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mardi 21 juin 2016

Des oiseaux endémiques au Mexique (mai 2016)




Dans mon dernier billet, je soulignais que Anne et moi avions passé les 14 premiers jours de mai 2016 dans le sud ouest du Mexique. Ce pays est immense et il abrite beaucoup d'espèces d'oiseaux endémiques. Une espèce endémique a ceci de particulier qu'elle ne se retrouve que dans un pays donné, dans un habitat donné et même dans une localité donnée. Sa féodalité n'a rien de patriotique, mais elle dépend plutôt de la nécessité d'occuper un certain type d'habitat ou de trouver des sources alimentaires très spécifiques. L'endémicité peut également découler de l'isolement millénaire d'une espèce donnée qui a mené à une différenciation de l'espèce originelle. Cette différence est suffisante pour empêcher l'hybridation de l'espèce originelle avec l'espèce nouvellement créée. Les exemples les plus connus se situent du côté des Îles Galapagos, situées au large de l'Équateur en Amérique du Sud, et où l'on retrouve les bruants et les tortues qui ont été à l'origine de la théorie de l'évolution de Charles Darwin.


Finie maintenant pour la théorie. Du 2 au 14 mai 2016, nous avons réservé les services d'un jeune biologiste, Eric Antonio Martinez, un guide professionnel exceptionnel que nous avions eu la chance de connaître en 2014 lors d'un voyage précédent dans la région de Huatulco, au Mexique. Ce sont nos amis grands voyageurs, Marcelle Lagacé et Camille Tremblay, qui nous avaient dirigé vers lui. Il nous avait accompagné pendant seulement trois jours, mais ses compétences m'avaient grandement impressionné. Si vous désirez vivre l'expérience, vous n'avez qu'à inscrire son nom sur Google et vous aurez le moyen de le contacter. Il n'est pas intéressé par de gros groupes et il préfère accompagner de 1 à 4 participants. Avec lui, le stress est exclu. Il connaît les oiseaux et où nous pouvons les trouver. Sa patience et sa passion n'ont d'égale que son habilité à repérer les oiseaux dans une végétation touffue. Il est également photographe, mais il s'occupe davantage des désirs du client que des siens. Il s'adapte très bien à nos attentes.


Eric Antonio Martinez parle un anglais parfait, facilement compréhensible pour des personnes moins habituées à cette langue.


Malgré que nous soyons des observateurs avertis, nous privilégions tous deux la nécessité d'être accompagnés par un ornithologue local lors de nos voyages à l'étranger. Nous sommes restreints dans le temps et nous aimons couvrir du terrain afin de multiplier les habitats différents et ainsi accroître la liste des espèces potentielles. Durant nos 13 journées complètes d'observation, nous avons pu rencontrer 380 espèces différentes. D'après Eric, nous avons parcouru environ 3 000 kilomètres. C'est bien différent d'un voyage tout inclus dans un hôtel donné  ;-) . Mais je tiens à le préciser, je ne dénigre pas les personnes qui favorisent ces voyages. J'en ai déjà fait et je les ai aimés. Voici donc des photos d'espèces spéciales, rencontrées seulement ou presque dans ces coins de pays mexicains. Comme un blog se doit avant tout d'être bref, je ne vous présenterai que les espèces les plus colorées ou les plus spectaculaires.



Voici le plus beau représentant de la famille des viréonidés que j'ai eu le bonheur d'observer jusqu'ici. Espèce endémique au Mexique, le Viréo ardoisé / Vireo brevipennis brevipennis / Slaty Vireo s'entend plus facilement qu'il ne se voit. Avec de la patience, un individu s'est finalement présenté à faible distance. Son oeil clair est quelque chose à voir.



Un autre viréonidé au plumage plutôt modeste celui-là, le Viréo nain / Vireo nelsoni / Dwarf Vireo est une autre espèce endémique observable seulement au Mexique. Par cette photo, je veux juste démontrer que la recherche à l'endémique n'a rien à voir avec la beauté ou non de l'espèce. Souvent, si ce n'est pour la majorité du temps, les différences entre les espèces originelles et les nouvelles espèces sont vraiment minimes. Il peut même s'agir d'un chant différent qui fait que l'espèce d'origine ne reconnaîtra pas un possible partenaire et ne s'accouplera jamais avec le nouveau taxon.  



Qu'elle est belle cette Paruline à croissant / Oreothlypis superciliosa superciliosa / Crescent-chested Warbler ! Autre espèce endémique, son trille facilement reconnaissable trahit sa présence et elle est abondante dès que l'on traverse son habitat.



Wow !  La Paruline à sourcils dorés / Basileuterus belli scitulus / Golden-browed Warbler est d'une grande beauté. Comme les autres espèces du genre Basileuterus, elle évolue très près du sol. Elle cherche sa nourriture au sol et elle farfouille dans la végétation jusqu'à un mètre du sol.


