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mercredi 24 août 2022

En cette fin d'été 2022

 

Le mois d'août est souvent considéré comme un mois pivot dans une année d'observation des oiseaux. Le calme est revenu en forêt alors que les concerts matinaux se sont tus. Seuls les pépiements des jeunes encore dépendants de leurs parents pour être nourris se font entendre ici et là. La majorité des passereaux ont mené à terme leur nichée et certains ont même entrepris leur déplacement vers le sud. Quelques espèces, comme les hirondelles, ne font plus partie des observations quotidiennes près de nos maisons. Elles se rassemblent dans les lieux humides où les insectes volants sont légions. De même pour les oiseaux noirs comme les carouges ou les quiscales. Fini le temps où l’on pouvait observer un carouge perché à intervalle régulier le long des milieux propices à la nidification de l’espèce. Quelques passereaux migrateurs nichant plus au nord commencent à être observés en petits nombres. Dans la deuxième moitié du mois, les premières espèces de limicoles en migration vers leur quartier d’hiver viennent envahir les zones intertidales, les vasières et les terrains humides. Leur retour est précurseur de la fin de l'été.

C'est habituellement à partir de la mi-août que nous pouvons rencontrer une Grande Aigrette dans la région de Chaudière-Appalaches. La présence de ces individus résulte de la dispersion post-nuptiale de l'espèce. Difficile de déterminer la provenance exacte. Au Québec, l'espèce est  nicheuse presque uniquement dans les Basses-terre du Saint-Laurent. En 2016, la colonie de l'île aux Hérons, dans les rapides de Lachine, a atteint une centaine de nids (Bannon et al, 2017a). Photographiée à Montmagny, en compagnie d'un Grand Héron, le 26 août 2020.

Septembre et octobre voient passer des millions d’oiseaux en transit vers leurs zones d’hivernage. La migration automnale provoque une montée d’adrénaline dans le rang des observateurs de la nature. Comparés à ceux du printemps, les manteaux arborés par les oiseaux en période automnale sont souvent très déroutants pour les observateurs et pas seulement pour ceux qui débutent en ornithologie. Aux plumages sobres des femelles s’ajoutent ceux très semblables des jeunes de l’année. Et les immatures n’étant pas tous au même stade de développement, ceci ajoute au défi de l’identification. Certains individus retiennent une diversité de rayures qui  disparaissent à mesure que les jours passent. Il n'est pas toujours évident d'identifier avec certitude les grives à l'automne. Il y a tellement de différentes teintes de couleurs dans le plumage selon l'âge des individus rencontrés. L’incapacité à bien percevoir toutes les gammes de couleurs peut mener à des erreurs d’identification. Les parulines sont aussi et souvent à l’origine de bien des indécisions.

Nous sommes au Domaine de Maizerets, le 27 septembre 2020. Deux immatures de Bihoreau gris sont fidèles au poste près de la rivière qui sépare l'arboretum du site principal. Le 13 mai, j'avais photographié un adulte au même endroit. Difficile de confirmer si ces immatures font partie de la descendance de cet adulte. Ça me surprendrait énormément, car je ne vois pas où cette espèce pourrait nicher sur le site. Et de la façon que ça évolue, i.e. le trafic humain augmentant de façon exponentielle et le manque de respect pour demeurer dans les sentiers tracés, on risque de trouver de moins en moins d'activité animale variée au domaine dans un avenir malheureusement rapproché. 

Durant leur périple migratoire qui les mènera, du moins pour certaines d'entre elles, aussi loin qu'en Bolivie, les parulines doivent toucher terre pour se nourrir à des points stratégiques parsemés tout au long du parcours. Quand elles s’arrêtent, elles peuvent devenir hyper actives. Avec les feuilles encore présentes dans les arbres, il n'est pas facile d'observer les oiseaux à découvert et dans leur intégralité, mais à force de voir tantôt la tête, tantôt la partie supérieure, tantôt la partie inférieure et tantôt la queue, on finit par rassembler les morceaux du casse-tête et par se faire une idée.

 

La Paruline rayée niche dans le nord du Québec et va passer l'hiver en Amérique du Sud. Des études ont démontré que cette petite paruline peut voler sans arrêt entre les côtes de la Nouvelle-Angleterre jusqu'aux côtes du nord du Venezuela.

