Affichage des articles dont le libellé est Tournepierre à collier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tournepierre à collier. Afficher tous les articles

mardi 1 octobre 2013

Ornitho-photo dans le Bas Saint-Laurent: 28 et 29 septembre 2013



28 septembre 2013

La température s'annonce extraordinaire pour la fin de semaine qui s'amorce. C'est donc avec beaucoup de fébrilité qu'Anne et moi quittons Québec vers les 7h30 en ce samedi matin pour nous diriger vers une région du Québec que nous adorons, soit le Bas-Saint-Laurent. Anne a connu des ennuis de santé le printemps dernier, ce qui l'a empêché de passer autant de temps qu'elle l'aurait souhaité dehors à observer les oiseaux. Elle se sent en déficit d'observations en nature et cette escapade de deux jours promet de pallier à ce manque.

Un premier arrêt se fait au quai de Rivière-Ouelle, le fief de Jean-François Rousseau, de Claude Auchu et de Christiane Girard. Nous arrivons au quai à 9h00 et nous croisons justement Christiane et Claude qui sortent du site. Rien à signaler de leur côté. Nous nous installons quand même pour les trente minutes qui suivent. Le ciel est rempli des cris de vol des Pipits d'Amérique / Anthus rubescens rubescens / American Pipit, des Alouettes hausse-col / Eremophila alpestris alpestris / Horned Lark et de différents passereaux en migration. Un voilier d'une trentaine d'Oies de neiges / Chen caerulescens atlantica / Snow Goose passent un vol en faisant entendre leur habituel babillage.




Les balayages incessants de lunettes d'approche vers le large nous permettent de localiser quelques Plongeons catmarin / Podiceps grisegena grisegena / Red-necked Grebe. Pour nous deux, il s'agit d'une première observation de cette espèce en 2013 et nous sommes très heureux.

Notre deuxième arrêt se fait dans le village de Kamouraska, plus précisément au bout de la rue Saint-Louis. Il s'agit d'un cul-de-sac qui donne sur le stationnement d'un petit parc aménagé. À partir de cet endroit, nous pouvons emprunter un sentier pour une marche en bordure du fleuve ou dans un boisé. Nous avons également une vue sur la zone intertidale et c'est cette zone qui nous attire ce matin. Depuis quelques semaines, ce site héberge plusieurs espèces de limicoles dont la Barge hudsonienne / Limosa haemastica / Hudsonian Godwit, un oiseau spectaculaire, observable seulement durant les périodes migratoires. À notre arrivée, la marée est passablement haute et nous voyons des photographes qui sont accroupis près de grosses roches. Un coup de lunette me permet de repérer une barge, posée à quelques mètres seulement des observateurs. Nous décidons alors de nous approcher lentement et avec beaucoup de précaution.

Environ une soixantaine de limicoles se tiennent sur les roches. Les oiseaux ne sont pas nerveux du tout. Je m'accroupis un peu en retrait des quatre personnes présentes et je profite des moments incroyables que nous offrent les Bécasseau variable / Calidris alpina hudsonia / Dunlin, Bécasseau maubèche / Calidris canutus rufa / Red Knot , Bécasseau semipalmé / Calidris pusilla / Semipalmated Sandpiper, Bécasseau sanderling / Calidris alba / Sanderling,  Tournepierre à collier / Arenaria interpres interpres / Ruddy Turnstone et Pluvier argenté / Pluvialis squatarola / Black-bellied (Gray) Plover. Nous passons une bonne heure à partager la vie de nos amis emplumés. Ils sont occupés à deux tâches bien précises; soit qu'ils se reposent, le bec bien enfoui sous les plumes du dos, soit qu'ils font le ménage de leur plumage. Deux activités essentielles pour des oiseaux en migration. Et puis, sans raison apparente, tout le groupe s'envole en même temps.


C'est entourée de Bécasseaux maubèches et de Bécasseaux variables que la Barge hudsonienne s'envole en toute hâte.


Nous nous regardons tous pour savoir lequel d'entre nous a fait un faux mouvement qui aurait causé la fuite des volatiles. Et non, il ne s'agit pas de nous, mais de ce point dans le ciel qui vient en notre direction à toute vitesse.


Le Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin est régulièrement observé sur les rivages des plans d'eau lors des migrations printanières et automnales. En fait, il suit les passereaux et les limicoles dans leur migration de masse. C'est un véritable bolide qui provoque toute une frénésie dans les rangs des petits oiseaux qui le voient arriver.

