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mardi 25 septembre 2012

Mes coups de coeur été 2012

Alors que je suis à 3 heures 45 minutes de mon départ vers Paris, puis Madagascar, je peux difficilement partir sans partager mes coups de l'été qui se termine. Faute de temps, ce sera court. Même si j'aime tous
les oiseaux, quelques uns ressortent du lot par leur rareté ou par l'habitat où ils ont été observés. Ceci fait, je pourrai vous entretenir de mes trouvailles sur l'île mythique de Madagascar dès mon retour.


La Paruline du Canada / Canada Warbler n'est pas spécialement rare. Même que les travaux de l'Atlas ont permis de constater qu'elle s'observe un peu partout au Québec. Cependant, elle est pour moi l'une des plus belles parulines Québécoises avec ses lunettes et son collier de perles noires.

Le Bruant fauve / Fox Sparrow possède un chant mélodieux et puissant. Sa ritournelle enjouée surprend toujours agréablement lorsqu'on l'entend en forêt
Le Chevalier solitaire / Solitary Sandpiper n'est de passage sous nos latitudes que lors des migrations printanière et automnale. Il faut se rendre plus au nord du Québec si on veut espérer l'observer sur son terrain de nidification. C'est toujours un beau cadeau d'arriver face à face avec ce bel oiseau.




La Paruline à gorge grise / Connecticut Warbler niche seulement dans le nord du Québec et pour cette raison elle figure sur le tableau d'honneur. Comme c'est une espèce des plus furtives à photographier, je suis bien content d'avoir pu réaliser cette photo à travers le feuillage.
La Paruline verdâtre / Orange-crowned Warbler est une autre espèce prisée par les ornithologues Québécois. Et c'est quelque chose de la trouver sur son terrain de nidification alors qu'elle est en voix et qu'elle est occupée à nourrir sa nichée.




Qui dit Abitibi dit Grue du Canada / Sandhill Crane. Pourtant, j'ai rencontré des agents de conservation de la faune près de La Sarre qui m'ont dit que les grues n'étaient pas si nombreuses que ça  il y a quelques décennies. Un groupe de 9 individus nous attendait dans un champ près de Authier Nord.


Un autre véritable coup de coeur alors qu'on ne l'espérait plus, François et moi. Une belle femelle de Tétras à queue fine / Sharp-tailed Grouse, une autre spécialité abitibienne.


Et voici mon dernier ajout à ma liste québécoise. Une Aigrette garzette / Little Egret qui s'est égarée jusqu'aux rapides de Lachine à Montréal. Elle est à gauche d'une Grande Aigrette / Great Egret, une espèce qui niche à seulement quelques envolées de cet endroit. Ma 355ième espèce au Québec.





À bientôt donc !!!

samedi 1 octobre 2011

Les Oiseaux kamikazes

Gaulois en vue de Rome par Évariste-Vital Luminais
Source  Wikipédia.
Mon sujet d’aujourd’hui prend source il y a environ 2400 ans, dans le Vieux Monde, plus précisément à Rome. Les Gaulois sont alors en guerre contre les Romains et ils ont envahi Rome. Les derniers soldats romains se sont barricadés dans l’enceinte de leur temple le plus sacré, situé sur la colline du Capitole. Pour les Gaulois, il est primordial de prendre possession de ce dernier bastion. Une nuit, ils s’introduisent par une brèche de la muraille protégeant le temple. Selon la légende, les chiens chargés de garder le temple roupillent, mais les oies veillent. Elles font tant de boucan que les Romains s’éveillent à temps pour se mettre en ordre de bataille et ils réussissent même à refouler les Gaulois hors de l’enceinte. Finalement, les Gaulois s’entendent avec les Romains et ils quitteront la ville après s’être fait remettre un important montant d’or. La capitale du grand empire romain a été sauvée cette nuit-là par un genre d’oiseau bien particulier, un de ceux que j’appelle « l’oiseau kamikaze ». Si l’histoire a été modifiée, embellie, voire inventée, le comportement de l’oiseau, lui, est bien réel.