Très localisé et logeant à haute altitude, l'endémique Moqueur ocellé / Toxostoma ocellatum villai / Ocellated Thrasher est loin d'être facile à repérer. Mais quand nous avons cette chance, il constitue un candidat idéal pour une observation prolongée ou une occasion de photographie.


Oh ! que nous l'avons cherché ce Moucherolle ceinturé / Xenotriccus callizonus / Belted Flycatcher !  Il s'est finalement présenté in extremis en présence d'une colonie de fourmis légionnaires. Autre endémique.


Granatelle multicolore / Granatellus venustus venustus / Red-breasted Chat. Espèce endémique.



Ptilogon cendré / Ptilogonys cinereus molybdophanes / Gray Silky-flycatcher. Espèce endémique.



Paruline à tête rose / Cardellina versicolor / Pink-headed Warbler. Espèce endémique.



Junco aux yeux jaunes / Junco phaeonotus phaeonotus / Yellow-eyed Junco. Espèce endémique.


Paruline rouge / Cardellina rubra rowleyi / Red Warbler. Espèce endémique.



Géocoucou véloce / Geococcyx velox melanchima / Lesser Roadrunner. Espèce endémique.



Passerin à ventre rose / Passerina rositae / Rose-bellied Bunting. Espèce endémique.



Voici maintenant une espèce que l'on retrouve également au Québec, soit la Buse à queue rousse, mais dont la sous espèce kemsiesi ne s'observe que dans les hautes montagnes de la province du Chiapas, au Mexique. Son plumage est très foncé et la queue rousse est très apparente. Pour un ornithologue international, il est important de noter les sous-espèces observées aux différents coins de la planète, car l'isolement peut mener un jour à ce qu'un taxon devienne une espèce à part entière.



Ce Percefleur cannelle / Diglossa baritula montana / Cinnamon-bellied Flowerpiercer porte le statut de quasi endémique au Mexique, car il s'observe également en haute altitude au Guatemala et au El Salvador. Les oiseaux ne connaissent pas les limites géographiques établies par l'homme. De sorte qu'une chaîne de montagnes s'étirant sur quelques pays peut abriter une même espèce. Souvent les taxonomistes vont attribuer des sous-espèces différentes selon les pays hôtes. Reste à voir si les décennies ou les siècles à venir vont suffire à en faire des espèces à part entière. 


Et maintenant, pour terminer ce billet. Une espèce d'une grande beauté. Pas une espèce endémique au Mexique puisque je l'ai découverte pour la première fois à Monteverde au Costa Rica, un 3 juillet 1991, en compagnie de mon ami Mario Grégoire. Et oui, il y a de cela 25 ans, un quart de siècle. La vie passe vite, il ne faut pas reporter les rêves qui nous tentent.


Manakin fastueux / Chiroxiphia linearis linearis / Long-tailed Manakin




@ bientôt.




lundi 31 mars 2014

Coups de coeur mexicains (1) Les endémiques.



Ce billet est en continuité avec le précédent "Escapade ornitho sous le soleil du Mexique." Si vous ne l'avez pas lu, il serait bon de le faire avant de regarder les photos qui suivent. Ce sera plus facile de savoir où les photos ont été prises.


Espèces endémiques au Mexique et observées à moins de 20 minutes de route de notre hôtel


Le Merle à dos roux / Turdus rufopalliatus rufopalliatus / Rufous-backed Thrush est abondant dans le secteur de Huatulco. Il envahit par petits groupes les arbres fruitiers en compagnie des orioles, des ortalides et des geais. Il est très vocal et il laisse entendre sa jolie mélodie souvent au cours de la journée.



Le Trogon citrin / Trogon citreolus citreolus / Citreoline Trogon trahit sa présence par son chant très reconnaissable. Il est commun et on le rencontre partout, même tout près de l'entrée de l'hôtel.


Des cinq espèces de pics rencontrées lors du voyage, le Pic élégant / Melanerpes chrysogenys flavinuchus / Golden-cheeked Woodpecker est le plus commun. En ce temps de l'année, il commence à être territorial et les interactions entre individus de cette espèce sont fréquentes.


Voici mon préféré. Ce n'est pas le plus gros, mais certainement l'un des plus colorés passereaux  de la région. Le mâle du Passerin arc-en-ciel / Passerina leclancherii grandior / Orange-breasted Bunting illumine les habitats d'herbes et d'arbustes secs et ternes où il se tient en petits groupes familiaux.


Même si plus discret, le Motmot à tête rousse / Momotus mexicanus saturatus / Russet-crowned Motmot est bien présent dans les petits boisés. J'ai photographié celui-ci à une dizaine de minutes de marche de l'hôtel. En fait, j'aurais très bien pu le faire dans la cour même où se trouvent plusieurs arbres de bonne taille.


