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samedi 6 mars 2021

Une marche dans le parc.

 

 

Les rapaces m'ont toujours fasciné. Les plus gros et les plus puissants d'entre eux occupent le sommet dans la hiérarchie gouvernant le monde des prédateurs et de leurs proies. Les rapaces nocturnes < hiboux, chouettes > m'impressionnent davantage que les diurnes < buses, éperviers, faucons >. Quand j'en croise un sur le terrain en plein jour, c'est comme si je faisais une rencontre du troisième type. Oui, nous vivons sur la même planète, mais sous des conditions d'éclairage inverses. Alors lorsque Dame chance place sur notre route un rapace diurne et un rapace nocturne perchés à faible distance, dans le même arbre et se regardant fixement, il ne reste plus qu'à s'émerveiller du spectacle offert.

 

Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk et Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl perchés dans le même arbre. Domaine de Maizerets, ville de Québec, le 28 février 2021 vers les 10h00 du matin.

 

Les deux oiseaux rapaces peuvent donc se croiser en un même lieu sans pourtant y vivre à l'année longue. La ville de Québec possède des parcs municipaux éparpillés aux quatre coins de la ville. Ces parcs abritent des parcelles de forêt assez vastes pour permettre à ces deux espèces de nicher et de pourvoir au nourrissage des jeunes. Les deux espèces partagent une certaine partie de leur diète lorsqu'elle se compose de petits et de moyens rongeurs (mulots, rats, souris, écureuils..). Même si j'ai déjà découvert une dépouille décapitée d'un mâle de Cardinal à poitrine rose en dessous d'un nid occupé par un Grand-duc d'Amérique, les petits passereaux sont trop vifs pour permettre au gros strigidé de les chasser efficacement. Par contre, ne lui montrez pas trop longtemps un lièvre, une marmotte ou une moufette, car il lui sera difficile de résister à passer à l'attaque. Par contre, l'épervier possède toutes les habiletés pour attaquer les oiseaux en vol. Selon vous, qui des deux prédateurs doit à se méfier le plus de l'autre? 

En cette belle matinée, l'oiseau le plus actif est l'épervier qui vient frôler en rase-motte l'extrémité des aigrettes du hibou. L'épervier niche régulièrement depuis quelques années dans ce parc, alors que le grand-duc vient faire son tour occasionnellement et surtout en saison froide. L'épervier ne peut qu'essayer de l'effrayer pour l'éloigner de son lieu de nidification. Par contre, le nuit venue, alors que l'épervier est bien installé immobile à se refaire des forces, rien ne garantit que le hibou ne profitera pas de cet instant de vulnérabilité pour l'attaquer, le tuer et s'en nourrir. 

 

 

Domaine de Maizerets, le 18 février 2017. Un regard très intimidant.

 

 

Le 07 avril 2015 au parc linéaire de Beauport, ville de Québec. Un mâle adulte d'Épervier de Cooper est perché près de son nid en devenir après avoir apporter quelques branches additionnelles.

 

Il y a de belles rencontres à faire en parcourant les parcs municipaux et je vous en souhaite près de chez vous.

 

@ bientôt.

  

lundi 18 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (octobre 2020) < 1 de 2 >

  

Les parulines d'automne sont souvent très déroutantes pour les observateurs et pas seulement pour ceux qui débutent en ornithologie. Durant leur périple migratoire qui les mènera, du moins pour certaines d'entre elles, aussi loin qu'en Bolivie, elles doivent se nourrir tout au long du parcours et elles sont alors très actives. Avec les feuilles encore présentes dans les arbres, il n'est pas facile d'observer les oiseaux à découvert et dans leur intégralité, mais à force de voir tantôt une tête, tantôt les dessus, tantôt les dessous et tantôt la queue, on finit par rassembler les morceaux du casse-tête et par se faire une idée.

 

 

La Paruline obscure / Oreothlypis peregrina / Tennessee Warbler exhibe un pâle et mince sourcil jaune souligné par une ligne peu prononcée, mais apparente, qui traverse l'oeil et le dépasse légèrement. Les sous-caudales sont BLANCHES et le ventre blanchâtre. Une seule bande alaire peut être évidente chez certains individus. Domaine de Maizerets, 03 octobre 2020.



La Paruline verdâtre / Vermivora celata celata / Orange-crowned Warbler possède un plumage uniforme. Les dessous sont jaunâtres, aucune bande alaire, la tête grisâtre, un cercle oculaire évident mais incomplet, et les sous-caudales JAUNES. Elle est dans la liste des dernières espèces de paruline à nous quitter.



