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vendredi 6 mars 2015

Que c'est beau... la beauté des paridés !




La famille des paridés est constituée de 8 genres et de 59 à 61 espèces (selon les différents taxonomistes) de passereaux portant tous le nom de mésange. On les retrouve principalement dans l'hémisphère Nord et en Afrique.

Au Québec, qui ne connaît pas au Québec l'omniprésente Mésange à tête noire / Poecile atricapillus atricapillus / Black-capped Chickadee ? Pour tous les Québécois, elle est l'icône même du courage incroyable qu'il faut pour survivre aux trop longs hivers qui recouvrent le Québec durant presque la moitié de l'année. Comme je l'ai déjà mentionné dans des billets antérieurs, elle est mon espèce préférée, celle qui m'accompagne dans mes sorties sous tous les cieux et sous toutes les températures, dans l'univers nord-américain s'entend.  Elle est dynamique, acrobatique et elle dégage cette vitalité qui ne peut faire que nous stimuler à lutter nous-mêmes contre les conditions adverses du climat qui prévaut sous nos régions en saison froide.


Elle est belle, attachante et elle est prodigue de cette fougue qui nous stimule lors de nos rencontres en saison froide. Merci à toi, Mésange à tête noire, pour la constance dont tu fais preuve, peu importe les conditions de température adverses.


Sa cousine Québécoise, la Mésange à tête brune /  Poecile hudsonicus littoralis / Boreal Chickadee est encore plus coriace puisqu'elle se retrouve encore plus au nord où elle habite et se reproduit. Cependant, nous avons la chance de la retrouver aussi près de la vallée du Saint-Laurent. dans des forêts où prédominent les conifères. La forêt Montmorency, au nord de la ville de Québec, est sans aucun doute l'endroit le plus certain pour l'observer. Malgré qu'elle ne soit pas assurée à toutes les visites, la seule tentative de la trouver vaut le déplacement.


La Mésange à tête brune a les flancs plus colorés et cette calotte brune qui la caractérise. Son chant est plus enrhumé et plus faible que celui de la calotte noire et il se reconnaît assez facilement.


Elle est habituellement plus difficile à observer car elle se tient dans les conifères et elle est moins vocale que sa cousine à tête noire. Mais avec de la patience, et un peu de chance, elle peut venir se percher à seulement quelques mètres de nous. Mais elle n'y reste pas longtemps. J'ai attiré celle-ci en chuintant faiblement pendant une vingtaine de secondes. Et c'est la curiosité qui l'a attirée à découvert. Honnêtement, j'ai eu environ 3 secondes pour prendre cette photo.



La Mésange bicolore / Baeolophus bicolor / Tufted Titmouse est la plus rare des trois espèces de mésanges pouvant s'observer au Québec. Dans le volume du premier Atlas des Oiseaux Nicheurs du Québec (1984-1989), il est mentionné que depuis l'hiver 1978-1979, on a pu l'observer en petit nombre presque chaque hiver (sauf pendant les hivers 1983-1984 à 1985-1986) dans le sud du Québec, surtout dans la région comprise entre le Richelieu et le lac Memphrémagog (R.Yank, comm.pers. ; Aubry et al, 1991a). Aujourd'hui, selon les données du deuxième Atlas (2010-1015), elle s'observe à l'année et est même nicheuse dans le sud ouest du Québec. Des rapports ponctuels sur sa présence sont signalés jusque dans la région de la ville de Québec. 



À la fin d'octobre 2014, Anne et moi avons accepté l'invitation de notre grand ami Jean-Jacques Gozard d'aller passer quelques jours à sa maison de Gif-sur-Yvette, située à environ 25 kilomètres de Paris, en France. Nous avons été en mesure de voir à quoi pouvait ressembler une cour dotée d'une de mangeoires de l'autre côté de l'Atlantique. Nous étions vraiment excités et nous n'avons pas été déçus. Les mésanges européennes sont beaucoup plus colorées que les nord-américaines et  elles sont facilement attirées aux postes d'alimentation mis à leur disposition. Elles sont tout aussi actives et acrobates que les nôtres et leur présence est toujours souhaitée et spectaculaire. Voici donc quelques espèces que j'ai eu la chance de photographier durant le court laps de temps que nous pouvions accorder à l'observation dans le jardin de Jean-Jacques.



La Mésange huppée / Lophophanes cristatus mitratus / Crested Tit est la première beauté à se présenter à la mangeoire de Jean-Jacques. Elle relève souvent sa huppe bien en avant, ce qui lui donne une allure bien particulière. Elle est la seule espèce de passereau européen, hormis le Jaseur boréal, à être affublée d'une huppe. Petite anecdote, notre Mésange bicolore a déjà porté le nom de Mésange huppée, mais c'était il y a quelques décades.



En moyenne légèrement plus petite que notre Mésange à tête noire, elle est tout aussi hyper active. Elle fréquente assidûment les mangeoires et elle n'hésite pas à se poser au sol pour aller chercher les graines de tournesol qui y sont tombées.



La deuxième espèce à se présenter est la très jolie Mésange bleue / Cyanistes caeruleus caeruleus / Blue Tit. Elle est de la même taille que la huppée.




Et voici que lui succède la costaude Mésange charbonnière / Parus major / Great Tit. Un peu plus grosse que notre Mésange à tête noire, elle annonce son arrivée au poste d'alimentation par un sifflement court. Moins farouche que ses consoeurs européennes, elle peut pousser l'audace jusqu'à venir cueillir des graines dans une main tendue.



C'est en janvier 2010 que je photographie cette Mésange charbonnière dans une arrière cour dans le comté de Lotbinière, au Québec. Cet individu est présent depuis le début de novembre 2009 à un poste d'alimentation en bordure du fleuve St-Laurent. On présume que l'oiseau est soit un échappé de cage, soit un individu qui a traversé l'océan dans la cale d'un navire. Il se déplacera quelques semaines plus tard vers l'est, alors qu'il est observé à un autre poste d'alimentation, toujours en bordure du fleuve, à environ huit kilomètres de là. Une seule observation rapportée et aucune nouvelle par la suite.