Un mâle de Gélinotte huppée m'attire loin de la femelle et de ses poussins.
Au nord du réservoir Gouin. Juin 2011 par Laval Roy.
Sur ma route, j’ai rencontré quelques uns de ces « oiseaux kamikazes ». Ma première expérience se déroule à l’été de 1966, j’ai alors quinze ans. Au cours d’une sortie en forêt, je me retrouve nez à bec devant un oiseau étrange qui me charge littéralement. Il court à ma rencontre en émettant de courts chuintements excités, toutes plumes gonflées, le cou étiré, le bec ouvert, les yeux exorbités et la queue étalée. Je reste interloqué devant un tel agissement. Ça prend quelques secondes avant que l’effet de surprise ne se dissipe tout à fait. Mes lèvres esquissent un sourire quand je réalise la taille de mon attaquant. Il me vient à peine aux rotules. Elle aura beau essayé de se faire bœuf, la grenouille restera toujours une grenouille. « Bon, c’est quoi maintenant ce paquet de plumes là ? » que je me dis. Et voilà que je reconnais une perdrix (Gélinotte huppée). Je la trouve vraiment courageuse de m’aborder de la sorte et de continuer à me tenir tête en décrivant un cercle autour de moi. Elle garde une distance de quelques mètres, mais il me semble qu’il serait tellement facile de l’attraper. Je ne comprends pas son stratagème et je reste là à la contempler. Dès que j’esquisse un pas vers elle, elle s’éloigne de la même distance. Si je recule, elle s’avance sur moi. Mais qu’est-ce qu’elle me veut au juste ? Comme je n’interagis pas tellement avec elle, elle finit par se calmer et par disparaître après quelques minutes. Ce n’est que plus tard que j’apprends que j’ai été témoin d’un essai d’intimidation de la part de cette gélinotte qui voulait m’attirer loin de sa marmaille. Son comportement agité a bien rempli son rôle en attirant toute mon attention sur l’oiseau pendant que les oisillons se cachaient dans la végétation. Au fil des ans, d’autres rencontres semblables ont lieu, mais j’ai le réflexe de ne pas suivre l’oiseau kamikaze. Au lieu de jouer son jeu, j’épie les alentours et ça ne prend pas beaucoup de temps avant de découvrir des petites boules emplumées qui se faufilent dans la végétation. Ce comportement est donc lié à la période de reproduction qui se situe habituellement de la fin mai à la fin septembre (selon l’endroit où vous vous situez au Québec).

Je rencontre mon deuxième oiseau kamikaze à l’Île du Pas, près de Berthierville, en mai 1971. Je suis en camping avec mon mentor, Gabriel Allaire, et un grand ami de l’époque, Jean-Guy Faucher, un photographe dans l’âme qui a d’ailleurs fait carrière comme tel pour le gouvernement. Alors que nous longeons un fossé, un oiseau blessé se traîne misérablement dans l’herbe. Jean-Guy et moi-même, compatissants envers le pauvre oiseau, essayons de le capturer pour le soigner. Nous nous portons donc à son secours, mais dès que nous arrivons trop près de lui, l’oiseau s’envole. Ne comprenant rien à la situation, nous nous tournons vers Gabriel et nous le voyons absorbé à chercher quelque chose dans la végétation. En biologiste expérimenté, il comprend vite le stratagème de l’oiseau et il se met à la recherche du nid. Nous ne trouvons rien, mais Gabriel en profite pour nous expliquer la raison du comportement de l’oiseau qui est finalement une Bécassine de Wilson. Une espèce qui fréquente les milieux humides (champs, fossés, marécages…).  Même si la bécassine ne fréquente pas le même habitat que la perdrix, elles se comportent de la même façon lorsqu’il est temps de faire diversion pour éloigner les indésirables loin de leur nid ou de leur progéniture.