Un Ortalide de Wagler / Ortalis poliocephala / West Mexican Chachalaca ne passe jamais inaperçu lorsqu'il se déplace en vol. D'abord par sa taille, ensuite par son cri "chacha-laca / chacha-laca"qui lui a valu son nom anglais. Malgré sa grosseur, il se camoufle merveilleusement bien dans la végétation. J'ai saisi celui-ci près du terrain de golf, mais il est un régulier dans les arbres fruitiers à l'entrée de l'hôtel.

Le Cassique à ailes jaunes / Cacicus melanicterus / Yellow-winged Cacique constitue un autre joyau ailé de la région. Il est très abondant et son plumage contrastant se marie bien aux fleurs éclatantes où il se nourrit de nectar.


Le Colibri de Doubleday / Cynanthus doubledayi / Doubleday's Hummingbird est considéré par certains taxonomistes comme une espèce distincte et par d'autres comme une sous-espèce du Colibri circé / Cynanthus latirostris latirostris / Broad-billed Hummingbird.  Laissons de côté les "guéguerres" pour quelques secondes et contemplons cette belle petite boule d'énergie. Nous l'avons observé à tous les jours lors de notre séjour.


En voilà un qui nous a donné un peu plus de troubles à voir. Il nous a fallu nous rendre dans le parc national de Hualtuco pour en débusquer un. Voici la seule photo que j'ai pu prendre de cet hyper-actif qu'est le Troglodyte joyeux / Pheugopedius felix felix / Happy Wren. On l'entend beaucoup plus qu'on ne le voit.


Repérer une Chevêchette du Colima / Glaucidium palmarum palmarum / Colima Pygmy-Owl tient d'une chance incroyable. Elle est beaucoup moins nombreuse dans le secteur que la Chevêchette de Ridgway / Glaucidium brasilianum ridgwayi / Ferruginous Pygmy-Owl dont je vous montrerai la photo dans un autre billet. Contrairement à la Ridgway, la Colima ne s'approche pas lorsqu'on fait le rappel de son chant. Elle reste bien caché à l'intérieur des enchevêtrements de branches ou dans le feuillage dense de certaines espèces végétales qui ont conservé leurs feuilles. J'ai repéré cet individu alors qu'il se déplaçait d'un perchoir à l'autre en transportant un petit lézard dans ses serres... et il m'a laissé quelques minutes pour prendre quelques photos où la lumière et la précision font défaut.


Voici donc pour les espèces que l'on ne retrouve qu'au Mexique. Dans le prochain billet, je vous présenterai d'autres coups de coeur rencontrés dans différentes locations.


@ bientôt.




lundi 17 décembre 2012

Madagascar et ses vangidés

Lorsque, en 1990, Olivier Langrand fait paraître son livre "Guide to the Birds of Madagascar", la famille des Vangidés consiste en 14 espèces dont seulement l'une d'entre elles étend son aire de distribution en dehors de la Grande Île, soit l'Artamie azurée / Cyanolanius madagascarinus / Blue Vanga, observable également aux Comores. Toutes les autres espèces sont endémiques à Madagascar. Puis voilà qu'une nouvelle espèce est ajoutée en 1997, le Calicalic à épaulettes / Calicalicus rufocarpalis / Red-shouldered Vanga, ce qui porte à 15 le nombre total d'espèces rassemblées sous cette même famille et réparties en 12 genres, comprenant 22 taxons différents.

Suite à des études approfondies, utilisant des séquences de DNA à partir de plusieurs différents gènes, mitochondriales et nucléaires, il apparaît que, à l'intérieur d'une relative courte période de temps (à l'échelle planétaire) après son arrivée à Madagascar, l'ancêtre commun à tous les Vangidés aurait engendré simultanément cinq lignées différentes. Si les scientifiques ne s'entendent toujours pas sur la provenance de cet ancêtre, la plus probable serait le continent africain.

Le groupe 1 contient le Tylas à tête noire / Tylas eduardi / Tylas Vanga;

le groupe 2, le Hypositte malgache / Hypositta corallirostris / Nuthatch Vanga;

le groupe 3, l'Artamie chabert / Leptopterus chabert / Chabert's Vanga;

Des récentes analyses génétiques indiquent que l'ancêtre de l'Artamie chabert / Leptopterus chabert / Chabert's Vanga s'est scindé entre cette espèce et la Newtonie commune /  Newtonia brunneicauda / Common Newtonia, il y a environ 2.3 millions d'années. Le chabert est un Vangidé noir-et-blanc, relativement petit, avec un cercle bleu de peau nue entourant son oeil noir. Les sexes sont similaires, exception pour l'oiseau juvénile qui n'a pas le cercle oculaire bleu. Le bec du chabert est plus généraliste que chez d'autres membres de sa famille. Il attrape les insectes en vol, à la façon des moucherolles, et il occupe tous les types de forêt à Madagascar, incluant celles en regénération et les plantations, quelquefois loin de celle qui l'a vue naître. Photo prise au parc national de Masoala, le 18 octobre 2012.


