lundi 23 mars 2020

Le Vietnam à l'heure du Covid-19



Non, je ne vous parlerai pas de statistiques. Tous les médias d'information le font mur à mur présentement et c'est bien comme ça. Juste partager avec vous notre expérience personnelle, à Anne et à moi, lors de notre voyage récent au Vietnam. D'abord, quelle idée bizarre, me direz-vous, que celle de nous déplacer vers l'Asie en pleine pandémie de coronavirus !  Pour comprendre cette décision, il faut nous reporter au moment de la prise de décision. D'abord, un voyage comme celui-ci demande une certaine planification et c'est ainsi que le tout a débuté alors que rien ne laissait présager quelque problème que ce soit au niveau de la santé planétaire. C'est ainsi que nous réservons le 14 août 2019 nos places pour faire partie d'un groupe de 6 personnes qui passera 22 jours au Vietnam du 6 mars au 27 mars 2020. Le reste du petit groupe est constitué d'un couple d'Américains et d'un autre de Suisses. Nous serons accompagnés d'un guide ornitho professionnel et d'un chauffeur durant toute la durée du séjour. Le tout sous la supervision de la compagnie Wildtour Co, Ltd, basée au Vietnam et opérée par des Vietnamiens. Je n'ai aucun doute sur la qualité des services qui seront offerts et l'avenir me donnera raison.

Environ un mois avant le départ, je contacte par courriel Bao Hoai Nguyen, notre guide attitré, et je lui demande si le Coronavirus pourrait causer un problème menant même à l'annulation de notre voyage au Vietnam. Après vérification, ce dernier me confirme que rien n'est changé. À ce moment-là, rien ne laisse présager la propagation exponentielle du virus qui suivra. Deux semaines avant le départ, après le désistement du couple d'Américains, Bao nous écrit pour nous offrir la possibilité de  canceller ou de remettre le voyage à une date ultérieure. Lui croit encore qu'il n'y aura aucun problème, mais l'offre nous est quand même offerte. À ce moment-là, 16 cas avaient été découverts dans le nord du Vietnam, dans la région d'Hanoi, mais tous avaient été soignés et annihilés. Notre périple débute dans le sud du pays, à Hô-Chi-Minh-Ville (anciennement Saigon), et il se termine à Hanoi, mais nous n'y serons que pour prendre le vol de départ vers le Québec le 27 mars. Donc, comme Bao ne voit pas de problème, nous nous disons que nous pouvons continuer et le couple Suisse fait de même. Et nous nous disons également que si jamais nous devions prolonger notre séjour là-bas, nous en profiterions pour explorer plus longuement le Vietnam. Le coût de la vie n'est pas élevé et les gens sont très amicaux. Nous étions prêts mentalement à l'éventualité de ne pouvoir quitter le pays tout-de-suite après la terminaison de notre périple, mais la réalité remettra les pendules à l'heure.



Pomatorhin à tête ardoise / Pomatorhinus schisticeps annamensis / White-browed Scimitar-Babbler. Réalisé le 12 mars 2020 à Di Linh, Vietnam.


Plus l'heure du départ approche et plus notre niveau d'anxiété monte. Le coronavirus se répand à la vitesse grand V, mais ce qui nous réconforte est le fait que le Vietnam a peu de cas, ils sont concentrés à Hanoi et ils sont tous sous contrôle. Mais ce sont les aéroports de transfert de vol que nous redoutons le plus. Nous nous procurons des masques N-95 et nous les mettrons lors de nos transferts. Notre cédule de vols pour le départ le 4 mars 2020 est la suivante: Dorval à Washington (USA), Washington à Doha (Qatar) et Doha à Hô-Chi-Minh-Ville (Vietnam).  Le premier segment est assuré par Air Canada, les deuxième et troisième par Qatar Airways. HEUREUSEMENT, nous avons fait affaires avec une agence de voyage, les Voyages Interconseil Inc, pour la réservation de nos billets. Pourquoi HEUREUSEMENT ?  Vous allez comprendre.