Durant l'heure où je suis là, le faucon passe à trois reprises et son passage a le même effet sur la bande d'oiseaux: c'est la débandade générale.

Les limicoles se comportent la majeure partie du temps de la même façon. Ils passent et repassent devant l'endroit où ils décident finalement de s'arrêter. Il s'agit d'un modus operandi observable partout. Ça fait 50 ans que j'observe les limicoles et c'est toujours aussi fascinant de voir leur agissement. Ici la barge est facilement reconnaissable à sa taille plus grande et au motif bicolore du dessous des ailes.

Dès que le groupe atterrit, les oiseaux reprennent leurs activités comme si rien ne s'était passé. Cependant, certaines interactions se produisent entre oiseaux de même espèce ou d'espèces différentes.


À un moment donné, la barge déploie ses ailes, étire le cou et émet quelques cris. Quelques secondes plus tard, elle reprend sa pose de repos, entourée d'un Pluvier argenté et de deux Bécasseaux maubèches.


Le Bécasseau variable est l'espèce la plus active parmi ce groupe de limicoles.





Il porte bien son nom. Certains individus arborent un manteau où le gris prédomine.




 Pour d'autres, c'est le brun ou le roux...




ou un mélange de toutes ces couleurs.




En plumage juvénile, le Bécasseau sanderling est toujours aussi éclatant de blancheur. Ses yeux, bec et pattes sont d'un noir d'encre qui tranche sur le blanc presque immaculé des parties inférieures.




Les plumages des juvéniles du Pluvier argenté peuvent également être variables au niveau de la couleur. Certains individus peuvent être très jaunâtres aux parties supérieures lorsque le plumage est frais, mais cette couleur s'affadit et disparaît complètement avec l'usure des plumes.



Même si le plumage juvénile du Bécasseau maubèche semble terne comparativement à celui en période nuptiale, il n'en reste pas moins qu'il est très beau avec les plumes bien marginées de son dos.




Le seul oiseau en quête de nourriture est ce Tournepierre à collier qui circule lentement entre les roches.




Pendant tout le temps où nous avons été sur le site, je n'ai jamais senti de tension que les photographes présents aurait pu exercer sur les oiseaux. Tout s'est fait dans le respect et j'étais bien content de l'expérience vécue.

Après un arrêt rapide à Cacouna, nous faisons une escale le long de la rivière Trois-Pistoles, dans le village du même nom. Ici, une bande d'Oies des neiges est posée dans la zone intertidale et une brève recherche nous permet de repérer une Oie de Ross. Un peu plus loin, c'est un autre prédateur des grèves que nous trouvons. Un magnifique Faucon pèlerin / Falco peregrinus anatum / Peregrine Falcon quitte une grosse roche où il était perché et il se dirige vers nous. Sur la photo, la masse sombre à la droite est la tête de Anne.




Il est 16h00 lorsque nous arrivons à la Pointe-au-père, le secteur le plus à l'est de la ville de Rimouski. Avant de regagner le motel Bienvenue, situé en arrière du musée de l'Empress of Ireland, nous empruntons la vieille route qui longe les rives du fleuve Saint-Laurent. Après l'ajout de quelques nouvelles espèces, nous déclarons la journée terminée. Notre liste cumulative contient près de 60 espèces. Considérant le peu de passereaux observés, nous sommes bien contents de ce résultat.

29 septembre 2013 

Lever à 6h30 et départ aux environs de 7h15. Nous nous rendons à Sainte-Luce, à environ dix minutes en auto du motel. La température est extraordinaire et les oiseaux volent beaucoup au large. Deux Courlis corlieux / Numenius phaeopus hudsonicus / Whimbrel déambulent le long de la grande plage située dans la région la plus touristique du village. Ce secteur est encore en plein travaux de rénovation suite aux grandes marées d'il y a quelques années.

Quelques milliers d'Oies des neiges squattent les battures à l'ouest du sous-marin musée Onondaga .




La dernière nouvelle espèce de cette escapade se matérialise en un passereau qui quittera bientôt le ciel québécois pour se retrouver peut-être aussi loin que le sud du Mexique, dans la province de Oaxaca, où nous serons Anne et moi en février prochain. Qui sait ? Peut-être le retrouverons nous ?


Bruant des prés / Passerculus sandwichensis / Savannah Sparrow

Et maintenant un dernier coup d'oeil sur notre oiseau-vedette.