La Paruline jaune / Setophaga petechia amnicola / Yellow Warbler possède un cercle oculaire complet et bien évident. Les dessous jaunes vont du menton jusqu'au bout des sous caudales. Les ailes paraissent plus foncées et les grandes et petites couvertures alaires sont fortement lisérées, ce qui n'est pas le cas chez la Paruline verdâtre.




Au Québec, le Bruant à couronne blanche / Zonotrichia leucophrys leucophrys / White-crowned Sparrow niche dans la toundra, la taïga et la Plaine hudsonienne. Il hiverne du centre des États-Unis jusqu'au centre du Mexique. Il n'est que de passage durant les migrations. À l'automne, il visite souvent nos cours et les parcs municipaux comme ici au Domaine de Maizerets, le 04 octobre 2020.




Il est fréquent, lors des migrations d'automne, de voir passer des groupes de Merles d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robins . Ils s'arrêtent dans les arbres fruitiers pour engloutir goulûment tous les fruits qui tombent sous leurs becs. Comme le Domaine Maizerets abrite plusieurs de ces arbres, c'est l'endroit idéal pour assister au passage de ces gros passereaux. L'immature se reconnait facilement à ses dessous orangés marqués de marbrures noires et de zones blanchâtres. Rencontre faite le 04 octobre.



C'est à l'automne que cette espèce arbore les couleurs qui lui ont valu son nom. Ce mâle en plumage inter-nuptial est un Quiscale rouilleux / Euphagus carolinus carolinus / Rusty Blackbird et il reste très fidèle à sa niche écologique même en pleine migration. Il niche en forêt boréale et il est inféodé aux milieux humides tels les ruisseaux à faible débit, les tourbières, les marais, les marécages et les étangs de castors. Si vous désirez le trouver en période migratoire, cherchez le dans les milieux inondés, les fossés et les sous-bois. Son chant qui fait penser à une poulie de corde linge... un peu rouillé... reste encore la même façon de connaître sa présence. Domaine de Maizerets, le 04 octobre 2020.



Comme si le Coronavirus n'était pas une plaie suffisante à endurer, voilà que le Circovirus semble affecter un oiseau rencontré ce matin du 06 octobre au Domaine de Maizerets, du côté de l'arboretum. Je remarque un passereau de bonne dimension perché dans un arbuste dégarni de ses feuilles. C'est un Mésangeai du Canada / Perisoreus canadensis nigricapillus / Gray Jay. Il est silencieux et il s'envole pour se percher dans un conifère. Un mésangeai, c'est plutôt loquace habituellement et il n'est pas rare de l'entendre émettre des sifflements ou d'autres sons de contacts courts et variés. Pas celui-ci. Il ne reste pas longtemps en place et il disparaît vite en vol. En regardant mes photos, je constate que le culmen de son bec est allongé et recourbé vers le bas. La mandibule inférieure est courte, comme tronquée. Par manque de soin qui demande un bec normal, son plumage est hirsute et les plumes sont clairement en mauvaise condition. Une recherche sur le net m'amène à la conclusion que cet oiseau doit souffrir de la PBFD (Psittacine Beak and Feather Disease) ou maladie du bec et des plumes. Ses chances de survie sont malheureusement faibles.



Et voici la cerise sur le sundae, comme on le dit si bien. Cet immature d'Aigle royal / Aquila chrysaetos canadensis / Golden Eagle tournoie au-dessus de nos têtes en cette belle journée du 09 octobre alors que nous visitons l'endroit le plus sûr pour en trouver un, soit la Réserve Nationale de Faune du Cap Tourmente. Mais ils ne sont que de passage. Ce sont les migrations qui les amènent à traverser le secteur. Ces gros rapaces reviennent du sud vers la mi-mars et ils repartent vers la fin-septembre. Quelques individus peuvent rester l'hiver.



Le Bruant des marais / Melospiza georgiana ericrypta / Swamp Sparrow est assez facile à trouver au Cap Tourmente. Il faut le chercher dans les milieux humides comme ici au Marais des Graves. Comme la réserve possède plusieurs plans d'eau, ce ne sont pas les occasions qui manquent. À l'instar de bien des passereaux, il est curieux et il résiste mal à l'envie de se montrer à découvert dès qu'il entend un chuintement suspect. Mais il faut être rapide pour le photographier, car ça ne dure vraiment pas longtemps.