le groupe 4, les Falculie mantelée / Falculea palliata / Sickle-billed Vanga, Artamie à tête blanche / Artamella viridis / White-headed Vanga, Vanga de Bernier / Oriolia bernieri / Bernier's Vanga, Vanga de Lafresnaye / Xenopirostris xenopirostris / Lafresnaye's Vanga, Vanga de Pollen /  Xenopirostris polleni / Pollen's Vanga et Vanga de Van Dam / Xenopirostris damii / Van Dam's Vanga;


Bien qu'il y ait de grandes différences entre le bec de la Falculie mantelée / Falculea palliata / Sickle-billed Vanga et celui de l'Artamie à tête blanche / Artamella viridis / White-headed Vanga (illustrée ci haut), il y a plusieurs similarités au niveau de la coloration du plumage. Ces espèces se sont apparemment scindées à partir d'un ancêtre commun il y a environ 1.1 millions d'années. Une différenciation similaire au niveau de la forme et de la taille des becs des oiseaux ainsi qu'une similitude du plumage s'observent de la même façon chez deux membres d'une autre lignée soient les Eurycère de Prévost / Euryceros prevostii / Helmet Vanga et Schetbé roux / Schetba rufa / Rufous Vanga. Selon les experts, les becs se seraient adaptés à leur façon de s'alimenter dans un laps de temps relativement court alors que la variation au niveau du plumage a été plus conservatrice et graduelle. Deux races de l'Artamie à tête blanche sont tentativement reconnues, basées sur une faible différence notée dans la taille du bec. Photo prise le 27 septembre au parc national de Mantadia.


La Falculie mantelée / Falculea palliata / Sickle-billed Vanga est probablement le membre le plus distinctif de la famille des Vangidés, avec son bec particulièrement long et fortement recourbé. À 32 cm de long, avec un bec de 7 cm, et pesant 199 grammes, la falculie est le plus gros des Vangidés. Contrairement à l'Artamie à tête blanche, le mâle et la femelle sont semblables chez la falculie. Alors que le noir de la falculie a des reflets bleutés, ils sont verdâtres chez l'artamie.  L'intérieur du bec de la falculie est d'un noir profond, comme s'il avait été peint à l'encre noir. Elle partage d'ailleurs cette caractéristique avec l'Artémie à tête blanche et le Vanga de Van Dam / Xenopirostris damii / Van Dam's Vanga. Photo prise le 25 octobre 2012 au parc national d'Ankarafantsika.

Seul membre du genre Oriolia, le Vanga de Bernier / Oriolia bernieri / Bernier's Vanga possède un bec fort et conique. L'espèce est sexuellement dimorphique: le mâle est entièrement noir luisant, alors que la femelle est brun-roux foncé et finement rayée. Cette photographie montre justement une femelle qui est venue se percher quelques secondes seulement au-dessus de nos têtes. C'est un oiseau très furtif qui accompagne souvent les groupes d'oiseaux qui patrouillent continuellement la forêt (feeding flocks). Avec d'autres Vangidés découlant de la même lignée, soient les Vanga à tête blanche, Falculie mantelée et Vanga de Van Dam, il partage le rôle tenu par les Picidés sous d'autres latitudes. Le Bernier est capable de s'accrocher à presque tous les troncs verticaux à la façon des pics. Il préfère les forêts humides des basses-terres et il est sujet aux mêmes pressions que l'Eurycère de Prévost / Euryceros prevostii / Helmet Vanga qui partage le même habitat. Photo prise le 16 octobre 2012 au parc national de Masoala.


Dix des douze genres constituant la famille des Vangidés ne contiennent qu'une espèce et l'extraordinaire diversité dans la taille des oiseaux, le coloris de leur plumage et la forme de leur bec créent de la confusion chez les taxonomistes. Cependant, le genre xenopirostris élude toute confusion avec ses trois espèces qui sont toutes compactes et qui possèdent un bec épais, compressé latéralement, qu'ils utilisent pour détacher l'écorce des arbres morts. Ce mâle Vanga de Lafresnaye / Xenopirostris xenopirostris / Lafresnaye's Vanga  a été photographié le 08 octobre 2012 dans la forêt épineuse de MOSA, près de Mangily. 


La plupart des 15 espèces de Vangidés sont largement distribuées et elles sont assez communes dans leurs habitats respectifs. Cependant, sept d'entre elles, incluant le Vanga de Pollen /  Xenopirostris polleni / Pollen's Vanga, ont une aire de distribution assez restreinte. Confiné dans les forêts primaires humides situées à l'est de l'île, le Vanga de Pollen est plus commun dans le sud de son aire que dans le nord où il est très rare ou absent d'habitats qui répondraient parfaitement à ses besoins. C'est la partie des basses-terres où se retrouve son habitat qui est le plus à risque d'être dégradée par l'abattage des forêts et la culture sur brûlis. Si la tendance se maintient, cette forêt sera détruite d'ici une vingtaine d'années. Sa population est déjà assez basse et son statut est préoccupant. Photo prise le 03 octobre 2012 dans le parc national de Ranomafana.