Novembre! Notre mois d'évasion, celui où nous nous arrangions normalement, i.e. avant la pandémie mondiale du COVID,  pour être à quelque part où le soleil luit, réchauffe et permet une nature encore active et diversifiée. Et ceci ne se passait naturellement pas au Québec où l'automne vient résolument d'entrouvrir la porte à l'hiver. La nature est clairement à l'aube d'un creux de vague où la variété fera défaut. Les gros passages migratoires sont passés, la trop grande majorité de < nos > oiseaux sont partis. Tout ça est bien normal, ça fait partie du cycle des saisons. Mais en ce temps de pandémie, nous ne pouvons pas nous échapper avec la même facilité. Autant en prendre pour notre rhume et essayer de tirer le meilleur parti de nos sorties. Nous découvrons quand même de beaux oiseaux avec les retardataires, les égarés et d'autres espèces qui envahissent nos régions en saison hivernale et qui vont la passer avec nous. Et pour ceux qui veulent garder un contact presque quotidien avec la nature, peu importe la température qu’il fait à l’extérieur, il y a l’Avicourse, un défi amical consistant à répertorier le plus d’espèces possibles dans les limites du territoire du COQ, entre le 1er décembre et le dernier jour de février.

 

L’apprentissage des sons émis par les oiseaux est primordial pour toute personne qui désire progresser dans l’identification des oiseaux. Les chants, les cris d’alarme, les cris de contact, les cris de vol, les cris d’interaction entre individus et même les cris des jeunes lorsqu’ils quémandent la nourriture. Tout comme l’identification visuelle, l’identification auditive n’est pas infaillible. Mais cette dernière permet à l’observateur d’avoir une très bonne idée des espèces en présence dans un lieu donné. Les mois plus tranquilles de l’automne et de l’hiver peuvent être investis dans l’étude des sons au moyen de cassettes, de CD ou d’applications peu dispendieuses disponibles sur internet.

 

 @ bientôt.

 

 

mercredi 3 février 2021

Des oiseaux en pandémie (novembre 2020 - 2 de 2 -)

 

 

Et le mois de novembre continue à nous offrir quelques surprises dont quelques espèces égarées et de nouveaux arrivants en provenance des régions plus nordiques. Aussi quelques retardataires qui, pour une raison ou une autre, ont reporté leur migration vers le sud.

 

 

Cet oiseau ressemble beaucoup à un Moineau domestique lorsqu'il exhibe ce manteau d'immature de premier hiver. Lorsqu'il présente son dos à l'observateur, les motifs et les couleurs du plumage sont à s'y méprendre. La grosseur des deux espèces est la même ainsi que le comportement de nourrissage au sol. C'est lorsqu'il tourne sa tête de côté que le sourcil et le tour d'oeil jaunâtres nous font hésiter. Son bec plus gros et le trait malaire finissent par nous convaincre qu'on est bien en présence d'un Dickcissel d'Amérique / Spiza americana / Dickcissel. Comme c'est souvent le cas pour cette espèce, elle est observée à des postes d'alimentation où elle se mêle aux moineaux, bruants et juncos.  Lévis, le 11 movembre 2020.
 

 

 

Et tant qu'à nous retrouver dans le secteur, nous nous déplaçons de quelques kilomètres seulement à la recherche d'une autre espèce rarement observée au Québec et qui a été découverte quelques jours plus tôt. À l'instar du Dickcissel d'Amérique, quelques individus seulement sont rapportés chaque année sur le territoire québécois. Il s'agit cette fois d'un oiseau plus coloré, le Piranga vermillon / Piranga rubra rubra / Summer Tanager.

 

 

 

Cette espèce de la famille des thraupidés se spécialise dans la capture de guêpes et d'abeilles et elle est considérée comme une peste par les apiculteurs. Cet individu a capturé devant nous une abeille attirée probablement  par les fruits encore présents en grand nombre dans un pommier tout près.

 

 

Une rencontre avec un strigidé est toujours tellement impressionnante. Encore plus s'il s'agit du maître prédateur de nos forêts. Le Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl impose le respect par sa taille et par l'allure féroce qu'il projette. Même s'il concède quelques centimètres au Harfang des neiges ou à la Chouette lapone par la taille, son agressivité est incomparable. Domaine de Maizerets, 12 novembre 2020.