 À bientôt !





samedi 7 septembre 2013

Île-aux-Basques: du 30 août au 2 septembre 2013




30 août 2013

Il est 05h45 lorsque nous quittons notre demeure de Sillery pour un voyage d'une durée de deux heures trente minutes vers Trois-Pistoles. Nous sommes vendredi matin. Les prévisions météorologiques ne sont pas très prometteuses pour les jours à venir et nous partons résignés à passer plus de temps que souhaité à l'intérieur du chalet Provancher, sur l'Île-aux-Basques. "Bah!", qu'on se dit, "nous serons sur l'île et là, tout peut arriver". Nous quittons le quai de Trois-Pistoles vers les 9h15 et le bateau passe d'abord par les chalets Meredith et Matte afin de déposer des gens. Vient ensuite notre tour et nous sommes prêts à commencer l'exploration dès 10h15. Il fait soleil et nous nous disons qu'il faut profiter de cette belle température, car il est supposé pleuvoir une bonne partie de la journée du samedi.

Nous nous dirigeons donc vers la pointe est de l'île dans l'espoir d'y observer quelques limicoles et autres migrateurs. La température est superbe, le vent de très léger à inexistant et les oiseaux sont présents. Deux  vagues successives de passereaux nous permettent de cocher: les Paruline à tête cendrée, Paruline à collier, Paruline obscure, Paruline à joues grises, Paruline à croupion jaune, Paruline à gorge noire et Paruline flamboyante.

Paruline à gorge noire mâle / Setophaga virens / Black-throated Green Warbler

Les oiseaux marins ne sont pas légion dans la région du gros quai de pierres. Cependant, nous pouvons y ajouter les Eider à duvet, Harle huppé, Plongeon huard, Fou de Bassan, Cormoran à aigrettes, Pluvier semipalmé, Chevalier grivelé, Goéland marin, Goéland à bec cerclé, Goéland argenté,



Goéland argenté / Larus argentatus / Herring Gull

Mouette tridactyle, Guillemot à miroir et Grand Héron.
En après-midi, entre 15h00 et 18h00, nous explorons la partie ouest de l'île pour aboutir en fin de journée à la pointe où les limicoles ont l'habitude de s'attrouper en plus grand nombre. Chemin faisant, notre route croise différentes nouvelles espèces: Faucon pèlerin, Pic mineur, Viréo aux yeux rouges, Corneille d'Amérique, Grand Corbeau, Sittelle à poitrine rousse, Troglodyte mignon, Roitelet à couronne dorée, Merle d'Amérique, Moqueur chat, Jaseur d'Amérique,



Photo prise près du chalet Meredith le 1er septembre



Paruline à croupion jaune, Paruline à poitrine baie, Paruline rayée, Bruant fauve,
  

Le Bruant fauve est toujours difficile à saisir sur son terrain de nidification. Il est furtif et il ne reste bien à vue que quelques secondes. Photographié le 31 août à l'Anse d'en Bas (partie est de l'île).

Cet individu s'est montré plus coopératif. Photographié près du quai à l'ouest de l'île le 1er septembre.
 
Bruant chanteur, Junco ardoisé et Quiscale bronzé.

Dès notre arrivée à la pointe, nous repérons les limicoles suivants:

Tournepierre à collier

Tournepierre à collier / Arenaria interpres / Ruddy Turnstone

Bécasseau semipalmé et Bécasseau sanderling.


Bécasseau semipalmé / Calidris pusilla / Semipalmated Sandpiper

Nous terminons la journée avec les espèces suivantes: Macreuse à front blanc, Macreuse noire (à bec jaune), Garrot à oeil d'or et Pluvier argenté (entendu seulement). Pour un total de 44 espèces pour ces 5 heures d'ornithologie. Ça promet, quoique la température annoncée est inquiétante.

31 août 2013

Le cadran sonne à 6h30 et je vais vérifier tout de suite à l'extérieur pour voir s'il pleut ou non. Pas de pluie, mais un brouillard à couper au couteau. Je ne vois même pas le quai à 30 mètres du chalet. Comme le plan initial était de nous diriger vers la pointe est pour l'observation des oiseaux pélagiques au large, nous décidons de profiter de quelques minutes supplémentaires de sommeil. Une trentaine de minutes plus tard, il nous semble que le soleil est bien présent derrière la brume et que la journée s'annonce plus ensoleillée que prévue. Et c'est le cas. Même si nous partons avec une heure de retard sur l'horaire prévu, nous sommes très heureux, car le beau temps sera de la partie et ça s'annonce pour toute la durée de la journée. Alors que j'attends Anne sur la galerie du chalet, voilà qu'une femelle de Colibri à gorge rubis vient faire son tour à quelques mètres devant moi. Et j'ai même la chance d'entendre la ritournelle printanière du Grimpereau brun avant qu'Anne apparaisse. Les absents ont toujours tort, comme on dit (non, je me suis bien gardé de lui dire ça).

