mercredi 13 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (septembre 2020).

 

Voilà maintenant six mois que nous sommes confinés. Rien n'a vraiment changé concernant les mesures de santé à prendre pour nous protéger et pour protéger les autres. Cependant, il est possible de se déplacer partout à condition de ne pas rentrer en contact rapproché avec d'autres personnes. À la mi-septembre, nous nous permettons même une nuitée aux Escoumins. Tout se passe très bien avec toutes les mesures sanitaires mises en place à l'hôtel et au restaurant situé juste en face de l'hébergement. Voici donc un aperçu de nos sorties.

 

Une espèce que nous recherchons en septembre est la Grue du Canada / Grus canadensis canadensis / Sandhill Crane. Même si le plus grand de nos échassiers du Québec se retrouvent en plus grand nombre en Abitibi et au Saguenay-Lac-Saint-Jean,  il est possible de l'observer près de la Grande tourbière de Villeroy située dans la région administrative Centre-du-Québec. Et c'est dans le secteur de Notre-Dame-de-Lourdes que nous l'observons chaque année depuis une couple de décennies. Voici une photo très lointaine que j'ai pu prendre de deux d'entre elles, le 06 septembre 2020. Comme ce sont des terres agricoles privées, il est interdit de s'aventurer de plus près.

 


Voici une photo prise le 08 mai 2015 au Three Lakes Wildlife Management Area, en Floride. Il s'agit de la sous-espèce pratensis qui passe l'année en Floride. Elle est habituée à la coexistence humaine et elle continue sa besogne malgré ma présence.



Après Notre-Dame-de-Lourdes, nous nous rendons dans la région de Saint-Édouard-de-Lotbinière à la recherche cette fois-ci d'un limicole migrateur assez fidèle à la date de son apparition et à l'habitat où on peut l'observer durant sa migration automnale. Mais il faut être aux aguets, car il se confond tellement bien avec la végétation dans les champs labourés tapissés d'un court tapis vert. Un truc pour le trouver plus facilement? Chercher les champs où le Pluvier kildir se tient en petites bandes. Ce limicole s'appelle le Pluvier bronzé / Pluvialis dominica / American Golden-Plover.

 

 

Vous vous souvenez des Bécasseau à échasses et Bécassin à long bec que je vous ai présentés dans le billet précédent? Et bien les voici côte-à-côte parmi des Petits Chevaliers. La proximité des trois espèces permet de comparer leur taille. Ça se passe toujours au quai Boulanger à Montmagny. Cette fois-ci le 07 septembre 2020.

 

 

Encore une comparaison entre un Petit Chevalier et un Bécasseau à échasses. On voit bien les différences au niveau du bec, de l'arcade sourcilière, de la couleur des pattes et des motifs bien différents sur les parties supérieures. 

 

 


Le Garrot à oeil d'or / Bucephala clangula americana / Common Goldeneye niche sur les lacs ou les plans d'eau de moindre importance comme ceux créés par les barrages de castor. J'ai d'ailleurs eu la chance d'en trouver quelques uns en forêt boréale. Ce n'est pas un canard plongeur facile à approcher, mais il arrive qu'un individu s'approche des quais comme c'est le cas ici à Montmagny. La photo montre bien la couleur de cet oeil qui lui a valu son nom. À noter également les canelures de son bec qui agissent comme filtre en laissant échapper l'eau excédentaire lorsqu'il sort de l'eau avec une proie dans le bec.

 

 

Quand on pense à élégance et à finesse des traits, il est difficile de ne pas penser au Phalarope de Wilson / Phalaropus tricolor / Wilson's Phalarope. Remarquez les semi-palmures entre les doigts qui l'aident à se propulser dans l'eau alors qu'elle effectue ses célèbres vrilles à la surface en quête de nourriture. Une autre belle espèce qui visite le quai à toutes les années et toujours lors de la migration d'automne.

 

 

Et nous passons d'un quai à l'autre. Nous voici maintenant le 12 septembre au quai d'Essipit < Les Escoumins > dans la région administrative de la Haute-Côte-Nord. Un automne ne serait jamais le même sans ce rendez-vous annuel alors que la découverte de laridés plus rares est fortement appréhendée dans cette région. C'est le meilleur endroit pour l'observation de la Mouette pygmée. Ici, je vous présente un canard marin qui se rencontre habituellement en eau salée. Il est commun et même abondant. Cette femelle d'Eider à duvet / Somateria mollissima dresseri / Common Eider s'approche du quai alors qu'elle se livre à sa pêche aux mollusques et aux crustacés.

