vendredi 28 septembre 2018

Baguage d'oiseaux au Cap Tourmente




Ces temps-ci, la Réserve nationale de faune du Cap Tourmente s'avère un incontournable pour les amoureux de nature et de plein air. Les oiseaux migrateurs y sont nombreux et je ne parle pas uniquement des Oies blanches. Une bonne variété de passereaux en migration s'arrêtent sur le site pour s'y nourrir et prendre des forces pour la suite de leur périple automnal qui les mènera aussi loin qu'en Amérique du Sud pour certaines espèces. Ajoutez à ce spectacle les couleurs d'automne qui feront flamboyer nos forêts d'ici peu et vous aurez de bonnes raisons d'aller y passer quelques heures.

Une activité intéressante a lieu présentement et nous avons eu la chance d'y assister lors de nos deux visites lors de la semaine qui vient de passer. Une équipe de biologistes, de techniciens et de bénévoles de l'Observatoire des Oiseaux de Tadoussac (OOT) est sur place jusqu'au dimanche 21 octobre pour y tenir une session de baguage d'oiseaux. Le poste de baguage est situé près du centre d'interprétation, à côté de la bâtisse qui sert de dépanneur et où il y a un poste d'alimentation très prisé par les bruants, juncos, chardonnerets, pics et sittelles. 21 filets japonais ont été installés à des points stratégiques afin de capturer les oiseaux. Une tournée régulière et précise permet à plusieurs techniciens bien formés de libérer les oiseaux des filets sans les blesser et ils les apportent au poste de baguage. Un biologiste les identifie, les bague et les manipule afin de constater leur pourcentage de gras, leur sexe et leur âge. Des mesures sont également effectuées si nécessaires et l'oiseau est pesé avant d'être remis au biologiste qui effectuera la mise en liberté. Avant cette dernière tâche, il en profite pour donner des explications sur l'oiseau et les gens peuvent poser des questions ou prendre des photos pendant une trentaine de secondes.


Voici l'oiseau le plus volumineux bagué le 27 septembre 2018: un Geai bleu / Cyanocitta cristata bromia / Blue Jay.
  


Et voici l'un des plus petits: le Roitelet à couronne rubis / Regulus calendula calendula / Ruby-crowned Kinglet

La Paruline rayée / Setophaga striata / Blackpoll Warbler niche dans le nord du Québec et va passer l'hiver en Amérique du Sud. Des études ont démontré que cette petite paruline peut voler sans arrêt entre les côtes de la Nouvelle-Angleterre jusqu'aux côtes du nord du Venezuela.

Grive à dos olive / Catharus ustulatus swainsoni / Swainson's Thrush

Grive fauve / Catharus fuscescens fuscescens / Veery

Paruline des ruisseaux / Parkesia noveboracensis / Northern Waterthrush

Bruant à gorge blanche / Zonotrichia albicollis / White-throated Sparrow

Bruant de Lincoln / Melospiza lincolnii lincolnii / Lincoln's Sparrow

Bruant des marais / Melospiza georgiana ericrypta / Swamp Sparrow


Il y a beaucoup à apprendre de ces sessions de baguage. Veuillez noter cependant que lorsqu'il pleut, qu'il vente trop fort ou que la température est trop froide, les filets japonais ne sont pas déployés et il n'y a aucune activité de baguage ces jours-là. La sécurité des oiseaux est plus importante que les prises de données. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la réserve, des coûts de $ 6.00 sont exigés à l'entrée. L'activité de baguage se tient entre 8h00 et 12h00 quotidiennement, 7 jours sur 7, lorsque les conditions climatiques le permettent.

Et des sentiers très bien aménagés vous attendent avec une myriade d'occasions d'observer ou de photographier une belle nature. Voici une couple de photos prises cette semaine.


Près du marais des Graves, à l'extérieur de la réserve.

Près de l'entrée de la réserve.

Buse à queue rousse / Buteo jamaicensis borealis / Red-tailed Hawk

Et oui, c'est l'automne...


@ bientôt.



vendredi 14 septembre 2018

En cette période de migration automnale..




Selon le blog LeBonSalon.com, une estimation de 31 milliards d'oiseaux a été évaluée au niveau planétaire. La variété d’espèces est extraordinaire. Il y a en effet plus de 10 461 espèces d’oiseaux d’après l’organisation BirdLife !  Le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux est présent dans la zone des forêts tropicales qui se situe au niveau de la ligne de l'équateur tout autour de la planète bleue. La liste des vingt pays abritant le plus d’espèces d’oiseaux témoigne d’ailleurs de cet élément. Six des sept pays les plus riches pour les oiseaux sont en Amérique du Sud. La Colombie est le pays hébergeant la plus haute diversité avec 1799 espèces, suivi du Pérou (1772 espèces), du Brésil (1704 espèces) et de l’Équateur (1689 espèces). Les autres régions à forte diversité d’oiseaux sont l’Afrique et l’Asie. Six des vingt pays les plus riches sont en Afrique : la République démocratique du Congo, le Kénya et République Unie de Tanzanie ont chacun plus de 1000 espèces d’oiseaux. En Asie, l'Indonésie héberge la diversité la plus élevée (1561 espèces), suivie par la Chine (1237 espèces) et de l'Inde (1178 espèces).

Au Québec, le gros de la manne migratrice provient du nord de la province. Les espèces qui ont niché dans la toundra ou en forêt boréale profitent des bonnes conditions climatiques pour entreprendre une migration qui conduira certaines espèces jusqu'en Terre de Feu ou même jusqu'en Antarctique.