Dès notre arrivée à la pointe pierreuse, nous observons: Canard noir, Sarcelle d'hiver, Macreuse brune et un Épervier brun vient se poser sur une grosse roche en face de nous. Anne repère une Mouette de Bonaparte parmi les laridés présents sur les rochers.




Une Mouette de Bonaparte survole un Goéland à bec cerclé alors qu'ils sont occupés à saisir des insectes en vol. Prise le 1er septembre du côté sud ouest de l'île



En après-midi, nous retournons du côté ouest et nous y ajoutons d'abord un Bécasseau minuscule. Mais nous ne sommes pas au bout de notre surprise. Notre recherche du Bécasseau violet est vaine. Probablement trop tôt en saison. C'est partie remise pour octobre. Pendant que je m'amuse à photographier les limicoles, voilà que je repère l'espèce-vedette du voyage: le Bécasseau roussâtre. Il est loin. Très loin. Trop loin à mon goût. Vais-je avoir la patience de l'attendre ?  Oh! que oui ! D'ailleurs, je n'ai que ça à faire. Ne sachant pas s'il va s'approcher ou non, je ne prends pas de chance et je clique au fur et à mesure qu'il se dirige dans ma direction. Je cliquerai 210 fois, jusqu'à ce qu'il se retrouve à environ cinq mètres. Quel beau limicole élancé et tout en grâce. Il a vraiment du panache. Constatez par vous-mêmes.



 

Et ce qui est merveilleux dans son cas, c'est que je l'avais photographié le 2 septembre 2012 au même endroit, soit presque une année passée jour pour jour. La seule différence c'est qu'ils étaient alors deux individus, arborant d'ailleurs le même plumage juvénile que celui de cette année. Anne et moi nous nous sentions réellement au paradis des ornithologues. 

Avant de quitter, nous entendons une bande de sternes venant du large et nous identifions sept Sternes arctiques qui passent en vol. En quittant la pointe ouest, j'aperçois un Pygargue à tête blanche de 1ère année et Anne a le temps de le mettre dans ses jumelles. Son frère Yves en avait également observé un en juillet et j'espérais vraiment pouvoir l'imiter. C'est la première fois que j'en observe un à l'île en plusieurs visites. Même chose pour Anne qui dépasse maintenant les cinquante séjours à cet endroit. Près du B-20, je repère un Bruant de Lincoln très furtif qui ne se laisse pas observer bien longtemps. Juste assez pour une identification assurée. Revenus sur la galerie de notre chalet, nous entendons un Grand Chevalier sans cependant parvenir à le voir.

1er septembre 2013

Lever à 06h30. Il a plu une bonne partie de la nuit, souvent avec intensité. Avec un peu d'appréhension, je regarde par la fenêtre pour constater que le brouillard ne se limite qu'à tout près de la côte. Il vente un peu et, selon les dires de notre capitaine Jean-Pierre, ce dimanche devait être très venteux. Le ciel est bleu en grande partie. J'en parle à Anne et nous décidons de ne rien changer à nos plans. Après un frugal déjeuner, nous nous dirigeons avec nos télescopes dans l'espoir d'ajouter des oiseaux plus pélagiques à notre liste. En fin de compte, il fait beau et notre passage à l'Anse-d'en-bas est très excitant. Une petite vague migratrice nous apporte comme nouvelles espèces ce matin un Moucherolle tchébec et deux Parulines noir et blanc. Et dire que je n'avais pas réussi à voir cette paruline durant mon séjour de six semaines en forêt boréale !!! Non pas qu'elle y était absente, car mon partenaire Xavier Francoeur l'a observée à quelques reprises. Non, bien souvent le fait de rencontrer une espèce précise n'est qu'une question de chance. Certaines espèces éludent nos recherches. Le passage d'un voilier d'une trentaine de Bernaches du Canada en provenance de la rive nord nous comble. D'autant plus que le groupe est complètement silencieux. Un peu plus et il passait tout simplement inaperçu.