Et oui, c'est comme ça à la RNF du Cap Tourmente! On ne jamais ce qu'une sortie nous réserve. Alors que j'observe à la jumelle une grive dans la végétation, un flash gris pâle passe dans ma vision périphérique. Intrigué, je focalise vers l'endroit et j'identifie à l'oeil nu un rare Gobemoucheron gris-bleu / Polioptila caerulea caerulea / Blue-gray Gnatcatcher. Ce petit moucherolle nerveux est observé de temps à autres en période migratoire. En raison de sa petite taille, il peut facilement passer inaperçu. Son cri très faible et très aigu est caractérisque, mais encore faut-il l'entendre. Cet individu n'en a émis aucun.



J'adore cette espèce qui joue volontiers à cache-cache. Avec son imitation de miaulement de chat, elle nous fait connaître sa présence, mais on dirait qu'elle le fait pour nous narguer. Son manteau gris uniforme le rend difficile à déceler à travers un feuillage épais ou dans la pénombre des sous-bois. La seule couleur voyante se retrouve au niveau des plumes sous-caudales qui sont rousses.



Avec les dessous d'un jaune aussi éclatant, il est difficile de passer inaperçue pour cette belle Paruline à joues grises / Vermivora ruficapilla ruficapilla / Nashville Warbler. Même dans son plumage plus terne d'immature, son jaune reste évident. Ici, il s'agit probablement d'un adulte à cause du contraste  entre le jaune des parties inférieures et le gris de la tête.



Wow! Une autre belle prime en cette journée. Pierre Otis repère le plus petit des strigidés du Québec alors qu'il est bien caché dans un buisson. La Petite Nyctale / Aegolius acadicus acadicus / Northern Saw-whet Owl est un vrai petit bijou ailé. Malgré son allure inoffensive de toutou, sa petite taille et son faible poids, 20 cm et 80 g, elle demeure un prédateur très hargneux qui peut capturer des prises assez impressionantes en regard de sa propre grosseur. J'ai déjà observé une Petite Nyctale perchée à environ cinq mètres du sol, sur une branche d'un conifère... et assise sur un rat mort. J'étais ébahi de voir un si petit prédateur et une si grosse proie en comparaison. Et ensuite m'est venue la question qui tue "Mais comment a-t-elle fait pour transporter le rat sur cette branche?". La nature ne finira jamais de nous étonner.


@ bientôt pour la suite du mois d'octobre 2020.

 

mercredi 23 janvier 2019

Mes coups de coeur 2018



J'adore observer les oiseaux et j'adore faire de la photo. Maintenant, l'un ne va plus sans l'autre. Sans jumelle au cou, je me sens handicapé, de même lorsque je ne porte pas ma caméra en bandoulière. C'est donc équipé de ces deux éléments que je peux savourer au maximum cette belle nature, si généreuse à nous révéler ses trésors dès que nous passons du temps dehors. Et dans la nature, il n'y a pas que des oiseaux, il y a tout le monde végétal, les insectes et les animaux. Tout est source d'apprentissage à condition bien entendu d'être curieux et avide d'en apprendre davantage.

En 2018, j'ai ajouté près de 1000 photos sur mon compte Flickr. Difficile de choisir les 15 photos qui m'ont marqué davantage que les autres, mais je me suis prêté à cet exercice. J'y vais dans l'ordre chronologique.

Le 10 mars 2018, je suis au domaine de Maizerets. Il neige de plus en plus abondamment et un Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl  est perché le long de la rivière qui traverse le parc. À mon arrivée, il y a plusieurs photographes et l'oiseau est bien éveillé. L'attention du hibou se porte sur les chiens qui passent dans les sentiers tout près. Ils sont en laisse et accompagnés de leur maître. L'intensité de son regard est remarquable.






Le 31 mars 2018, Gérard Cyr repère à Neufchatel un oiseau dont la présence est inusitée au Québec: le Merlebleu azuré / Sialia currucoides / Mountain Bluebird. Il s'agit d'un oiseau de l'ouest du continent et qui se serait égaré de son corridor migratoire. Gérard le trouve et il communique sa trouvaille par texto. Dès que Anne en prend connaissance, nous nous dirigeons vers l'endroit. Gérard est toujours présent et il nous indique où l'oiseau est perché. Même si l'oiseau n'est pas près de nous, il me permet de prendre quelques photos dont celle-ci. Malheureusement, juste comme arrive un autre ornithologue, l'oiseau s'envole et il ne sera pas revu par la suite. Merci à Gérard pour avoir partagé aussi rapidement sa découverte.