À cause de la disponibilité des vols internationaux, nous quittons de Dorval le 4 mars et nous revenons à Québec le 27 mars. Donc, nous décidons de prendre le premier autobus d'Orléans Express à 07h00, le 4 mars au matin. Au réveil, à 5h30, Anne prend ses courriels et nous apprenons que Air Canada a annulé le vol Dorval/Washington et, naturellement, aucune raison mentionnée et aucune alternative proposée. Mais qu'allons-nous faire ?  Nous vérifions si un autre vol au départ de Dorval pourrait nous amener à Doha (Qatar) pour rejoindre notre connexion sur le Vietnam. Il y a en effet un vol direct Dorval-Doha le jour même à 20h00. Si nous réussissons à le prendre, nous serons à temps pour le transfert prévu. Nous décidons donc de prendre l'autobus à l'intérieur duquel nous contacterons l'agence Interconseil Inc à son heure d'ouverture. Imaginez l'anxiété grandissante ! Nous envisageons la possibilité de revenir le jour même à Québec avec notre petit bonheur. Une petite balade en autobus Québec-Montréal en une journée grise et tristounette, rien de bien motivant.


Grive à tête orange / Geokichla citrina innotata / Orange-headed Thrush. Réalisé le 11 mars 2020 à Di Linh, Vietnam.

Agathe Dessemond, de Voyages Interconseil Inc, s'occupe de nous en championne et elle nous réserve deux beaux billets sur le vol du soir même vers Doha (Qatar), sans aucun frais additionnel. Wow ! L'inquiétude baisse de plusieurs crans. Le reste du périple se passe sans anicroche. À notre arrivée à Hô-Chi-Minh-Ville à 6h00 AM le 6 mars, un chauffeur nous attend à l'aéroport pour nous conduire à l'hôtel Victory où nous nous reposons en attendant la rencontre avec le reste du groupe prévue à 18h00 dans le lobby de l'hôtel.

Ah oui, en passant, Air Canada nous a fourni la raison de l'annulation du vol Dorval-Washington: "maintenance de l'appareil". Toute une raison pour s'en laver les mains sans avoir à faire face à des possibles réclamations. Qui est contre la vertu ? Nous ne pouvons, chers clients, mettre votre vie en danger. Nous pensons d'abord à vous, à votre sécurité. Ah OK, pour la suite de vos vols ? (Tu parles d'une question pas rapport !)   Ben....heu...

Anne l'a appris lorsqu'elle a contacté Air Canada afin de savoir s'il pouvait nous offrir une autre façon de nous rendre à Washington. La charmante dame à l'autre bout de la ligne a aussi expliqué que ce n'était pas à eux à trouver une alternative puisque c'est Qatar Airways qui les engageait pour rejoindre Washington. Il nous fallait donc contacter Qatar Airways. Tout un service à la clientèle, toute une préoccupation pour la clientèle !  Bravo Air Canada. Bravo. Et la dame, toujours aussi affable, a demandé à Anne à la fin de la conversation "Puis-je faire autre chose pour vous aider ?".



Le Vietnam à l'heure du Covid-19


6 mars 2020



À l'hôtel Victory, tous les préposés qui ont des contacts plus rapprochés avec la clientèle portent des masques. Cependant, les autres circulent sans masque. Sur la rue et dans les parcs, il est difficile de mettre une estimation en pourcentage, mais ce ne sont vraiment pas tous les gens qui portent des masques. Vu l'heure matinale de notre arrivée à l'hôtel, nous devons attendre qu'une chambre se libère. En attendant, nous nous rendons dans un grand parc municipal situé à seulement quelques minutes à pied. Nous y déambulerons une couple d'heures. Il y a des centaines de gens qui marchent, courent, jouent au badminton ou tout simplement socialisent comme si de rien n'était. D'autres suivent des cours de danse en plein air alors que des systèmes de sons portatifs assurent le tempo. C'est la vie "as usual". Nous ne sentons vraiment aucune inquiétude.


Moineau friquet / Passer montanus malaccensis / Eurasian Tree Sparrow. Réalisé au parc Tao Dan de Ho-Chi-Minh-Ville.