Notre sortie d'après-midi nous réserve encore quelques surprises. En passant au Lac salé, près du quai du chalet Meredith, voilà que nous surprenons nos premiers Courlis corlieu. Une vague de passereaux dans la région de la source, nous procure notre seul Viréo de Philadelphie du voyage. Il est accompagné d'une couple de Viréos aux yeux rouges, du Moucherolle tchébec et de différentes espèces de parulines déjà toutes observées antérieurement. Ensuite, c'est une femelle de Canard Colvert qui s'envole à notre arrivée à la pointe ouest. Je passe du temps à photographier la dizaine de Pluviers semipalmés qui se nourrissent dans la vasière et le varech. Ils sont très actifs et plusieurs sortent des petits vers qu'ils étirent afin de les extirper de la boue.


Sur cette photo, nous voyons bien la semi palmure entre les 2 doigts externes de l'oiseau qui lui valent son nom.

Sur le chemin du retour, c'est une femelle de Paruline tigrée qui nous ravit alors qu'elle vient se percher quelques secondes dans une Épinette noire en arrière du chalet Meredith.

2 septembre 2013

Nous ne changeons rien à notre routine en nous levant à 6h30. C'est notre dernière journée sur l'île et nous devons prendre le bateau à 12h00. Ce matin, le ciel est couvert, mais il ne vente que légèrement. Nous savons bien que nous devrions ajouter encore quelques espèces à notre liste cumulative et ça ne manque pas. En raison du manque de temps, nous ne planifions qu'une sortie sur la pointe est de l'île.

Notre longue et patiente observation au large ne nous permet, hélas, que d'ajouter une seule espèce soit le Grèbe jougris, trouvé qu'en un seul exemplaire. Mais c'est une première pour nous en 2013. Malgré que nous savons que notre prochain séjour à l'île en octobre nous permettra de voir cette espèce en plusieurs copies, nous sommes quand même excités par la découverte. Apparaît ensuite, comme par magie, un Faucon émerillon bien perché sur l'un des seuls perchoirs disponibles près du quai de pierre. Nous ne l'avons jamais vu arriver, mais c'est bien différent lorsqu'il décolle, alertant par le fait même une dizaine de limicoles cachés en arrière des gros rochers.

Nous en sommes à 69 espèces sur notre liste de ce séjour à l'île. Nous sommes super satisfaits et c'est sous le regard de deux Phoques communs, les espions de Jean-Pierre Rioux (notre capitaine) comme je les appelle, que nous quittons à regret ce lieu magique. Mais ce n'est que partie remise puisque nous revenons dans un mois avec les membres du C.O.Q. (Club des Ornithologues de Québec).


Phoque commun / Phoca vitulina / Harbor Seal  aka  "les espions de Jean-Pierre"


À bientôt !



dimanche 9 septembre 2012

Île-aux-Basques: automne 2012

Et oui, cette année Anne et moi n'accompagnerons pas les ornithologues amateurs du COQ (Club des Ornithologues de Québec) lors de leur sortie automnale à l'Île-aux-Basques puisque nous nous retrouverons, à ces mêmes dates, sur une autre île, en fait la cinquième plus grosse au niveau mondial, soit Madagascar. Nous passerons 32 jours complets en sol malgache, du 26 septembre au 28 octobre 2012. Six vols internes nous permettrons de couvrir l'île dans sa presque totalité puisque l'extrême nord, où une seule espèce endémique peut être espérée, sera volontairement écarté de notre itinéraire. Nous serons alors accompagnés par nos amis ornithologues internationaux, Jean-Jacques Gozard du Costa Rica et Gaétan Duquette de Longueuil. Toute une virée en perspective que je partagerai avec vous à mon retour. C'est promis.

Mais, pour l'instant, allons-y avec un autre séjour inoubliable sur cette petite île magique qui, printemps et automne de chaque année depuis 2005, nous attire comme un aimant totalement irrésistible. Anne et moi décidons donc de réserver le chalet Meredith pour la fin de semaine de septembre qui correspond à celle d'un congé férié québécois (Fête du travail) où le lundi est ajouté à la fin de semaine habituelle. Ceci nous donne donc 3 jours au lieu de 2 et c'est bien suffisant pour nous permettre de profiter de l'île, surtout que nous y ajoutons une quatrième journée en traversant le vendredi (pratique courante pour les mordus de l'île).  C'est donc le vendredi 31 août que nous empruntons le bateau de notre capitaine Jean-Pierre Rioux pour une traversée d'une dizaine de minutes et couvrant les 5 kilomètres qui nous séparent de l'île. En raison de rafales de vent de 25 kilomètres à l'heure, la randonnée est plutôt houleuse, mais quand même agréable. La météo annoncée est rassurante pour les jours qui viennent et nous abordons l'aventure avec beaucoup d'optimisme. Nous accostons l'île vers 15h00 et, quelques minutes plus tard, nous sommes déjà partis à la découverte de quelques précieux trésors ailés:

Sept Courlis corlieu viennent se poser sur la pointe de sable de l'île parmi les trois espèces de goélands communs: Goéland marin, argenté et à bec cerclé. En raison de la marée haute, la pointe de sable est réduite de façon maximale.
En à peine 2h30, nous croisons 34 espèces d'oiseaux et, comme c'est souvent le cas pour une aussi petite île, la vedette d'une journée peut être complètement absente le lendemain. C'est ainsi que nous observons parmi les espèces répertoriées un groupe de 19 Tournepierres à collier, 1 Chevalier grivelé, 2 Bruants de Lincoln et 1 Paruline tigrée en plumage d'automne. De ces espèces, seulement le tournepierre sera revu subséquemment (et seulement 2 ou 3 par jour). Comme je ne veux pas trop étirer ce billet, je vais y aller avec les découvertes intéressantes selon les journées qui suivront.

 Petit aparté:

Vers 19h30, nous observons la deuxième pleine lune du mois d'août 2012 et elle s'appelle la Lune bleue (Blue Moon). La première pleine lune était visible le 2 du même mois.

Une année civile comporte habituellement 12 pleines lunes, parfois 13. Cette treizième pleine lune "supplémentaire" est appelée "lune bleue"; de fait, on appelle "lune bleue" la seconde pleine lune d'un même mois. Contrairement à ce que suggère son nom, elle n'est pas du tout bleue.





1er septembre 2012

À 7h00, nous faisons notre première session au télescope alors que nous dirigeons nos yeux de cyclope vers le large en direction de la côte nord où les falaises de Tadoussac sont visibles de l'Île-aux-Basques. Je sais, c'est trop loin pour pouvoir identifier quoi que ce soit, mais les eaux intermédiaires peuvent nous procurer quelques surprises. La visibilité est bonne, mais l'activité est quasi nulle. Pas de laridés, donc pas de labbes. Pas de Petit Pingouin, nous sommes probablement trop tard pour le temps de l'année, et pas de Plongeon catmarin, nous sommes trop tôt dans la saison. Du fait que nous sommes six semaines en avance sur notre séjour automnal habituel, nos repères sont quelque peu perturbés. Parmi les espèces observées figurent: 600 Cormorans à aigrettes, 80 Guillemots à miroir, 90 Eiders à duvet, 3 Grèbes jougris, 32 Macreuses à front blanc, 10 Macreuses brunes, 22 Fous de Bassan, 20 Mouettes tridactyles, 1 Sterne arctique et 1 Plongeon huard. Du côté des mammifères marins, une bonne trentaine de Phoques communs se prélassent sur un îlot à plusieurs centaines de mètres de distance de notre position et 5 Bélugas, ces petites baleines blanches qui font la renommée de la région de Tadoussac, passent au large en formation serrée. Nous discernons 3 dos blancs et 2 dos gris, ce qui signifient que deux juvéniles de l'année accompagnent 3 adultes.



Même si l'observation d'un Phoque commun est chose habituelle lors d'un séjour à l'île, le voir d'aussi près relève du fantasme. Cet individu se repose sur les berges de l'île alors que normalement il le fait sur les rochers plus au large.


Quelques minutes après que nos regards se soient croisés, le mammifère marin rejoint l'eau où il se déplace tellement mieux que sur la terre ferme.

Du côté des limicoles, nous observons un groupe de 18 Courlis corlieu, 4 Bécasseaux minuscules, 6 Bécasseaux semipalmés, 7 Pluviers argentés, 11 Pluviers semipalmés, 50 Bécasseaux sanderling et 5 Bécasseaux maubèches.

Le Bécasseau maubèche est une espèce rencontrée moins fréquemment et en plus petit nombre que les autres calidris plus communs.  On le voit plus à l'automne alors qu'il arbore un plumage plus terne, mais quand même intéressant.

Le Bécasseau minuscule affectionne les dépôts de varech. On le reconnaît à son plumage brun, le "V" pâle dans le dos, ses pattes jaunâtres et son bec légèrement courbé vers le bas. Il porte bien son nom puisqu'il est le plus petit de nos calidris.