 

 

Quand un grand-duc nous fixe de cette façon, on dirait que son regard nous transperce. Comme s'il ne nous voyait pas, qu'il voyait au-delà de nous. Assez bizarre comme impression et je ne voudrais pas être une proie potentielle.

 

 

 

Voici une espèce qui n'est pas rare, mais plutôt un individu qui a retardé sa migration automnale. Il peut rester quelques individus de cette espèce en hiver et ils sont alors assidus à des postes d'alimentation. C'est toujours très difficile de préciser la cause exacte de ce comportement atypique. Comme je l'ai mentionné dans le billet du mois d'août 2020, le Quiscale bronzé / Quiscalus quiscula versicolor / Common Grackle forme des groupes plus ou moins imposants qui se dirigent progressivement vers le sud. En novembre, il ne devrait plus en rester. Les quiscales aperçus durant ce mois sont plutôt des Quiscales rouilleux.  Pointe-au-Platon, comté de Lotbinière, le 14 novembre 2020.

 

 

 

En dessous du plateau où se nourrit le quiscale, voilà qu'une délicate Tourterelle triste / Zenaida macroura carolinensis / Mourning Dove se nourrit des graines qui sont tombées au sol par l'action de l'oiseau noir. Il faudra attendre les années '65 avant de voir cette espèce commencer à envahir progressivement l'ensemble du Québec. La recrudescence des postes d'alimentation a contribué de façon significative à aider les premiers envahisseurs à braver et à surmonter les rigueurs de nos hivers. Il est fréquent d'observer des individus qui ont perdu des phalanges ou des doigts entiers à cause du froid.

 

 

 

Cette Petite Nyctale / Aegolius acadicus acadicus / Northern Saw-whet Owl n'était vraiment pas facile à repérer alors qu'elle se tenait près du faîte de ce pin. Pas toujours facile à distinguer de la Nyctale de Tengmalm. Un bon truc pour les différencier? La petite a le bec noir, la Tengmalm a le bec jaune. Domaine de Maizerets, 15 novembre 2020.

 

 

 

Nous avons été agréablement surpris de trouver cette Grive à dos olive / Catharus ustulatus swainsoni / Swainson's Thrush au Parc des Moulins, l'ancien site du Jardin Zoologique de Québec, en ce 21 novembre 2020. Elle était plutôt active à la recherche d'arthropodes au sol. C'est une Grive solitaire qui a passé hiver dernier sur le site et qui a profité des arbres fruitiers pour survivre aux rigueurs de la saison froide. Revue le lendemain de notre découverte par un photographe ornithologue du coin, elle n'a vraisemblablement pas été retracée ultérieurement.

 

 

Le maniaque des rapaces que je suis était bien content de contacter à nouveau une Buse pattue / Buteo lagopus sanctijohannis / Rough-legged Hawk avant la fin de cette année 2020. Ça se passe près du Domaine de Maizerets. Perchée sur un lampadaire en bordure d'une autoroute, elle observe tout mouvement suspect dans les fossés environnants. Et ce sera un endroit productif, car elle adoptera ce poste de guet pendant plusieurs jours à venir. Elle niche dans la toundra et elle passe habituellement l'hiver plus au sud. Cette espèce possède une grande variété de plumages qui dépendent de l'âge bien sûr, mais en plus elle arbore deux morphes bien distincts. Un morphe pâle et un morphe foncé. Le morphe foncé constitue 10% de la population dans l'ouest du pays alors que le morphe pâle peut s'appliquer à 40% de la population dans l'est. Photographiée le 22 novembre 2020.

 

 

 

Une belle surprise pour une fin de novembre se matérialise en ce jeune Grand Héron / Ardea herodias herodias / Great Blue Heron qui s'envole d'un fossé à l'approche de notre véhicule. La diète alimentaire du plus grand de nos échassiers québécois est très variée et dépasse de beaucoup ce que l'on pourrait penser. Non, le Grand Héron ne se nourrit pas uniquement de poisson. C'est un opportuniste qui attrapera aussi bien un Rat musqué qu'un autre oiseau. Ceci lui permet de s'attarder un peu à l'automne ou de revenir très tôt au printemps alors que la neige recouvre encore partiellement le sol et que les battures ne sont pas pleinement dégagées des glaces.  Sainte-Croix, comtée de Lotbinière, le 29 novembre 2020.