Nous nous retrouvons maintenant dans une partie de l'année où des observations inusitées de l'avifaune peuvent nous surprendre à tout moment. C'est ce qui rend les débuts d'automne excitants. La principale cause est certainement la mouvance migratrice qui fait se déplacer un bon pourcentage du cheptel ornithologique. Ils quittent leur territoire de nidification pour se diriger vers leur territoire d'hivernage. Bien sûr, quelques espèces sont résidentes ou se déplacent peu, que ce soit horizontalement ou verticalement, mais le froid qui prend place progressivement plus au nord ne donne pas trop de choix aux oiseaux de s'envoler vers des endroits plus accueillants. Et non, ce n'est pas la baisse marquée de température, à elle seule, qui fait fuir les oiseaux. C'est juste que la source de nourriture se dégrade et peut même disparaître complètement à mesure que le gel s'installe. Certaines espèces frugivores ou granivores peuvent survivre à l'hiver. De même que les mésanges, les sittelles, les grimpereaux et les pics qui inspectent minutieusement chaque interstice de l'écorce des arbres ou qui forent les troncs et les branches afin de déloger des larves, des oeufs d'insectes ou tout autre arthropode en état d'hibernation.



Le bec mince de cette Sittelle à poitrine blanche / Sitta carolinensis carolinensis / White-breasted Nuthatch lui permet de fouiller dans chaque anfractuosité de l'écorce pour y dénicher une source de nourriture indispensable à sa survie durant la saison froide.

Les passereaux migrent surtout de nuit, ils évitent ainsi les attaques de prédateurs qui les suivent dans leur déplacement. Ce faisant, leur passage peut facilement passer inaperçu, surtout si les conditions climatiques sont idéales et leur permettent de longs vols sans escale. En cas de conditions adverses (fortes pluies, froid subit, brume...), les oiseaux sont obligés de toucher terre et c'est ce qui explique qu'une région peut être envahie par une masse d'oiseaux alors qu'il n'y en avait pas quelques heures auparavant. Une situation que les ornithologues et les photographes souhaitent ardemment. Dès que les conditions redeviennent idéales, ce qui peut prendre une journée ou deux, ils disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés.

L'un des endroits réputés au Québec pour inventorier les migrations des oiseaux est l'Observatoire des Oiseaux de Tadoussac (OOT). Une équipe d'observateurs chevronnés occupent un ou deux endroits stratégiques en haut des dunes de Tadoussac, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Les suivis se font lors de la migration automnale alors que l'organisme a assez de fonds pour engager des biologistes spécialisés en ornithologie (Olivier Barden, Samuel Denault, Samuel Belleau...). Et voilà que le 28 mai 2018, une journée historique de plus de 721,620 individus a été recensée. Oui, vous avez bien lu, en une seule journée. Peut-on extrapoler que plus d'un million d'oiseaux ait rejoint les régions accueillantes du nord québécois le printemps dernier  ? Et que dire de la migration automnale alors que les rangs des migrateurs peuvent compter sur l'ajout des nouveaux-nés ? Ça donne le vertige.


Cet immature de Paruline obscure / Oreothlypis peregrina / Tennessee Warbler a été photographié  le 20 août 2018 au Marais Provancher, Neuville, Québec.


Il peut arriver également de trouver des espèces d'oiseaux qui sont hors de leur aire de distribution normale. On parle alors d'un "égaré" ("vagrant" pour les anglophones). Il s'agit souvent d'un individu qui, pour des raisons inexpliquées, "perd le nord" et se dirige dans une direction différente ou opposée à ce qu'il aurait dû prendre normalement. Au lieu de migrer vers le sud, il le fait vers le nord, vers l'est ou vers l'ouest. Il s'agit souvent d'immatures qui en sont à leur première migration. On parle alors de dispersion post-nuptiale. Ce phénomène se vérifie beaucoup chez les ardéidés (les aigrettes, les hérons...). Il y a également les espèces vivant sur la côte est de l'Amérique du Nord et qui sont poussées vers nous par les ouragans qui naissent au mois de septembre dans l'Atlantique (aussi loin qu'au large de l'Afrique du Sud). La force de ces vents peuvent même causer l'apparition d'espèces pélagiques à l'intérieur des terres.    

Du 2 au 10 septembre 2018, voilà qu'une espèce d'une grande beauté, la beauté provenant quelquefois non seulement de la splendeur du plumage, mais également de la morphologie atypique de l'oiseau, apparaît près de Normandin, au nord ouest du lac Saint-Jean. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de l'observer au Québec, mais voici une prise faite le 29 novembre 2016 le long de la route vers Cucuta, en Colombie, Amérique du Sud. Il s'agit du Tyran des savanes.


Le mâle du Tyran des savanes / Tyrannus savana monachus / Fork-tailed Flycatcher exhibe une queue très longue.

Le 12 septembre 2018, Jessé Roy-Drainville observe une espèce rarement observée au Québec soit le Moucherolle à ventre roux / Sayornis saya saya / Say's Phoebe. Ça se passe dans le rang Saint-Joseph, à Les Bergeronnes, Haute-Côte-Nord.  Il s'alimente en capturant des insectes en vol à partir des différents poteaux de clôture, le long d'un champ d'avoine.


Je photographie ce Moucherolle à ventre roux le 10 mai 2018 à San Pedro House, près de Sierra Vista, Arizona, USA.

Le 11 septembre 2018, Jean-Étienne Joubert découvre un Traquet motteux / Oenanthe oenanthe leucorhoa / Northern Wheatear à l'est du quai de Notre-Dame-des-Neiges (est rivière Trois Pistoles). Rue de la grève devant le numéro 112. Il s'est déplacé un peu vers l'ouest en longeant le fleuve et il se trouve maintenant (le 14 septembre) à l'embouchure de la rivière Trois Pistoles. Cette espèce apparaît presque annuellement au Québec. Le 04 septembre 2017, j'ai photographié cette espèce le long du chemin de la Grève à Rivière Ouelle, près de Rivière du Loup...


 

...ainsi que celui-ci, le 2 octobre 2013, à Saint-Antoine-de-Tilly, comté de Lotbinière, Québec.