Le 9 avril 2018, nous sommes à Baie-du-Febvre, près des deux étangs de rétention le long de la route Janelle. Tous connaissent le potentiel d'accueil de Baie-du-Febvre en période migratoire. Une avifaune abondante et variée y fait un arrêt stratégique pour refaire des forces avant de continuer leur migration. Voilà qu'un Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin, un chasseur implacable des petits passereaux, vient se percher tout près en tenant dans ses serres un mâle de Plectrophane des neiges / Plectrophenax nivalis nivalis / Snow Bunting. Il le déplume devant nous avant de percer la chair de son bec acéré. Ce petit prédateur suit les passereaux lors de leur migration et il se nourrit quotidiennement à même le cheptel des migrateurs.





Voici maintenant un locataire permanent de ma cour. Ce petit rongeur me fait sourire à chaque fois que j'observe son comportement. Il est petit, vif, tellement vaillant et d'un charme absolu. Le Tamia rayé / Tamias striatus / Eastern Chipmunk ne laisse personne indifférent.






Le bourdon diffère très peu de l'abeille domestique: il se nourrit du nectar des fruits et récolte le pollen pour nourrir les larves. Il est donc un important pollinisateur. Les abeilles distinguent trois couleurs : le bleu, le vert et les ultraviolets. Les autres couleurs leur apparaissent en noir. Les dégradés de bleu et de vert se dévoilent à elles avec un décalage de teinte par rapport à notre vision. Par exemple le jaune se révèle comme du vert plus ou moins pâle. Photo réalisée le 16 août 2018 au Marais Léon-Provancher à Neuville, près de Québec.





Le mois d'août est une belle période pour observer les plantes et les insectes à la Base de Plein Air de Sainte-Foy. En ce 19 août 2018, je découvre une espèce de libellule que je n'avais jamais remarquée. Mes recherches dans les quelques livres à la maison me permettent d'identifier un Sympetrum vicinum / Autumn Meadowhaw. Désolé pour le nom français, mais je ne l'ai pas trouvé sur internet et mes livres sont en anglais. Il y avait plusieurs individus de cette espèce dans un endroit bien localisé. Si vous connaissez son nom français, je serais très heureux de l'ajouter à mon texte.







Le 20 août 2018, un mâle de Chardonneret jaune / Carduelis tristis tristis / American Goldfinch joue au parent nourricier et il a intérêt à faire vite parce que son rejeton est très affamé. Cette journée-là, je rencontre plusieurs autres parents de différentes espèces qui sont très occupés par le nourrissage des jeunes: moqueur-chat, carouge, bruant... Ça se passe au marais Léon Provancher.






Le 4 septembre 2018, une visite au quai Boulanger, à Montmagny, nous fait découvrir un Phalarope de Wilson / Phalaropus tricolor / Wilson's Phalarope très coopératif. Cette espèce est observée annuellement à cet endroit et à cette date. Il n'est que de passage, aussi il est difficile de prévoir le temps qu'il passera sur ce site.






Nous y retournons le 7 septembre pour voir s'il n'y aurait pas de nouvelles espèces. Les espèces de limicoles régulières y sont en assez bon nombre. J'en profite pour capter les deux espèces de chevaliers aux pattes jaunes: les Petit et Grand Chevaliers / Lesser and Greater Yellowlegs. Nous pouvons très bien voir la différence de grosseur et la longueur du bec. Ce n'est pas toujours évident.






Le 15 septembre 2018, nous nous rendons à la rivière Trois-Pistoles avec l'espoir de trouver le Traquet motteux / Oenanthe oenanthe leucorhoa / Northern Wheatear qui a été observé à un endroit bien précis, quelques jours auparavant. À notre arrivée, des observateurs du bas Saint-Laurent sont sur le site. J'y reconnais Marco Beaulieu et Sébastien Dionne. Nous passons environ trente minutes à regarder l'oiseau se nourrir devant nous. Il est très occupé à fouiller au sol, à la recherche de nourriture. Lorsque nous quittons, l'oiseau est toujours là et il n'a pas changé de comportement.





En octobre 2018, je découvre une activité très intéressante qui se tient dans la Réserve Nationale de Faune du Cap Tourmente. Il s'agit d'une station de baguage d'oiseaux. Une équipe de techniciens et de biologistes capturent des oiseaux à l'aide de filets japonais pour les identifier, déterminer le sexe et l'âge, les peser, les mesurer, constater le pourcentage de graisse et les baguer. Un biologiste commente le travail qui se passe devant nous et nous pouvons même les voir manipuler les oiseaux pour les relâcher ensuite. J'en profite pour prendre des gros plans de différentes espèces. Je publie ici la photo d'une espèce recherchée lors des migrations par les ornithologues soit la Grive à joues grises / Catharus minimus aliciae / Gray-cheeked Thrush. Il vaut vraiment la peine d'assister à cette activité et je me promets bien d'y retourner à l'automne 2019.







