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mardi 13 avril 2021

Un printemps bien entamé

 

Qu'il est long le retour du printemps pour nous Québécois, ensevelis sous un beau drap blanc depuis déjà plusieurs mois. Oui, je sais, nous ne pouvons pas nous plaindre de ce bel hiver 2020-2021. Pas de grands froids pénétrants, pas trop de neige au sol et un soleil au rendez-vous durant la majorité des journées, du moins en janvier. On a même entendu quelques < snowbirds >, contraints de rester au Québec à cause de la Covid, déclarer que l'hiver québécois n'est pas si dur que ça en fin de compte. On s'en reparlera l'hiver prochain.

Toujours est-il que la température la nuit va bientôt mettre un terme au flirt qu'il entretient avec le point de congélation. Les érables vont cesser de produire leur fameux nectar et les cours d'eau vont regagner leur eau vive. Ça sent le printemps à plein nez. Voici quelques images glanées ici et là dans la Capitale Nationale, Chaudière-Appalaches, Portneuf  et le Centre-du-Québec qui en témoignent.

 

Le Cardinal rouge passe l'hiver avec nous, mais ses visites sont plus sporadiques. À partir du 02 avril, voilà qu'il est plus régulier dans notre cour et nous le voyons à toute heure de la journée. Ici un splendide mâle vient grignoter pour sa pause de l'avant-midi. Sillery, ville de Québec.

 

Le Moucherolle phébi revient tôt au printemps, dès que les cours d'eau sont dégagés et que les insectes commencent à voler. Cet insectivore a été observé en bordure d'un cours d'eau, le 04 avril à Notre-Dame-de-Lourdes.


Voici trois des dix Grues du Canada observées le 04 avril, toujours à Notre-Dame-de-Lourdes. Elles sont de retour sur leur site de nidification.


Le Pic flamboyant est un oiseau spectaculaire par le jaune doré qui orne le dessous des plumes de sa queue et de celles des primaires et des secondaires lorsque l'oiseau s'envole. Notre-Dame-de-Lourdes, le 04 avril 2021.


L'acrobatique Sittelle à poitrine blanche adopte souvent des positions assez cocasses comme celle-ci alors qu'on sent qu'elle va se laisser tomber dans le vide, attirée par une possible proie en contrebas. En avril, elle est plus agressive envers ses congénères et les poursuites font bientôt partie de leur activité quotidienne. 04 avril 2021, Villeroy, Québec.


La pâleur du plumage du mâle du Busard des marais attire facilement le regard lorsque l'oiseau maraude à basse altitude au-dessus des milieux ouverts que sont les champs et les marécages. Leur retour est grandement espéré et apprécié par les amoureux des oiseaux rapaces comme moi. 05 avril 2021, près de l'aéroport de Québec.


"Oh, Henriiiii" semble clamer cet oiseau noir fort en gueule et à l'épaulette rouge feu. Il ne passe jamais inaperçu alors qu'il jacasse sans cesse lorsqu'il arrive en bandes au printemps. Comme pour bien d'autres espèces d'oiseaux, les mâles arrivent avant les femelles afin de déterminer un territoire de nidification. Ainsi dès que la compagne sera arrivée, la nidification pourra commencer. Un oiseau au ton grinçant, mais tellement doux finalement à l'oreille de l'ornithologue. 05 avril 2021, près de l'aéroport de Québec.


Une espèce phare dont la baisse drastique de la population résulte de la dégradation de la niche écologique où ils vivaient et se reproduisaient. À toutes les années, afin de préserver ma santé mentale, je DOIS observer au moins un individu de cette espèce et je DOIS entendre son doux sifflement. Autrefois commune dans les champs, la Sturnelle des prés est aujourd'hui beaucoup plus rare, voire totalement absente à certains endroits où on la trouvait avant. 05 avril 2021, Québec.