 

 

Une autre belle occasion de photo avec l'approche de cet immature de Grèbe jougris / Podiceps grisegena holbollii / Red-necked Grebe. Cette espèce se tient habituellement assez loin du rivage. Ce grèbe se nourrit principalement de poissons, mais aussi d'insectes, de crustacés, d'amphibiens et de vers. Ne pouvant digérer rapidement les arêtes de poisson, il arrache et avale de grandes quantités de ses propres plumes. Les plumes enveloppent et bloquent les arêtes dans l'estomac de l'oiseau. Les arêtes auront ainsi le temps d'être digérées. Le Grèbe jougris fait aussi avaler des plumes à ses petits.



Je vous présente le < canard Nike > qui arbore fièrement la célèbre coche. C'est un canard plongeur, la Macreuse à ailes blanches / Melanitta deglandi deglandi  / White-winged Scoter, qui peut se rencontrer en eau salé ou en eau douce. Elle porte bien son nom, car c'est la seule espèce de macreuse rencontrée au Québec qui se distingue par un miroir blanc.



La migration des passereaux en provenance de la forêt boréale bat son plein et nous pouvons escompter voir n'importe quelle espèce, n'importe où, n'importe quand et dans des plumages très différents de ceux présentés le printemps d'avant. En septembre, les immatures de l'année peuvent causer des maux de tête à l'observateur, mais ce n'est pas le cas ici. Nous reconnaissons facilement une belle Paruline à gorge orangée / Setophaga fusca / Blackburnian Warbler dans un plumage tout frais d'immature. Domaine de Maizerets, le 18 septembre 2020.



La façon de pêcher du Héron vert / Butorides virescens virescens / Green Heron me semble remplie de zénitude avec son apparente passivité, son excessive lenteur et son indéfectible concentration. On dirait qu'il hypnotise ses proies. Peut-être le fait-il après tout! Après souvent d'interminables minutes sans broncher, son cou se détend à la vitesse de l'éclair et son bec attrape sur ou sous l'eau la proie qui n'a rien vu venir. Observé à la Réserve Naturelle du Marais-Léon-Provancher, le 20 septembre 2020.



Il n'est pas toujours évident d'identifier avec certitude les grives à l'automne. Il y a tellement de différentes teintes de couleurs dans le plumage selon l'âge des individus rencontrés. Je me suis souvent trompé en identifiant mal certaines grives. Mon daltonisme ne m'aide guère avec toutes ces parties rousses qui m'échappent complètement. Je me considère chanceux d'avoir pu photographier la peu commune Grive à joues grises / Catharus minimus aliciae / Gray-cheeked Thrush le 21 septembre au Domaine de Maizerets. En fait, malgré de multiples visites à cet endroit autour de cette date, c'est la seule fois que nous en avons vu une.



Le petit étang à l'entrée de l'arborétum au Domaine de Maizerets réserve quelques fois des surprises. Aujourd'hui, c'est un immature de Harle couronné / Lophodytes cucullatus / Hooded Merganser qui nage parmi les Canards noirs et les Canards colverts. Contrairement à ces derniers qui sont des canards barboteurs, le harle est un canard plongeur qui se nourrit de petits poissons, de crustacés et d'insectes aquatiques. Il peut également se nourrir de graines et de plantes aquatiques même si ce n'est pas sa spécialité. L'ancien nom du harle était < bec-scie > et il faisait référence aux rebords en pointe de scies de son bec. Bien utile pour retenir les proies autrement insaisissables.



Parmi les passereaux recherchés en automne, on retrouve le Viréo de Philadelphie / Vireo philadelphicus / Philadelphia Vireo. Même si quelques individus peuvent nicher ici et là dans notre région, c'est dans la forêt boréale qu'il se retrouve pour nicher. Les deux migrations sont les meilleures périodes de l'année pour l'observer en plus grand nombre. Il accompagne les groupes de passereaux en migration et il est très actif au niveau de la recherche de nourriture. Il faut être rapide pour le photographier avec une proie dans le bec, car il l'avale très vite.



