La chair de cette variété de pommes est tellement dure que les frugivores ne peuvent s'en nourrir avant les grands froids. Il faut que le fruit gèle complètement pour que sa chair devienne assez molle pour que les becs des frugivores puissent la pénétrer.


 



 




Quand il n'y a pas d'eau liquide disponible, les oiseaux mangent de la neige, mais ils le font toujours avec parcimonie. Ingurgiter trop de neige refroidirait leur chaleur interne, chose à ne pas faire en période hivernale où toute perte de chaleur corporelle pourrait mener à l'hypothermie et à la mort.




 Tewkesbury


La rue Jacques Cartier Sud à Tewesbury est une autre route à parcourir lentement en période hivernale. Elle longe la rivière Jacques Cartier et traverse des boisés intéressants. C'est l'endroit idéal pour y observer le Gros-bec errant. La présence des fringillidés est toujours un coup de dé selon les années. En 2016, c'était l'euphorie. En 2017, c'est la pénurie totale. Aucun sizerin, chardonneret, tarin ou bec-croisé. Quelques durbecs sont venus sauver l'honneur de la famille. Par contre le gros-bec est encore présent, mais en petit nombre. Un Pic chevelu me permet quelques photos.



Cette femelle de Pic chevelu fait s'envoler des brins de neige lorsqu'elle tambourine l'écorce de cet arbre.



 
Son mâle est également à la recherche active de nourriture.



 Comté de Lotbinière



Le comté de Lotbinière agit sur moi comme un aimant puisque j'y ai passé la majeure partie de ma vie. Pour l'avoir parcouru maintes et maintes fois, j'en connais presque tous les recoins. Mais il est tellement riche en découvertes que j'y retourne encore toujours avec un intérêt renouvelé. C'est dans le village de Saint-Édouard que nous faisons la rencontre d'une magnifique femelle d'Épervier de Cooper. Elle est bien installée sur la structure d'une meunerie, en plein milieu du village. Un ami m'a demandé comment je pouvais dire que c'était une femelle puisque les adultes ont le même plumage. J'y suis allé par l'évaluation de la grosseur de l'individu. L'oiseau observé était assez gros pour que j'imagine d'abord avoir affaire à l'Autour des palombes. Dès le premier coup de jumelle, j'ai vite identifié un Épervier de Cooper. Seule une femelle de Cooper peut avoir cette grosseur. Je vous la livre maintenant.







L'épervier est un rapace doté d'une longue queue et d'ailes plutôt courtes et arrondies. Alors que les ailes courtes sont un atout pour se faufiler entre les arbres et les branches à l'intérieur de la forêt, la queue longue et flexible l'aide à assurer un équilibre parfait lors de changements rapides de direction. Le vol de l'épervier est également facilement reconnaissable puisqu'il consiste à de rapides battements des ailes suivis d'une longue glissade.


 Saint-Mathieu-de-Rioux


Ce petit village se situe dans le Bas-Saint-Laurent à une vingtaine de kilomètres de Saint-Simon, à l'intérieur des terres. Il est reconnu pour la quantité phénoménale de nids de Balbuzards pêcheurs
accrochés aux pylônes d'Hydro Québec, tout près d'un lac de bonne envergure. En 2017, une espèce occasionnellement observée au Québec, en provenance de l'ouest canadien, est présente à une mangeoire depuis quelques semaines. Comme Anne n'a jamais coché cette espèce au Québec, nous nous y rendons le 22 janvier 2017. Voici quelques photos rapportées de cette rencontre.


Ce magnifique mâle de Tohi tacheté / Pipilo maculatus / Spotted Towhee a élu domicile, dans son errance hivernale, dans la cour arrière dotée d'un bon système d'alimentation.




Un milieu naturel propice à attirer les oiseaux d'hiver contribue à retenir des oiseaux granivores et frugivores.






Domaine de Maizerets



Un parc urbain de la ville de Québec qui n'a plus besoin de présentation. Ce site peut contenir de magnifiques trouvailles une journée donnée et être non productif dès le lendemain. Il est bien situé en bordure du fleuve et, à vol d'oiseau, il peut constituer un relais facilement accessible entre les différents boisés de la région. Une bonne diversité d'habitats amène toujours une bonne diversité d'espèces d'oiseaux. Notre visite du 18 février 2017 vise le Merle d'Amérique et le Grand-duc d'Amérique. Nous trouvons facilement les espèces anticipées et voici quelques photos du grand-duc.