Listé comme en danger d'extinction, le Vanga de Van Dam / Xenopirostris damii / Van Dam's Vanga possède le statut le plus précaire chez les Vangidés. Il ne s'observe que dans deux forêts décidues sèches dans le nord-ouest de Madagascar: Ankarafantsika et Analamera. Elles sont assez éloignées l'une de l'autre, mais il y a des habitats pouvant l'abriter entre ces deux sites, mais ils n'ont pas encore été investigués. Bien que les deux sites principaux soient protégés, ils sont progressivement réduits par la collecte d'arbres secs pour en faire du charbon et par les feux de broussailles incontrôlés. Leur avenir est loin d'être assuré. La perte d'habitat est sans doute le plus grand danger auxquels les Vangidés ont à faire face sur la Grande-Île.  Photo prise le 25 octobre 2012 au parc national d'Ankarafantsika.

le groupe 5, les Artamie azurée / Cyanolanius madagascarinus / Blue Vanga, Calicalic malgache / Calicalus madagascariensis / Red-tailed Vanga, Calicalic à épaulettes / Calicalicus rufocarpalis / Red-shouldered Vanga, Vanga écorcheur / Vanga curvirostris / Hook-billed Vanga, Eurycère de Prévost / Euryceros prevostii / Helmet Vanga et Schetbé roux / Schetba rufa / Rufous Vanga.


La diversité dans la famille des Vangidés peut surpasser celle des pinsons de Darwin (Embérézidés) ou celle des souimangas d'Hawaii (Drépanididés) si l'on considère le nombre des genres qui ont découlé d'un même ancêtre ainsi que les différences dans les dimensions corporelles, les formes du bec et la coloration du plumage. Quelques espèces ont comblé les niches occupées normalement par les pics (Picidés), les pie-grièches (Laniidés), les mésanges (Paridés) et les sittelles (Sittidés), familles toutes absentes de Madagascar. Le Vanga écorcheur / Vanga curvirostris / Hook-billed Vanga, comme son nom le suggère, ressemble à une pie-grièche autant dans son alimentation que dans son comportement alors qu'il peut rester de longs moments bien assis sur une branche à attendre le passage d'une proie. Photo prise le 08 octobre 2012 à la forêt épineuse de MOSA, près de Mangily.
La forêt primaire des basses-terres est l'habitat privilégié par le Schetbé roux / Schetba rufa / Rufous Vanga. On le retrouve dans les forêts décidues arides de l'ouest et dans les forêts sempervirentes humides de l'est. Il préfère les forêts ayant encore des gros arbres et une canopée clairsemée, laissant pénétrer la lumière. Il est sexuellement dimorphique: le mâle (illustré ci-haut) a la tête ainsi que la région à partir du menton jusqu'à la poitrine complètement noires, la femelle est noire seulement jusqu'en dessous des yeux; la partie du menton en descendant est blanche. Chez toutes les espèces de Vangidés étudiées, les deux adultes formant le couple contribuent à la fabrication du nid.  Dans le cas du schetbé, le couple est souvent accompagné d'un troisième individu. Approximativement 30% des paires qui nichent peuvent compter sur la présence de un ou de plusieurs juvéniles ou même d'un autre adulte pour les aider. La plupart des Vangidés nidifie lors de l'été austral. Dans le parc national d'Ankarafantsika, les Vangidés commence la nidification à partir de la fin-septembre / mi-octobre, dates qui coïncident avec la fin de la saison sèche, pour la finir au début ou en mi-janvier, au milieu de la saison humide. Photo prise le 25 octobre 2012 au parc national d'Ankarafantsika.  
L'Eurycère de Prévost / Euryceros prevostii / Helmet Vanga se sert de son bec comme d'une paire de pince très résistante pour attraper des gros insectes et des vertébrés comme les batraciens, les geckos et les caméléons. Généralement les Vangidés démembrent les proies trop grosses, celles munies de piquants ou celles affublées d'une carapace trop rigide, avant de les avaler. Le Vanga écorcheur coince les caméléons dans une fourche horizontale et il tire sur la chair de sa victime. L'eurycère, à l'instar d'autres Vangidés, immobilise une grosse proie avec l'une de ses pattes et il se sert de son bec pour la déchirer en morceaux pouvant être ingurgités. L'eurycère se déplace à mi-hauteur dans la forêt et il se perche habituellement entre trois et dix mètres du sol. Il peut alors demeurer sans bouger pendant de longues périodes. On retrouve cette espèce seulement dans les forêt sempervirentes humides à l'est de l'île. On le rencontre principalement entre 400 et 900 mètres d'élévation, quoiqu'il a déjà été observé à 200 mètres et quelquefois à 1800 mètres. Il préfère les forêts primaires situées dans les basses-terres et ces dernières sont grandement menacées par l'agriculture et la coupe de bois faite à l'échelle industrielle. L'incapacité de l'eurycère à s'adapter à un autre habitat met un gros doute sur sa survie à long terme. Photo prise le 16 octobre 2012 au parc national de Masoala. 