C'est le 07 avril que ce beau mâle de Merle d'Amérique vient farfouiller dans ma cour de Sillery à la recherche de délicieux vers de terre (lombrics) ou autres proies rampantes. C'est lui que les Québécois surnomment faussement le rougegorge. Un surnom que les premiers colons immigrants de France lui ont donné à cause de son plumage qui leur faisait penser à leur Rougegorge familier.


C'est par milliers que les oies et les bernaches envahissent les rivages du fleuve au cours du mois d'avril. Ces deux Bernaches du Canada se jouent des vagues provoqués par le passage d'un gros bateau, près du quai de Saint-Antoine-de-Tilly. 09 Avril 2021.



Le Merlebleu de l'Est est sans contredit l'un de nos oiseaux les plus colorés au Québec. Il n'a jamais été abondant, mais la mise en place de nichoirs a fait que l'oiseau connaît un accroissement significatif de sa population. Nous voyons ici une femelle apporter au nid des herbes sèches qui rendront le nid plus confortable pour les oeufs et les oisillons à venir. Le mâle fait le guet afin d'empêcher d'autres oiseaux (moineau, hirondelle, étourneau) de prendre possession de la cabane. 09 avril 2021, Saint-Antoine-de-Tilly.


Et voici, à l'orée d'un bois, quelques mâles de Dindon sauvage qui font la roue pour tenter d'intéresser une femelle bien assise sur l'herbe et qui semble tout à fait désintéressée par autant de sparages. 10 avril 2021, Sainte-Croix-de-Lotbinière.


Un autre pic d'une grande beauté, le Pic maculé a une affiliation bien spéciale avec la sève des arbres. Il est reconnu pour percer sur l'écorce des arbres une série de petits trous qu'on appelle des puits à sève. La sève de l'arbre s'écoule lentement de ces orifices, ce qui attire des oiseaux comme le colibri, le roitelet et certaines parulines. Non seulement ces oiseaux profitent de la sève, mais également des insectes attirés eux aussi par l'eau sucrée et qui restent emprisonnés dans le liquide collant. 11 avril 2021, Portneuf.


Le rouge dans la couronne du Roitelet à couronne dorée n'appartient qu'au mâle. Le printemps est le temps de l'année où il l'exhibe le plus fréquemment. Les couleurs sont très importantes pour les oiseaux et les insectes. En écartant les plumes jaunes de sa couronne, le rouge devient très attractif pour la femelle et peut-être aussi par un papillon qui pourrait être intéressé à venir butiner cette jolie fleur qui n'en est pas une en fin de compte. 11 avril 2021, Deschambault.


@ bientôt.



dimanche 14 mars 2021

Quand le dindon fait le paon.

 

 

À n'en plus douter, elles font maintenant partie du paysage en Chaudière-Appalaches. Le mâle du Dindon sauvage commence ces jours-ci à peaufiner ses techniques de parade qui le rendront populaire d'ici un mois. Hier, le 13 mars 2021, j'ai surpris ces 3 mâles ensemble dans un champ à Saint-Antoine-de-Tilly, dans le comté de Lotbinière. Au début, je croyais voir 1 mâle essayant d'étourdir 2 femelles en se pavanant comme un paon. Ce qui m'intriguait c'était de voir cet appendice qui pendait de la poitrine de chacun des oiseaux . Cette touffe constituée de longues plumes filiformes fait partie de l'arsenal du mâle pour éblouir ces gentes dames. Vu la distance trop grande, la photo manque de détails et d'éclairage, mais il est possible de distinguer assez le plumage pour voir ces touffes. Un autre caractéristique est le bleu au niveau de la tête.

 


 

Pour rendre un peu plus justice à la beauté du plumage, j'inclue des photos prises le 11 avril 2020 dont celle d'un mâle paradant devant 2 femelles, à Saint-Appolinaire (toujours dans le comté de Lotbinière). Notons l'absence du prolongement plumeux du côté des femelles.