Nous rencontrons Bao et le couple Suisse à 18h00 au lobby de l'hôtel et nous nous rendons à pied dans un restaurant situé à deux minutes de l'hôtel. Ce restaurant est très populaire et il y a beaucoup de gens à l'intérieur. Un faible pourcentage portent des masques. Même l'homme qui vient prendre notre commande et la femme qui nous sert n'en portent pas. Agréable rencontre avec ceux qui nous accompagneront pour les prochaines journées. Bao est d'une grande gentillesse et les deux Suisses sont très sympathiques. Eux aussi à la retraite et heureux grand-parents de 6 petits-enfants. Ça nous ressemble pas mal. Ça promet.



7 mars 2020

 
Ce matin, nous partons vers 7h30 en direction du parc national de Nam Cat Tien. Nous l'atteignons après environ deux heures de route. Pour entrer dans ce parc, nous devons franchir un petit fleuve. Nous quittons donc notre véhicule avec nos bagages en mains pour prendre la traverse qui nous mènera de l'autre côté. Bao nous indique que nous reprendrons le véhicule dans trois jours seulement. Notre auberge se trouve directement dans le parc. Ceci nous plaît énormément. Le soir venu, nous réalisons que nous sommes le samedi soir. La fin de semaine attire naturellement sa horde de locaux qui viennent eux aussi profiter des installations du parc. Les asiatiques sont des personnes respectueuses des autres et le nombre plus grand de personnes ne nous dérange vraiment pas. Encore ici, nous ne sentons aucune pression concernant la Covid-19. Je vous rappelle que les seuls cas détectés au Vietnam jusqu'ici ne se retrouvent que dans le nord du pays.

Nos sorties ornitho se font après le déjeuner qui se situe aux environs de 5h30. Elles se continuent jusque vers 10h30. Nous faisons une pause à cause de la grande chaleur (près de 40°C avec un taux d'humidité élevé) et nous reprenons les activités vers les 15h00. Nous arrêtons vers les 17h00 et quelques fois nous faisons du "owling" avant le souper. Nous n'avons pas à aller bien loin puisque nous logeons directement dans le parc. Fantastique. Lorsque nous nous éloignons de quelques kilomètres de notre habitation, le parc fournit un véhicule ouvert avec chauffeur ce qui permet l'observation sans devoir quitter le véhicule si nous le désirons. Wildtour, la compagnie de Bao, entretient des caches le long du parcours proposé aux passionnés des oiseaux. C'est ainsi que nous profiterons de trois de ces caches dans le parc.



Bulbul de Finlayson / Pycnonotus finlaysoni eous / Stripe-throated Bulbul. Réalisé le 7 mars 2020 dans le parc national Nam Cat Tien.


Faisan prélat / Lophura diardi / Siamese Fireback. Réalisé le 08 mars 2020 dans le parc national Nam Cat Tien.



Shama à croupion blanc / Copsychus malabaricus macrourus / White-rumped Shama. Réalisé le 08 mars 2020 dans le parc national Nam Cat Tien.


Voici l'ancêtre de toutes les poules domestiques, Coq bankiva / Gallus gallus gallus / Red Junglefowl. Réalisé le 09 mars 2020 dans le parc national Nam Cat Tien.


Gobemouche d'Indochine /  Cyornis sumatrensis indochina /  Indochinese Blue-Flycatcher. Réalisé le 10 mars 2020 dans le parc national Nam Cat Tien.


C'est ainsi que nous passons les journées dans le parc Nam Cat Tien du 7 au 10 mars. Après le départ des touristes locaux le dimanche matin, le niveau de la circulation humaine baisse de façon drastique. Plutôt isolés dans ce beau parc, le temps passe très bien entre les expéditions, les moments de détente et les très bons repas servis au restaurant du parc. Encore là, peu de gens portent des masques et nous nous sentons bien loin du Covid-19. Mais nous ne pouvons faire autrement que de nous tenir bien au fait des développements de la propagation du virus. L'accès à internet est facile sur le site et Bao est le premier à s'enquérir de ce qui se trame dans le pays. Alors que nous n'en parlons pas lors des sorties, chaque repas est le moment d'échanges sur ce sujet et notre guide nous fait part d'une certaine inquiétude s'amplifiant peu à peu dans tout le pays. Wildtour a différents petits groupes comme nous qui nous précèdent dans le même itinéraire qui nous attend. Il sait donc en temps réel ce qui nous attend dans les journées qui viennent. Le 9 mars, il nous apprend que le parc national que nous devons visiter dans la région de Da Lat vient de fermer ses portes et que certains hôtels dans la ville où nous devons séjourner refusent de recevoir des touristes. Certains ont même été mis en quarantaine. Impensable pour nous de continuer le voyage plus vers le nord avec ce risque d'être mis en quarantaine à un endroit donné. Cependant, nous décidons de nous rendre jusqu'à Di Linh qui devait constituer notre prochain arrêt. Au lieu d'y demeurer une seule nuit, nous le ferons pour deux. Ceci nous donne le temps de contacter nos agences de voyage respectives afin qu'elles nous trouvent des billets de retour pour le 12 mars au soir à Hô-Chi-Minh-Ville.