Toujours à l'embouchure de la Rivière Trois Pistoles, c'est le 22 août 2015, que Anne et moi, repérons le Chevalier semipalmé / Tringa semipalmata semipalmata / Willet trouvé depuis peu par un ornithologue. Si je ne peux prendre de photo à cause de la distance trop grande entre lui et moi, je l'avais fait quelques mois plus tôt, le 04 mai 2015 à San Carlos Beach, Floride, USA.




Je pourrais continuer comme ça assez longtemps, mais, avant de terminer, je voudrais vous présenter  une espèce qui aurait beaucoup de chances d'apparaitre bientôt sous les cieux québécois. Elle est présente chez nous habituellement soit au mois de mai, soit au mois d'octobre. En fait, lors des migrations. Il s'agit du Héron gardeboeuf / Bubulcus ibis ibis / Cattle Egret. C'est le 27 octobre 2010 à Nicolet que Anne et moi observons notre dernier au Québec. Il y a eu d'autres mentions depuis, mais cet oiseau ne colle pas longtemps à un site. Règle générale, il mérite bien son nom de gardeboeuf, car il aime suivre les troupeaux de bovins qui sont encore présents dans les champs. En se déplaçant, même si ce n'est que très lentement, les bovidés font s'envoler des insectes qui atterrissent souvent dans le bec de l'oiseau.

Il semble quelques fois exister une certaine complicité entre le héron et le ruminant qu'il accompagne. L'oiseau semble chuchoter quelque chose à l'oreille de son gros compagnon. Autant au Québec...



... qu'en Inde. Photo réalisée le 4 novembre 2014 près du Hornbill camp, sud de l'Inde.




Les limicoles sont encore présents en assez bon nombre et ils envahissent les zones intertidales à marée basse. C'est le temps de profiter de leur présence pour en apprendre davantage sur leurs comportements. La nature nous offre jour après jour des occasions de s'extasier. Elle ajoute de la vie à notre vie. Profitons-en.


@ bientôt.



mercredi 29 août 2018

Ah, ces jeunes de l'été...







En me remémorant les débuts de ma passion pour les oiseaux, je dois admettre que je cessais mes activités d'observation en forêt dès que les insectes piqueurs faisaient sensiblement leur apparition, soit vers le début de juin. À cette date, je calculais qu'observer un moucherolle, même sur son nid, ne valait pas toutes les piqûres que je devais endurer pour ce faire. Assez pathétique, à bien y penser, car une toute nouvelle réalité se révèle à nos yeux en période de nidification. Avec l'expérience des années est venue cette constatation que les mois de juin et juillet fourmillent d'occasions de découvrir encore plus cette nature qui nous émerveille tant.


Ce Moucherolle tchébec / Empidonax minimus / Least Flycatcher est bien installé sur ses oeufs en ce 28 juin 2012 à quelque part en Abitibi.

Ce Tyran tritri / Tyrannus tyrannus / Eastern Kingbird a construit son nid le long d'un sentier à Baie-du-Febvre le 06 juin 2015. Au grand plaisir des photographes et des ornithologues.

En forêt boréale, les canards profitent souvent des plans d'eau créés par les barrages de castors pour y nicher. Le 28 juin 2012, je surprends cette famille de Sarcelle d'hiver / Anas crecca carolinensis / Green-winged Teal à 05h45 du matin. Je suis quelque part en Abitibi.

Les canetons ont ce don d'attirer l'attention autant des grands que des petits. Les marécages et les plans d'eau des parcs publics nous permettent d'observer de très près ces petites boules toutes en duvet. Ce diminutif Canard colvert  / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard a été croisé le 05 juin 2016 au Marais Léon-Provancher, à Neuville.
  
Il n'est pas toujours évident d'observer un Râle de Virginie / Rallus limicola limicola / Virginia Rail à découvert. Cette espèce très furtive se déplace habituellement sous le couvert des grandes plantes aquatiques qui bordent ou occupent les zones marécageuses. Ici nous voyons en premier plan un adulte qui est suivi par le jeune dont la robe est complètement noire. Comme cette espèce se tient habituellement en zone sombre, le jeune est plus difficile à détecter par un prédateur potentiel. Réalisée le le 29 juillet 2017 au marais Léon-Provancher, à Neuville. 

Et que dire des poussins de nos poules de forêts, comme je les appelle, soit le Tétras du Canada / Falcipennis canadensis canadensis / Spruce Grouse ...
 
ou la Gélinotte huppée / Bonasa umbellus / Ruffed Grouse. Les poussins sont plus faciles à trouver lorsqu'ils accompagnent leur mère le long des sentiers ou des chemins forestiers. Comme ces oiseaux sont nidifuges, i.e. qu'ils quittent le nid peu après l'éclosion, elle leur enseigne, par l'exemple, ce qu'ils peuvent bouffer. C'est toujours très amusant de les voir picorer au sol ou sur la végétation. Ces deux photos ont été prises en Abitibi, en 2012.
  
Le Dindon sauvage / Meleagris gallopavo silvestris / Wild Turkey est de plus en plus abondant dans nos campagnes de Chaudière/Appalaches. C'est à Sainte-Croix-de-Lotbinière, le 28 juillet 2017, que je croise cette femelle et ses 13 dindonneaux. J'ai vécu 29 ans à une couple de kilomètres de cet endroit, entre 1976 et 2005, et je n'ai jamais observé de dindons. Je dirais que cette espèce n'a jamais cessé d'accroître sa population depuis 2010.

 
Ah, ces jeunes de l'été. Les environs seraient si tranquilles (voire plates) sans leurs présences. Surtout les passereaux dont les cris incessants invitent les parents à redoubler de ferveur pour les nourrir et leur fermer le caquet. Mission d'avance impossible. Tâche ardue qui occupe toute la journée, de l'aube au crépuscule. Mais ils sont si beaux ces jeunes de l'été. En plus d'assurer la pérennité de l'espèce, ils embellissent nos vies.