Nous sommes toujours au Domaine de Maizerets, mais le 27 septembre cette fois-ci. Deux immatures de Bihoreau gris / Nycticorax nycticorax hoactli / Black-crowned Night-Heron sont fidèles au poste près de la rivière qui sépare le site en deux parties. Le 13 mai, j'avais photographié un adulte au même endroit. Difficile de confirmer si ces immatures font partie de la descendance de cet adulte. Ça me surprendrait énormément, car je ne vois où cette espèce pourrait nicher sur le site. Et de la façon que ça évolue, i.e. le trafic humain augmentant de façon exponentielle et le manque de respect pour demeurer dans les sentiers tracés, on risque de trouver de moins en moins d'activité animale variée au domaine dans un avenir malheureusement rapproché. 



Depuis quelques années, l'Épervier de Cooper / Accipiter cooperii / Cooper's Hawk niche sur le site du Domaine de Maizerets. Il niche également dans d'autres parcs municipaux de la ville de Québec. C'est difficile de concevoir qu'un aussi petit site puisse servir de garde-manger à une famille d'éperviers. Je crois que les parents nourriciers font des rondes régulières dans les boisés avoisinants et dans les stations d'alimentation dans les différentes cours des particuliers où leurs  proies potentielles, les rongeurs et les passereaux, vont se nourrir. J'ai la visite d'un épervier au moins deux fois par année dans ma cour de Sillery. Et ça, c'est ce que je peux voir. Il y a sans doute plus de visites que ça.



Le Bruant de Lincoln / Melospiza lincolnii lincolnii / Lincoln's Sparrow fait penser au Bruant chanteur par les motifs de son plumage, mais il est bien différent au point de vue comportemental. Plus petit, il est également plus furtif et il affectionne les tourbières pour nicher. En période migratoire, il peut cependant visiter tous les genres d'habitats, même dans nos cours. Il peut alors être abondant et le meilleur endroit pour le voir en plus grand nombre est dans la réserve nationale de faune du Cap Tourmente. Nous en avons aperçu quatre en quelques heures le 28 septembre 2020.



Ce même avant-midi, nous avons observé 69 individus de cette autre espèce de bruant. La beauté de ce Bruant à couronne blanche / Zonotrichia leucophrys leucophrys / White-crowned Sparrow est rehaussée par ce décors aux couleurs automnales.


@ bientôt pour la suite de l'année 2020.


mercredi 6 janvier 2021

Des oiseaux en pandémie (août 2020).

 

 

Je considère le mois d'août un peu comme un mois pivot dans notre année d'observation des oiseaux. Le calme est revenu en forêt alors que les concerts matinaux se sont tus. Seuls les pépiements des jeunes encore dépendants de leurs parents pour être nourris se font entendre ici et là. La majorité des passereaux ont mené à terme leur nichée et certains ont même entrepris leur déplacement vers le sud. Quelques espèces, comme les hirondelles, ne font plus partie de nos observations quotidiennes près de nos maisons. Elles se rassemblent dans les lieux humides où les insectes volants sont légions. De même pour les oiseaux noirs comme les carouges ou les quiscales. Fini le temps où un carouge était aperçu perché à intervalle régulier le long des milieux propices à la nidification. Quelques passereaux migrateurs nichant plus au nord commencent à être observés en petits nombres. Dans la deuxième moitié du mois, certains limicoles viennent envahir les zones intertidales, les vasières et les terrains humides. Leur retour est précurseur de la fin de l'été.   

 

 

Le Pygargue à tête blanche / Haliaeetus leucocephalus washingtoniensis / Bald Eagle doit attendre cinq années avant d'obtenir son plumage d'adulte. Sur cette photo prise dans le comté de Portneuf, cet individu s'avère être un subadulte de quatrième année. L'inégalité des plumes de vol indique que l'oiseau est en mue. Des plaques grises sont visibles sur le plumage noir et, autres indices, la tête et la queue ne sont pas d'un blanc pur. Capté le 14 août 2020.

 

 

Lorsque les passereaux et les limicoles sont en migration, ils sont souvent accompagnés par un faucon qui ne dédaigne pas ouvrir la porte du frigidaire quand une petite fringale apparait. Pas étonnant donc d'observer ce Faucon émerillon / Falco columbarius columbarius / Merlin bien assis sur sa branche à surveiller les allées et venues d'un petit groupe de limicoles.

 

 

À partir de la mi-août, des gros rassemblements de goélands sont monnaie courante tout le long du fleuve Saint-Laurent. À marée haute, les pointes de gravier qui s'avancent dans le fleuve forment des lieux de convergence pour les oiseaux qui s'y reposent le temps d'une marée. L'espèce de loin la plus nombreuse est le Goéland à bec cerclé / Larus delawarensis /  Ring-billed Gull et s'y retrouvent des individus de différents plumages. C'est la période de l'année où l'on peut voir ces bandes s'empiffrer à même les colonies de fourmis volantes.