10 et 11 mars 2020


Notre désir de continuer encore quelques jours est exacerbé par le fait que nous devrions découvrir des nouveaux habitats et une faune différente. Nous quittons la chaleur et l'humidité des basses-terres pour nous rendre en zone montagneuse où une température plus clémente, i.e. moins chaude et moins humide, nous attend. C'est aux environs de 1 000 mètres d'altitude que se feront les prochaines observations. La biodiversité est plus grande et elle garantit de très belles rencontres.



Brève bleue / Pitta cyanea willoughbyi / Blue Pitta. Réalisé le 11 mars 2020 à Di Linh, Vietnam.


Rossignol bleu (mâle) / Larvivora cyane cyane / Siberian Blue Robin. Réalisé le 11 mars 2020 à Di Linh.


Bulbul flavescent / Pycnonotus flavescens sordidus / Flavescent Bulbul. Réalisé le 11 mars 2020 à Di Linh.


Le 11 mars, nous recevons des nouvelles de nos agences de voyage respectives. Le couple Suisse a un vol le jeudi 12 mars en fin d'après-midi. Notre vol est planifié pour le vendredi 13 en milieu d'après-midi. Il est donc résolu de quitter vers les 10h00 le 12 pour nous rendre à l'aéroport pour nos compagnons et à l'hôtel Victory pour nous. À notre retour à l'hôtel, nous notons tout-de-suite que beaucoup plus de gens portent le masque. Il y a une nette différence avec la semaine dernière.



13 mars 2020



Nous appréhendons nos prochains transferts dans les aéroports de Hô-Chi-Minh-Ville, Taipeh (Taiwan), Vancouver et Montréal. Mais tout se passe très bien. Les aéroports sont peu fréquentés et les mesures de sécurité ne sont pas contraignantes, même du côté de l'Asie. Dans les avions, les agents de bord portent des masques en tout temps. Il est quand même intéressant (et inquiétant) de noter le degré de préoccupation qui décroit dans les aéroports à mesure que nous nous approchons du Québec. À Vancouver, quelques voyageurs portent des masques. À Montréal, peu de voyageurs portent des masques. De même dans l'autobus qui nous ramène enfin à Québec après 36 heures de déplacement entre le Vietnam et notre domicile.


En rétrospective, nous sommes contents d'avoir vécu l'expérience malgré les difficultés rencontrées. Dès notre décision de revenir au pays, il était clair que nous nous mettrions en "quatorzaine" volontaire afin de protéger nos proches d'une contamination possible au coronavirus. Nous avons fait ce qu'il fallait pour nous protéger le plus possible, mais rien n'est certain à 100%. Nous en sommes aujourd'hui à notre 9ième journée d'isolement sans aucun problème de santé apparent, mais j'ai bien l'impression que nous allons devoir continuer même après les 14 jours. En fait, nous en avons pour des mois avant de voir la situation se rétablir. Il faut oublier tous nos projets de sorties ou de voyages pour les mois qui viennent. Mais l'observation locale est tout-à-fait possible. Suffit de le faire en solo ou avec la personne avec qui nous partageons notre vie au quotidien. C'est ce que nous nous proposons de faire au cours de la migration printanière qui s'amorcera dans quelques semaines.


Merci de votre visite et @ bientôt. 


jeudi 27 février 2020

Enfin le printemps.