Dindon sauvage / Meleagris gallopavo silvestris / Wild Turkey




 


 

Même si les photos montrent des plans rapprochés, il faut considérer le fait que les Dindons sauvages sont très craintifs et ils ne se laissent pas approchés facilement. Si vous êtes à découvert, rien ne sert d'essayer de s'approcher d'eux pour améliorer une photo. La parade fait partie du rituel de reproduction de l'espèce et interférer dans son accomplissement s'avère des plus nuisibles pour l'espèce. La photographie de nature implique d'avoir un équipement photographique qui permet de capter des images sans nuire au comportement naturel du sujet.


@ bientôt.

 

vendredi 9 juin 2017

Le retour remarqué du Dindon Sauvage à Pointe Pelée




C'est à partir du 9 décembre 2013 que je commence à pouvoir photographier le Dindon Sauvage / Meleagris gallopavo gallopavo / Wild Turkey lors de mes sorties dans la région de Québec. Au Québec, les premières observations datent de 1976 et la nidification du dindon fut pour la première fois confirmée en 1984. Imaginez que ce poids lourd de la faune aviaire nord-américaine n'a osé traverser les frontières américaines que depuis 40 années. C'est très peu. Pour avoir la chance d'observer en nature cet oiseau très farouche, il fallait nous diriger au sud de Montréal, le long de la frontière étasunienne. Et c'est ce que je fis le 13 avril 1991 en allant observer sept dindons sur le rang Fisher, à Saint-Bernard-de-Lacolle. Le printemps est le moment idéal de l'année pour ce faire puisque le mâle émet de puissants "glouglous" qui s'entendent à plus d'un kilomètre et demi. Il est alors possible d'observer un mâle qui se pavane devant quelques femelles médusées par autant d'artifices.


Ce Dindon sauvage mâle est en possession de tous ses moyens pour impressionner une femelle ou faire fuir un intrus. Photo réalisée le 12 mai 2017 dans le parc national de Pointe-Pelée.

Mais comment faire pour s'approcher assez d'un site de pariade sans faire fuir les oiseaux ? Malgré leurs dimensions impressionnantes, ils sont plutôt peureux, voire même furtifs. Je n'aurais jamais cru qu'un jour je réussirais à les approcher et encore moins que ça se réaliserait à Pointe Pelée, en Ontario. Avant mon voyage de cette année, j'avais fait cinq voyages printaniers dans ce parc national, dans les années 1970-1980. Et le Dindon Sauvage ne s'observait pas dans ces années là. En fait, il avait quitté le parc national depuis une bonne soixantaine d'années. Par contre, je me souviens très bien qu'un autre gros oiseau, le Faisan de Colchide / Phasianus colchicus / Ring-necked Pheasant occupait les lieux et il était au moins entendu à chacune de mes visites. Je ne l'ai pas entendu en mai 2017.


C'est donc avec une grande surprise que je constate la présence très ostentatoire du dindon en 2017. Dès ma première présence sur le site, à bord du train de 06h00 qui se dirige vers la pointe, j'en repère un perché très haut dans les grands arbres sans feuille. Il faut savoir que les dindons se perchent souvent dans les arbres pour passer la nuit à l'abri des prédateurs terrestres que sont les renards, les coyotes et autres. Par la suite, ce sont leurs glouglous retentissants qui nous permettent de savoir qu'ils sont bien là, éparpillés le long de la route asphaltée qui fait environ huit kilomètres de longueur, partant de l'entrée du parc et allant jusqu'à l'extrémité de la pointe. J'apprends sur un panneau dans le centre d'interprétation du parc que le dindon est de retour après une absence d'une centaine d'années.


Trois Dindons sauvages déambulent le long de l'unique route asphaltée menant de l'entrée du parc jusqu'à la station située à la pointe. Difficile de les manquer en ces lieux. Par contre, en forêt, lorsqu'ils sont silencieux, c'est une autre paire de manches. Photo réalisée le 11 mai 2017 au parc national de Pointe Pelée, Ontario.