Le 21 octobre 2018, en revenant de Rimouski, nous nous arrêtons au Parc National du Bic. Deux Gélinotte huppée / Bonasa umbellus togata / Ruffed Grouse sont occupées à se nourrir au sol en picorant les graines sur la végétation ambiante. Je les approche très lentement en effectuant de multiples arrêts et les oiseaux font peu de cas de ma présence.






Un peu plus loin, toujours dans le même parc, c'est un magnifique Renard roux / Vulpes vulpes / Red Fox qui nous fait l'honneur de se présenter devant nous. Wow ! Qu'il est beau ! Tous ceux que je rencontre dans la région de Québec sont tellement furtifs qu'il est difficile de les photographier. Cet individu semble habitué aux visiteurs du parc, car il nous regarde avec un certain désintéressement.






Le 22 octobre 2018 nous voit visiter le domaine de Maizerets. Les grives, bruants et merles sont très actifs dans les arbres fruitiers du parc. On ne se lasse pas de les voir dévorer goulûment les petits fruits rouges. Ici, c'est un Merle d'Amérique / Turdus migratorius migratorius / American Robin qui réalise des acrobaties afin d'atteindre les baies.







Le Geai bleu / Cyanocitta cristata bromia / Blue Jay m'a envoûté la première fois où je l'ai observé à mes débuts en ornithologie. Le bleu étant l'une de mes couleurs préférées, disons qu'il partait avec une longueur d'avance. J'ai été surpris d'apprendre qu'un oiseau aussi coloré appartenait à la famille des corvidés qui regroupe habituellement des membres au manteau très sombre (corneille, corbeau..) ou très sobre (mésangeai). Si ceci est vrai pour le Québec, il en est autrement pour le reste du monde. Les corvidés comprennent 21 genres et 123 espèces. Trop souvent désavoués comme le sont des oiseaux noirs familiers, la famille des corvidés comprend des oiseaux d'une beauté saisissante; certains témias (treepie) et pirolles (magpie) font partie des oiseaux les plus élégants et les plus gracieux du monde.








Je vous souhaite une année 2019 des plus riches en rencontres intéressantes.


@ bientôt.



     

dimanche 12 novembre 2017

Le seigneur du domaine de Maizerets



À tout seigneur, tout honneur !

Cet oiseau vit toute l'année sur le domaine de Maizerets et ce n'est pas si évident que ça quand on considère que ce site se situe dans la ville de Québec, au Canada, où les saisons sont très bien senties. L'été, ça peut être chaud (oui, quelques fois mais pas trop longtemps), l'hiver c'est très très froid (oui, souvent et trop longtemps). Il pourrait même très bien arriver que notre oiseau mystère naisse sur ce site, qu'il y passe une moyenne de 5 ans de vie et qu'il y meure de façon tout à fait naturelle.

De quelle espèce s'agit-il ? J'imagine facilement tous ceux qui connaissent le site se creuser les méninges et qui pourraient risquer quelques noms, mais j'ajoute dès maintenant un autre critère de sélection qui va circonscrire radicalement le choix de réponse: cette espèce est la plus nombreuse sur le site, peu importe la saison.

Et voilà que tout nous dirige vers une espèce d'oiseau appartenant à l'ordre des ansériformes et à la famille des anatidés et de la sous-famille des anatinés. Cette famille englobe mondialement 41 genres, 147 espèces et 238 taxons (incluant les espèces et les sous-espèces). J'ajouterais même que cette espèce est à l'origine de tous les canards domestiques, du plumage blanc pur au plumage des plus bigarrés.

Et le voici sans plus de préambule, un canard commun, d'une grande beauté et qui est peut-être même trop souvent sous-estimé: le Canard colvert / Anas platyrhynchos platyrhynchos / Mallard.


19 janvier 2012. Les canards et les oies ont une remarquable adaptation au niveau de leurs pattes lorsqu'ils se tiennent dans l'eau très froide ou sur une surface glacée. Une adaptation qui empêche leurs pieds de geler. À l'intérieur de leurs membres inférieurs, les artères et les veines sont serrés les unes contre les autres et le sang froid des plus petites veines est réchauffé aussitôt par le sang chaud des artères. La perte de chaleur est ainsi évitée. Alors que la température corporelle interne d'un canard qui se tient sur la glace est de 40° C, celle de ses pattes est juste au dessus du point de congélation (0° C). Par une température de - 20° C, les pattes du canard risquent moins les engelures dans l'eau non gelée qu'en dehors de l'eau. Lorsqu'il se repose sur la glace, le canard s'assied sur ses pattes avec le bec retourné vers le dos, bien enfoui sous les plumes dorsales.