Le Calicalic à épaulettes / Calicalicus rufocarpalis / Red-shouldered Vanga a été décrit à partir de deux spécimens récoltés en 1947 près de Toliara (Tuléar), au sud-ouest de Madagascar. Il n'a pas été revu par la suite, mais photographié en 1992, puis observé à nouveau en juillet 1997 alors que neuf mâles ont été localisés dans la même région, sur la route entre La Table et St-Augustin. Cette région couvre environ 30 km² et indique une population potentielle de 30 à 100 paires d'oiseaux. Plus au sud, il est maintenant connu de Hatokaliotsy, Tsimanampetsotsa et d'autres régions sur le plateau de Mahafaly, mais la densité apparaît être très basse. L'habitat préféré du calicalic est détruit au profit du charbon et de l'élevage des chèvres qui broûtent tout. Photo prise le 09 octobre 2012 à La Table, au nord de Tuléar.


L'ordre dans lequel le groupe s'est développé n'est pas clair selon les données moléculaires, mais voici ce que les scientifiques déduisent. Dans le groupe 3, l'Artamie chabert serait devenue espèce distincte il y a approximativement 2.3 millions d'années. Dans le groupe 4, l'ancêtre se serait diversifié dans les Artamie à tête blanche, Vanga de Bernier et Vanga de Van Dam, il y a environ 1.1 millions d'années; la Falculie mantelée s'est différenciée un peu plus tard. Finalement le groupe 5 s'est scindé entre le Schetbé roux et l'Eurycère de Prévost,  il y a environ 800,000 ans.

Selon les connaissances actuelles, les Vangidés ne sont pas migrateurs et ils n'ont jamais été rapportés sur le continent africain. Il a déjà été avancé que l'Artamie azurée disparaissait des forêts décidues à grosses feuilles de la partie ouest de Madagascar durant la saison sèche, mais ceci s'est évidemment avéré faux. En fait, des individus connus localement pour chaque espèce ont été observés toute l'année, en période de nidification ou non. À Ankarafantsika, des couples nicheurs de Schetbé roux ont été bagués et ensuite monitorés. On a découvert que les mâles et les femelles étaient sédentaires tout au long de l'année et qu'ils soutenaient un territoire stable. On a également bagués sept Artamies à tête blanche, cinq mâles et deux femelles, tous nés entre novembre et décembre. Trois mâles et une femelle furent observés sur les mêmes territoires l'année suivante. Quelques Falculies mantelées baguées à Ankarafantsika étaient sédentaires et elles ont niché sur les mêmes sites durant plusieurs années consécutives. Ils étaient clairement résidents, occupant le même habitat toute l'année et ne se déplaçant que rarement sur de longues distances.

     
À Ankarafantsika, il est très facile d'observer la Falculie mantelée. Elle vient presque à notre rencontre lorsque nous quittons le véhicule dans l'aire de stationnement du parc. En malgache, cette espèce porte le nom de Voronjaza, signifiant "l'oiseau enfant" et faisant référence aux cris forts qu'elle laisse entendre, soit des "kwa-kwa" qui ressemblent à ceux de la corneille mais en plus plaintif . Il a fallu peu de temps avant que cette falculie me conduise jusqu'à son nid. Difficile de dire s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle puisque les deux participent activement aux tâches entourant la nidification. Photo prise au parc national Ankarafantsika le 24 octobre 2012.


Dans le but de conserver toutes les espèces de Vangidés, il est essentiel que plus d'études scientifiques soient conduites avec l'objectif de déterminer les exigences d'habitat pour chaque espèce, d'estimer de façon précise la taille des populations, les patrons de dispersion et les pourcentages concernant les succès de reproduction, aussi bien que les causes de mortalité. Une telle information est indispensable si on veut établir une bonne stratégie de conservation. Madagascar possède déjà quelques forêts ou réserves protégées et il est à espérer que la volonté des autorités malgaches restera la même afin de maintenir cette volonté de les garder à l'abri de la pression humaine. Car, tout de suite en dehors des limites de ces parcs, la forêt continue à être détruite au profit de l'agriculture, du commerce du bois, des pâturages ou des cultures sur brûlis. 


Bibliographie

Handbook of the Birds of the World. Lynx Edicions, 2009. Volume 14.

Rare Birds of the World, par Guy Mountfort. Éditions Collins, 1988.

Threatened Birds of the World. Lynx Edicions, 2000.