Ce Bécasseau semipalmé arbore le plumage typique d'un adulte en mue lors de la migration d'automne avec un mélange de plumes noirâtres (plumes nuptiales usées) et de plumes grises (plumes internuptiales fraîches) sur la partie supérieure de l'oiseau. Les adultes retiennent au moins quelques scapulaires et tertiaires nuptiales au cours de la migration automnale. La mue reste incomplète tant que les zones d'hivernage ne sont pas atteintes. (The Shorebird Guide, page 148).


Le Pluvier semipalmé est très vocal et son "piiiviiii" s'entend très souvent et nous indique sa présence. Cet individu est un adulte en plumage internuptial. Ce plumage diffère de celui du juvénile par l'uniformité de la partie supérieure de l'oiseau. Le collier est quelquefois incomplet chez les juvéniles et chez les adultes en plumage internuptial. (The Shorebird Guide, page 51).

Lorsqu'ils se nourrissent, les interactions entre Pluviers semipalmés sont choses fréquentes. Ils foncent l'un sur l'autre, le dos arqué, l'air menaçant. En premier plan, un juvénile reconnaissable aux franges pâles garnissant les plumes de la partie supérieure de l'oiseau; en second plan, un adulte en plumage internuptial.

La température est idyllique aujourd'hui avec un soleil omniprésent et une température au-dessus des 20° C. Nous observons 47 espèces dont 1 seul Bruant des marais. Les parulines sont nombreuses et, tout au cours de la journée, 8 Parulines obscures se présentent finalement devant nous dans leur apparat automnal.

Les plumages déroutants des parulines en automne représentent un défi presque cauchemardesque pour les ornithologues Québécois débutants... et même pour les plus aguerris. Cette Paruline obscure nous a posé quelques problèmes d'identification lors de la première rencontre. Ces boules d'énergie ne cessent de farfouiller dans le feuillage et nous ne voyons bien souvent qu'une partie de l'oiseau à la fois. Heureusement, avec beaucoup de patience de la part de l'observateur, il arrive que l'oiseau passe quelques secondes dans une ouverture dégagée dans la végétation. L'unique bande alaire pâle nous a tout de suite orientée vers cette espèce. Elle peut être très visible chez certain individu et presque imperceptible chez d'autres.

La dernière espèce nouvelle de la journée est une Paruline à couronne rousse (de la sous-espèce palmarum) qui vient nous saluer alors que nous sommes assis sur la petite galerie du chalet vers les 17h30. Ce sera le seul individu de cette espèce que nous verrons de toute la fin de semaine.


2 septembre 2012

Cette femelle de Colibri à gorge rubis se perche
un bref instant avant de retourner se nourrir
dans les fleurs de rosiers sauvages.
Encore une autre belle journée en perspective. Moins de soleil prévu, mais une température plus tempérée et plus confortable. Vent léger et aucune pluie. Ce matin, nous délaissons les télescopes et nous nous dirigeons vers la pointe est de l'île, à l'Anse-d'en-bas. En arrivant à cet endroit vers 7h15, nous savons que le soleil levant aura tôt fait de réchauffer les lieux et que les oiseaux ne tarderont pas à s'activer. Nous comptons bientôt 24 Merles d'Amérique, dans différents plumages, qui se nourrissent en bordure de la plage et dans deux gros sorbiers généreux en fruits. 1 Grive à dos olive et 1 Grive solitaire sont découvertes près du sol, sur le bord de la plage ou à travers les rosiers. Un mâle de Pic flamboyant visite les sorbiers alors que pas moins de 4 Pics mineurs s'activent tout près. 1 Mouette de Bonaparte crie en vol et nous la repérons facilement parmi des goélands.

S'y trouvent également quelques dizaines de Jaseurs d'Amérique, 1 mâle de Crécerelle d'Amérique, 1 Bihoreau gris, 1 Martin-pêcheur d'Amérique, 3 Bruants fauves (nous en aurons 10 dans la journée), 2 Viréos aux yeux rouges, 1 Paruline à gorge noire, 1 Paruline rayée, Paruline à collier  et 1 femelle de Colibri à gorge rubis.

Nous revenons en empruntant le sentier de la falaise où des personnes présentes sur l'île ont observé un petit hibou vers 18h00, la veille. Nos recherches sont vaines, mais nous avons la chance d'entendre les "hurlements" d'un Phoque commun. Pas étonnant que son nom vernaculaire soit "Loup marin". Un très beau moment !