Quel regard intimidant !  Le hibou est perché à environ 6 mètres de hauteur et je me place juste en dessous du strigidé. Je suis bien content de ne pas être une proie potentielle.



Bien qu'en période de repos, ce grand-duc est concentré sur deux Écureuils gris qui s'ébattent tout autour de lui. Le parc abrite un bon nombre d'écureuils et leur présence explique celle du plus gros de nos strigidés.


Forêt Montmorency


Un autre incontournable auprès des ornithologues de la région de Québec. Réputé pour sa forêt boréale et les spécialités qui y sont associées: Mésangeai du Canada, Mésange à tête brune, Sittelle à poitrine rousse et Tétras du Canada. Il y a bien sûr les pics boréaux et les fringillidés, mais ces derniers répondent à des conditions particulières qui fluctuent selon les années. Et comme l'hiver 2017 est très avare pour la présence des fringillidés, un seul Tarin des pins, trois Durbecs des sapins et quelques Sizerins flammés ont été aperçus. Par contre, exception faite du tétras, nous avons fait de belles rencontres.



C'est difficile de prédire d'avance le comportement de la plus belle de nos mésanges, la Mésange à tête brune / Poecile hudsonicus littoralis / Boreal Chickadee. Plus souvent qu'autrement, elle se tient bien cachée dans le sapinage. Cette fois-ci, elle était hyper active, mais elle s'approchait sans cesse tout près de nous. Donc, avec de la patience, il m'a été possible de réussir quelques belles prises.


Si j'ai toujours eu un faible pour la Mésange à tête noire, je fonds littéralement lorsque je rencontre une Mésange à tête brune. Son "chick-a-dee-dee" plus lent et plus enroué permet de connaitre sa présence, car elle est tellement moins démonstrative que sa cousine.



Et que dire de la mignonne et acrobatique Sittelle à poitrine rousse / Sitta canadensis / Red-breasted Nuthatch qui n'est jamais très éloignée des petits groupes de mésanges. Une simple imitation de son cri nasillard et la voici à quelques mètres de l'objectif.







Et que dire maintenant de l'élégant et gracieux Mésangeai du Canada / Perisoreus canadensis nigricapillus / Gray Jay qui s'approche de nous en toute confiance. Il est tellement silencieux dans son approche qu'il peut être tout près de nous sans que l'on ne le sache.


Et le voici posant à la distance minimale permise par ma lentille de caméra. Un oiseau exceptionnel et fascinant.



Avant de quitter la forêt boréale, je ne peux m'empêcher de capter une image d'un Ecureuil roux nord-américain / Tamiasciurus hudsonicus / North American Red Squirrel.




Rue Courcy, Sainte-Foy


Une autre espèce rare au Québec, également en provenance de l'ouest canadien, est présente dans la ville de Québec. Il s'agit d'un Solitaire de Townsend / Myadestes townsendi townsendi / Townsend's Solitaire, une espèce rapportée presqu'annuellement en hiver au Québec.



Espèce frugivore, le Solitaire de Townsend est parfaitement à l'aise lorsqu'il se retrouve dans un environnement où les arbres produisant de petits fruits en quantité sont présents.


Le mois de mars est à nos portes et il signifie l'arrivée prochaine des premiers migrateurs en provenance de sud. Tout dépendamment de l'endroit où nous nous trouvons dans la province de Québec, nous verrons bientôt apparaître les premiers "oiseaux noirs" (quiscale, carouge et vacher) arrivant du sud et d'autres espèces hâtives. Nous ne commençons que d'aller de surprise en surprise.


@ bientôt.


 

mardi 7 janvier 2014

Gros-bec errant / Coccothraustes vespertinus vespertinus / Evening Grosbeak



Et oui, c'est lui cet oiseau qui a éveillé en moi ce ravissement envers les oiseaux. Je m'en rappelle comme si c'était hier et pourtant ça fait plus de 50 ans aujourd'hui. Ça se passe à l'automne 1963, j'ai 12 ans. En remontant la rue menant à la maison paternelle, je m'approche d'un Érable negundo / Acer negundo et je perçois du mouvement dans les feuilles. Un oiseau, perché bas et affairé à bouffer une samare, attire davantage mon attention. Je ne connais rien des oiseaux et je suis subjugué par la beauté de celui qui me fait la grâce de se laisser observer de si près, sans même faire attention à moi.