27 janvier 2014. Malgré des apparences trompeuses, cet individu n'est pas du tout en mauvaise position dans son combat contre le froid. Il est doté d'un plumage serré et duveteux qui recouvre toutes les surfaces charnues et d'une bonne couche de graisse sous la peau.      

26 février 2016. Ce magnifique mâle quitte le ruisseau en contre-bas pour venir rejoindre un groupe de canards qui se fait nourrir par un passant. Le Ruisseau du moulin trace la fin du boisé et le début de l’Arboretum. Ce ruisseau, qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent, est sujet à l’effet des marées, ce qui fait qu'il y a de l'eau libre toute l'année et que la source de nourriture est renouvelée avec chaque marée haute. 


26 février 2016. Le plumage de la femelle est plutôt terne comparativement à celui du mâle. Chez le mâle et la femelle, une des principales caractéristiques est la barre blanche de chaque côté du miroir bleu de l'aile.


16 avril 2015. Le Canard colvert est un barboteur qui mange surtout des végétaux et des invertébrés, mais il se régale aussi de céréales et d'insectes. Pour se nourrir en eau peu profonde, il bascule son corps vers l'avant et il met sa tête sous l'eau, le derrière relevé à la verticale. Grâce à une caractéristique commune à tous les anatidés, l'intérieur périphérique des deux mandibules du bec étant pourvu de lamelles qui s'imbriquent lorsque le bec est fermé, il peut se nourrir à la surface de l'eau. Ces lamelles servent de filtre qui laisse s'écouler l'eau tout en retenant les fines particules de nourriture qui sont récupérées par une langue hautement spécialisée.



15 mai 2014. Vers la fin du printemps, le mâle perd peu à peu son beau plumage et il ressemblera bientôt à la femelle. Cette dernière couve seule les oeufs pendant les 28 jours que dure l'incubation. Les liens du couple commencent à se défaire dès le début de l'incubation et le mâle abandonne la femelle généralement entre la première et la dernière semaine d'incubation. Il va alors rejoindre son "boys' club" sur un autre plan d'eau.


29 mai 2014. À la naissance, les oisillons ressemblent à de petites boules de duvet brun et jaune. Dans les heures qui suivent, leur mère les conduit à l'eau. La cane prend continuellement soin de rassembler et de réchauffer ses petits. Elle leur apprend aussi à se nourrir.


5 juin 2016. Vers l'âge de 6 à 8 semaines, les canetons sont autonomes.


14 septembre 2014. Le plumage caractéristique du mâle apparaît dès le premier automne, mais il peut ne pas avoir tout son éclat avant la deuxième année.


27 septembre 2014. Si le Canard colvert est l'ancêtre des canards domestiqués par l'homme, il est aussi le canard le plus prisé des chasseurs. Sa nature plutôt sociable lui joue de bien mauvais tours, car il se laisse facilement duper par les appeaux. Dans les années 1960, il était commun dans le sud-ouest , mais rare dans l'est du Québec. À cette époque, dans les basses-terres du Saint-Laurent, les chasseurs le considéraient comme un trophée exceptionnel. Aujourd'hui, il niche partout dans l'est du Québec, ainsi que dans les provinces de l'Atlantique.

Quand la glace commence à recouvrir les lacs, le Canard colvert migre vers le sud, l'est et l'ouest des États-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du sud. Certains individus passent parfois tout l'hiver plus au nord quand des plans d'eau libres de glace sont disponibles et que la nourriture est suffisante. Même si canard est d'abord un oiseau d'eau douce, certains s'établissent sur les côtes pour hiverner.


04 novembre 2017.

04 novembre 2017.


Le domaine de Maizerets est l'endroit le plus facile à visiter l'hiver à Québec pour l'ornithologue ou le photographe qui désirent en connaître plus sur les comportements du seigneur de ce domaine, le flamboyant Canard colvert.


@ bientôt.




vendredi 24 février 2017

Des oiseaux de l'hiver 2017




L'hiver 2017 n'a pas été très propice pour nous pour les sorties ornithologiques. En plus de différentes obligations familiales ou sociales successives, les chutes de neige fréquentes durant les fins de semaine ont beaucoup freiné notre intérêt à prendre la route. Mais nous nous sommes échappés à quelques reprises et voici des endroits visités et des images prises sur le vif.