Connaissant peu les moeurs de cette espèce, je croyais que le mâle ne faisait plus de pariade au début de mai. Mais une rencontre inespérée, faite le matin du 12 mai 2017, le dernier jour de mon séjour à Pointe-Pelée, se concrétise de façon inattendue.


Anne et moi parcourons le sentier non aménagé Parcelle de l'oponce (cactus) à la recherche de quelques espèces qui nous ont échappé jusque là. À la fin de la boucle, voilà que j'entends des glouglous et je vois alors apparaître une femelle se déplaçant lentement à quelques mètres de distance. 




 
 Elle passe tout près, me permettant cette photo de sa tête.






Elle continue lentement sa route en suivant le même et unique sentier que le nôtre. Nous la perdons de vue à un détour. Et voilà qu'un glouglou pénétrant me fait tourner la tête pour apercevoir, cette fois ci, un mâle qui fait la roue. Wow !  Il provient du même endroit que la femelle et il semble très probable qu'il empruntera exactement le même chemin que sa dulcinée. Et c'est ce qu'il fait.


 


J'hésite un peu à rester sur son chemin, car je ne sais pas quel sera le comportement d'un mâle protégeant sa femelle. Je m'écarte un peu du chemin et je reste sans bouger, ma caméra dirigée vers lui. Après une brève hésitation, il se dirige vers moi. Il passe encore plus près que ne l'a fait la femelle. Ce qui me frappe le plus, c'est cet appendice qui part du front et qui se prolonge au-dessus du bec pour le recouvrir tout à fait selon l'excitation de l'oiseau. Et cette transformation se produit très rapidement et peut nous permettre de juger du degré de dangerosité de l'oiseau envers nous.
















Je suis vraiment comblé par toute cette démonstration. Il est bien clair maintenant que la "roue" ne sert pas seulement qu'à attirer les femelles, mais aussi à écarter de l'élue les autres mâles ou les possibles prédateurs, dont je pourrais faire partie (du point de vue de l'oiseau, bien évidemment).


Le mâle continue donc son chemin et nous le suivons très lentement. C'est alors que nous observons la femelle alors qu'elle prend un bain de sable, toujours sous la surveillance bienveillante du mâle.






Toute une démonstration comportementale vécue en cette belle journée, dans ce site exceptionnel qu'est le parc national de Pointe-Pelée.


@ bientôt.





jeudi 11 décembre 2014

Quand la nature nous en met plein la vue.



C'est à la fin du mois d'avril 1993 que je contacte pour la première fois cette espèce. Je suis en Jamaïque avec mon bon ami Normand David et nous nous trouvons dans les Blue Mountains, près d'un site connu comme "The Gap". Alors que nous sommes absorbés à observer un beau mâle de l'endémique Paruline de Jamaïque / Setophaga pharetra / Arrow-headed Warbler, un tonitruant "Mé-Ow" force notre attention vers un point situé en contre-bas d'une pente plutôt abrupte. Et ce son est tout à fait à l'opposé, par son timbre et par sa force, de celui émis par quelques Colombes rouviolettes / Geotrygon montana montana / Ruddy-Quail Doves qui se jasent paisiblement dans le même secteur. Mais qu'est-ce que ça peut bien être ???  Notre curiosité étant plus forte que tout, nous nous dirigeons vers l'endroit d'où origine le bruit inconnu. Après quelques minutes de recherche, voilà que l'animal émet à nouveau son cri et il semble maintenant près de nous. Et c'est au bout d'un stationnement de maison privée que nous apercevons un oiseau énorme et d'une grande beauté, bien perché sur la rampe de la terrasse. Bon, voilà le mystère résolu. Comme bien des personnes intéressées par tout ce qui touche la nature, nous l'avions déjà vu soit en photo, soit dans un parc zoologique ou dans des reportages télévisés, mais jamais en vrai. Un magnifique mâle de Paon bleu / Pavo cristatus / Indian Peafowl. Il s'agit bien sûr d'un individu domestiqué, car il n'est pas sur la liste officielle de la Jamaïque, mais c'est toujours un plaisir de croiser la route d'une nouvelle espèce, qu'elle soit "cochable" ou non. Je le vois toujours comme une chance incroyable d'en apprendre davantage sur les oiseaux. Et ce "Mé-Ow" restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Et c'est 21 ans plus tard que je me retrouve les deux pieds bien ancrés en Inde, où ce paon est l'emblème aviaire du pays et où j'ai enfin la chance de le rencontrer sur son terrain d'origine. Cet oiseau est tellement commun dans ce pays qu'il n'existe pas d'information détaillée sur son statut. Dans la partie sud ouest de l'Inde (les Western Ghats), il n'est cependant pas très commun et nous ne l'avons vu qu'à seulement quelques reprises. Et comme nous ne l'avons vu qu'à proximité des maisons en traversant les villages, Jean-Jacques Gozard ne cessait de me taquiner en disant qu'il s'agissait d'oiseaux domestiqués, donc, non "cochable". Cré Jean-Jacques ! Toujours aussi compétitif !