 

 

 

Et voici un passereau qui apparait sous nos latitudes en novembre. La Pie-grièche boréale / Lanius excubitor borealis / Northern Grey Shrike niche dans le nord du Québec, dans la taiga, où elle nourrit sa nichée de gros insectes, d'oiseaux et de petits rongeurs qui peuvent atteindre la taille d'un leming. De la grosseur du merle, elle peut tuer des proies plus grosses qu'elle comme le Geai bleu et la Tourterelle triste. Elle a l'habitude de se percher à la cime d'un arbre ou d'un arbuste pour contempler les alentours et détecter les mouvements insolites. C'est d'ailleurs la meilleure façon de la repérer sur le terrain. Malgré le fait que son bec soit muni d'un crochet qui lui permet de déchirer les chairs de ses victimes, elle ne possède pas les serres d'un vrai rapace. Elle ne peut donc blesser une proie en faisant pénétrer ses griffes dans son corps et la retenir à la seule force de ses serres. Une fois morte, la victime est empalée sur une épine acérée d'aubépine ou sur le crochet d'un fil barbelé. Si la dépouille est bien camouflée, elle peut attendre des heures, des jours ou même des semaines avant d'être mangée par la pie-grièche. Cette pie-grièche a été photographiée à Bernieres, près de Québec, le 29 novembre 2020. C'était notre première de l'automne 2020 et nous en avons observé deux autres la même journée et à deux autres endroits différents.

 

 

 

La meilleure façon de terminer en beauté ce mois de novembre, c'est bien en observant une rareté et, pourquoi pas, dans sa propre cour. C'est en cherchant à la jumelle un Bruant à gorge blanche qui était au sol en dessous des mangeoires que mon attention est attirée par un flash de couleur. Je reconnais une espèce qui nous avait déjà visités à la fin janvier 2016. Le Troglodyte de Caroline / Thryothorus ludovicianus ludovicianus / Carolina Wren fait partie des espèces qui connaissent une expansion de leur aire de distribution depuis quelques décades. Comme ils l'on fait pour le Cardinal rouge, les postes d'alimentation aident beaucoup à cette expansion en fournissant la source de calories importantes pour la survie en hiver. Après l'adaptation à l'hiver, les oiseaux peuvent résider toute l'année et, ainsi, une nidification depuis possible. Durant les derniers travaux de l'Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec méridional, la nidification a été confirmée dans huit parcelles dont sept situées en Montérégie. Cependant ce n'est pas demain la veille et il se pourrait que des hivers très rigoureux viennent jouer un rôle négatif dans l'explansion de l'espèce. Sillery, le 30 novembre 2020.

 

 

 

@ bientôt pour la fin de l'année 2020.

 


dimanche 31 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (novembre 2020 - 1 de 2 -)

 

 

Novembre! Notre mois d'évasion, celui où nous nous arrangeons normalement pour être à quelque part où le soleil luit, réchauffe et permet une nature encore active et diversifiée. Et ceci ne se passe naturellement pas au Québec où l'automne vient sérieusement d'entrouvrir la porte à l'hiver. La nature est clairement à l'aube d'un creux de vague où la variété fera défaut. Les grosses vagues migratoires sont passées, la trop grosse majorité de < nos > oiseaux sont partis. Tout ça est bien normal, ça fait partie du cycle des saisons. Mais en ce temps de pandémie, nous ne pouvons pas nous échapper. Autant en prendre pour notre rhume et essayer de tirer le meilleur parti de nos sorties. Nous découvrons quand même de beaux oiseaux avec les retardataires, les égarés et d'autres espèces qui envahissent nos régions en saison hivernale et qui vont la passer avec nous. 

 

  

Cet oiseau au plumage bicolore passe rarement inaperçu. Lorsqu'il s'envole, les rectrices externes blanches de sa queue attirent l'oeil instantanément. Il s'agit du Junco ardoisé / Junco hyemalis hyemalis / Dark-eyed Junco. On l'aperçoit, printemps et automne, dans notre cour, mais ça ne dure jamais longtemps. Quelques rares individus restent avec nous l'hiver alors que les autres descendent jusqu'au nord du Mexique. 1er novembre 2020 au Domaine de Maizerets.