Et voici la lilliputienne Mésange à longue queue / Aegithalos caudatus europaeus / Long-tailed Tit. J'adore cette petite boule d'énergie qui m'a autant donné de problème à la prendre en photo. Elle se tient en petits groupes et elle a le même comportement que les roitelets qui ne restent malheureusement que quelques secondes au même endroit. Même si étroitement apparentée aux autres mésanges, elle appartient à une autre famille, celle des aegithalidés. Je n'ai pu m'empêcher d'ajouter cette photo malgré sa non appartenance aux paridés. Après tout, elle est, elle aussi, une mésange.


Voici maintenant la Mésange nonnette / Poecile palustris palustris / Marsh Tit qui ne fréquente pas l'arrière cour de Jean-Jacques, mais une autre située aussi à Gif-sur-Yvette, dans un milieu plus forestier. Son manteau ressemble plus à notre Mésange à tête noire. Sa bavette est cependant plus petite, restreinte à une petite zone juste en bas du bec.


C'est le 24 novembre 2014 au parc Victoria, dans la ville de Nuwara Eliya au Sri Lanka, que je rencontre une espèce qui ressemble beaucoup à la Mésange charbonnière, mais en plus terne: la Mésange indienne / Parus cinereus mahrattarum / Cinereous Tit.


Et que dire de cette autre beauté qu'est la Mésange à dos tacheté / Parus spilonotus subviridis / Yellow-cheeked Tit photographiée le 15 février 2013 au sommet du Doi Inthanon, dans le nord ouest de la Thaïlande.


Toute aussi belle, même si ce n'est pas évident sur cette photo, cette Mésange jaune (des Ghâts) / Parus aplonotus tranvancoreensis / Indian Tit a croisé ma route le 7 novembre 2014 près de Munnar, dans les Western Ghats, dans le sud ouest de l'Inde.


Et la diminutive et furtive Mésange modeste / Sylviparus modestus modestus / Yellow-browed Tit porte bien son nom d'abord par sa robe très sobre et aussi par ses apparitions presque fantomatiques. On l'entend, on la repère à la jumelle et Oups !, elle est disparue. C'est tout ce que j'ai pu capter de sa trop brève apparition au sommet du Doi Inthanon, en Thaïlande, en ce 14 février 2013.


La famille des paridés recèlent encore bien d'autres trésors qu'il me reste encore à découvrir. Et c'est ce qui me motive à continuer à parcourir cette belle planète bleue.


@ bientôt.




mardi 28 octobre 2014

La magie de la première mésange



Dans exactement 24 heures, Anne et moi partons vers Paris pour une escale d'une journée chez notre ami Jean-Jacques Gozard qui y possède une maison. Et 36 heures plus tard, en compagnie de Jean-Jacques et de Richard Yank, nous prenons un vol vers le sud de l'Inde. Oui, beaucoup d'excitation dans l'air. L'Inde est une première pour nous et le séjour que nous ferons ensuite au Sri Lanka n'est rien pour calmer notre fébrilité.

C'est merveilleux de pouvoir voyager comme nous le faisons. Anne et moi en sommes conscients. Nos voyages nous font apprécier toutes les richesses naturelles que chaque destination recèle et nous dévoile toujours aussi généreusement. Ils nous font également voir in vivo l'état de l'environnement sur tous les continents autour de la belle planète bleue. Malheureusement, ce n'est pas toujours beau à voir. Je ne désire pas partir de longues diatribes condamnant l'attitude insouciante des humains qui détruisent tout au nom d'une modernité qui conduit inévitablement vers un cul de sac. Mais je dirais que le problème avec l'Homme, c'est qu'il n'accorde pas à la nature son importance et ceci est malheureusement un constat universel. C'est certain que des pays comme le Costa Rica font bande à part, mais c'est un travail de tous les instants de la part des dirigeants qui doivent savoir dire non au lobbyisme des grandes compagnies internationales. Le pouvoir actuel est une question d'argent et il est trop facile en 2014, grâce au phénomène de la mondialisation, pour les nations surpeuplées (surtout la Chine) d'acheter des terres à l'autre bout du monde pour y cultiver les denrées nécessaires à leur survie. Anne et moi l'avons vu, entre autres, au Brésil alors que des Japonais essayaient d'acheter des coins de forêt incroyablement peuplés de vie animale et végétale. Le tout se fait naturellement au détriment des habitats originaux qui sont détruits pour faire place à la monoculture ou à l'élevage de bovins destinés à la consommation humaine.

Même la vie marine est en sérieux péril. Nous le vivons ici au Québec depuis quelques décades avec la surpêche à la morue (aussi fait par des bateaux usines japonais), mais c'est vrai également dans tous les pays. C'est à Madagascar, sur la côte nord ouest du pays, que j'ai la chance de m'entretenir avec un homme qui organise depuis toujours des plongées sous-marines pour les touristes intéressés à explorer les barrières de coraux. Il organise également des sorties pélagiques pour la pêche sportive. Ces deux activités ont diminué drastiquement au cours des dernières décades à cause de la détérioration des habitats et de la surpêche. Maintenant, les bateaux usines effectuent des dragages en profondeur pour récolter les crustacés qui peuplent les planchers marins. Les coraux sont proprement raclés et détruits. Les populations des requins sont décimées à cause des pouvoirs soit disant aphrodisiaques de leurs nageoires. On le capture, on lui coupe les nageoires et on le rejette à l'eau. Comme insensibilité et manque de respect, difficile de faire pire. Oui, je m'éloigne, mais pas tant que ça.