Avec un plumage pareil, ce jeune Chardonneret jaune / Carduelis tristis tristis / American Goldfinch devrait bientôt se nourrir par lui-même. Les oisillons des oiseaux ont souvent cette façon de faire vibrer leurs ailes pour attirer l'attention du parent nourricier. Lors de la copulation, certaines femelles adoptent ce comportement pour indiquer au mâle qu'elles sont prêtes et consentantes. Photo réalisée le 20 août 2018 au Marais Léon-Provancher, à Neuville.

C'est le 5 septembre 2016 que je capte cette scène impliquant un jeune et un adulte de Jaseur d'Amérique / Bombycilla cedrorum cedrorum / Cedar Waxwing. Les journées précédentes, l'adulte gavait ce jeune hyperactif, mais pas ce matin-là. Je crois sincèrement que j'assistais à une scène de sevrage. Des fruits abondants tout autour permettaient maintenant au jeune de s'émanciper. Réalisée à l'Île-aux-Basques, au large de Trois-Pistoles. 

À l'été, notre pelouse peut à l'occasion accueillir parents et rejetons d'espèces qui nichent près de nos habitations. Surtout si nous maintenons un poste d'alimentation. Les graines de tournesol tombées par terre n'y demeurent pas longtemps. Les écureuils, les bruants, les tourterelles, les corneilles et autres oiseaux noirs ont vite fait de les ingurgiter. Ici, c'est un adulte de Quiscale bronzé / Quiscalus quiscula versicolor / Common Grackle qui nourrit un jeune pas mal développé lui aussi. Remarquez qu'il fait vibrer ses ailes afin d'inciter l'adulte à le nourrir.  Réalisée le 20 juin 2015 dans ma cour, à Sillery.


Et les jeunes de l'été ne sont pas tous en plumes, il y en a aussi en poils.


Cette femelle Cerf de Virginie / Odocoileus virginianus borealis / White-tailed Deer et son faon se présentent en fin de journée, quelques minutes avant le crépuscule. Ça se passe à l'Île-aux-Grues, près de Montmagny, en ce 1er août 2015. Pour ma part, c'est la première fois que je vois un faon au Québec.

L'Ours noir / Ursus americanus / American black Bear est un mammifère plantigrade qui craint beaucoup l'homme. Encore plus quand il y a des oursons dans les parages. Cette mère et ses deux rejetons ont été croqué sur le vif dans le Parc des Grands Jardins, au niveau du Chateau Bomont, le 30 juin 2017.

 
En terminant, permettez-moi de vous présenter le coup de coeur de ma cour. Il s'agit du Tamia rayé / Tamias striatus / Eastern Chipmunk. Il a adopté ma cour depuis de nombreuses années et il s'y plaît tellement qu'il lui arrive même, certaines années, de s'y reproduire. Voici une scène attendrissante captée le 22 juin 2015.






@ bientôt.



vendredi 17 août 2018

L'importance de documenter les observations litigieuses



L'observation des oiseaux est une activité très stimulante et passionnante, mais il arrive à l'occasion d'éprouver un peu de frustration lors que nous nous retrouvons devant une espèce qui cause des problèmes d'identification. Et ceci est d'autant plus vrai lorsque nous sommes en terrain inconnu pouvant abriter des espèces peu ou jamais observées par nous dans le passé.

Le 5 mai 2018, Anne et moi sommes sur l'arête sud du Grand Canyon en Arizona. À cette date et à cet endroit, il est possible de croiser trois espèces de bruants du genre spizella : les Bruant familier, Bruant des plaines et Bruant de Brewer. En plumage adulte, il est quand même assez facile de les différencier. Mais les individus en plumage immature peuvent compliquer allégrement l'identification. Même pour les ornithologues habitués. Nous savons que les rencontres avec nos amis emplumés se font souvent rapidement et il est alors facile de manquer des détails pouvant mener à une reconnaissance hors de tout doute. Dès notre arrivée, des petits groupes de bruants attirent notre attention. Parmi plusieurs Bruants familiers qui furètent au sol, nous découvrons un Bruant des plaines en plumage adulte et nous confirmons son identité assez facilement. Mais il échappe à l'oeil cyclopéen de mon Canon. Trop de branches entre lui et la caméra, impossible de faire une photo potable. Cependant, voici un individu que je peux capter...


Au premier coup d'oeil, l'identification de ce bruant peut comporter une certaine difficulté. L'oiseau bouge continuellement et nerveusement. Une bande roussâtre au-dessus du sourcil et une raie médiane grise au niveau de la couronne peuvent nous faire pencher vers le Bruant des plaines. De plus, il ne semble pas y avoir de ligne continue entre l'oeil et le bec. Le trait caractéristique à observer est le croupion nettement gris qui contraste avec dos. Il s'agit bien d'un Bruant familier, car les deux autres bruants ont le croupion brunâtre.


Alors que Anne est hors de portée de voix pour moi, un oiseau se présente pendant quelques secondes et je préfère ma caméra à ma jumelle pour capter des images qui seront plus fidèles que ma mémoire.


Mais quel est cet oiseau ? Finement rayé au niveau de la couronne, pas de trait visible entre l'oeil et le bec, cercle péri-oculaire apparent. Même si je ne vois pas la couleur du croupion,je penche vers un possible Bruant des plaines.

  
Cette position permet de voir maintenant le croupion qui n'est définitivement pas aussi grisâtre que celui du Bruant familier. Mon idée va encore vers le Bruant des plaines.

 
Et voilà la photo qui ne laisse plus aucun doute. La nuque finement rayée à sa largeur et les rayures qui se rendent jusqu'à celles plus prononcées du dos permettent d'identifier avec certitude un Bruant de Brewer / Spizella breweri breweri / Brewer's Sparrow.