  

 

Et voici une retardataire qu'il fait bon voir un 1er novembre. La Paruline noir et blanc / Mniotilta varia  / Black-and-white Warbler fait penser à une sittelle par son comportement. Elle adopte des poses acrobatiques pour débusquer sa nourriture dans les anfractuosités de l'écorce des arbres. Elle n'a été vue que quelques heures cette journée-là au Domaine de Maizerets, sans doute en route vers la Floride où elle accompagnera nos < snowbirds >.    

 

 

 

Le  Durbec des sapins / Pinicola enucleator leucura / Pine Grosbeak est le plus gros des fringillidés présents au Québec. En vol, il émet un sifflement de quelques notes qui m'ont fait penser au Grand Chevalier quand je l'ai entendu la toute première fois. Sa présence n'est jamais garantie d'une année à l'autre. Si la tendance se maintient, nous devrions connaître un hiver 2020-2021 en sa compagnie. Image captée le 05 novembre au Domaine de Maizerets, ville de Québec.

 

 

 

En hiver, le régime alimentaire des passereaux se réduit aux fruits et aux graines. Oublions les arthropodes, les reptiles et les batraciens. Ce durbec se gave de fruits dont la gelée aura attendri la chair. On le voit ensuite frotter son bec contre les branches afin de déloger toutes les particules qui pourraient obstruer ses narines ou salir son plumage lorsqu'il lisse ses plumes.

 

 

 

Une belle découverte en cette journée plutôt frisquette. Un Mulot sylvestre / Apodemus sylvaticus / Wood mouse surgit sur l'eau gelée à la base des quenouilles dans le petit marécage au sud du bâtiment principal du domaine. Grâce à ses incisives affûtées, il vient couper une longue tige verte et il l'apporte avec lui dans la pénombre du marécage pour la déguster à l'abri des intempéries. Cette rencontre me fait penser à ce que ça ne doit pas être facile pour les animaux de survivre à l'hiver.

 

 

 

Nous nous retrouvons le 06 novembre au Bois de Coulonges, un autre parc de la ville de Québec. Une belle promenade durant laquelle un beau mâle de Grand Pic / Dryocopus pileatus abieticola / Pileated Woodpecker vient se coller sur un grand arbre. Ce pic est plutôt commun, mais, malgré sa taille comparable à celle d'une corneille, on ne le voit pas aussi souvent qu'on le pourrait. Il est très discret lorsqu'il fore les arbres à la recherche de fourmis charpentières et autres arthropodes.

 

 

 

Il est fréquent de rencontrer la Bernache du Canada / Branta canadensis interior / Canada Goose en novembre et près du fleuve, comme ici à Saint-Romuald. Il en reste toujours des petits groupes qui attendent que la batture gèle avant de nous quitter pour se rendre plus au sud. Elles ne se rendront peut-être pas aussi loin au sud que les grandes bandes migratrices qui ont quitté plus tôt et elles ont de bonne chance d'être les premières à nous revenir au printemps.

 

 

 

Et voici une espèce égarée qui provient probablement du Sud de la Floride ou des Antilles où elle se retrouve à longueur d'année. Souvent les ouragans en provenance de l'Atlantique, et qui s'abattent sur les Antilles et la côte Est des États-Unis au cours du mois d'octobre, poussent des individus à monter vers le nord et ils aboutissent alors dans des lieux inusités pour eux. C'est ainsi que cette espèce apparaît sous nos cieux avec une certaine régularité. Et c'est le 07 novembre que je photographie cette Paruline à gorge jaune / Setophaga dominica albilora / Yellow-throated Warbler au Bois de Coulonges.
  

 

 

 

Cette même journée, nous observons une espèce présente dans les mangeoires installées dans les cours arrière des résidences en ville ou en banlieue. Le Roselin familier / Carpodacus mexicanus frontalis / House Finch  a commencé au début des années 1990 à envahir peu à peu la ville de Québec. Je me souviens très bien qu'Yves Aubry, biologiste expert en ornithologie au Service Canadien de la Faune, m'avait appris la découverte d'un premier nid de ce fringillidé à Sainte-Foy. Il était bien camouflé dans un enchevêtrement de tiges d'une grosse vigne accrochée à un mur en briques d'une résidence privée. 