Birds of the Indian Ocean Islands par Olivier Langrand. Éditions Struik, 1998.



jeudi 13 décembre 2012

Madagascar: l'île frag'île (2)

Du 25 septembre au 27 octobre 2012, en compagnie de Anne, de Gaétan Duquette et de Jean Jacques, je me suis rendu sur l'île de Madagascar. Nous avions déjà planifié cette visite à l'automne 2009, mais un putsch contre le gouvernement en place, lancé le 26 janvier de cette même année et le troisième depuis 1960, a créé un climat d'instabilité politique qui nous a fait renoncer à ce voyage. Sachant que nous aurions beaucoup de déplacement à faire sur la Grande Île, incluant des vols internes par Air Madagascar qui n'est pas reconnu pour la fiabilité de son service, nous avons pensé que s'y rendre dans ces circonstances ne serait pas une bonne idée. Déjà, des émeutes avaient lieu avec ses blessés et ses morts et, comme c'était la capitale Antananarive qui était la plus affectée, beaucoup de vols étaient paralysés. En fin de compte, le président actuel Andry Rajoelina a remplacé le président destitué le 17 mars 2009, Marc Ravalomanana. La stabilité politique en 2012 nous semblait idéal pour nous lancer dans l'aventure.


De gauche à droite:  Laval Roy,  Anne Déry,  Gaétan Duquette et Jean Jacques Gozard. Au parc national de Masoala le 03 octobre 2012. Photo par notre guide malgache Bruno Andriandraotomalaza.


Le but concerté était d'observer le plus grand nombre possible d'espèces d'oiseaux (276 espèces se retrouvent sur la liste totale de l'île) tout en mettant l'accent sur les espèces endémiques (107 espèces) qui représentent 38.8 % de toutes les espèces que nous pouvions y voir. C'est énorme et très attirant, surtout lorsque l'on sait que la faune et la flore de Madagascar sont en sursis. Elles le sont malheureusement pour plusieurs raisons, dont



la déforestation au profit des monocultures ou du pâturage


Au sud de l'île, entre Fort-Dauphin et la réserve de Berenty, nous rencontrons des champs à perte de vue où la culture du sisal est la seule ressource récoltée dans les environs. L'utilisation du sisal est importante dans la vie quotidienne des malgaches. On peut en tirer de la corde, tresser des chapeaux... Photo prise le 12 octobre 2012.


 la disparition des zones marécageuses au profit de la riziculture irriguée


Tous les milieux humides non protégés (et la plupart ne le sont pas) sont irrémédiablement transformés en rizières. Photo prise à Antananarive le 27 septembre 2012. 


l'étalement urbain autour des grandes villes qui empiète toujours davantage sur les milieux naturels


Une joute de foot est organisée sur un grand terrain vague en banlieue d'Antananarive. Photo prise le 27 octobre 2012.


la pauvreté des gens (85% des gens sur l'île vivent avec moins de $ 2.00 par jour) et leur manque de prise de conscience sur la nécessité de protéger la nature


Ce superbe mâle de Ganga masqué / Pterocles personatus / Madagascar Sandgrouse vient tout juste d'être blessé à mort à la suite d'un jet de pierre effectué habilement par un jeune malgache. Ce dernier est fier de sa chasse et il ne pense absolument pas aux répercussions découlant de la mort de l'oiseau. En 30 jours passés en sol malgache, nous n'avons rencontré cette espèce qu'à trois reprises. Cette occasion-là était la première. Nous venions juste d'observer l'oiseau en vol lorsqu'il s'est posé au sol près du chasseur. Comment en vouloir au garçon qui a profité d'une occasion unique de procurer à lui-même et à sa famille quelques protéines de plus cette journée-là. À voir les autres enfants qui accourent, il ne sera pas le seul à profiter de cette manne. Photo prise dans la région nommée "la Marmite", près de Tuléar, le 9 octobre 2012.  


La forêt primaire recule au rythme de 300 000 hectares par an, sous le coup des défrichements qu'opèrent les paysans, poussés par la pauvreté à étendre pâturages et cultures sur brûlis. Cette évolution fait craindre la disparition totale de cette forêt dans les dix ans à venir, une accélération consécutive de l'érosion, un assèchement du climat et, à terme, la désertification de la majeure partie de l'île.


Vue du sol et à faible attitude, la campagne malgache entre Andasibe et Antsirabe peut offrir des paysages d'une grande beauté. Les forêts vertes entourent les champs, les rizières, les cultures en pente et les habitations. Photo prise le 1 octobre 2012.


Dès que nous gagnons en altitude et que nous avons des vues imprenables sur la campagne environnante, il est plus facile alors de voir à quel point la forêt à perdu du terrain sous la pression humaine. Photo prise le 2 octobre en direction de Ranomafana.


Photo prise à partir de l'avion nous menant à Maroantsetra au nord-ouest de la Grande Île. La forêt subsistante suit le fond des canyons ou s'accroche aux versants pentus des collines. Photo prise le 15 octobre 2012.