La seule façon de créer un contre-courant à la tendance suicidaire actuelle passe par l'éducation. Difficile d'apprécier et d'aimer quelque chose que nous ne connaissons pas. Une fois que nous la connaissons, comment pouvons-nous rester insensibles à sa perte ?  Que faire pour apporter NOTRE grain de sel à cet effort de sensibilisation ?


Comme pour tout effort d'éducation, il faut un début.


La petite Zoé, 3 ans et demi, observe pour la première fois de sa vie une Mésange à tête noire au Domaine de Maizerets. De plus, elle a la chance de la tenir dans sa main. La communication avec l'oiseau ne peut être plus directe et plus intime. Je crois que sa Mamie Anne ne pouvait lui faire un meilleur cadeau en cette belle journée d'automne 2014.


La magie de la première mésange fonctionne à tout coup. Je me souviendrai toujours de MA première mésange, celle qui m'a fait assez confiance pour se poser sur mon doigt. Elle m'agrippait avec douceur de ses griffes et, à travers elles, je sentais presque son pouls. Une communication instantanée. Toute cette beauté cache aussi une grande fragilité qui s'évalue tellement bien au contact des griffes de l'oiseau sur sa propre peau. 

Et oui, la première mésange peut opérer de grandes choses dans le coeur d'un enfant et, une fois harponné, qui sait jusqu'à quel point cet enfant saura prendre la défense de cette belle nature et assurer la pérennité qui lui revient.  


@ bientôt.




 

vendredi 30 mai 2014

Code CN pour la mésange.



Suite à la lecture d'un billet précédent et écrit le 9 avril 2013 sur la Mésange à tête noire / Poecile atricapillus atricapillus / Black-capped Chickadee (lire http://desoiseauxsurmaroute.blogspot.ca/2013/04/9-1-1-mesange.html ), vous connaissez maintenant les liens privilégiés que j'entretiens avec cette dynamique petite boule de plumes.  Pour ceux qui ne l'auraient déjà fait, je vous invite à le lire d'abord et à revenir au présent billet.

Et bien, en 19 mai 2014, elle me partage encore un peu plus de son intimité alors qu'elle me montre comment elle s'occupe à creuser une cavité pour y nicher. J'avais déjà observé cette activité à quelques reprises, dont dans ma propre cour en ville, mais je ne faisais pas de photo à ces moments là.

Ça se passe au cap Tourmente et je suis en compagnie de ma belle Anne. Fidèles à notre habitude, nous marchons lentement, à l'affût de tout mouvement ou de tout son en provenance du sous-bois ou d'ailleurs. Alors que j'ouvre la marche, un mouvement vif attire mon attention à environ cinq mètres du sol. J'aperçois une mésange qui se montre dans un trou, le bec rempli de sciure (peut-être que le terme de copeaux serait plus approprié) de bois. Elle sort rapidement pour aller déverser sa becquée un peu plus loin et elle revient pour continuer le travail entrepris.

Je profite de cette occasion pour réaliser quelques clichés que je vous offre aujourd'hui.

D'abord, il est bon de faire remarquer que la mésange ne possède absolument pas les attributs physiques nécessaires comme les ont les pics pour excaver les arbres sains. Il faut donc que la branche de l'arbre choisie par la mésange comme lieu de nidification soit déjà morte et que son intérieur soit pourri. Voici, en gros plan, le bec minuscule de la mésange comparé ensuite à celui du Grand Pic / Dryocopus pileatus abieticola / Pileated Woodpecker.








Comme dirait mon ami Français Jean-Jacques Gozard, il n'y a pas photo. La mésange est vraiment désavantagée versus le pic. Mais qu'à cela ne tienne, elle ne semble pas le savoir et elle s'active à sa tâche sans trop raisonner.

Voici donc comment notre amie s'y prend pour construire une cavité douillette d'où sortira bientôt une nichée bien en santé.



















Comme la mésange vit près de nos demeures, en ville comme en campagne, elle y niche nécessairement et il s'agit d'avoir l'oeil ouvert pour détecter des possibles lieux de nidification qu'elle pourrait adopter. Et ceci ramène à mon esprit la notion adoptée par bien des gens que les arbres morts sont inutiles en forêt, aussi bien que dans notre cour, et qu'il faut s'en débarrasser à tous prix. Les chicots attirent les insectes qui attirent les pics, les sittelles, les grimpereaux et autres insectivores. Dans la nature, la mort succède à la vie et la vie succède à la mort. Un principe difficile à concevoir pour nous, pauvres humains, qui ne voyons pas plus loin que le bout de notre nez.



@ bientôt.










vendredi 29 novembre 2013

De ma fenêtre.



Lorsque nous demeurons en ville, nous avons tendance à croire qu'il faut sortir de chez soi et parcourir plusieurs kilomètres afin de nous retrouver dans un milieu plus propice pour pouvoir observer une bonne variété d'oiseaux. Mais ce n'est pas tout à fait le cas. Pour peu que notre cour soit entourée d'arbres, d'arbustes ou de haies arbustives, et que nous ayons mis des graines dans des mangeoires à l'usage des oiseaux, nous pouvons espérer observer de quelques à plusieurs espèces selon la saison. Même si nos visiteurs réguliers ou occasionnels ne nichent pas directement dans notre cour, celle-ci peut leur servir de point d'arrêt pour s'abreuver, se nourrir, se reposer ou s'abriter. Grâce à leur capacité de vol, les oiseaux se déplacent plus rapidement et sur de plus longues distances que nous et nous pouvons les observer bien souvent dans des lieux où on ne les attendrait normalement pas. Et c'est d'autant plus vrai en période migratoire alors que des espèces nichant plus au nord, à l'est ou à l'ouest peuvent visiter nos cours lors des migrations printanière et automnale.