Par contre, au Sri Lanka, c'est une toute autre histoire. L'espèce est abondante dans certains secteurs comme les parcs nationaux de Yala, Bundala et Wilpattu. Considéré comme sacré par les Hindouistes et les Bouddhistes, elle jouit d'une protection lui permettant de vivre sans danger tout près des habitations humaines ou des temples. Le paon s'observe dans plusieurs habitats comme les champs ouverts, les broussailles, la forêt, les zones de culture et les régions semi arides. Il n'est assujetti à aucune action en vue de le protéger.

C'est donc dans le parc national de Yala que j'ai pris ces quelques photos qui, je l'espère, sauront rendre justice à la beauté de cette espèce qui nous a éblouis à chacune de nos rencontres.



Le Paon bleu grimpe aux arbres durant le jour pour se reposer et pour éviter les dangers de prédation par des animaux terrestres comme les chacals, les chiens sauvages ou les léopards. Il adopte les mêmes arbres comme dortoir pour passer la nuit. Il choisit souvent les grosses branches au sommet de grands arbres morts et le fait qu'il se place ainsi à la merci d'averses souvent très fortes ne semble pas l'importuner outre mesure. Sa traîne, qui peut compter pour 160 cm de la longueur totale des 230 cm, en fait un des plus gros oiseaux capables de voler.



Assister en direct à la parade d'un mâle de Paon bleu relève d'un véritable fantasme pour un passionné d'oiseaux. Comment une femelle peut-elle résister à une démonstration aussi étincelante ? Alors que l'oiseau fait vibrer ses ailes colorées, il pivote très lentement sur lui-même de façon à montrer à la femelle qu'il est parfait sous toutes les coutures. Et croyez-moi, l'arrière est tout aussi extraordinaire que l'avant. Jugez-en par vous-même en regardant la photo qui suit.



Les photos de parade nous montre toujours l'oiseau faisant face à sa dulcinée. Mais j'ai remarqué que le mâle prenait soin de montrer à la femelle l'arrière aussi longtemps qu'il le faisait pour l'avant. Et quand on regarde comme il faut, il faut avouer que ça ne manque pas d'intérêt non plus. Contrairement aux apparences, la longue traîne de l'oiseau est légère et elle n'est pas formée par les rectrices caudales, qui sont en fait plutôt ternes et assez courtes, mais par des couvertures sus-alaires pouvant mesurer de 100 cm à 150 cm de longueur. Des plumes vaporeuses surgissent de chaque côté des longs rachis pâles. Et sur ces plumes reposent des ocelles qui donnent toute la beauté à ce plumage exceptionnel. À noter, sur cette photo, que l'oiseau occupe toute la largeur du chemin emprunté par les véhicules qui traversent le parc.