Désireux d'avoir l'avis d'experts en la matière, je poste un message sur le forum de discussion américain Birdwing. Je reçois un message de la sommité en la matière, Nick Lethaby, qui confirme qu'il s'agit bien d'un Bruant de Brewer. Tony Leukering mentionne un possible Bruant de Taverner / Spizella taverneri / Timberline Sparrow à cause du patron prononcé au niveau de la tête et du gris du manteau. Cependant, il est très difficile d'aller plus avant avec cette identification seulement basée sur des photos.

Pour moi, il s'agit des premières photos prises de cette espèce et j'en suis bien excité. C'est pour dire qu'il ne faut jamais hésiter à capter des images lorsque l'occasion se présente. Ce qui est important, c'est de photographier le sujet dans différentes positions de façon à le voir sous tous les angles. Plus facile après d'arriver à se faire une idée plus précise. Bien entendu, il faut que le sujet soit collaborateur et ça... c'est une autre paire de manches.

@ bientôt.


   

jeudi 28 juin 2018

Arizona: du Grand Canyon à Portal.





Je rêvais de l'Arizona depuis que mon ami Mario Grégoire et sa compagne Lise Huppé,  de Victoriaville, y ont fait un séjour dans les années 90. Comme pour bien des passionnés d'oiseaux qui visitent ce bel état américain, ils ont surtout couvert la partie sud-est où se retrouvent les principaux sites d'intérêt ornithologique, soient Madera Canyon, Ramsey Canyon, Patagonia ou Portal. Ce qui fait la particularité de cette région est la présence d'espèces observées habituellement plus au sud, soit au Mexique. Lorsque nous regardons les cartes de distribution de quelques unes de ces espèces, la tendance remarquée est que ces espèces semblent suivre un corridor naturel passant par ou longeant la chaîne de montagnes formée par la Sierra Madre Occidentale au Mexique pour aboutir dans les montagnes Chiricahua en Arizona. En fait, c'est la similarité d'habitats entre la partie sud-ouest des États-Unis et la partie nord-ouest du Mexique qui explique le mieux ce phénomène.

Connue comme la province géologique de "Basin and Range", cette vaste région occupe une superficie d'environ 440 000 km2 . Son nom désigne, en géologie, un type de relief caractérisé par des séries de petites chaînes de montagnes parallèles séparées par de larges vallées s'étendant parfois sur de grandes régions. La province comprend plusieurs déserts et zones arides et de nombreuses régions écologiques différentes.

Au nord de Phoenix, nous montons en altitude jusqu'aux environs de Flagstaff et le climat aride du sud fait place à un climat plus tempéré. Les vastes étendues peuplées de grands cactus de la région de Phoenix font place à de grands plateaux avec des champs herbeux et des parcs où arbres feuillus et conifères font bon ménage. Et qui dit changement d'habitats dit aussitôt variété différente d'oiseaux, de plantes ou d'animaux. La partie nord de l'Arizona, dans la région du Grand Canyon, promet de recéler de belles surprises et c'est là que nous commençons notre aventure. Arrivés à Phoenix en mi-journée du 3 mai 2018, nous prenons possession de notre véhicule loué à l'aéroport et nous nous dirigeons pour notre premier arrêt à Flagstaff.   


Trajet effectué en Arizona entre le 3 mai et le 17 mai 2018 et couvrant un total de 3 132 km ou 1 946 milles.


3 mai 2018


Un superbe mâle de Merlebleu de l'Ouest / Sialia mexicana occidentalis / Western Bluebird nous souhaite la bienvenue juste à l'arrière de l'hôtel Aspen Flagstaff / Grand Canyon Inn Suites, à Flagstaff.


Ce Junco ardoisé (à dos roux) / Junco hyemalis dorsalis / Dark-eyed Junco (Red-backed) se retrouve plus au nord que ne l'indique sa carte de distribution présentée dans le guide Sibley, mais son bec bicolore ne laisse planer aucun doute sur son identité véritable.


La race cafer de notre Pic flamboyant se retrouve à l'ouest du continent et il se distingue par la moustache rouge et les dessous (queue et ailes) rosés. D'où le nom de Pic rosé dont il a déjà été affublé. Son nom actuel: Pic flamboyant / Colaptes auratus cafer / Northern Flicker.

 
4 mai 2018

 

Ce Pic de Lewis / Melanerpes lewis / Lewis's Woodpecker s'avère l'une des plus belles surprises du voyage. Nous ne le verrons plus par la suite. Alors que nous nous arrêtons pour prendre une photo à l'entrée du parc du Grand Canyon, nous l'apercevons tout près de nous. Il nous laisse prendre quelques photos avant de s'envoler. Tout un début de journée.


Le Geai de Woodhouse / Aphelocoma woodhouseii / Woodhouse's Scrub-Jay est commun au Grand Canyon. Il était autrefois considéré comme une sous-espèce du Geai buissonnier / Aphelocoma californica / California Scrub-Jay.


La Mésange des genévriers / Baeolophus ridgwayi ridgwayi / Juniper Titmouse fréquente les forêts de pins et de conifères des hauts plateaux du nord de l'Arizona.


La Paruline de Grace / Setophaga graciae graciae / Grace's Warbler fréquente les grands pins où elle se nourrit des petits insectes qui se cachent parmi les grandes aiguilles végétales.


5 mai 2018




Voici selon moi la plus belle de nos hirondelles nord-américaines. En vol, l'Hirondelle à face blanche / Tachycineta thalassina thalassina / Violet-green Swallow ressemble à notre Hirondelle bicolore par son coloris et par sa taille. Ce n'est que lorsqu'elle est perchée que nous pouvons admirer le violet au croupion et le vert sur son dos. Comme la bicolore, elle niche dans des trous d'arbres.


Le Geai du Mexique / Aphelocoma wollweberi arizonae / Mexican Jay est commun sur tout le territoire. À l'instar des autres membres de sa famille, il est très vocal et bruyant.


Pour les Québécois, voici une espèce qui représente bien l'ouest du pays. Le Piranga à tête rouge / Piranga ludoviciana / Western Tanager, commun dans l'ouest, est rarement observé au Québec. Les 3 dernières photos ont été prises dans la Watson Lake Preserve à Prescott, Arizona.