Bécassine de Wilson sur son territoire de nidification. Nord du réservoir Gouin. Juin 2011.

Lorsque nous vivons à la campagne, il est très difficile de ne pas être averti de la présence d’un Pluvier kildir dans notre entourage. Cet oiseau de grosseur moyenne (= pigeon) est commun dans les grands espaces ouverts et il est très vocal. Si les gens ne le connaissent pas visuellement, c’est certain qu’ils l’ont déjà entendu. Nous l’entendons fréquemment la nuit alors qu’il émet son « kil-di, kil-di, kil-di » dès qu’il est dérangé dans sa quiétude. Et le dérangement peut venir de bien des sources : bovins se déplaçant dans les pâturages, moufettes, chats domestiques, renards… Pour moi, les nuits chaudes de l’été sont associées à cet oiseau. Lui aussi devient kamikaze quand sa nichée risque d’être détruite. Alors que la gélinotte se rencontre en forêt et la bécassine en milieux humides, le pluvier peut aussi bien déposer ses œufs dans votre propre cour s’il s’y trouve un endroit sec, sablonneux ou pierreux. Lorsque je demeurais à Pointe Platon, dans les années 1980 à 2000, j’avais la chance d’avoir un Pluvier kildir qui nichait dans ma cour. D’abord dans un endroit où il y avait de la poussière de pierres et, ensuite, sur les bords de mon terrain de tennis asphalté. Comme les jeunes nidifuges ne sortaient de la coquille que vers la troisième semaine de juin, il fallait que j’attende ce moment avant d’entreprendre ma saison de tennis. Pas question de déranger la nidification de MON couple de kildirs.

Pluvier kildir près de son nid. Villeroy, comté de Lotbinière, juin 2011.

À l’instar de la bécassine, le pluvier agit comme s’il avait une aile cassée. Il fait semblant de ne plus être capable de voler afin de nous faire croire qu’on pourrait facilement le saisir. Dès que nous nous approchons de lui, il s’éloigne juste assez pour garder une distance raisonnable et il feint encore la blessure. Quand il juge que nous sommes assez loin du nid, il recouvre tout à coup la pleine forme et il s’envole, laissant le poursuivant tout pantois. Quand sa manœuvre ne marche pas, il change alors de stratégie et il adopte celui plus agressif de la gélinotte. Il nous confronte en déployant ses ailes pour se faire plus gros. Son nid étant déposé directement sur le sol, dans une petite cavité du terrain, il est plus facile à trouver que celui de la bécassine. Il faut dire que le mimétisme des œufs avec le milieu ambiant ajoute de la difficulté à les localiser.     


Tous les nids de Pluvier kildir que j'ai trouvés contenaient le même nombre d'oeufs, soit quatre.
Photographié à Villeroy, juin 2011.

Mes deux séjours en forêt boréale, durant les étés 2010 et 2011, m’ont fourni de nombreuses occasions d’assister à plusieurs démonstrations d’agressivité de la part de deux autres espèces différentes de  ces oiseaux kamikazes. Dans les deux cas, il s’agit de limicoles observés dans la vallée du Saint-Laurent lors des migrations printanière et automnale. Et ce qui est fascinant, c’est de constater que ces espèces sont généralement timides et ne nous offrent pas beaucoup d’occasions de les observer de très près lorsqu’elles ne sont pas sur leur aire de reproduction. Par contre, elles se transforment en véritables ogives nucléaires lorsqu’elles défendent leur territoire (et leur nid par le fait même). Le Grand Chevalier est le plus « évident » de ces oiseaux « Dr Jekill et Mister Hyde ». Avant de voir de visu ce comportement, j’avais lu que cet oiseau se perche bien en évidence dans les environs de son nid et qu’il alerte son/sa partenaire dès qu’il aperçoit l’arrivée d’un intrus sur le territoire. Et il le fait de façon très sonore. Il peut crier de très longues minutes sans arrêt jusqu’à ce que l’objet de son attention décide de quitter les lieux. Et si on s’approche trop de l’oiseau, il plonge alors directement vers nous en changeant  de trajectoire à environ 4 mètres de distance. « Pas très près », vous me direz, et vous avez bien raison si on compare ça aux attaques des sternes, mais disons que ces attaques sans arrêt finissent par nous lasser. Surtout que les cris enterrent tout autre son et que le plus petit des insectes devient au courant de notre présence. Bien difficile d’entreprendre une étude de terrain lorsque nous avons été repéré par ce grand bavard.