Saint-Antoine-de-Tilly

Le chemin Boisclair est un rang parallèle à la route 132 et au sud de cette dernière. En hiver, cette route tranquille vaut la peine d'être parcourue lentement. Les espèces d'intérêt fréquemment rencontrées: Plectrophane des neiges, Dindon sauvage et Perdrix grise. Des mangeoires privées distribuées le long de cette route peuvent apporter leur lot de surprises. Selon la quantité de neige dans les champs, des groupes d'Alouettes hausse-col sont occasionnellement rapportés et ils peuvent dissimuler un rare Plectrophane lapon. Lors de notre passage, nous croisons un groupe de Jaseurs boréaux qui se nourrissent dans trois pommiers à quelques mètres seulement de la route. Dans ma jeunesse, nous appelions ces grosses pommes des pommes d'hiver. La chair de cette variété de pommes est tellement dure que les frugivores ne peuvent s'en nourrir avant les grands froids. Il faut que le fruit gèle complètement pour que sa chair devienne assez molle pour que les becs des frugivores puissent la pénétrer.


 



 




Quand il n'y a pas d'eau liquide disponible, les oiseaux mangent de la neige, mais ils le font toujours avec parcimonie. Ingurgiter trop de neige refroidirait leur chaleur interne, chose à ne pas faire en période hivernale où toute perte de chaleur corporelle pourrait mener à l'hypothermie et à la mort.




 Tewkesbury


La rue Jacques Cartier Sud à Tewesbury est une autre route à parcourir lentement en période hivernale. Elle longe la rivière Jacques Cartier et traverse des boisés intéressants. C'est l'endroit idéal pour y observer le Gros-bec errant. La présence des fringillidés est toujours un coup de dé selon les années. En 2016, c'était l'euphorie. En 2017, c'est la pénurie totale. Aucun sizerin, chardonneret, tarin ou bec-croisé. Quelques durbecs sont venus sauver l'honneur de la famille. Par contre le gros-bec est encore présent, mais en petit nombre. Un Pic chevelu me permet quelques photos.



Cette femelle de Pic chevelu fait s'envoler des brins de neige lorsqu'elle tambourine l'écorce de cet arbre.



 
Son mâle est également à la recherche active de nourriture.



 Comté de Lotbinière



Le comté de Lotbinière agit sur moi comme un aimant puisque j'y ai passé la majeure partie de ma vie. Pour l'avoir parcouru maintes et maintes fois, j'en connais presque tous les recoins. Mais il est tellement riche en découvertes que j'y retourne encore toujours avec un intérêt renouvelé. C'est dans le village de Saint-Édouard que nous faisons la rencontre d'une magnifique femelle d'Épervier de Cooper. Elle est bien installée sur la structure d'une meunerie, en plein milieu du village. Un ami m'a demandé comment je pouvais dire que c'était une femelle puisque les adultes ont le même plumage. J'y suis allé par l'évaluation de la grosseur de l'individu. L'oiseau observé était assez gros pour que j'imagine d'abord avoir affaire à l'Autour des palombes. Dès le premier coup de jumelle, j'ai vite identifié un Épervier de Cooper. Seule une femelle de Cooper peut avoir cette grosseur. Je vous la livre maintenant.







L'épervier est un rapace doté d'une longue queue et d'ailes plutôt courtes et arrondies. Alors que les ailes courtes sont un atout pour se faufiler entre les arbres et les branches à l'intérieur de la forêt, la queue longue et flexible l'aide à assurer un équilibre parfait lors de changements rapides de direction. Le vol de l'épervier est également facilement reconnaissable puisqu'il consiste à de rapides battements des ailes suivis d'une longue glissade.


 Saint-Mathieu-de-Rioux


Ce petit village se situe dans le Bas-Saint-Laurent à une vingtaine de kilomètres de Saint-Simon, à l'intérieur des terres. Il est reconnu pour la quantité phénoménale de nids de Balbuzards pêcheurs
accrochés aux pylônes d'Hydro Québec, tout près d'un lac de bonne envergure. En 2017, une espèce occasionnellement observée au Québec, en provenance de l'ouest canadien, est présente à une mangeoire depuis quelques semaines. Comme Anne n'a jamais coché cette espèce au Québec, nous nous y rendons le 22 janvier 2017. Voici quelques photos rapportées de cette rencontre.