Anne et moi vivons ensemble depuis 2005 et notre maison se situe dans la ville de Québec, dans l'arrondissement de Sillery. Nous avons la chance d'habiter un quartier où il y a des arbres assez vieux. C'est calme et il y a des oiseaux. Nous avons installé un bain d'oiseau sur pied et trois mangeoires remplies uniquement de graines de tournesol noires. L'hiver, il nous arrive d'ajouter du gras (suif) dans une petite cage faite expressément pour ça ou de badigeonner une bûchette de bois avec du beurre d'arachide et nous la suspendons pour les pics, geais, mésanges et sittelles. Et c'est à partir de l'intérieur de la maison que je prends la majorité de mes photos. Il est bien évident que la distance et l'intensité de la lumière peuvent devenir des points négatifs en m'empêchant d'obtenir le maximum d'efficacité, mais c'est toujours un plaisir que de voler des instants de vie à toutes ces créatures que nous aimons voir s'activer si près de nous.

J'ai pensé vouer ce billet à ces oiseaux et ces animaux qui animent ma cour. Toutes les photos ont été prises à partir de l'intérieur de la maison.

Je commence par un oiseau de ville qui ne passe jamais inaperçu avec sa voix rauque. C'est un omnivore qui bouffe à peu près tout ce qui tombe sous son bec.

J'ai été très surpris, lors de mon arrivée en ville en 2005, de constater que la Corneille d'Amérique / Corvus brachyrhynchos brachyrhynchos / American Crow était si abondante en milieu citadin. Elle niche depuis quelques années dans des grandes épinettes sur le terrain de mes voisins et elle vient boire dans le bain d'oiseaux sur pied dans ma cour. Elle mange également les graines de tournesol noir tombées au sol. Photo prise à partir de la fenêtre de la cuisine.
À la campagne, l'espèce suivante est beaucoup plus commune, car elle se tient dans les bâtiments de ferme, autour des animaux. En ville, sa population a périclité lorsque l'usage des chevaux dans les rues a disparu.
Le Moineau domestique  / Passer domesticus domesticus / House Sparrow est très localisé en ville. J'en accueille à l'occasion dans ma cour, mais il est loin d'être régulier. Par contre, lorsqu'on en trouve, il se tient souvent en petits groupes pouvant compter une vingtaine d'individus. Il s'abrite alors dans des haies de cèdres ou des grands conifères afin de contrer les intempéries et les prédateurs comme les faucons, éperviers, pie-grièches et chats. Photo prise à partir de la fenêtre de la chambre à coucher.

La Tourterelle triste / Zenaida macroura carolinensis / Mourning Dove n'est pas très régulière non plus. Elle a de plus en plus envahi le Québec à partir de 1970 en provenance des USA. À l'instar d'autres espèces comme le Cardinal rouge, la tourterelle a su tirer profit de la mode toujours grandissante des mangeoires d'oiseaux pour agrandir son aire de distribution vers le nord. C'est toujours un plaisir de la voir atterrir dans mon gazon à la recherche des graines tombées par terre. Et la joie est encore plus amplifiée lorsqu'elle nous gratifie de son roucoulement doux et mélancolique qui lui a valu son nom. Photo prise à partir de la fenêtre de la chambre à coucher.


Le Roselin familier / Carpodacus mexicanus frontalis / House Finch a connu une expansion plus au nord quelques décennies après la tourterelle, mais pour la même raison. Je me souviens qu'Yves Aubry, au Service Canadien de la Faune, m'avais annoncé autour des années 1990 que le premier nid de ce roselin venait d'être confirmé à Québec. C'était toute une fête lorsqu'un individu était observé à ce moment-là. Maintenant, c'est un oiseau commun en ville et il visite quotidiennement nos mangeoires. Photo prise à partir de la fenêtre de la chambre à coucher.

Année après année, le Bruant chanteur / Melospiza melodia melodia / Song Sparrow nous fait l'honneur de venir égayer notre cour par sa présence et surtout par son chant mélodieux. Granivore, il vient se nourrir au sol des graines de tournesol et du maïs concassé que je mets à la disposition des bruants. Photo prise à partir de la fenêtre du salon.

J'ai toujours adoré cet oiseau. Le Junco ardoisé / Junco hyemalis hyemalis / Dark-eyed Junco passe dans notre cour lors des migrations annuelles. Il reste une dizaine de jours, autant au printemps qu'à l'automne. Son trille doux retentit tôt le matin et les interactions entre les individus de cette espèce sont nombreuses. C'est un oiseau actif et énergique qui ne passe jamais inaperçu. Photo prise à partir de la fenêtre de la chambre à coucher.

Et voici notre "petit Frédéric", le Bruant à gorge blanche / Zonotrichia albicollis / White-throated Sparrow. Qu'il est beau avec ses belles rayures noires et blanches sur la tête et cette tache jaune entre l'oeil et le bec. Dès l'instant de son arrivée dans la cour, il trahit sa présence avec son cri de contact court et aigu. Il s'agit alors de fouiller attentivement les lieux pour le surprendre au sol, en train de gratter les feuilles mortes à la recherche de nourriture. Photo prise à partir de la fenêtre de la chambre à coucher.

En voici un qui passe plutôt furtivement dans plusieurs cours sans se faire repérer. Le Bruant fauve / Passerella iliaca iliaca / Fox Sparrow est très timide et il ne se montre en milieu ouvert qu'avec circonspection. Nous avons eu la chance d'en avoir deux dans notre cour lors de la migration automnale. Nous le voyons habituellement lors des deux migrations, mais il ne demeure pas longtemps. Photo prise à partir de la fenêtre de la chambre à coucher.

Voici probablement l'espèce la plus convoitée par toutes les cours du Québec. Le Cardinal rouge / Cardinalis cardinalis cardinalis / Northern Cardinal. Cet oiseau apporte beaucoup de couleur et d'animation dans une cour. Super timide, on ne le voit souvent qu'à l'aube et qu'au crépuscule. Cependant, dès qu'il niche dans le secteur, on a la chance d'entendre ses sifflements caractéristiques à toute heure du jour. Il annonce toujours son arrivée par un "tchic" métallique. C'est d'ailleurs grâce à ce son que nous pouvons estimer plus facilement le nombre de cardinaux dans notre entourage. Une petite marche dans les environs permet d'avoir une bonne idée de sa présence. Nous avons la chance d'avoir au moins deux couples tout près de chez nous. Photo prise à partir de la fenêtre de la cuisine.