Dès que nous pénétrons sur son territoire, le Grand Chevalier vient se percher à proximité et crie sans cesse pendant de longues minutes. Près de Chapais, juillet 2011. 

Et lorsque nous tardons trop à partir ou lorsque nous nous approchons davantage de son nid, il essaie de nous effaroucher en fonçant sur nous. Près de Chapais, juillet 2011.

Si j’étais au courant de ce comportement pour le Grand Chevalier, je ne l’étais pas pour un de ces cousins, le Chevalier solitaire. Ce dernier est beaucoup plus discret lorsqu’il passe dans nos régions en période migratoire. Comme son nom l’indique, on n’observe habituellement qu’un oiseau à la fois. Il se tient dans les endroits humides, souvent dans des champs inondés. Il est plus petit que le Grand Chevalier, est moins haut sur patte et son plumage est foncé. Il émet des sons lors de l’envol ou lorsqu’en vol. À l’été 2010, alors que je suis sur la Côte Nord, entre Sept-Îles et Natashquan, je ne le rencontre qu’une seule fois et il présente le même comportement que celui noté par moi jusque là. Probablement qu’il n’est pas nicheur ou qu’il a fini de nicher. Il se nourrit dans le fond d’un fossé tout en faisant fi de ma présence. Mais en 2011, alors que je me retrouve au centre du Québec, au nord du Réservoir Gouin, j’observe cette espèce de façon quasi quotidienne et là, je le vois sous un angle différent. C’est par un cri incessant qu’il nous accueille sur son territoire. Un cri bien différent du Grand Chevalier. La première fois, je me questionne sur l’oiseau qui produit ce son. Quand je le repère, perché sur le bout d’un arbrisseau, je l’identifie aussitôt, mais je suis surpris. Comme son grand cousin, il n’arrête pas de me houspiller tant que je demeure à l’intérieur d’un quadrilatère dont les limites ne sont connues que par l’oiseau lui-même. Mais jamais, il ne m’attaque comme le ferait le Grand Chevalier, pour lui pas de phase d’agression. Par contre, il adopte la manœuvre de la bécassine et il essaie de m’attirer loin du nid.

Nous apprenons très vite lorsque nous approchons le nid du Chevalier solitaire. Près de Chapais, juillet 2011.


Les oiseaux, tout comme la plupart des créatures terrestres, sont mus par deux objectifs primordiaux : le premier étant de survivre eux mêmes et l’autre étant d’assurer la pérennité de l’espèce en se reproduisant. Tous les comportements qu’ils adoptent doivent épouser cette même ligne de pensée. Il n’y a pas de place pour l’improvisation. L’oiseau qui nous agresse, ou qui simule l’agression, met sa vie en péril, mais de façon calculée. Bien évidemment, il peut arriver que l’oiseau manque de jugement (ou de chance) et qu’il se fasse attraper à son propre jeu, mais ça arrive dans une minorité des cas. Nous ne pouvons que saluer cette force de vie qui habite chaque être vivant et qui peut même l’amener à risquer la sienne pour assurer celle de l’espèce.  