Peu importe la rigueur de la saison hivernale, qu'elle ait été clémente ou plus froide; peu importe le nombre de millimètres de neige reçu, une certaine excitation nous envahit en mars et elle grandit au rythme de la durée du jour qui s'étire de quelques minutes quotidiennement . Le printemps tant attendu s'implante inexorablement, apportant avec lui la promesse d'un retour à une nature trop longtemps réprimée sous un linceul blanc de neige. Pour nous, ornithologues de tout acabit, c'est le retour des oiseaux. De NOS oiseaux qui ont entrepris à l'automne précédent un long voyage vers des cieux plus cléments afin d'y trouver abri et nourriture. Et ils nous reviennent, fidèles au lieu qui les a vus naître, afin d'assurer à leur tour la pérennité de l'espèce. Alors que certains ne seront que de passage sous nos cieux, d'autres se mettront à la recherche d'un territoire où nicher.  Vous vous souvenez du calendrier des oiseaux que je vous ai présenté dans ce bulletin au printemps dernier ? Si vous avez commencé votre calendrier personnel, vous pourriez être surpris par la comparaison des dates d'arrivée entre 2019 et 2020.

Le territoire couvert par le Club des Ornithologues de Québec (COQ) est vaste et les oiseaux ne font pas nécessairement leur apparition la même journée et simultanément dans tous les secteurs. En tenant compte des points les plus distants du territoire, soient

à l'ouest: Sainte-Anne-de-la-Pérade

au nord: le Lac-Jacques-Cartier dans la Réserve des Laurentides

à l'est:    Baie-Sainte-Catherine

au sud:  Saint-Léon-de-Standon

nous arrivons à une distance d'environ 300 kilomètres d'est en ouest et de 175 kilomètres (à vol d'oiseau) du nord au sud. Des distances suffisantes pour connaître des conditions atmosphériques bien différentes d'une zone à l'autre. 

C'est en gardant cette réalité bien en tête que je me suis prêté à un petit jeu de prédictions. Et j'insiste sur le mot jeu, car rien de tout ça n'est coulé dans le béton. Il y a tellement d'éléments qui peuvent influer sur ce qui va se passer durant la migration printanière de 2020. Il me semble que les conditions climatiques n'ont jamais été aussi bizarres et imprévisibles qu'elles ne le sont présentement. Lorsque le froid et la neige perdurent trop longtemps, les oiseaux sont contraints de ralentir leur migration s'ils veulent trouver la nourriture nécessaire pour continuer. Il est normal d'observer à tous les printemps quelques individus d'espèces différentes que nous pourrions comparer à des éclaireurs même s'il n'en est rien en fait. En précédant la masse migratoire, ils faussent un peu les dates d'arrivée de la horde elle-même. La date qu'un individu d'une espèce "migratrice" est observée en un seul exemplaire et pour la première fois de l'année n'est donc pas un bon indicateur à l'élaboration d'un tableau d'arrivée. Il faut considérer aussi le fait que cet individu observé puisse en être un qui n'a pas migré à cause de problèmes de santé ou autres, mais qui a plutôt réussi à hiverner bien caché à l'abri des regards des observateurs.

Où glaner des sources d'information fiables qui permettraient d'établir des balises cohérentes à l'élaboration de mon tableau ?  Mes notes personnelles sont trop entrecoupées, incomplètes, et elles  ne traduisent pas la réalité contemporaine des changements climatiques et environnementaux vécus depuis 50 ans. J'ai ensuite pensé au Bulletin du COQ en raison de ses excellents rapports saisonniers faits depuis à peu près le même nombre d'années que j'observe les oiseaux. Et puis, j'ai pensé à Ebird où je peux faire des recherches en considérant des lieux, des saisons et des dates. Je me suis arrêté sur les trois dernières années, soit entre 2016 et 2019. Et après plusieurs heures de cogitation, voici à quoi je suis arrivé.

