L'une des espèces-cibles recherchées par les ornithologues qui se dirigent vers Pointe-Pelée, en Ontario, est sans aucun doute la très belle
Paruline orangée /
Protonotaria citrea / Prothonotary Warbler. Elle
tient son nom anglais des greffiers de l’Église catholique, appelés «
protonotaires », qui portent parfois un capuchon doré et une cape bleue. Son ancien nom anglais de Golden Swamp Warbler était peut-être un peu plus approprié.
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| Ce magnifique mâle pose quelques secondes dans sa recherche incessante d'insectes et d'araignées le long des troncs d'arbres dans une partie inondée du parc national de Pointe Pelée. Photo prise le 12 mai 2017. |
La
Paruline orangée est un oiseau chanteur d’une beauté saisissante
dont la tête et la poitrine sont d’un jaune doré vif. Son dos est vert
olive et ses ailes, sa croupe et sa queue, gris-bleu foncé; la queue
présente de larges taches blanches lorsqu’elle est ouverte. Les femelles
et les juvéniles sont semblables aux mâles, mais leurs couleurs sont
moins vives.
Cette paruline est considérée comme l’un des oiseaux les plus
éblouissants de l’Amérique du Nord en raison de ses couleurs vives et de
son habitude de s’alimenter sur les bords des étangs où elle voit
constamment sa réflexion, ce qui double sa superbe apparence.
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| Cette femelle a capturé une araignée et elle la tient fermement dans un bec inhabituellement gros si on le compare à
celui des autres parulines. Photo prise le 12 mai 2017 dans le parc national de Pointe Pelée, Ontario. |
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Elle niche principalement dans le sud-est des États-Unis, où on la trouve couramment dans les forêts feuillues marécageuses parvenues à maturité et les plaines inondables boisées. Au nord des États américains du golfe du Mexique et des Carolines, les nicheurs se font de plus en plus rares et épars. La limite nord de l'aire de nidification de cette paruline atteint tout juste le sud de l'Ontario. L'un des passereaux les plus rares au Canada, la
Paruline orangée a été désignée espèce en voie de disparition tant au Canada qu'en Ontario.
L'espèce a probablement toujours été très rare dans le sud-ouest de l'Ontario, où on ne la trouve que dans des îlots d'habitat propice près de la rive nord du lac Érié (le plus régulièrement dans la zone de conservation Holiday Beach, le parc provincial Rondeau et le secteur de la pointe Long) et à l'extrémité ouest du lac Ontario (marais Dundas). Malgré l'existence de milieux convenables à l'intérieur des terres, surtout dans la région de Lac Simcoe-Rideau, la
Paruline orangée s'éloigne très rarement de plus de 30 km environ des rives des Grand Lacs.
En Ontario, on la trouve sous le climat plus chaud
des forêts carolinienne caduques. Elle fait son nid dans des petites
cavités peu profondes d’arbres morts ou mourants debout dans des forêts
inondées ou des marais, ou près de ceux-ci.
Ils utilisent aussi des nichoirs artificiels posés de façon
appropriée. L’érable argenté, le frêne et le bouleau jaune sont des
arbres communs de ces habitats. La
Paruline orangée est la seule
paruline de l’est de l’Amérique du Nord à construire son nid dans une
cavité d’arbre, dans laquelle elle pond généralement de quatre à six
œufs sur un coussin de mousse, de feuilles et de fibres de plantes.
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| Cette photo démontre bien le bec épais qui constitue l'outil idoine pour creuser un nid dans
du bois pourri. Elle partage ce comportement inhabituel chez les parulines nord-américaines avec la Paruline de Lucy / Leiothlypis luciae / Lucy's Warbler. |
Les travaux effectués dans le cadre de l'Atlas des oiseaux nicheurs de l'Ontario (2001-2005) portent à croire que la population actuelle ne compte pas plus de 10 à 25 couples (McCracken
et al., 2006), estimation beaucoup plus faible que celle d'au plus 80 couples avancée dans le premier atlas réalisé entre 1981 et 1985 (McCracken dans Cadman
et al., 1987).
Le déclin de l'espèce a été particulièrement marqué dans le parc provincial Rondeau. La présence de la
Paruline orangée en Ontario dépend fortement de l'immigration d'individus en provenance de populations des États-Unis qui doivent bien se maintenir (Tischendorf, 2003). Par conséquent, à moins d'un renversement du grave déclin observé au coeur de l'aire de l'espèce aux États-Unis, la
Paruline orangée pourrait bien disparaître en Ontario.
Et pour compliquer les choses, la
Paruline orangée passe l’hiver sous le climat tropical chaud de
l’Amérique centrale et du Sud; les mangroves côtières qu’elle privilégie
sont l’un des habitats les plus menacés au monde. C'est le 5 mai 1974, dans le parc provincial de Rondeau, que j'observe ma première
orangée. Je retourne sur le même site 43 ans plus tard et elle y niche encore. Entre temps, j'ai la chance de l'observer à maintes reprises sur ses sites d'hivernage que ce soit au Costa Rica, au Panama ou en Colombie. Elle est toujours aussi belle et aussi vivace sous d'autres cieux. En mai 2017, nous pouvons observer au moins 4 individus différents au parc national de Pointe Pelée et seulement 2 au parc provincial de Rondeau.
La population de la
Paruline orangée suit malheureusement la tendance générale des populations animales à travers le monde. Elle décline peu à peu à cause principalement de la destruction des habitats propices au nourrissage sur les sites d'hivernage. Si vous désirez observer cette espèce au Canada, dirigez vous vers Pointe Pelée au printemps 2018. N'attendez pas trop.
@ bientôt.