Ce qu'il est beau avec son gros bec clair, son large bandeau jaune au front qui se prolonge au-dessus de l'oeil, le dépasse légèrement pour s'amincir et disparaître au niveau de la couronne. Le jaune étant ma couleur préférée, je ne pouvais tomber sur une plus belle espèce pour m'extasier. Sa cagoule noirâtre fait ressortir encore davantage son énorme pif. Ses ailes sont noires et ses secondaires sont d'un blanc immaculé.



Il est accompagné de sa femelle qui possède une belle robe même si, pour un daltonien comme moi, elle manque d'éclat comparé à son macho de partenaire.


Cet oiseau porte bien son nom d'"errant" puisque ses déplacements sont très imprévisibles. Il peut être abondant une année dans un secteur donné et y être complètement absent dans un autre temps. Originaire de l'ouest canadien, le Gros-bec errant a été observé pour la première fois dans le sud du Québec à la fin du XIXième siècle. Par la suite, il a été aperçu de plus en plus souvent et, aujourd'hui, on le retrouve aussi bien dans son habitat en saison de nidification qu'aux mangeoires durant l'hiver. Ce gros-bec est querelleur et très bruyant l'hiver lorsqu'il se tient en groupes, mais il devient plus discret et moins grégaire dès le début de la saison de nidification alors qu'il se déplace en couple (Scott et Bekoff, 1991). L'été dernier, j'ai été en mesure de le constater lors de la découverte d'un couple au nord du Réservoir Gouin. J'ai pu le repérer grâce à ce cri fort qui le caractérise lorsqu'il est en vol.

Durant la saison de nidification, les insectes, dont les coléoptères, les Chenilles arpenteuses et la Tordeuse des bourgeons de l'épinette, constituent une part importante de son alimentation (Terres,1980). Il est bon de préciser que le Gros-bec errant est, avec la Paruline obscure, l'un des meilleurs indicateurs de la présence de la tordeuse; en effet, là où la forêt est envahie par cet insecte, on note une concentration élevée de couples nicheurs (Blais et Parks, 1964; Erskine, 1977). Bien qu'il consomme des insectes, ce gros-bec est avant tout un granivore qui se nourrit de bourgeons et de graines de plusieurs types de plantes herbacées, d'arbustes et d'arbres, principalement ceux des érables et des conifères. Son bec puissant lui permet de briser le noyau des fruits, comme ceux du Cerisier à grappes, tout en rejetant la partie charnue. En hiver, les graines de l'Érable à Giguère (nom vernaculaire donné à l'Érable negundo) et les graines de tournesol des mangeoires sont une nourriture de choix pour l'espèce (Speirs, 1968; Aubry et Laporte, 1990).


Vu son errance et sa beauté, c'est toujours un privilège et une fête lorsque nous en rencontrons un. La réserve du Cap Tourmente, près de Saint-Joachim, est l'endroit tout indiqué pour en trouver en hiver. En ce beau dimanche nuageux du 5 janvier 2014, nous avons la chance de tomber sur quelques groupes de gros-becs. Voici quelques photos que j'ai pu faire à cette occasion.






Et cette dernière que j'aime beaucoup.




Je vous souhaite de belles aventures en 2014 et que votre route croise celle d'un Gros-bec errant.


À bientôt...


Bibliographie consultée

Vincent, J. 1995. Gros-bec errant, p 1086-1089 dans Gauthier, J. et Y. Aubry (sous la direction de). Les Oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional. Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseau, Service canadien de la faune, Environnement Canada, région du Québec, Montréal, xviii + 1295 p.





mercredi 13 novembre 2013

L'autre zoo.



Après six semaines passées en forêt boréale, du nord du réservoir Gouin jusqu'à Chapais à l'est et jusqu'à Waswanipi à l'ouest, quoi de mieux pour Xavier Francoeur et pour moi même que de nous changer les idées en allant visiter un zoo qui se consacre à la nature boréale. Question de voir de plus près ce que nous avons observé lors de nos recherches ou de voir ce que nous avons manqué. C'est donc le 6 juillet 2013 que nous décidons de passer une journée de relâche au Zoo de Saint-Félicien situé au nord ouest du Lac-Saint-Jean.