 

 

Le Chardonneret jaune / Carduelis tristis tristis / American Goldfinch niche très tard comparé à bien d'autres espèces de passereaux. Il faut en chercher la cause du côté de son alimentation. Lorsque les immatures quittent le nid et qu'ils nécessitent encore la présence des parents, les graines des plantes sont juste à point et elles sont accessibles en abondance. Cet immature illustre très bien le comportement typique lors du nourrissage. Le jeune oiseau fait vibrer énergiquement ses ailes et laisse échapper des cris aigus qui signalent à l'adulte l'urgence de la situation. Observé le 22 août 2020 à la Base de Plein Air de Sainte-Foy, ville de Québec.

 

 

Et voici le parent mâle occupé à cueillir des graines de Centaurée noire / Centaurea nigra / common knapweed. Il est tout près du jeune oiseau et les graines contenues dans son bec vont bientôt être transférées dans la gorge toute grande ouverte du quémandeur.  

 

 

Dans notre cours de Sillery, on ne voit pas habituellement le Quiscale bronzé / Quiscalus quiscula versicolor / Common Grackle. Mais en août, alors que des groupes ont déjà commencé les mouvements migratoires, la cour arrière est envahie pendant un court laps de temps par plusieurs dizaines d'individus qui se jettent sur nos mangeoires et qui se baignent frénétiquement dans notre bain d'oiseaux. Ceci arrive environ deux fois par année et toujours à la même période.


 

Dans ces groupes de quiscales, les individus se présentent sous différents plumages selon leur âge respectif. Les immatures de l'été sont bruns et l'iris est foncé. Les adultes, mâles et femelles, ont l'iris jaune et le chatoiement du plumage est plus prononcé chez le mâle. Ses dimensions, ses couleurs, son expression faciale et son iris pâle donnent au Quiscale bronzé l'allure d'un < mauvais garçon >. Dans mon arrière-cour le 23 août 2020.

 

 

La dernière semaine du mois d'août correspond à la présence de plus en plus abondante de limicoles. Nos trois points chauds sont Montmagny, Saint-Denis-de-la-Bouteillerie et Kamouraska. Chaque migration automnale apporte son lot d'espèces singulières. Montmagny demeure l'endroit le plus sûr pour trouver un Bécasseau à échasses / Calidris himantopus / Stilt Sandpiper parmi les nombreux Petits Chevaliers qui envahissent la zone intertidale à l'embouchure de la rivière à Lacaille. L'immature photographié ici le 26 août se différencie d'un Petit Chevalier par sa plus faible taille, la couleur de ses pattes, son dos écaillé, le bec courbé vers le bas et son gros sourcil pâle.

 

 

À mesure que la marée montante submerge les vasières du bassin en bas des chutes, les Petits Chevaliers / Tringa flavipes / Lesser Yellowlegs viennent se poser par petits groupes sur les rocs en bordure du rivage ou au pourtour du quai Boulanger. C'est l'occasion de les observer de près. Remarquez les pattes jaune vif et la multitude de points blancs dans le dos.

 

 

C'est habituellement à partir de la mi-août que nous pouvons rencontrer une Grande Aigrette / Ardea alba egretta / American Great Egret dans la région de Chaudière-Appalaches. La présence de ces individus résulte de la dispersion postnuptiale de l'espèce. Difficile de déterminer la provenance exacte. Au Québec, l'espèce est  nicheuse presque uniquement dans les Basses-terre du Saint-Laurent. En 2016, la colonie de l'île aux Hérons, dans les rapides de Lachine, a atteint une centaine de nids (Bannon et al, 2017a). Photographiée à Montmagny, en compagnie d'un Grand Héron, le 26 août 2020.

 

 

Dans le billet précédent, je vous avais présenté un Bécassin roux / Limnodromus griseus griseus / Short-billed Dowitcher dans un plumage très en mue. Voici maintenant un individu juvénile avec un plumage plus < de saison >. Observé annuellement à Montmagny à cette période de l'année, souvent en plus d'un exemplaire.