6 mai 2018



Alors que nous observons le Junco ardoisé (à dos roux) au nord de l'Arizona, nous devons nous rendre dans la partie sud-est de l'état pour voir le Junco aux yeux jaunes / Junco phaeonotus palliatus / Yellow-eyed Junco. Nous sommes au Madera Canyon, près de Green Valley où nous logeons au Vagabond Inn Executive.


Plusieurs espèces nichent en ce début de mai. Ce Junco aux yeux jaunes, malgré des apparences trompeuses, ne vient pas m'offrir ces appétissantes chenilles, mais il le fera sans doute dans quelques secondes à des oisillons autrement plus affamés que moi.


L'élégante Mésange arlequin / Baeolophus wollweberi vandevenderi / Bridled Titmouse remplace la Mésange des genévriers présente plus au nord, dans la région du Grand Canyon. La arlequin s'observe quotidiennement au sud de Phoenix.


De la taille de notre Colibri à gorge rubis, le Colibri à gorge noire / Archilochus alexandri / Black-chinned Hummingbird fréquente les postes d'alimentation et les aménagements floraux entourant les lieux habités. À Madera Canyon, il s'agit de se rendre au Santa Rita Lodge pour pouvoir profiter de postes d'alimentation et d'abreuvoirs très fréquentés. Facile à trouver, le long de la route asphaltée qui traverse le parc, l'accès est gratuit si on demeure en retrait des mangeoires. Belles observations et photos garanties.


7 mai 2018


Le Colibri circé / Cynanthus latirostris magicus / Broad-billed Hummingbird est plus gros et plus foncé que le Colibri à gorge noire. Son bec rouge est diagnostique.


Oh qu'elle est furtive cette Ictérie polyglotte / Icteria virens auricollis / Yellow-breasted Chat. Peu habitués à cette espèce, nous l'avons cherchée pendant de longues minutes. Elle est très vocale et elle émet des sons facilement associés à bien des espèces différentes: oriole, moqueur, viréo, geai... On finit par en perdre son latin. À force de patience, et bien des chuintements,  voilà qu'apparaît l'auteur de tout ce boucan. Une fois qu'on le sait, on sauve bien du temps à ne pas essayer de dénicher cet as du cache-cache.


Le Tohi d'Abert / Melozone aberti vorhiesi / Abert's Towhee n'est pas rare du tout, mais il est très silencieux et il se nourrit au sol. Il passe souvent inaperçu. Je photographie celui-ci au Patagonia Lake State Park, près de la ville de Patagonia.


Le cri du Pic arlequin / Picoides scalaris cactophilus / Ladder-backed Woodpecker ressemble beaucoup à celui de notre Pic mineur. Ce dernier est cependant rare en Arizona. C'est la première fois que nous pouvons le voir si bien. Nous sommes dans la cour du Paton Center for hummingbirds, à Patagonia.


Et voici l'espèce vedette de cet endroit. Nul autre site en Amérique du Nord ne peut autant garantir d'ajouter sur sa liste à vie l'Ariane à couronne violette / Amazilia violiceps ellioti / Violet-crowned Hummingbird. Elle vient se sustenter à l'occasion à l'un ou à l'autre des nombreux abreuvoirs mis à la disposition des colibris et autres adeptes de nectare. Nous sommes très chanceux de la voir arriver lors de notre visite de quelques heures dans cette cour.


8 mai 2018


Autre espèce associée aux milieux arides de l'ouest américain, le Phénopèple luisant / Phainopepla nitens lepida / Phainopepla porte un manteau très sobre. Noir chez le mâle et gris chez la femelle. Ce n'est qu'en vol que le mâle révèle le blanc de ses primaires. Cet oiseau élancé aime se percher sur le bout d'un arbuste ou sur un fil électrique le long de la route.


Les tyrannidés ne sont jamais faciles à identifier au premier coup d'oeil. Ils semblent tous pareils. Les sons émis sont très utiles dans la plupart des cas. Ce Tyran à gorge cendrée / Myiarchus cinerascens cinerascens / Ash-throated Flycatcher très coopératif ne se tient pas très loin d'un Tyran de Wied / Myiarchus tyrannulus magister / Brown-crested Flycatcher et d'un Tyran olivâtre (Arizona) / Myiarchus tuberculifer olivascens / Dusky-capped Flycatcher (Arizona).


Ce n'est pas toujours évident d'observer le crochet qui termine la mandibule supérieure chez certains viréos. C'est bien le cas ici pour le diminutif Viréo de Hutton / Vireo huttoni stephensi / Hutton's Vireo. À Madera Canyon, il est abondant et nous entendons son chant caractéristique tout au long de la journée.


9 mai 2018



Les granivores et les insectivores ne manquent pas en zone aride. Le Tohi des canyons / Melozone fusca mesoleuca / Canyon Towhee est plus fréquemment observé que le Tohi d'Abert. Photo réalisée à San Pedro Riparian National Conservation Area, près de Sierra Vista.



Une belle surprise nous attend à San Pedro alors qu'un Colin écaillé / Callipepla squamata pallida / Scaled Quail accompagne un petit groupe de Colins de Gambel. Beaucoup plus peureux que son cousin à la couette frontale, l'écaillé se confond davantage dans les hautes herbes de par sa couleur et son plumage cryptique. Par contre, sa huppe pâle nous permet de le repérer assez facilement. La connaissance de son chant, bien différent de celui du Gambel, est un atout important pour reconnaître sa présence.


On ne pourrait dire mieux que ce Petit-duc des montagnes / Megascops kennicottii yumanensis / Western Screech-Owl vit dans le coeur même de cet énorme chêne. À l'image des différentes espèces du genre Megascops se retrouvant à travers le monde, il aime profiter des derniers rayons de soleil avant d'entreprendre une nuit trépidante dévolue à la poursuite de petits rongeurs et de reptiles abondants en zone aride. 