Je passe au moins une fois annuellement devant cet endroit et je me promettais depuis longtemps de m'y arrêter.

Xavier et moi avons été ravis de cette visite. Nous avons aimé l'approche adoptée par ce zoo d'un autre genre. Le concept de zoo ne rencontre pas l'approbation de tous. Et il me laisse moi-même quelque peu perplexe. Bien sûr, tous les animaux devraient être libres de vivre leur vie animale et on a trop souvent en tête ces cages exiguës où l'animal peut à peine bouger, où il a été totalement coupé de son habitat naturel. Je dois avouer ne pas avoir visité plusieurs jardins zoologiques. J'ai visité le défunt Jardin Zoologique de Québec à quelques reprises seulement et je suis bien content qu'il soit fermé. Les infrastructures étaient vieilles et mal adaptées pour assurer un environnement idéal pour les animaux en général. J'ai encore en tête l'image de ce pauvre Ours polaire qui répétait le même vas-et-vient pendant des heures.

J'ai visité également le Jardin Zoologique de San Diego, situé dans le Balboa Park en Californie et j'avais été beaucoup plus impressionné. Les enclos étaient plus grands, plus aménagés et, surtout, plus adaptés à l'animal qu'ils encadraient. Avec ses 4 000 animaux (800 espèces) hébergées dans un espace boisé de 40 hectares, c'est l'un des plus importants zoos du monde. C'est l'un des leaders en matière de bien-être animal et de protection des espèces menacées. L'une des priorités est la mise en place d'infrastructures les plus naturelles possibles tant pour les animaux que les visiteurs. On y trouve notamment des tigres, des pandas, des ours et des gorilles, une importante collection d'oiseaux et de reptiles, ainsi qu'un arboretum contenant des essences rares. Le zoo a sa propre plantation de bambous pour nourrir les pandas et d'eucalyptus pour les koalas.


Mais voilà que notre visite à Saint-Félicien nous a fait écarquiller les yeux.


Le Cygne trompette / Cygnus buccinator / Trumpeter Swan est le plus pesant des oiseaux natifs d'Amérique du Nord et il est, en moyenne, l'espèce de sauvagine la plus grande sur terre. C'est la contrepartie nord américaine du Cygne chanteur / Cygnus cygnus / Whooper Swan et ils ont même déjà été considérés par certaines autorités comme étant la même espèce.


Cette belle espèce fait d'ailleurs courir bien des ornithologues de partout au Québec alors qu'un individu se retrouve présentement parmi des milliers de Bernaches du Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu.


Le Zoo sauvage de Saint-Félicien, un vaste complexe animalier de 485 hectares, offre à ses visiteurs un contact privilégié avec  plus de 1 000 animaux, dont 75 espèces indigènes et exotiques, comme les Macaques japonais, les Tigres de l’Amour et les Chameaux de Bactriane. Le Parc des sentiers de la nature, sillonné par un train, balade les visiteurs sur un parcours de sept kilomètres où cohabitent les grands mammifères nord-américains en liberté dans le parc. Et même si le train n'arrête pas, il est quand même possible d'observer les animaux en liberté et nous pouvons même espérer prendre des photos tout en essayant d'éviter les têtes des autres touristes bien installés dans le véhicule tout comme nous.


Le gros mammifère qui m'a le plus impressionné est le Bison d'Amérique / Bison bison bison / American Bison. Il est en fait le plus gros mammifère terrestre des trois Amériques.





Le parc abrite plusieurs dizaines de ces bovidés et nous pouvons en observer de différents âges dont des jeunes de l'année ou leurs aînés d'un an ou deux.



Les pauvres bêtes n'arrivent pas à se débarrasser tout à fait des mouches qui les harcèlent constamment.


Dans la même grande prairie où se retrouvent les énormes bisons, nous pouvons observer des petits mammifères terrestres qui sont inféodés au même type d'habitat. On se croirait dans les prairies de l'ouest canadien.