À la fin de la représentation, l'oiseau rabat sa queue vers l'arrière et il ne lui restera qu'à glisser sa longue traîne entre ses ailes pour pouvoir retourner à ses activités coutumières...



qui ne consiste peut-être, en fin de compte, à tout simplement se pavaner...



N'est-ce pas en fait le propre du paon ???




@ bientôt, avec d'autres images en provenance d'Asie.







samedi 14 juin 2014

Printemps 2014



On se souviendra du printemps 2014 principalement à cause de l'arrivée tardive des migrateurs provoquée par les températures froides qui ont persisté plus longtemps que d'habitude, sous l'effet très peu dissuasif de rayons de soleil blafards. Mais "patience et longueur de temps" finissant toujours par l'emporter, les oiseaux ont regagné fidèlement leurs territoires de reproduction et ils n'ont pas tardé à remplir les lieux de leurs chants et de leurs activités effrénées. Car le temps presse et chaque jour compte. C'est souvent surprenant de constater la rapidité avec laquelle les différentes espèces s'installent dans un territoire, y trouvent l'âme soeur et commencent la nidification.


Parvenus sous nos latitudes au début d'avril, les merles, quiscales, étourneaux, tourterelles et autres sont déjà prêts à passer à une seconde nichée dès que juin se pointe le nez. Cette deuxième nichée est bien annoncée par la virtuosité des mâles qui recommencent les vocalises qu'ils avaient délaissées après l'établissement de la première nichée.



Voici quelques photos de mon printemps. Il ressemble probablement au vôtre.



Pour moi, s'il existait une icône du printemps, elle ressemblerait à s'y méprendre au très abondant Carouge à épaulettes / Agelaius phoeniceus phoeniceus / Red-winged Blackbird. J'aime cet oiseau qui est l'une des premières espèces migratrices à nous revenir en mars. C'est un oiseau très territorial dont l'agressivité est bien connue. Aucune corneille ou autre prédateur potentiel ne passent dans les limites du carouge sans être sermonné, poursuivi et reconduit manu militari hors des dites limites. Nos ancêtres avaient d'ailleurs affublé notre carouge du nom vernaculaire de "commandeur" en raison des épaulettes colorées qui leur rappelaient les décorations que les officiers militaires portaient avec fierté à leur costume . Photo prise le 8 juin 2014 au domaine de Maizerets, ville de Québec.


Voici un mâle faisant la démonstration de tous ses atouts, autant au niveau du chant que de l'habit, envers une ou plusieurs femelles des environs. Même si le carouge peut se retrouver en milieu ouvert et dans divers types d'habitats, les marais à quenouilles sont ses préférés et c'est toujours là que je les ai retrouvés plus au nord en forêt boréale. Photo prise le 3 mai 2014 au marais Léon Provancher de Neuville.



C'est le 10 mai qu'Anne et moi faisons une virée dans la région du Bas-Saint-Laurent afin d'aller ajouter à notre liste annuelle des espèces moins fréquentes au niveau de la ville de Québec. C'est ainsi que nous découvrons près du quai de L'Isle Verte un mâle de Harelde Kakawi / Clangula hyemalis / Long-tailed Duck en plumage d'hiver. Ce magnifique canard plongeur est observable près de Québec, mais seulement dans un court laps de temps lors des migrations. Comme bien d'autres espèces d'oiseaux, il porte le nom de Kakawi à cause du cri qu'il émet. Son nom anglais réfère bien évidemment à la longue queue qui est l'apanage du mâle. Cette photo montre bien cet attribut ici. L'ancien nom anglais était "Oldsquaw", mais il a été changé récemment.