 

 

Le 27 août, une petite virée dans la région du Bas-Saint-Laurent nous amène à Kamouraska où, bon an mal an, une brochette intéressante de limicoles nous attend. Ce limicole noir et blanc semble jouer continuellement avec les vagues qui viennent lécher le rivage. Quand il ne le fait pas, il fouille minutieusement dans la bande de varech laissée par le retrait des marées. Occupé à cette besogne, il fait peu de cas de nous. Le Bécasseau sanderling / Calidris alba / Sanderling est le plus blanc de nos bécasseaux de taille moyenne. Dans ce plumage bicolore d'immature, il est facilement reconnaissable par la blancheur immaculée de ses dessous, la plaque noire à l'épaule et le noir de son bec et de ses pattes.

 

 

Et voici un autre limicole très abondant, un genre de <mini-moi > de son plus grand cousin le Pluvier Kildir, le Pluvier semipalmé / Charadrius semipalmatus / Semipalmated Plover. On le rencontre principalement le long des côtes où il forme des petits groupes compacts. Il se mêle volontiers aux autres espèces de limicoles, mais il est assez agressif. Ne rentre pas qui veut dans sa bulle. Il illustre bien le comportement de recherche de nourriture des espèces du genre Charadrius. Après un déplacement rapide sur ses courtes pattes, il s'arrête brusquement et plonge son bec dans le sol ou la végétation. Il répète incessamment ce rituel et il n'est pas rare de le voir sortir de terre un vers qu'il étire jusqu'à l'extirper du sol.

 

 

De retour à Montmagny le 31 août 2020 pour tenter de repérer un Bécassin à long bec / Limnodromus scolopaceus / Long-billed Dowitcher trouvé et identifié ultérieurement par Daniel Jauvin. Il s'agit d'un mâle en mue dont il manque plusieurs plumes primaires (voir photo suivante). Cette espèce est sans contredit l'une des vedettes les plus prisées du site et son apparition est attendue avec impatience. Sa présence est habituellement de quelques jours seulement. Contre toute attente, cet individu restera sur le site plus d'un mois. Nous le reverrons dans le prochain billet.

 

 

Revoici notre Bécassin à long bec en vol, accompagné par sept Petits Chevaliers.En plus d'avoir la queue et le croupion plus rayés, nous remarquons la zone dorsale qui forme un triangle blanc entre les ailes étirées. Nous remarquons également l'absence des mêmes primaires sur chaque aile du bécassin, preuve qu'une mue des plumes de vol est en cours. La perte de plumes de vol usées qui seront remplacées par des nouvelles se fait toujours à part égale sur chaque aile afin de permettre à l'oiseau de continuer à voler durant la période de la mue. Bien différent des anatidés qui perdent toutes leurs plumes de vol en même temps et qui deviennent inaptes à s'envoler. Cette mue correspond d'ailleurs à la période de nidification où la femelle doit s'occuper à plein temps de sa nichée.

 

 

C'est en août que la Mouette de Bonaparte / Chroicocephalus philadelphia / Bonaparte's Gull quitte son territoire de nidification, situé aux abords des lacs en forêt boréale, pour atteindre nos latitudes en très petit nombre à la fois. Ce petit laridé a comme singularité de nicher dans un arbre résineux. Au Québec, elle le fait en majorité dans la région abitibienne et cette population va hiverner sur la côte atlantique jusqu'en Floride et dans les Antilles. Elle n'est donc que de passage et Montmagny s'avère encore un endroit privilégié pour la retrouver à chaque automne. Cet individu immature tente de faire sa place parmi une centaine de Goélands à bec cerclé et ça ne se fait pas toujours sans quelques frictions.

 

 

Et voilà que la Mouette de Bonaparte cherche noise à une autre petite mouette. Mais les motifs uniques de son plumage nous font réaliser qu'il s'agit d'une rare Mouette de Sabine / Xema sabini sabini / Sabine's Gull. Quelques autres mouettes possèdent des motifs sus-alaires qui évoquent la forme d'un < M >, mais la configuration de la Sabine est unique. À l'endos de chaque aile, un grand triangle blanc sépare au niveau du poignet le noir des primaires du brun des secondaires. L'autre endroit de prédilection pour obtenir de bonnes chances d'observer en automne cette mouette est lors d'une excursion pélagique à bord d'une embarcation au large de Tadoussac. C'est dire la chance de pouvoir l'observer ici, à faible distance et les deux pieds bien ancrés sur le quai Boulanger à Montmagny. Nous sommes le 31 août et je ne connais pas de meilleur façon de terminer le mois.

 

 @ bientôt pour la suite de l'année 2020.