Le Chien de prairie à queue noire / Cynomys ludovicianus / Black-tailed Prairie Dog est un rongeur qui se nourrit d'insectes et de plantes herbacées. C'est un animal grégaire, en d'autres termes, il vit en groupe, et ne semble véritablement s'épanouir qu'au contact de ses congénères.  Ils creusent de vastes galeries souterraines organisées. L'entrée est munie d'un petit dôme afin de permettre une meilleure visibilité, ces chiens de prairie étant d'excellents sentinelles prêtes à déclencher l'alerte au moindre danger.


Un autre bovidé emblématique de la boréalie, le Boeuf musqué / Ovibos moschatus / Muskox se retrouve beaucoup plus au nord où il se nourrit de plantes herbacées, de mousses, de lichens, de feuilles et de ramilles. Son nom provient de la forte odeur que le mâle émet lors de la période d'accouplement. Nous l'observons en petits groupes à Saint-Félicien.




Le Bœuf musqué est un animal massif protégé par une longue toison très isolante. Sa laine, appelée qiviut, est plus fine que le cachemire. Il est appelé omingmak par les Inuits, ce qui signifie « l’animal dont la fourrure est comme une barbe ».



Un peu plus loin voilà que ce sont les ursidés qui sont en vedette. Nous repérons d'abord un Ours grizzli / Ursus arctos horribilis / Grizzly Bear qui déambule nonchalamment à moins de 100 mètres du train. Bien content de ne pas être placé à découvert à une telle distance de ce grand prédateur. Même s'il n'est pas un prédateur reconnu de l'homme, ce gros nounours est plutôt imprévisible et mieux vaut se tenir à une bonne distance.




L'Ours grizzli est un mammifère omnivore de la famille des ursidés, considéré comme une sous-espèce de l'Ours brun, commune au nord des États-Unis et au Canada. À l'état sauvage il existe entre 30 000 et 45 000 individus. Cette espèce est absente de nos forêts nordiques québécoises.



Et voilà qu'un ursidé plus commun pour nous, un gros Ours noir / Ursus americanus / Black Bear, apparaît après une grande courbe de la route. Il est plus près de nous que ne l'était son gros cousin, mais il évoque chez nous moins de crainte. D'ailleurs, bon an mal an, c'est une moyenne d'environ sept ours par année que j'ai rencontrés lors des quatre années où j'ai participé aux travaux de l'Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec.



Omnivore, l'Ours noir se nourrit principalement de végétaux, de baies, de larves, d'insectes, de petits mammifères, de poissons, d'animaux morts, de déchets et parfois d'oiseaux. Il est très craintif de l'homme et on observe plus souvent son arrière-train que son museau.



Comme nous nous déplaçons en pleine nature, dans des habitats idéaux pour les animaux, nous devons ouvrir l'oeil, car ils peuvent se cacher à notre vue tout comme ils le feraient envers leurs prédateurs naturels. C'est ainsi que j'ai pu prendre des clichés d'un couple de Cerfs de Virginie / Odocoileus virginianus / White-tailed Deer.



Cette femelle Cerf de Virginie se tient debout dans une végétation très haute et elle ne laisse voir que sa tête. Lorsqu'elle se tient immobile, elle n'est pas évidente à repérer.  La seule partie qui trahit sa présence se situe au niveau du pavillon de son oreille qui change continuellement de position à la recherche d'un bruit suspect.




Ce mâle Cerf de Virginie est observé plus loin et parmi une végétation bien différente et plus fournie que la femelle. Aux États-Unis, on estime que suite à une gestion de contrôle des populations, la population américaine de Cerf de Virginie est passée d'environ 300 000 individus vers 1930 à 30 millions aujourd'hui, soit une multiplication par 100, ce qui a notamment pu profiter aux tiques, lesquelles diffusent la maladie de Lyme.



Le dernier des cervidés présent sur le site est le Caribou des bois / Rangifer tarandus caribou / Woodland Caribou. À l'instar du Boeuf musqué, on le trouve plus au nord où il se nourrit de lichens, de mousses, d'herbes, d'écorces, de feuilles et de ramilles. À cause de la chaleur et de la présence des insectes piqueurs lors de notre visite, beaucoup d'individus se tiennent dans l'eau et trop loin pour une photo. Finalement, une femelle s'approche, accompagnée bien sûr de ses petits amis ailés.