Voici une espèce qui ne s'observe pas à toutes les années au Québec. Il s'agit de la sous-espèce nominale de Anas crecca soit Anas crecca crecca . Au Québec, nous avons la Sarcelle d'hiver / Anas crecca carolinensis / Green-winged Teal.  Notre sous-espèce est reconnaissable ici par la ligne blanche verticale qui jouxte l'arrière de la poitrine alors que cette ligne blanche est absente chez Anas crecca crecca, mais se retrouve plutôt horizontalement au bas des ailes repliées. Photo prise le 11 mai, près du quai de Pointe-au-Père, ville de Rimouski.


Le Grand Héron / Ardea herodias herodias / Great Blue Heron se retrouve partout au Québec. À moins de demeurer près d'une héronnière, cette espèce est plutôt rare en saison de nidification. Cependant, les migrations printanière et automnale sont les meilleurs moments pour en observer en bonne quantité tout le long du fleuve Saint-Laurent. D'un caractère plutôt furtif, il arrive que nous rencontrions des individus plus confiants et c'est ce qui s'est produit en ce 11 mai 2014, au parc national du Bic, près de Rimouski.


À partir du milieu du mois de mai, de plus en plus en plus d'oiseaux colorés envahissent nos parcs, nos boisés et nos jardins. Ils sont facilement repérables dans les essences feuillues encore dépourvues de leurs feuilles. Ça fait du bien de voir enfin de la couleur et les parulines ne manquent pas de nous émerveiller. Cette Paruline jaune / Setophaga petechia amnicola / Yellow Warbler a été captée le 16 mai  au domaine de Maizerets, ville de Québec.


En cette même journée, peu d'espèces différentes font leur apparition au domaine, aussi cette très active Paruline à joues grises / Vermivora ruficapilla ruficapilla / Nashville Warbler n'échappe pas à mon attention. Lorsque les migrateurs touchent terre après de longues heures et même des journées consécutives de déplacement, leur grande priorité est de recharger leur batterie d'énergie en se nourrissant dès et autant qu'ils le peuvent. C'est ce qui explique leur grande mobilité qui complique tant la prise de photo et même la simple observation. Les parulines ne restent au repos que quelques secondes et il faut être rapide pour les pixelliser


Le 17 mai nous réserve à Anne et à moi une bonne surprise alors que nous confirmons la présence d'un rare Bruant des plaines / Spizella pallida / Clay-colored Sparrow à seulement quelques minutes de marche de la maison. Anne a d'abord entendu un chant qu'elle n'arrivait pas à associer à un oiseau qu'elle connaissait bien, soit un "bizzz-bizzz-bizzz". Après avoir soulevé l'hypothèse du Bruant des plaines , nous avons trouvé cet oiseau et, en date du 13 juin,  il est toujours au même endroit. Cette espèce rare peut à l'occasion s'hybrider avec le plus commun Bruant familier / Spizella passerina passerina / Chipping Sparrow.


Les grives fascinent par leurs chants qui ne laissent personne indifférent. Lorsque j'entends le son fluté et roulé de la Grive fauve / Catharus fuscescens fuscescens / Veery, j'ai toujours l'impression que l'oiseau le fait à partir de l'intérieur d'un tuyau, tellement ce chant se fait l'écho de lui-même. Photo prise le 19 mai dans la réserve faunique du Cap Tourmente.


Et que dire de ce lilliputien de la gente ailée qu'est le Troglodyte des forêts / Troglodytes hiemalis hiemalis / Winter Wren. Un oiseau fascinant non par le manteau très sobre qu'il porte, mais plutôt par son chant dynamique et émis avec une force tout à fait exceptionnelle pour un oiseau de si petite taille. Alors qu'il émet souvent son chant bien juché dans la partie supérieure d'un grand conifère, c'est au sol qu'il se nourrit le plus et il est difficile à localiser dans le sous-bois. Photo prise le 19 mai dans la réserve faunique du Cap Tourmente.