 

 

Le 09 novembre nous nous rendons à Pointe-au-Père, à l'est de Rimouski avec l'espoir de repérer quelques espèces non observées encore en 2020. Et c'est près du quai que nous trouvons cet unique exemplaire de Goéland arctique / Larus glaucoides / Iceland Gull. La blancheur de ce laridé se détache bien de cet arrière-plan bleu foncé que nous le voyons facilement. Je me compte chanceux qu'il se soit approché près du rivage.

 

 

 

Tout près du quai de Pointe-au-Père, un Harelde Kakawi / Clangula hyemalis / Long-tailed Duck plonge activement à la recherche de crustacés, de mollusques ou de poissons. Au cours de l'année, on peut le trouver soit en eau douce ou soit en eau salé et son plumage, peu importe son âge ou la saison, est toujours assez spectaculaire. Cet oiseau solitaire s'observera encore à cet endroit en janvier 2021 dans un magnifique plumage de mâle adulte.

 

 

 

Tout le monde connaît le Pigeon biset / Columba livia livia / Rock Pigeon. On peut le voir aussi bien en ville qu'en campagne. Originaire de l'Ancien Monde, il aurait été le premier oiseau domestique. Il a été introduit partout sur le globe, sauf sur le continent antarctique. Des études ont démontré que le pigeon vivant en campagne s'alimente exclusivement de matière végétale < céréales et graines de mauvaises herbes >.  En milieu urbain, les pain et d'autres aliments moins typiques, offerts ou abandonnés < pain, maïs soufflé, frites... > constituent souvent une part importante de son alimentation. Il ne migre pas et il passe la saison froide avec nous. Rimouski, le 09 novembre 2020.

 

 

 

Légèrement plus gros que le chardonneret, le Sizerin flammé / Acanthis flammea flammea / Common Redpoll se déplace en hiver en bandes pouvant atteindre une centaine d'individus. L'hiver 2020-2021 s'annonce très bien pour que nous en accueillons un peu partout au Québec, au sud du 49ième parallèle. Les postes d'alimentations constituent les lieux où on peut l'observer à notre aise. En nature, ces oiseaux ne restent généralement que quelques secondes au même endroit, se déplaçant continuellement d'une plante, d'un arbuste ou d'un arbre à l'autre, de telle sorte que la volée semble toujours en mouvement. Un trait que le sizerin partage également avec le Plectrophane des neiges avec lequel nous l'avons observé à quelques reprises un peu plus tard en saison. Photo prise à Rimouski.

 

 

@ bientôt pour la suite de novembre 2020.

 

dimanche 24 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (octobre 2020) < 2 de 2 >

 

 

Octobre, c'est le mois où les arbres fruitiers offrent aux oiseaux une source appréciable de nourriture. Un apport calorique indispensable pour la suite de la migration qui les mènera sous des cieux plus cléments. Alors que certaines espèces se gavent de fruits, d'autres attrapent les arthropodes attirés par ces mêmes fruits. Les feuilles garnissent encore plusieurs essences d'arbres et d'arbustes et les passereaux les inspectent méticuleusement afin d'y trouver des larves, des cocons, des araignées ou des chenilles.    

 

C'est le 11 octobre et au Domaine de Maizerets que je croise une autre Petite Nyctale / Aegolius acadicus acadicus / Northern Saw-whet Owl. Le fait que j'en aie rencontré une autre l'avant veille au Cap Tourmente pourrait faire croire que ce petit strigidé est commun, mais il n'en est rien. C'est juste que l'espèce est en pleine migration automnale et que les relais le long du corridor migratoire sont souvent les mêmes d'une année à l'autre. Le site du domaine est reconnu pour accueillir cette chouette. Plusieurs individus s'y arrêtent successivement de sorte qu'elle est reportée avec une certaine régularité tout au long de l'automne. 

 

 

Le Roitelet à couronne rubis / Regulus calendula calendula / Ruby-crowned Kinglet se voit encore tard à l'automne. Lui aussi passe en vagues migratoires en provenance de la forêt boréale où il niche. Peut-être, comme la légende le dit, va-t-il entreprendre sa migration bien installé sur le dos d'un aigle? Le roitelet sur le dos du roi des oiseaux!