Le Caribou des bois vit en faible densité (d'un à trois individus par 100 km2) dans toute son aire de répartition, laquelle se situe généralement entre le 49e et le 52e parallèles, dans l’est du Canada. Il constitue une proie avantageuse pour le loup en termes de temps de manipulation et de risques (blessures ou de mortalité) associés à la capture, ce qui pourrait expliquer ses faibles densités en milieu forestier, particulièrement en présence de l’orignal, cette espèce soutenant les populations de loups.



Après une heure de balade en train sur une distance de sept kilomètres, nous revenons dans la partie du parc ressemblant davantage à un jardin zoologique traditionnel. Différentes espèces sont dans des enclos, mais érigés avec un souci de reproduire le plus possible leur habitat naturel.


Les deux bovidés qui suivent ne se rencontrent pas au Québec. Pour espérer les observer, il faut se rendre dans l'ouest canadien. Ce sont des herbivores qui affectionnent les endroits rocheux où ils se déplacent à une vitesse remarquable et avec une agilité incroyable. Le mouflon peut grimper à une vitesse de 50 km/hre.




Le Mouflon canadien / Ovis canadensis / Bighorn Sheep constitue l'une des deux sous-espèces de mouflons nord-américains. Son pelage peut aller du gris-brun clair au gris-brun foncé voire brun chocolat. Les mâles ont des grandes cornes incurvées, alors que celles de la femelle sont courtes et à peine incurvées.



La Chèvre des montagnes Rocheuses / Oreamnos americanus / Mountain Goat est un caprin (i.e. de la sous-famille des caprinés) qui habite les montagnes nord-américaines. Elle possède une robe blanche, une barbe, une courte queue et de fines cornes noires. Malgré son apparence trapue, elle est très habile dans les rochers.



L'Ours grizzli / Ursus arctos horribilis / Grizzly Bear possède une force phénoménale. Il est le roi des prédateurs en boréalie. On l'a ainsi observé chasser des bœufs musqué adultes, des bisons, jeunes ou adultes, s'attaquer à des ours noirs et les tuer. Il n'hésite absolument pas à aller disputer aux loups leurs proies. D'une manière générale, les grands grizzly mâles adultes arrivent à dominer une meute complète de loups. Ainsi, dans le parc de Yellowstone on a observé un grizzly prendre le contrôle d'une carcasse où 14 loups se trouvaient. 




L'Ours blanc / Ursus maritimus / Polar Bear et l'Ours grizzli ont divergé génétiquement il y a 200 000 ans, mais peuvent encore s'hybrider pour donner un animal connu dans les pays anglophones sous le nom de grolar ou de pizzly, « ours polaire » se disant « polar bear » en anglais. Il est un grand mammifère carnivore originaire des régions arctiques. C'est, avec l'Ours kodiak, le plus grand des carnivores terrestres et il figure au sommet de sa pyramide alimentaire. Pourvu d'une courte queue et de petites oreilles, il possède une tête relativement petite et fuselée ainsi qu'un corps allongé, caractéristiques de son adaptation à la natation. L'ours blanc est un mammifère marin semi-aquatique, dont la survie dépend essentiellement de la banquise et de la productivité marine. Il chasse aussi bien sur terre que dans l'eau. Son espérance de vie est de 20-25 ans.




Garder un oiseau de proie en captivité est soumis à autorisation. Seules les institutions publiques à vocation éducative sont autorisées à posséder cet oiseau. Elles montrent des animaux qui ont été blessés et qui ne peuvent survivre dans le milieu naturel.




Le Pygargue à tête blanche / Haliaeetus leucocephalus washingtoniensis / Bald Eagle, malgré son nom anglais et son nom vernaculaire d'Aigle à tête blanche, n'est pas un aigle du genre Aquila mais d'un pygargue du genre Haliaeetus : il s'en distingue par son régime alimentaire, essentiellement composé de poissons, mais aussi par son bec massif et par le fait que ses pattes ne sont pas recouvertes de plumes jusqu'aux serres, l'un des caractères propres aux vrais aigles. Alors que l'aigle vit dans les massifs forestiers et les montagnes, le pygargue préfère les lacs, les rivières et les zones côtières où il peut trouver sa nourriture..