La Mésange à tête noire / Poecile atricapillus atricapillus / Black-capped Chickadee est sans doute l'espèce la plus répandue en ville. Elle est commune et toute cour offrant des graines est assurée d'en attirer. Il est très difficile de connaître le nombre exact de mésanges visitant notre cour. On dirait que ce sont toujours les mêmes, mais c'est trompeur. J'ai lu qu'un ornithologue amateur croyait d'abord avoir cinq ou six individus à ses mangeoires avant qu'il ne commence à les baguer. Il en a finalement bagué plus d'une trentaine. L'an dernier, nous avions une mésange avec toutes les plumes de la queue blanche. Il était alors facile de la différencier des autres. Cette année, voici une autre mésange avec un plumage anormal. Les plumes de sa queue sont blanches. Les primaires et les secondaires sont blanches, ainsi qu'une partie des grandes couvertures alaires. Elle a le corps plutôt beige et sa calotte est brune au lieu d'être noire. Je dois avouer que ça lui donne un air exotique plutôt intéressant. Elle vient irrégulièrement et j'ai été très chanceux de pouvoir prendre cette photo à partir de la fenêtre de la cuisine. Heureusement, il faisait soleil ce jour-là.

Aucune paruline ne visite notre cour en dehors des périodes migratoires. Nous en observons plus au printemps alors qu'elles sont en plumage nuptial. C'est par une journée froide et pluvieuse, le 22 mai dernier, que cette belle Paruline tigrée / Setophaga tigrina / Cape May Warbler est venue fouiller sous les feuilles d'un érable à quelques mètres seulement de la fenêtre de notre salon. J'ai été chanceux de pouvoir réaliser ce cliché. 

Notre liste de cour contient maintenant 105 espèces différentes d'oiseaux et je ne peux tous vous les présenter dans cet article. Cependant, avant de terminer, voici deux chapardeurs professionnels qui ne cessent de vider les mangeoires de NOS oiseaux. Je les ai pris en flagrant délit cet après-midi même.

Le premier est petit, roux, agressif et d'une vitesse désarmante. Il garde jalousement sa provision de nourriture et il chasse tout autre sciuridé qui songerait seulement à s'approcher. Heureusement, il passe de longues minutes loin de la mangeoire alors qu'il chasse les intrus et les oiseaux ont amplement le temps d'en profiter pour se nourrir.

Et voilà mon ami l'Ecureuil roux nord-américain / Tamiasciurus hudsonicus / North American Red Squirrel en train de se nourrir à une mangeoire dite "anti écureuils". Il ne semble pas savoir qu'il ne peut s'y nourrir. Photo prise à partir de la fenêtre de la cuisine.
   

Et voilà son gros cousin l'Écureuil gris / Sciurus carolinensis / Eastern Gray Squirrel qui ne ménage pas les efforts, lui non plus, pour vider une mangeoire dans un temps record. Photo prise à partir de la fenêtre de la cuisine.

Rien ne les arrête quand vient le temps d'aller chercher la nourriture. Nous voyons son tour d'oeil dans l'ouverture du haut de la mangeoire.

Mais l'oiseau le plus bizarre à être venu à cette mangeoire est celui-ci.




Selon la littérature consultée, il s'agirait d'une sous-espèce du Chardonneret jaune qui aurait un long coup de girafe: le Chardonneret jaune à cou de girafe / Giraffe-necked American Goldfinch. Je  ne l'ai jamais vu arriver à la mangeoire et je ne l'ai pas vu repartir non plus. Avouez que c'est intriguant. Je me demande bien quelle allure il peut avoir en vol ? Gardez l'oeil ouvert, on ne sait jamais.


À bientôt !






mercredi 24 avril 2013

9-1-1 Mésange...



Si on m'avait demandé, avant dimanche matin dernier, quelle espèce d'oiseaux je serais susceptible de devoir aider après qu'elle se soit mise dans une situation difficile, jamais je n'aurais pensé à la Mésange à tête noire. Elle est petite, rapide, énergique, acrobatique, fouineuse et elle semble capable de s'adapter à toutes les circonstances que sa vie d'oiseaux peut lui amener. Cette boule de plumes hyperactive est l'un de mes oiseaux préférés. Quelle que soit la saison et les conditions météorologiques, elle est l'oiseau que nous sommes sûrs de rencontrer au Québec. Il fût un temps où j'aimais l'hiver et les sports d'hiver (il me semble que ça fait bien longtemps). Je partais seul en raquettes pour des promenades en forêt, parfois sous des froids assez mordants. Ce que je trouvais le plus difficile, c'était de traverser les milieux ouverts que constituaient les champs qui séparaient la maison paternelle de cette belle forêt de conifères située à environ un kilomètre en arrière de la maison. Devinez quel est l'être vivant qui m'accueillait dès que j'approchais la forêt. Bien sûr, la mésange qui faisait entendre son "chickadi-di-di-di" aussitôt qu'elle m'apercevait. Je n'avais qu'à siffler quelques notes pour voir l'oiseau voleter tout autour et redoubler d'ardeur à interagir avec moi si j'avais la bonne idée de poursuivre le dialogue. La chaleur interne qu'elle faisait monter à l'intérieur de moi était tout à fait réconfortante. Et pendant les quelques minutes que je prenais pour communiquer avec la belle, j'oubliais la fatigue du trajet, le vent cinglant qui avait frigorifié toutes les parties de mon visage qui étaient dénudées. Sans oublier les mains et les pieds que mes mitaines et mes bottes n'arrivaient jamais à protéger complètement d'un froid trop pénétrant.