Une flore particulièrement riche et une faune originale font de Madagascar un véritable laboratoire de l'évolution. Mais la déforestation menace à très court terme ce patrimoine à l'immense potentiel scientifique ainsi que la survie de certaines populations rurales. Aussi les autorités et l'aide internationale s'efforcent-elles de sensibiliser ces populations et les visiteurs à la protection des écosystèmes de l'île.

Lors de notre passage dans le magnifique parc de Ranomafana, le 4 octobre 2012, nous avons lu sur des panneaux extérieurs que des équipes de chercheurs de partout à travers le monde venaient passer plusieurs semaines par année pour étudier la faune et la flore du parc. Les sujets d'étude les plus populaires sont sans contredit les lémuriens, ces animaux fétiches qui symbolisent Madagascar dans l'imagerie populaire.



Et voici des 19 espèces de lémuriens qui ont croisé notre route, celle qui a un côté le plus accrocheur. Cette femelle de  Maki catta / Lemur catta / Ring-tailed Lemur, ainsi que son jeune d'environ trois semaines, ont su gagner nos coeurs dès les premières secondes de notre rencontre. C'est d'ailleurs un toutou à l'éphigie de cette espèce que j'ai offert à ma petite-fille adorée Éloïse, tout en espérant qu'elle aura un jour la chance d'en observer un en vrai dans la nature, non dans un zoo derrière une vitrine ou les barreaux d'une cage. Photo prise à la Réserve de Berenty, le 13 octobre 2012.


Les papillons et les batraciens/reptiles sont aussi très courus alors que les oiseaux attirent plus les ornithologues que les chercheurs scientifiques. Pourtant, comme je le mentionnais dans mon billet du 18 mars 2011, une nouvelle espèce de râle forestier venait d'être reconnue dans la partie ouest de l'île, à la suite d'une étude plus aprofondie des sous-espèces connues de l'espèce nominale.


En date de 2007, 46 régions sont légalement protégées, incluant 18 parcs nationaux et 23 réserves spéciales. Ceci pour une superficie d'environ 1.7 millions d'hectares. Voici les principales régions.



Parcs nationaux (PN), forêts et réserves protégées


         Forêts pluvieuses

1.- PN d'Andasibe-Mantadia
2.- Île Aye-aye
3.- Réserve de Manombo 
4.- PN de Marojejy 
5.- PN de Masoala 
6.- PN de Montagne d'Ambre 
7.- Réserve de Nosy Mangabe
8.- PN de Ranomafana

         Forêts décidues

09.- PN d'Ankarafantsika 
10.- Réserve d'Ankarana 
11.- Région de Daraina
12.- Forêt de Kirindy
13.- Région de Mitsinjo
14.- PN de Tsingy de Bemaraha
15.- PN de Zombitse 

         Forêts xérophiles

16.- PN d'Andohahela
17.- Réserve de Berenty







Serait-ce trop peu trop tard ?  Ce que nous avons senti tous les quatre lors de notre visite, c'est un-peu-pas-mal de défaitisme dans l'esprit d'abord de notre guide Bruno qui donnerait pourtant sa vie pour que la nature soit protégée à jamais sur son île. Il est une personne super positive, mais il y a des situations qui semblent hors d'atteinte même pour un homme de bonne volonté. La dégradation des milieux naturels se rencontre aussi bien dans les eaux qui entourent l'île. Nous discutions un soir à Masoala, Jean Jacques et moi, avec un français qui organise de la plongée dans les barrières de coraux depuis plusieurs années. Tout comme partout ailleurs dans le monde, les coraux souffent beaucoup de la pollution, du changement climatique et de bien d'autres causes reliées à des activités de pêche ou de collectes de spécimens pour divers usages. Il y a beaucoup moins de poissons à cause de la surpêche de gros bateaux-usines et les  poissons prédateurs ont par le fait même vu leur population péricliter. Si on ne s'en tenait qu'à la pêche artisanale des milliers de pêcheurs malgaches le long des côtes, la pression exercée serait beaucoup plus facilitante pour assurer la pérennité de la ressource.

Oui, je sais, je n'ai pas tellement parlé des oiseaux de Madagascar dans mes deux derniers billets. Je fais mon mea culpa , mais je voulais tellement insister sur l'URGENCE de vous rendre sur l'île avant qu'il ne subsiste que des miettes. J'espère me tromper, mais si je le fais, je ne serai sûrement pas le seul, car plusieurs recommandations lues dans divers rapports vont en ce sens. Et après ce que j'ai vécu personnellement, je ne peux que confirmer la situation précaire dans laquelle se trouve présentement Madagascar, l'île frag'île.


... à suivre...

Si vous voulez voir un rapport complet de mon voyage à Madagascar, cliquez sur ce lien


Sur mon blog, je compte aller plus à fond avec certaines espèces ou certains sujets. Je vous entretiendrai des oiseaux dans mon prochain, c'est promis.

...à suivre donc...