 

 

La Paruline des ruisseaux / Parkesia noveboracensis / Northern Waterthrush ne niche pas sur le site, à ma connaissance, mais elle s'y rencontre au printemps et à l'automne. Elle est cependant très discrète et sa robe sombre ainsi que son habitude de se nourrir au sol font qu'elle passe facilement inaperçue.


 

Il y a des années où on ne voit pas du tout le Jaseur boréal / Bombycilla garrulus pallidiceps / Bohemian Waxwing. C'est une espèce sujette à envahir des territoires certaines années alors qu'elle peut en être absente pendant de longues périodes. En temps ordinaire, ce jaseur se nourrit essentiellement de baies ou de fruits d'hiver. En période de reproduction, il devient insectivore. Son espérance de vie est d'environ 13 ans. Il est plus gros que son cousin le Jaseur d'Amérique et il s'en distingue principalement par ses sous-caudales rouges et les marques blanches et jaunes qui ornent ses ailes. Son trille plus vacillant est aussi un bon indice.  

 

 

En automne, quatre des six espèces de grives du Québec peuvent être présentes successivement sur le site du Domaine de Maizerets. Elles s'arrêtent pendant quelques jours dans les arbres fruitiers. Voici une Grive à dos olive / Catharus ustulatus swainsoni / Swainson's Thrush qui, en période migratoire, est la deuxième plus abondante espèce de grive sur le domaine après la Grive solitaire.

 

   

Octobre est le mois où on assiste aux dernières vagues migratoires du Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin. Le 12 octobre, nous en observons 36 au Domaine de Maizerets. Comme les autres frugivores, ils se gavent de fruits rouges. Le lendemain, nous n'en observons que deux.

 

 

Le 15 octobre, nous nous rendons à Sainte-Marie-de-Beauce pour visiter le Domaine Taschereau Parc Nature. Nous sommes vraiment ravis de découvrir un parc très bien aménagé et abritant une bonne variété d'habitats. Merci à Christian Chevalier pour l'information. Nous y observons notre premier Durbec des sapins / Pinicola enucleator leucura / Pine Grosbeak de l'automne. C'est de bonne augure pour la saison froide qui s'en vient. Lui aussi peut-être commun une année et rare la suivante.

 

 

Et voilà qu'un mâle de Gros-bec errant / Coccothraustes vespertinus vespertinus / Evening Grosbeak vient se percher dans le même arbre que le durbec. Décidément, ça sent l'hiver au Domaine Taschereau.

 

 

Un peu plus loin en forêt, c'est une femelle de Gros-bec errant qui fait partie d'une bande d'environ 10 individus.

 

 

C'est l'automne que l'on voit davantage le Grand Héron / Ardea herodias herodias / Great Blue Heron. Et c'est bien normal après une saison de reproduction. Ce grand échassier niche en colonies près ou dans les points d'eau en forêt ou en milieux ouverts. À moins de vivre près d'une colonie, nous le voyons souvent à l'unité ou en petit nombre au printemps et à l'été. À l'automne, des nombres impressionnants peuvent être observés le long du fleuve et à marée basse. Cet immature se tenait en bordure du principal point d'eau dans le parc.

 

   

Les canards observables au Québec sont d'une grande beauté. Les différentes espèces exhibent des manteaux souvent plus spectaculaires les uns que les autres. Le Harle couronné / Lophodytes cucullatus / Hooded Merganser est l'un de mes préférés. Cette photo est malheureusement prise de trop loin pour permettre d'apprécier toutes les nuances de son plumage, mais je ne pouvais résister à la tentation de pixeliser la scène. Comme on peut le constater, le plumage du mâle est toujours plus spectaculaire que celui de la femelle. Scène captée le 25 octobre à la Base de Plein Air de Sainte-Foy.

 

 

Et oui, le temps des pommes n'est pas seulement pour les humains. Nous sommes toujours le 25 octobre, mais au Domaine de Maizerets. Les oiseaux doivent être opportunistes s'ils veulent survivre. Ils doivent profiter de toutes les situations qui se présentent à eux pour se sustenter. Les pommettes tombées au sol n'auront pas le temps de se décomposer grâce à l'appétit de cet immature de Goéland à bec cerclé / Larus delawarensis /  Ring-billed Gull.

 


@ bientôt pour la suite de l'année 2020.