Photo prise le 7 mars 2012 au Centre de Plein Air de Sainte-Foy.

Combien de fois j'ai été réconforté par sa présence alors qu'elle m'escortait tout au long de ma randonnée. Oh ! Je me doute bien que ce n'était pas toujours la même, mais j'ose croire que chacune se parlait et qu'elle relayait le message à la suivante de me suivre et d'égayer ma visite dans leur royaume boréale. Et que dire également de sa présence assurée aux postes d'alimentation que les membres de notre club d'ornithologie installaient chacun dans leur environnement respectif. Pour moi, la Mésange à tête noire incarne la fougue, le courage et la force de caractère qu'il faut pour survivre à nos hivers québécois et c'est toujours avec un grand respect que je la salue lorsque je la croise lors de mes sorties.

Et rien n'est différent en ce matin du 21 avril 2013. Je me trouve au Domaine de Maizerets et je prends avec plaisir des photos d'espèces que je vois pour la première fois de l'année au Québec. Voilà que j'arrive près d'un tronc mort où s'agitent deux mésanges. En fait, il y a deux trous sur le même tronc. Pendant que l'une s'occupe du trou plus haut, l'autre s'occupe de l'entrée par le sous-sol. C'est drôle de voir les deux sortir de leur trou respectif de la sciure de bois. Il fait super beau, c'est un beau matin de printemps et ça sent la nidification à plein nez. Alors que la mésange à l'étage ne semble plus intéressée de faire des rénovations, celle du sous-sol ne ménage aucun effort. Elle rentre sa tête très loin dans le trou et elle en ressort sans trop de problème. La voici à l'oeuvre.

 
 La mésange me jette un coup d'oeil une fois de temps en temps, mais je ne semble pas l'importuner outre mesure. Il faut dire également que les mésanges au domaine sont plutôt habituées aux humains. Après s'être débarrassée de la sciure de bois, elle replonge tête première dans la cavité.

    

Je crois que vous devinez la suite. Sur la photo du haut, on voit que sa patte gauche est à l'intérieur du trou et elle essaie de la ramener pour avoir une prise avec ses griffes, mais elle est coincée, sa patte n'a plus de prise et il ne lui reste que la droite pour s'agripper. 


Nous savons qu'un oiseau montre de l'anxiété ou du stress lorsqu'il défèque. C'est un comportement qu'on observe souvent sur le terrain. Nous voyons sur la photo du haut que son cloaque est bien visible. En réalité, il s'agrandit et se rétrécit à ce moment-là à un rythme assez rapide. Je me doute bien qu'il n'aime pas la situation et qu'il cherche une position pour se tirer de ces mauvais draps. Mais je laisse faire et je continue à documenter avec mon appareil photo. Une bonne vingtaine de secondes passent et l'oiseau ne bouge plus, il semble réfléchir à la façon de s'en sortir. Comme il ne peut reculer, il décide de plonger encore plus avant, probablement avec l'idée qu'il va se retourner au fond de la cavité. Voilà ce que ça donne.


Sa patte droite disparaît et le corps balance sur la gauche. 


Et là, c'est pire que pire. L'oiseau ne peut se retourner et ses pattes sont toutes les deux de l'autre côté d'un renflement dans le tronc qui l'empêche de reculer. Je laisse encore faire la nature pendant une minute, mais l'oiseau semble vraiment dans le pétrin et je décide que j'en ai assez vu. Au diable la nature que je me dis. Sans faire ni un ni deux, je place mes mains de chaque côté de la cavité et je fais éclater la partie de gauche libérant du même coup l'oiseau un peu "dépeigné" et sûrement soulagé. 

Et vous savez quoi. L'oiseau s'est perché à proximité et il s'est mis à chantonner un "chickadi-di-di-di" faible, mais qui venait du coeur. Ça se sentait. Je peux l'écrire sans même esquisser un sourire tellement j'y crois.

J'espère ne plus revivre une pareille expérience, mais je suis quand même heureux d'avoir eu l'occasion de rendre service à un oiseau qui m'a tant apporté jusqu'ici.

À bientôt ...







mardi 13 mars 2012

Mes coups de coeur "hiver 2011-2012"

Je dois confesser n'avoir pas été très actif en cet hiver 2011-2012 (de décembre à mars). Pourtant, il a fait beau, peu de précipitations (comparé à d'autres hivers, s'entend), pas ou à peu près pas de grésil, pas de grands froids ou de tempêtes de neige paralysantes et, finalement, des routes sécuritaires qui garantissaient un aller retour sans trop de problème. Parmi les espèces un peu particulières (que nous affublons de l'épithète "rare" ou "invasive" au Québec selon le cas), Anne et moi avons "couru après" quelques unes seulement et nous sommes revenus bredouilles à quelques occasions. Mais ceci fait partie du défi de l'ornithologue. Avec les oiseaux, on ne sait jamais. Ils volent, ils se déplacent ou ils savent quelquefois se cacher l'instant de notre visite.

Tohi à flancs roux mâle.
Photo internet © AuLux
Il y a environ deux semaines, je suis allé à la recherche d'une femelle Tohi à flancs roux / Pipilo erythrophthalmus / Eastern Towhee rapportée dans la ville de Québec. L'oiseau occupe un territoire tellement restreint qu'on s'attend à le trouver après quelques minutes de recherches. L'environnement n'est vraiment pas compliqué. L'oiseau a adopté une mangeoire installée tout près d'une résidence, elle même située sur un terrain d'environ soixante mètres de façade, en bordure d'une rue moyennement achalandée dans l'arrondissement Limoilou. La mangeoire pend à deux mètres d'une fenêtre, sur le côté ouest de la maison et près d'une entrée secondaire. Trois arbustes conifériens d'environ deux mètres de haut, des ifs, sont les seuls végétaux situés de part et d'autre de la mangeoire. Pour récapituler, à partir du trottoir où je me tiens pour attendre patiemment l'arrivée de l'oiseau vedette, j'ai une vue sur la face ouest de la maison. Dans l'ordre, à partir de la façade de la maison et en allant vers l'arrière, apparaissent: un if, un trottoir menant à la porte d'entrée secondaire de la maison, un if, la mangeoire et le dernier if. "Ça ne peut pas être plus simple", me dis-je, "enfin une facile". Et pourtant.