10 mai 2018


J'avais bien hâte d'ajouter à ma liste mondiale au moins une espèce de ces moqueurs au bec incurvé. Une seule visite antérieure, en janvier et dans le sud de la Californie, ne m'avait pas permis de le faire. Ces oiseaux étaient alors plus au sud. Le Moqueur de Palmer / Toxostoma curvirostre palmeri / Palmer's Thrasher ou Moqueur à bec courbe / Curve-billed Thrasher est commun dans le sud-est de l'Arizona. Cet individu se nourrit au sol tout près des habitations longeant la route menant au Miller Canyon.


Quand la longue plainte descendante du Troglodyte des canyons / Catherpes mexicanus conspersus / Canyon Wren se fait entendre, c'est que l'oiseau n'est pas très loin. Et nous le découvrons alors qu'il est occupé à nourrir ses rejetons.


Qu'il est beau ce Pic glandivore / Melanerpes formicivorus formicivorus / Acorn Woodpecker ! Il est peu farouche et,  malgré notre présence, il vaque à ses tâches quotidiennes qui comprennent entre autres la maintenance d'un entrepôt bien spécial. À suivre dans la prochaine photo...


Le Pic glandivore, comme son nom l'indique, dépend fortement des glands pour se nourrir. Dans certaines parties de leur aire de répartition (par exemple, la Californie), les pics créent des greniers ou des «arbres à glands» en perçant des trous dans des arbres morts, des branches mortes, des poteaux téléphoniques et des bâtiments en bois. Ils forent également des trous dans l'écorce épaisse d'arbres vivants matures, notamment le Pin ponderosa en Californie. Ces trous, toujours au-dessus de la limite des neiges pour que les glands puissent être récupérés en hiver, peuvent être observés par centaines sur de grands arbres. Ils ne nuisent pas à l'arbre. Les pics recueillent alors des glands et trouvent un trou qui est juste la bonne taille pour le gland. Au fur et à mesure que les glands s'assèchent, ils perdent du volume et ils sont déplacés vers des trous plus petits. L'entretien du grenier nécessite une quantité importante de temps pour l'oiseau. Ils se nourrissent également d'insectes, de sève et de fruits.



11 mai 2018


Ma dernière observation de cette espèce remonte au 23 janvier 2017 et c'était au Québec, plus spécifiquement à Saint-Mathieu-de-Rioux dans le Bas-Saint-Laurent. Non pas que cette espèce soit régulière au Québec, mais un égaré peut être observé aux mangeoires en période hivernale. Le Tohi tacheté / Pipilo maculatus montanus / Spotted Towhee est très commun en Arizona et ses cris de contact sont entendus un peu partout en forêts montagneuses.



Une autre espèce abondante dans les forêts de chênes et de pins de l'Ouest est le Pioui de l'Ouest / Contopus sordidulus veliei / Western Wood-Pewee. La forme conique de sa tête aide beaucoup à le différencier des autres espèces d'empidonax qui peuvent partager son habitat.


12 mai 2018


La sous-espèce albescens du Grimpereau brun / Certhia americana / Brown Creeper se rencontre dans les montagnes du sud-est de l'Arizona, du sud-ouest du Nouveau-Mexique et du nord-ouest du Mexique. Certains taxonomiste lui donne le nom anglais de Mexican Creeper. La différence notable que j'ai remarquée avec la sous-espèce americana se situe au niveau de la bande sourcilière plus large et qui se prolonge sur le front.


La sous-espèce icastus du Pic chevelu / Picoides villosus / Hairy Woodpecker est bien différente de la race villosus observable sous les cieux de l'est de l'Amérique du nord. Masque facial plus large, moins de blanc au niveau du dos et ailes presque dépourvues de points et de rayures blancs. Les dessous sont également plus gris.


Le Trogon élégant / Trogon elegans canescens / Elegant Trogon est une autre espèce-vedette très recherchée par les ornithologues dans le secteur de Portal et de Cave Creek Canyon. Facile à repérer au chant, il ne nous a pas fallu trop de temps pour le repérer. Espèce rare et localisée, cette région de l'Arizona est l'endroit le plus sûr pour espérer l'observer en Amérique du Nord.

Les espèces d'empidonax de l'Ouest ne sont pas plus faciles à identifier que celles de l'Est. Les sons émis sont très importants de même que les habitats. Dans les années 1990, l'espèce reconnue le long de la côte pacifique (et un peu plus à l'intérieur) était le Moucherolle du Pacifique / Empidonax difficilis / Western Flycatcher, mais elle a été depuis scindée en deux espèces distinctes. En Californie, on retrouve le Moucherolle côtier / Empidonax difficilis / Pacific-slope Flycatcher.  Celle présente dans les montagnes s'appelle Moucherolle des ravins / Empidonax occidentalis hellmayri / Cordilleran Flycatcher. C'est cette dernière espèce que l'on retrouve an Arizona.


13 mai 2018


Le Cardinal à tête noire / Pheucticus melanocephalus maculatus / Black-headed Grosbeak apporte beaucoup de couleurs aux mangeoires où on le retrouve sans peine. Nous sommes ici à la George Walker House située le long de la South Noland Road, Cave Creek Canyon près de Portal. C'est un arrêt proposé sur le pamphlet du site de ce vaste canyon.


Ce magnifique Colibri à gorge bleue / Lampornis clemenciae bessophilus / Blue-throated Hummingbird fréquente les mangeoires du Cave Creek Ranch. Ce lieu est privé, mais il est possible de passer quelques heures aux postes d'alimentation du complexe hôtelier en retour d'un faible paiement. Ça vaut vraiment la peine de visiter cet endroit.