La fin d'après-midi nous réserve nos plus belles surprises alors que nous nous retrouvons sur la pointe ouest de l'île. Aussitôt arrivés tout près de l'eau, vers 16h00, nous repérons un groupe de limicoles. Il doit y avoir environ 50 Bécasseaux sanderlings et 3 Bécasseaux à croupion blanc. Je m'avance lentement vers eux en faisant de nombreux arrêts stratégiques afin qu'ils s'habituent graduellement à ma présence. Je finis par me retrouver assis par terre à environ 5 mètres du premier individu, un Bécasseau à croupion blanc adulte en mue.



Bécasseau à croupion blanc, adulte en mue: des plumes brun-gris remplacent, sur la partie supérieure de l'oiseau, celles usées qui sont noirâtres en leur centre. Quelques minces lignes foncées peuvent être présentes sur la poitrine et les flancs. "Shorebirds: An identification guide. Hayman, Marchant and Prater. Houghton Mifflin Company, 1986". Page 197


Juvénile de Bécasseau sanderling.

Après une quarantaine de minutes à cet endroit, nous décidons de revenir au chalet en passant par la grande pointe de sable. Alors que nous approchons de cette pointe, nous apercevons un petit groupe de limicoles qui la quitte en passant en vol devant nous. J'identifie des Bécasseaux sanderling, mais un des oiseaux est plus gros et je crois reconnaître un Bécasseau à poitrine cendrée. Comme le groupe se dirige à l'endroit que nous venons de quitter, nous décidons d'y retourner. Arrivés sur les lieux, nous avons l'immense bonheur d'observer non pas un, mais bien deux Bécasseaux roussâtres. C'est incroyable de penser qu'ils n'y étaient pas quinze minutes plus tôt. Et le Bécasseau à poitrine cendrée est bien là lui aussi.

Deux juvéniles de Bécasseaux roussâtres se nourrissent ensemble dans le varech.





Juvénile de Bécasseau à poitrine cendrée.

Après toutes ces émotions, nous nous dirigeons vers la pointe de sable, mais des cris de sternes nous font nous retourner et nous apercevons une dizaine de Sternes arctiques qui s'en viennent en vol vers nous. Je sors mon Ipod et je compare ce que j'entends avec les cris de la pierregarin et de l'arctique. Aucun doute possible, c'est bien la Sterne arctique. Ce qui est comique, c'est que je venais de demander à Anne si elle souvenait d'octobre 2010 alors que nous avions été survolés par une vingtaine de Sternes arctiques. En arrivant à la pointe, un autre Bécasseau roussâtre se nourrit dans le varech. Une autre journée tout à fait exceptionnelle.

3 septembre 2012

Aujourd'hui, nous n'avons que l'avant-midi pour espérer ajouter d'autres espèces à notre liste cumulative qui en est à 70 espèces. Nous aimerions bien atteindre les 75. Nous décidons de commencer par la pointe est, car nous avons bien aimé la diversité des espèces hier matin. Avant de quitter le Meredith, nous jetons un oeil sur le Lac salé et nous observons un Grand Héron juvénile en vol. Et de 71. Chemin faisant, par la route des Basques, nous rencontrons une deuxième nouveauté, une coquette et furtive Paruline couronnée toute en couleurs et muette comme une carpe. Par chance qu'un mouvement trahit sa présence. Et de 72.  En arrivant à l'Anse-d'en-bas, Anne me montre un petit rapace perché dans le haut d'une épinette. Nous pensons avoir affaire avec la crécerelle de la veille, mais non, il s'agit bien d'un Faucon émerillon. Et de 73. Peu après, un Épervier brun vient nous survoler en tournoyant et oups! il fonce vers un petit groupe de fringillidés. L'un deux, qui a échappé à la poursuite, se perche et se met à télégraphier les dernières nouvelles à tous: un Bec-croisé bifascié. Et de 74.

Nous nous dirigeons ensuite vers le quai de pierre et nous sommes surpris de trouver un Pipit d'Amérique. Il nous semble un peu tôt dans la saison, mais nous prenons tout ce qui passe devant nos jumelles. Et de 75. En revenant, nous nous assoyons sur le petit banc, sur le trottoir en bois dans la partie ouest de l'étang. Voilà qu'un son familier attire mon attention. Mais il s'agit d'un Cardinal à poitrine rose. Quelques sifflements et l'oiseau juvénile se présente devant nos yeux ravis. Et de 76.

Ce Pipit d'Amérique apporte de la couleur à un décors plutôt terne.

Et, au large, entre l'île et la rive sud, des milliers de Macreuses à front blanc forment des radeaux impressionnants et leur babillage incessant fait office de bruit de fond. 

Un autre beau séjour à l'île magique. Nous avons déjà hâte à la prochaine. À suivre...