Je fais le pied-de-grue pendant un bon trois quarts d'heure et tout ce que je vois, ce sont deux Moineaux domestiques / Passer domesticus / House Sparrow, mâle et femelle, qui, bien perchés sur un côté de la mangeoire, se nourrissent à leur rythme, sans hâte, très relaxes. Et puis, tout à coup, les moineaux s'envolent. La porte s'ouvre et les deux propriétaires sortent pour prendre une marche. En me voyant, l'homme me demande si je suis là pour SES oiseaux. Je lui confirme que oui et il me dit que l'oiseau est bien là, dans le deuxième if, et que je serais plus chanceux si je le surveillais à partir de l'arrière de la maison. Il m'autorise gentiment à aller m'installer à un endroit précis afin d'avoir un meilleur angle de vue. Ce que je fais tout de go. Pour my rendre, je n'ai pas le choix de passer juste à côté de cet if. Je passe lentement tout en jetant un oeil parmi la végétation. Je vois à l'oeil nu la femelle qui se déplace lentement sur les branches, à l'intérieur de l'arbuste. À partir de nouveau point de vue, je n'ai pas plus de chance de localiser l'oiseau. Ça fait maintenant une heure et quart que je suis là et il est impossible de seulement voir bouger l'oiseau. Je me décide à quitter et je repasse lentement près du deuxième if. J'obtiens une vue encore meilleure de l'oiseau alors qu'il s'envole pour aller se cacher dans le premier if. Il reste environ deux secondes à découvert et il est impossible pour moi de prendre un cliché. Je le laisse tranquille et je retourne chez moi quand même heureux d'avoir pu entrevoir l'oiseau de façon satisfaisante. Les deux propriétaires m'ont dit avoir déjà vu simultanément deux individus, dont un mâle et une femelle, et les tohis sont arrivés en novembre 2011.

Voici maintenant la chronologie en photos de mes coups de coeurs en ce bel hiver.


Le 11 décembre 2011, Anne et moi nous nous rendons à Saint-Romuald, sur la rive sud de Québec, afin d'observer une Oie rieuse / Anser albifrons / Greater White-fronted Goose. Alors que nous l'observons bien sur l'eau, nous la retrouvons un peu plus tard dans la zone intertidale en train de dormir avec des Bernaches du Canada / Branta canadensis / Canada Goose. Pas la photo du siècle, me direz-vous, mais elle laisse assez de détails pour l'identifier. Saurez-vous la trouver ?


Le 16 décembre 2011, nous nous rendons à Saint-Louis-du-Ha-Ha, Témiscouata, afin de trouver l'Urubu noir / Coragyps atratus / Black Vulture qui a été trouvé quelques jours auparavant. Malgré une recherche intensive, aucun résultat. Et voilà que le 22 décembre, un autre individu est repéré à La Pocatière. Nous sommes là le 23 décembre et nous passons l'avant midi à le chercher. Nous quittons vers midi, car il neige de plus en plus et nous devons envisager la route de retour. L'oiseau est vu en après-midi (hummm). C'est le lendemain de Noël que nous tentons notre chance à nouveau et cette fois-ci, c'est la bonne. Dès notre arrivée sur les lieux vers les 8h15, l'oiseau est là, occupé à manger sur une carcasse de panse de bovin.


Le Mésangeai du Canada /  Perisoreus canadensis / Gray Jay fréquente la forêt boréale et le meilleur endroit pour l'observer est la Forêt Montmorency au nord de la ville de Québec. C'est le 8 janvier 2012 que nous nous rendons à cet endroit.


Nous recherchons la Mésange à tête brune / Poecile hudsonicus / Boreal Chickadee à chaque hiver et c'est également à la Forêt Montmorency que nous la trouvons avec le plus de certitude. En période de migration, elle peut être vue un peu partout et dans des lieux assi bizarres qu'en plein champ à la campagne ou dans la ville de Québec.


Le Bec-croisé bifascié / Loxia leucoptera / White-winged Crossbill est une espèce qui peut être abondante certaines années et absente en d'autres. Tout dépend de la disponibilité de la nourriture. C'est toujours une belle rencontre quand nous pouvons en trouver. Nous sommes toujours le 8 Janvier et toujours à la Forêt Montmorency.


Une autre espèce sujette aux invasions et souhaitée est le Jaseur boréal / Bombycilla garrulus / Bohemian Waxwing(anciennement Jaseur de Bohême). Il arrive en bandes pouvant regrouper des centaines d'individus et lorsque le groupe s'abat sur un arbre fruitier, alors là tout ce beau monde s'empiffre à qui mieux mieux. Ils sont alors tellement affairés à manger que nous pouvons nous approcher à une distance suffisante pour prendre des photos. C'est le 16 janvier que j'ai la chance de tomber sur un petit groupe d'une quarantaine de jaseurs. Je suis au Domaine Maizerets, à Québec.


Et parmi la quarantaine de jaseurs présents, je repère une dizaine de Jaseurs d'Amérique / Bombycilla cedrorum / Cedar Waxwing  (anciennement Jaseur des cèdres). Ils sont plus petits que leurs cousins et sont moins colorés. Notez l'absence de blanc et de jaune dans l'aile et les sous-caudales blanches. La très grande majorité des Jaseurs d'Amérique du Québec migre vers le sud en hiver et j'en ai personnellement observé à deux reprises aussi loin qu'au Costa Rica (où ils sont quand même considérés comme rares). Ça se passait à San Jose le 7 mars 1993 et à La Selva (près de Chilamate) le 1er mars 2009.