Et voici le célèbre bip-bip, le véritable icône des vastes régions désertiques. Malgré sa taille appréciable, le Grand Géocoucou / Geococcyx californianus / Greater Roadrunner peut passer inaperçu, car il s'envole rarement et, en raison de la chaleur accablante du milieu de journée, il se cache souvent à l'ombre de la végétation arbustive. Il est donc plus facile de le voir en début ou en fin de journée. Celui-ci a été capté alors qu'il traversait la chaussée au pas de course. Et oui, nous avons également croisé l'aussi célèbre Coyote cette même journée en compagnie de quelques urubus, tous réunis autour d'une carcasse en bordure de route. Dès qu'il a aperçu notre véhicule, le canidé s'est vite volatilisé même si nous étions encore à une grande distance.



14 mai 2018


C'est tout près de la frontière du Nouveau-Mexique que nous observons notre seul Moqueur de Bendire / Toxostoma bendirei bendirei / Bendire's Thrasher du voyage. Il se distingue du Palmer par son bec plus court et moins incurvé. Son chant et l'habitat où il vit aident également à l'identification, car le juvénile du Palmer est affublé d'un bec plus court que celui de l'adulte.


Le chant volubile du Cardinal pyrrhuloxia / Cardinalis sinuatus fulvescens / Pyrrhuloxia nous porte à croire que l'auteur est un moqueur, mais heureusement pour nous il se perche bien en vue pour faire ses vocalises. Le mâle est très beau avec son gros bec jaune, sa crête et le rouge sur la partie ventrale.


Rares sont les films ou les documentaires télévisuels montrant des étendues désertiques où on n'entend pas les cris stridents du Troglodyte des cactus / Campylorhynchus brunneicapillus couesi / Cactus Wren. Je dirais qu'il est la voix des zones arides.


Autre icône des vastes étendues desséchées, le Colin de Gambel / Callipepla gambelii fulvipectus / Gambel's Quail est l'espèce de colin la plus abondante. On en voit partout et à toute heure de la journée. Sa couette légendaire a été rendue célèbre dans des dessins animés présentés dans les années 60.


15 mai 2018



L'Ibis à face blanche / Plegadis chihi / White-faced Ibis remplace l'Ibis falcinelle / Plegadis falcinellus / Glossy Ibis de la côte Est du continent nord-américain. Cochise Lake, dans la municipalité de Wilcox, est le lieu idéal pour trouver cette espèce.


Malgré le fait qu'il ne gagnera jamais un prix de beauté, l'Urubu à tête rouge / Cathartes aura aura / Turkey Vulture possède quand même un certain charme. La sous-espèce aura se retrouve dans la partie occidentale de l'Amérique et la sous-espèce septentrionalis survole la partie orientale.


L'Avocette d'Amérique / Recurvirostra americana / American Avocet niche autour du lac Cochise, à Wilcox. Ce plan d'eau attire une bonne variété d'oiseaux d'eau: limicoles, canards, grèbes... Un arrêt s'impose.


C'est le long de la Stateline Road, route séparant les états d'Arizona et du Nouveau-Mexique, que nous observons le seul Gobemoucheron à queue noire / Polioptila melanura lucida / Black-tailed Gnatcatcher du voyage. Et il traverse d'un état à l'autre sans trop s'occuper de la joie que nous éprouvons de pouvoir ajouter cette espèce sur deux listes différentes. Ah, ces listeurs  ;-) .


16 mai 2018



C'est dans la région de Tucson, plus précisément au Mont Lemmont, que nous passerons notre dernière journée d'ornitho en Arizona. Et l'espèce convoitée n'est pas la moindre puisqu'il s'agit de la Paruline à face rouge / Cardellina rubrifrons / Red-faced Warbler. Au cours du voyage, nous avons jasé avec quelques photographes qui nous ont suggéré cet endroit où cette très localisée paruline peut être trouvée avec le plus de certitude. Bien au fait de son chant, nous avançons lentement bien assis dans le véhicule à une altitude de 8 000 pieds lorsqu'une ritournelle connue vient faire vibrer nos tympans. Oui, c'est bien elle. Nous en découvrirons en fait trois individus différents. Wow ! Nous l'avons tellement cherché dans les différents canyons visités. Et nous l'avions même manqué de quelques minutes à  Cave Creek Canyon. Il était moins une.

Une autre espèce recherchée depuis le début du voyage est la petite Sittelle pygmée / Sitta pygmaea melanotis / Pygmy Nuthatch. Une autre pas facile en raison de sa taille et des cris faibles qu'elle émet si on les compare à ceux émis par nos deux sittelles québécoises.


La sous-espèce de Grive solitaire / Catharus guttatus auduboni / Hermit Thrush que nous avons observée en Arizona est plus terne que celle, la faxoni, présente au Québec. Elle est plus grise et montre moins de roux aux ailes.


L'Arizona devrait être sur la liste des endroits à visiter pour différentes raisons. Les ornithologues y trouvent des espèces d'oiseaux plus faciles à observer ici qu'ailleurs en Amérique du Nord. L'aridité du climat et la différence de température et de dénivellation entre la partie nord et la partie sud de l'état contribue à la variété des espèces animales et végétales. Il est très facile de louer une voiture et de se déplacer à son gré, car l'infrastructure routière est sans faille. Hormis la région de Portal, les hôtels à prix abordables sont nombreux et bien tenus. De même pour les restaurants, les stations service et les fast-food ouverts à toute heure du jour.

Les paysages sont magnifiques et le soleil est présent mur à mur. Jamais nous n'avons eu à nous préoccuper de la température qu'il ferait le lendemain. Ceci dépend bien évidemment de la période de l'année où nous nous rendons dans cet état. Vu les grandes chaleurs, une visite en plein été ne serait vraiment pas une bonne idée. Je crois que la période la meilleure pour s'y rendre est vers la deuxième ou la troisième semaine d'avril. Nous avons été choyé en mai, mais il était un peu tard pour les espèces migratrices qui ne sont que de passage vers leurs quartiers d'été situés plus au nord.


@ bientôt.