Reconnaître une paruline seulement par son chant peut s'avérer un beau défi, car le répertoire de plusieurs espèces débordent largement de leur chant typique. On sait que la Paruline jaune possède une dizaine de chants bien différents de son "tire tire tire la bibite" si caractéristique. Notre belle Paruline flamboyante / Setophaga ruticilla / American Redstart n'a rien à lui envier au nouveau de la variabilité des sons qu'un mâle peut produire. Tout ça pour dire que l'identification à l'oreille peut cacher bien des surprises et qu'il vaut mieux toujours essayer de confirmer visuellement ce que le son nous propose. Photo prise le 19 mai dans la réserve faunique du Cap Tourmente.


Le 29 mai, alors que je déambule lentement au domaine de Maizerets, j'aperçois six canetons âgés d'à peine quelques jours qui ne savent plus où donner de la tête tellement ils sont excités de découvrir autant de nouvelles choses. Animés par la fougue et l'insouciance de la jeunesse, ils fouinent partout et ils touchent du bec tous les éléments qui se présentent devant eux. 


Mais la mère n'est jamais très loin et elle devient le point de ralliement lorsqu'une situation un peu trop perturbante survient. Cette femelle de Canard colvert / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard  ne laisse pas ses canetons s'éparpiller à la grandeur du plan d'eau. Quelques cancanements bien placés ramènent les petits inconscients à l'ordre.


Le Quiscale bronzé / Quiscalus quiscula versicolor / Common Grackle fait partie du groupe des mal aimés, des "oiseaux noirs". Et pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près, l'iridescence de son plumage est fascinante lorsque les rayons de lumière frappe l'oiseau sous le bon angle. Il en est ainsi de plusieurs autres espèces d'oiseaux qui semblent bien moches lorsque vues à l'ombre et qui s'illuminent littéralement en pleine lumière. Photo prise le 29 mai, au domaine de Maizerets.


L'élégante et effilée Tourterelle triste / Zenaida macroura carolinensis / Mourning Dove est d'une grande beauté quand on s'attarde à son plumage. Ses couleurs douces et son chant feutré et, disons-le, triste procurent  un certain apaisement dans une vie trop souvent trépidante. Photo prise le 31 mai dans le jardin de ma fille Anne-Marie à Laval, près de Montréal.


Et c'est dans ma cour à Sillery que MA Tourterelle triste recommence à faire la belle dans le but de débuter une deuxième nichée. Nous sommes le 7 juin. Le mâle gonfle sa gorge avant d'émettre son "ou..OU...ou..ou..ou". Ce faisant, il fait apparaître une zone dorée entre sa gorge dilatée et l'arrière de son cou. C'est la première fois de ma vie que j'observe ceci en 50 années d'observation. Et pourtant, j'ai "jasé" avec au moins une centaine de tourterelles, mais je me rends compte que je n'étais pas à son niveau. L'oiseau était toujours plus haut et il était impossible pour moi de voir cette partie de son plumage. Dans le cas présent, l'oiseau est sur le toit d'un cabanon et je suis presque à sa hauteur. La plage dorée n'est pas si évidente que ça sur cette photo, mais elle était éclatante à mon oeil. L'absence de soleil fait que la photo est plutôt sombre.


Et le voici ce Bruant familier / Spizella passerina passerina / Chipping Sparrow qui s'hybride quelques fois avec le Bruant des plaines. Très commun, son trille ténu égaie les rues des villes et villages, les parcs et les boisés aussi loin qu'en forêt boréale. Photo prise à Saint-Pierre, Île d'Orléans, le 8 juin 2014.


Ce même jour et au même endroit, une magnifique femelle de Pic flamboyant / Colaptes auratus luteus / Northern Flicker est bien occupée à se nourrir de fourmis au sol quand, sans prévenir, elle vient se percher à quelques mètres de moi comme pour me saluer avant de de continuer sa route. Quel bel oiseau !




@ bientôt.