C'est à travers la fenêtre de la cuisine que je "pixellise" ce mâle Cardinal rouge / Cardinalis cardinalis / Northern Cardinal, le 21 Janvier 2012 à Sillery. Même si cette espèce est de plus en plus régulière dans la vallée du Saint-Laurent, c'est toujours un plaisir immense de la voir ou même juste de l'entendre émettre son répertoire de sifflements tantôt graves et tantôt aigus.


L'endroit le plus certain pour observer l'Alouette hausse-col / Eremophila alpestris / Horned Lark en hiver et près de Québec se situe à Saint-Lambert-de-Lauzon, près d'un important élevage de bovidés. Les animaux sont nourris de graminés et bien des graines sont disséminés par le vent ou sont répandus par terre. Ceci attire tous les oiseaux du voisinage. C'est ainsi qu'environ trois milles Étourneaux sansonnets, des dizaines de Corneilles d'Amérique, de Grands Corbeaux, de Pigeons bisets, d'Alouettes hausse-col et de Plectrophanes des neiges passent la saison froide dans les environs immédiats. Des Plectrophanes lapons sont également de la partie. Tous ces oiseaux retiennent l'attention d'oiseaux de proies comme les Épervier brun, Épervier de Cooper et Autour des palombes. Ce qui fait qu'une visite en ces lieux est un incontournable en janvier. C'est d'ailleurs le 21 Janvier que nous nous y sommes rendus.


Non, le Merle d'Amérique / Turdus migratorius / American Robin n'est pas un oiseau rare, mais sa présence en hiver n'est quand même pas si fréquente que ça, du moins en aussi grand nombre que cet hiver. C'est le 26 Janvier 2012 que je capte cette image d'un beau mâle à Sillery. 


Il y a une quarantaine d'années, les invasions du Harfang des neiges / Bubo scandiacus / Snowy Owl étaient aussi prévisibles que le déroulement des saisons. Aux quatre ans, c'était l'abondance. Ce n'est malheureusement plus la même chose de nos jours. Ça faisait au moins six ans que je n'avais pas été témoin d'une "certaine invasion". J'ai photographié ce mâle immaculé à Saint-Vallier le 12 Février 2012. 


Et nous voilà, à Saint-Barthelemy, le 25 Février 2012. En nous rendant visiter ma fille Anne-Marie, qui habite à Laval, Anne propose de parcourir les rangs où des harfangs sont rapportés régulièrement. Très bonne idée puisque nous repérons très vite un Harfang des neiges immature perché au bout d'un poteau de téléphone en bordure de la route. Très lentement, nous avançons presque vis-à-vis du poteau et je demeure dans l'auto pour réaliser cette photo.


 Le 26 Février 2012, nous décidons de faire une petite randonnée en Montérégie avec deux espèces cibles en tête. Nous débutons dans la région du Mont-Saint-Grégoire où un espèce rare est rapportée depuis quelques temps: le Bruant à face noire / Zonotrichia querula / Harris's Sparrow. Ce bruant s'observe habituellement dans le centre de l'Amérique du Nord soit d'est en ouest, des Grands Lacs jusqu'aux Montagnes Rocheuses, et du nord au sud, des Territoires-du-Nord-Ouest jusqu'au Texas. Pour moi, il s'agit de ma troisième mention au Québec les deux premières étant le 14 Janvier 1994 à Chateauguay et le 7 Janvier 2001 à l'Ange Gardien, près de Québec. Toutes ces observations ont été faites à des postes d'alimentation. Pour Anne, il s'agit d'une nouvelle espèce à vie (i.e. non encore observée). L'oiseau présent est un immature arborant un plumage de premier hiver. 


Nous nous dirigeons ensuite vers Sainte-Brigide-d'Iberville dans l'espoir de cocher la Tourterelle turque / Streptopelia decaocto / Eurasian Collared-Dove. Cette espèce est reconnue pour étendre son aire de distribution de façon drastique à la grandeur de la planète. Et c'est à l'été 2011 qu'une première nidification réussie au Québec a été réalisée et documentée à Sainte-Brigide-d'Iberville. Une bonne vingtaine de minutes de recherches finissent par portée fruit. Pour Anne, il s'agit d'une première pour le Québec. Pour moi, c'est ma deuxième observation après celle du 10 Juin 2010 à Rivière-au-Tonnerre, en Moyenne-Côte-Nord.




C'est le 29 Février que j'ai la chance d'observer le Solitaire de Townsend / Myadestes townsendi / Townsend's Solitaire à Charlesbourg. Après une première tentative en compagnie de Anne, quelques jours auparavant, c'est finalement en compagnie de Gérard Cyr, et après une attente d'une heure, que l'oiseau consent à se présenter devant la maison où il se tient depuis quelques semaines.


C'est le 7 Mars 2012, à la Base de Plein Air de Sainte-Foy (ville de Québec) que je découvre cette Gélinotte huppée / Bonasa umbellus / Ruffed Grouse, perchée en hauteur dans une thalle de conifères. Vu le manque de lumière, je dois prendre la photo à 1/25 de seconde. Heureusement, l'oiseau ne bouge pratiquement pas et je retiens mon souffle avant d'appuyer sur le déclencheur. Cet oiseau, malgré sa grosseur, est très diffile à repérer dans la végétation et elle est très discrète durant la froide saison.

Et voilà pour mes coups de coeur. Je reviens tout juste d'une virée qui m'aurait permis d'ajouter la Petite Nyctale à cette belle liste (toujours à la Base de Plein Air), mais, comme il arrive si souvent, l'oiseau n'était pas au rendez-vous. Cependant, j'ai pu profiter d'une température tout à fait extraordinaire, ce qui ne fait qu'exacerber ma hâte d'accueuillir les prochains migrateurs.

Ils s'en viennent, à n'en pas douter  ;-) .