Ce magnifique mâle de Tohi tacheté / Pipilo maculatus / Spotted Towhee a élu domicile, dans son errance hivernale, dans la cour arrière dotée d'un bon système d'alimentation.




Un milieu naturel propice à attirer les oiseaux d'hiver contribue à retenir des oiseaux granivores et frugivores.






Domaine de Maizerets



Un parc urbain de la ville de Québec qui n'a plus besoin de présentation. Ce site peut contenir de magnifiques trouvailles une journée donnée et être non productif dès le lendemain. Il est bien situé en bordure du fleuve et, à vol d'oiseau, il peut constituer un relais facilement accessible entre les différents boisés de la région. Une bonne diversité d'habitats amène toujours une bonne diversité d'espèces d'oiseaux. Notre visite du 18 février 2017 vise le Merle d'Amérique et le Grand-duc d'Amérique. Nous trouvons facilement les espèces anticipées et voici quelques photos du grand-duc.



Quel regard intimidant !  Le hibou est perché à environ 6 mètres de hauteur et je me place juste en dessous du strigidé. Je suis bien content de ne pas être une proie potentielle.



Bien qu'en période de repos, ce grand-duc est concentré sur deux Écureuils gris qui s'ébattent tout autour de lui. Le parc abrite un bon nombre d'écureuils et leur présence explique celle du plus gros de nos strigidés.


Forêt Montmorency


Un autre incontournable auprès des ornithologues de la région de Québec. Réputé pour sa forêt boréale et les spécialités qui y sont associées: Mésangeai du Canada, Mésange à tête brune, Sittelle à poitrine rousse et Tétras du Canada. Il y a bien sûr les pics boréaux et les fringillidés, mais ces derniers répondent à des conditions particulières qui fluctuent selon les années. Et comme l'hiver 2017 est très avare pour la présence des fringillidés, un seul Tarin des pins, trois Durbecs des sapins et quelques Sizerins flammés ont été aperçus. Par contre, exception faite du tétras, nous avons fait de belles rencontres.



C'est difficile de prédire d'avance le comportement de la plus belle de nos mésanges, la Mésange à tête brune / Poecile hudsonicus littoralis / Boreal Chickadee. Plus souvent qu'autrement, elle se tient bien cachée dans le sapinage. Cette fois-ci, elle était hyper active, mais elle s'approchait sans cesse tout près de nous. Donc, avec de la patience, il m'a été possible de réussir quelques belles prises.


Si j'ai toujours eu un faible pour la Mésange à tête noire, je fonds littéralement lorsque je rencontre une Mésange à tête brune. Son "chick-a-dee-dee" plus lent et plus enroué permet de connaitre sa présence, car elle est tellement moins démonstrative que sa cousine.



Et que dire de la mignonne et acrobatique Sittelle à poitrine rousse / Sitta canadensis / Red-breasted Nuthatch qui n'est jamais très éloignée des petits groupes de mésanges. Une simple imitation de son cri nasillard et la voici à quelques mètres de l'objectif.







Et que dire maintenant de l'élégant et gracieux Mésangeai du Canada / Perisoreus canadensis nigricapillus / Gray Jay qui s'approche de nous en toute confiance. Il est tellement silencieux dans son approche qu'il peut être tout près de nous sans que l'on ne le sache.


Et le voici posant à la distance minimale permise par ma lentille de caméra. Un oiseau exceptionnel et fascinant.



Avant de quitter la forêt boréale, je ne peux m'empêcher de capter une image d'un Ecureuil roux nord-américain / Tamiasciurus hudsonicus / North American Red Squirrel.




Rue Courcy, Sainte-Foy


Une autre espèce rare au Québec, également en provenance de l'ouest canadien, est présente dans la ville de Québec. Il s'agit d'un Solitaire de Townsend / Myadestes townsendi townsendi / Townsend's Solitaire, une espèce rapportée presqu'annuellement en hiver au Québec.



Espèce frugivore, le Solitaire de Townsend est parfaitement à l'aise lorsqu'il se retrouve dans un environnement où les arbres produisant de petits fruits en quantité sont présents.


Le mois de mars est à nos portes et il signifie l'arrivée prochaine des premiers migrateurs en provenance de sud. Tout dépendamment de l'endroit où nous nous trouvons dans la province de Québec, nous verrons bientôt apparaître les premiers "oiseaux noirs" (quiscale, carouge et vacher) arrivant du sud et d'autres espèces hâtives. Nous ne commençons que d'aller de surprise en surprise.


@ bientôt.