mardi 19 juillet 2011

Exode spatio-temporel en boréalie

Il est 2h30 du matin et ce pourrait être n'importe quel matin entre le 7 juin et le 10 juillet 2011.  François Gagnon et moi-même nous nous tenons à l'arrière du pick up 4X4 F250 fourni par le projet de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec. Nous nous retrouvons quelque part au nord du réservoir Gouin entre le Domaine de Poutrincourt à l'est, le village Atikamekw d'Obedjiwan au sud, le Lac Hébert à l'ouest et Chibougamau au nord est. La température est en bas de 4°C. Nous en sommes certains, car les moustiques s'activent à partir de cette température et il n'y en a aucun. Tuque sur la tête et gants de laine ou en polar sont de mises. Nos lampes frontales éclaboussent de lumière la végétation environnante dès que nous faisons le plus léger mouvement de la tête. Le hayon de la boîte du véhicule est abaissé, notre petit poêle au propane Coleman peine à essayer de faire bouillir l'eau du café et chacun est absorbé dans ses pensées.

"As-tu bien dormi ?" est invariablement la première question qui suit le "Salut" matinal. "Oui, mais pas assez longtemps !" aurait pu être la réponse universelle. Mais fatigué ou pas, on a bien hâte de commencer une nouvelle journée. La nuit est superbe avec toutes ces étoiles et ces constellations qui nous regardent. Jupiter et ses lunes nous accueillent fidèlement à tous les matins. Comme nous campons le plus souvent possible sur le bord d'un lac, les plaintes lancinantes du Plongeon huard viennent ajouter de la magie à ces moments de quiétude extraordinaires. Ici, impossible de ne pas communiquer avec la nature, de ne pas sentir la fébrilité des êtres qui nous entourent. Chaque minute qui passe apporte un peu plus de clarté et les oiseaux s'éveillent. Alors qu'un Bruant de Lincoln réchauffe sa gorge enrouée, le Chevalier grivelé "huit-huite" à qui mieux mieux et l'Engoulevent d'Amérique nous survole en nous lançant par la tête le "hoooov" qui caractérise la fin de ses piqués vertigineux. L'oiseau n'exécute cette parade aérienne que durant la période nidification. Le son est produit par l'air qui s'engouffre entre les rectrices externes de la queue de l'oiseau lorsqu'en fin de plongée et il est dirigé soit vers un autre engoulevent mâle, vers une femelle, un oisillon ou un intrus. Soir et matin, nous avons la chance d'être témoins de ce spectacle et je suis certain que certaines des plongées nous sont destinées.

Engoulevent d'Amérique. 2 Juillet 2011. Au nord du réservoir Gouin. Photo Laval Roy.


Après l'excellent café préparé par le chef François et un bon bol de céréales, il est temps de s'activer. Nous devons être sur le terrain, à notre premier point d'écoute, une demie-heure avant le lever du soleil. Ce qui signifie pour nous aux environs de 4h22. Le temps de descendre le VTT grimpé dans la boîte du camion, de vérifier nos walkie-talkies, de nous souhaiter mutuellement bonne chance et nous voilà partis chacun dans sa direction respective. Le terrain à couvrir a été décidé la veille et c'est le temps maintenant de se mettre au travail. Ce temps passé en forêt, entre 4h00 et 10h00, est la période de la journée la plus exaltante. Chaque journée nous apporte ses surprises, ses coups de coeur, ses immenses joies et ses petites contrariétés. Très tôt le matin, les oiseaux sont généreux de leurs chants et de leurs interactions avec leur milieu. L'atlaseur est vraiment obnubilé par tout ce qui l'entoure. Tous ses sens sont en éveil, c'est là que ça se passe et il n'est pas question de manquer quelque chose. Et oui, il en manque des choses finalement, mais il peut dire au moins qu'il ne ménage pas les efforts pour tout gober. Et il n'y a pas que les oiseaux, il y a les animaux ou les traces de leur passage, les insectes, les plantes, les arbres, les habitats incroyablement dépaysants et beaux. C'est l'enchantement tout azimut.
Bécassine des marais. Photo prise le 7 juillet 2011 au nord du réservoir Gouin par Laval Roy.