La Buse rouilleuse / Buteo regalis / Ferruginous Hawk est le plus gros représentant des rapaces nord-américains du genre Buteo. Parmi les 36 représentants de ce genre au niveau mondial, seule la Buse de Chine / Buteo hemilasius / Upland Buzzard d'Asie peut atteindre des dimensions comparables. Les adultes possèdent des ailes longues et larges et une queue grise, rouille ou blanche. À l'instar de la Buse pattue / Buteo lagopus / Broad-winged Hawk, les pattes sont emplumées jusqu'aux serres. Son plumage possède également deux formes de coloris. 




Dans la chaîne alimentaire de la toundra, le Harfang des neiges / Bubo scandiacus / Snowy Owl occupe avec le renard la place la plus élevée : celle du prédateur. Cependant, dans ce système vivant très simplifié, ces carnivores spécialisés sont aussi très vulnérables ; très efficaces lorsque les lemmings sont abondants, ils sont voués à la famine ou à l'exil quand se raréfie ce gibier qui constitue l'essentiel de leur menu. Si le père harfang disparaît pendant la période de croissance des jeunes, jamais la mère ne pourra les alimenter seule.



Le volet éducatif est un élément important lorsqu'on pense à un jardin zoologique, de facture traditionnelle ou non. En plus d'avoir la chance d'observer des animaux nord-américains, la pensée de pouvoir voir évoluer des animaux de régions éloignées, qu'on ne visitera probablement jamais, est un facteur qui porte bien des gens à visiter les différents zoos. De ce point de vue, le zoo de Saint-Félicien a bien fait ses devoirs. À titre d'exemple, je vous présente deux animaux d'une grande beauté dont la survie n'est pas assurée à très long terme.




La population mondiale estimée de la Grue du Japon / Grus japonensis /  Red-crowned Crane est de seulement 2 750 à l'état sauvage, incluant environ 1 000 individus constituant la population résidente du Japon. De la population migratrice, environ 1 000 hivernent en Chine et le reste en Corée. On a accordé le statut d'espèce en danger le 2 juin, 1970. C'est l'une des plus grandes et des plus rares espèces de gruidés. Partout où elles s'observent, elle est un symbole de chance, de longévité et de fidélité. Tout ce qu'on peut dire aujourd'hui c'est que, par ses actions destructrices, l'homme est loin de lui être fidèle et qu'il lui donne vraiment peu de chance de connaître la longévité.




Le Tigre de l'Amour / Panthera tigris altaica / Siberian Tiger se trouve au bord de l'extinction dans les années 1930 avec une estimation des individus sauvages comprise entre 20 et 30 individus. Dans les années 1980, on compte 250 à 430 individus et l'ouverture de chasse sportive est même proposée afin de réguler la population qui s'attaque au bétail car elle n'aurait pas assez de gibier pour survivre. De plus, le braconnage, la déforestation et l'exploitation minière sauvage accroissent la pression humaine sur le félidé. Entre 1992 et 1994, quarante à soixante tigres sont braconnés chaque année pour leur peau et leurs os, à destination du marché chinois. En 1994, la population mondiale retombe entre 150 et 200 individus. En 2010, l'UICN considère qu'il reste entre 18 et 22 tigres de Sibérie en Chine, 331 à 393 tigres en Russie (tigres adultes et subadultes, la population fertile approcherait 250 individus) et qu'il est possible que des tigres survivent en Corée du Nord. Fin 2009, on estime à 500 le nombre de tigres vivant à l'état sauvage en Corée du Sud, tandis que 421 sont élevés en captivité.



Le Tigre de Sibérie ou Tigre de l'Amour est la plus grande sous-espèce du tigre. Il est le troisième plus gros prédateur terrestre derrière l'Ours kodiak et l'Ours blanc. L'Amour est un fleuve d'Asie qui s'étend sur 4 354 km depuis la source de l'Argoun, ce qui en fait le premier fleuve de Sibérie et le quatrième d'Asie pour la longueur de son cours. La province du Heilongjiang en Chine où il s'écoule doit son nom au nom chinois de l'Amour.




Xavier et moi-même avons découvert d'autres espèces durant cette courte visite d'environ quatre heures, mais je crois vous en avoir assez montré pour vous donner le goût d'aller y faire un tour.




À bientôt !