Troglodyte des forêts. Photo prise le 23 juin 2011 au nord du réservoir Gouin par Laval Roy.



Chevalier solitaire. Photo prise le 7 juillet au nord du réservoir Gouin par Laval Roy.


Moucherolle à ventre jaune. Photo prise le 17 juin au nord du réservoir Gouin par Laval Roy.
Castor dans un étang au nord du réservoir Gouin. Photo prise le 10 juin 2011 par Laval Roy.


Suit alors le retour au point de rencontre, la tente ou ailleurs selon le cas, entre 10h00 et 11h00. Il fait chaud maintenant, les brûlots, maringouins, mouches à chevreuil, mouches noires et toute espèce de "frappabord" sont nos copains jurés. Ils ne nous lâchent pas d'une semelle. Il nous faut trouver un site pour le dîner, car pas question de préparer la nourriture près de la tente. Prudence oblige par rapport à l'odorat super développé des ours qui leur permet de trouver une source potentielle de nourriture à de grandes distances. Même si l'ours craint l'homme, il ne faut pas tenter le diable comme on dit. Après le repas, c'est la sieste obligée malgré la chaleur cuisante à l'intérieur de la tente. Lever vers les 16h00 et retour au lieu du repas pour le souper.

François Gagnon, un biologiste et un cook accomplis. Il fait le meilleur café au nord du réservoir Gouin. Photo prise au début juillet 2011 à quelque part en forêt boréale par Laval Roy.


Après le souper, on part avec le camion pour explorer les chemins que nous parcourrerons le lendemain. Malgré les cartes que nous avons, il peut arriver que des chemins soient rendus inaccessibles par manque d'entretien. Ce n'est pas à 5h00 du matin qu'il faut le constater. Nous en profitons également pour noter des indices de nidification des espèces rencontrées. Tôt le matin et tard le soir sont les meilleures heures pour observer les perdrix ou tétras qui traversent les chemins forestiers en compagnie de leur progéniture. Ça ne manque pas. Il y a aussi les engoulevents et les strigidés qui sont plus faciles à rencontrer à ces heures là.

Tétras du Canada avec un poussin. Cette femelle était écrasée sur le bord du chemin, parmi les pierres, avec 5 à 6 poussins sous elle. Les jeunes ont profité d'un petit soulevent de leur mère pour s'échapper. Photo Laval Roy.



N'est-il pas adorable !!!  Photo Laval Roy.

Pendant 34 jours, François Gagnon et moi-même avons quitté notre petit confort respectif pour nous lancer dans une aventure tout à fait extraordinaire. Nous ne retenons que les bons côtés, les belles rencontres avec cette nature si généreuse, les fous rires et les conversations toujours intéressantes autour d'un bon café ou d'une bonne tablée au restaurant (et oui, il nous est arrivé de nous échapper dans la civilisation).

Pour notre premier site de campement, nous utilisons un site Atikamekw qui ne sert pas présentement. Début juin, nord du réservoir Gouin. Photo Laval Roy.


François s'est occupé de la logistique de terrain de main de maître. À l'abri du soleil trop ardent et des moustiques trop achalants, il étudie les cartes et les photos aériennes afin d'élaborer une stratégie permettant de bien couvrir le plus de terrain possible et les différents habitats. Photo Laval Roy.


J'avais hâte d'écrire sur mon blogue. Il me semble que ça fait tellement longtemps que je ne l'avais pas fait. J'aurais beaucoup à dire et j'ai plusieurs sujets que j'élaborerai plus tard. Je repars dans quelques heures à peine pour 3 semaines de birding sur la côte est du Brésil. D'autres aventures m'attendent. Je vous en reparlerai à mon retour.