MARS  


Voici le mois stratégique où les arrivées sont plus difficiles à prédire. J'ai déjà observé des "oiseaux noirs" dès le 3 mars et beaucoup plus tard dans le mois d'autres années. 

du 1er au 7:  Bernache du Canada (BECA), Goéland argenté (GOAR), Alouette hausse-col (ALHC)

du 8 au 14:  Oie des neiges (OINE), Garrot à oeil d'or (GAOD), Harle couronné (HACO), Grand Harle (GRHA), Urubu à tête rouge (URTR), Carouge à épaulettes (CAEP), Vacher à tête brune (VATB) et Quiscale bronzé (QUBR)

du 15 au 21:  Canard colvert (CACO), Canard noir (CANO), Fuligule à collier (FUCO), Pluvier kildir (PLKI) et Goéland à bec cerclé (GOBC)

du 22 au 31:  Fuligule milouinan (FUMI), Eider à duvet (EIDU), Petit Garrot (PEGA), Aigle royal (AIRO), Buse à épaulettes (BUEP) et Merle d'Amérique (MEAM)


Au Québec, le Grand Corbeau construit son nid au début du mois de mars. C'est le 5 mars 2016 que j'ai photographié cet individu en train de transporter une branche et se dirigeant vers un lieu en forêt.


AVRIL


du 1er au 7:   Canard pilet (CAPI), Sarcelle d'hiver (SAHI), Petit Fuligule (PEFU), Harelde kakawi (HAKA), Harle huppé (HAHU), Grand Héron (GRHE), Busard des marais (BUMA), Épervier brun (EPBR), Buse à queue rousse (BUQR), Buse pattue (BUPA), Crécerelle d'Amérique (CRAM) et Bruant chanteur (BRCH)
du 8 au 14:  Grèbe à bec bigarré (GRBB), Bécasse d'Amérique (BEAM), Épervier de Cooper (EPCO), Pic maculé (PIMA), Pic flamboyant (PIFL), Faucon émerillon (FAEM), Faucon pèlerin (FAPE), Hirondelle bicolore (HIBI), Roitelet à couronne dorée (ROCD) et Grive fauve (GRFA)  

du 15 au 21:  Grue du Canada (GRCA), Bécassine des marais (BEMA), Grand Chevalier (GRCH), Plongeon huard (PLHU), Cormorant à aigrettes (COAI), Bihoreau gris (BIGR), Grimpereau brun (GRBR), Grive solitaire (GRSO), Bruant familier (BRFM), Bruant fauve (BRFA), Sturnelle de l'Est (STES) et Quiscale rouilleux (QURO)

du 22 au 30:  Macreuse à front blanc (MAFB), Grive à joues grises (GRJG), Foulque d'Amérique (FOAM), Mouette de Bonaparte (MOBO), Balbuzard pêcheur (BAPE), Petite Buse (PEBU), Martin-pêcheur d'Amérique (MPAM), Viréo à tête bleue (VITB), Hirondelle rustique (HIRU), Roitelet à couronne dorée (ROCR), Moqueur roux (MORO), Merlebleu de l'Est (MEES) et Bruant des prés (BRPR).


Les cris distinctifs du Pluvier kildir nous avisent en avril que les champs seront bientôt libérés de toute neige.
 

MAI


du 1er au 7:  Grèbe esclavon (GRES), Râle de Virginie (RAVI), Marouette de Caroline (MACA), Gallinule d'Amérique (GAAM), Maubèche des champs (MACH), Chevalier grivelé (CHGR), Petit Chevalier (PECH), Butor d'Amérique (BUAM), Troglodyte des forêts (TRFO), Paruline à couronne rousse (PACR), Paruline des pins (PAPI), Bruant à couronne blanche (BRCB) et Bruant des marais (BRMA)  

du 8 au 14:  Sarcelle à ailes bleues (SAAB), Macreuse à bec jaune (MABJ), Martinet ramoneur (MARA), Colibri à gorge rubis (COGR), Pluvier à collier (PLCO), Bécasseau minuscule (BEMI), Bécassin roux (BERO), Chevalier solitaire (CHSO), Sterne pierregarin (STPI), Hirondelle à ailes hérissées (HIAH), Hirondelle noire (HINO), Hirondelle des rivages (HIRI), Hirondelle à front blanc (HIFB), Troglodyte familier (TRFA), Moqueur chat (MOCH), Grive à dos olive (GRDO), Pic maculé (PIMA), Paruline à croupion jaune (PACJ), Cardinal à poitrine rose (CAPR), Passerin indigo (PAIN) et Goglu des prés (GOPR)

du 15 au 21:  Bécasseau variable (BEVA), Bécasseau semipalmé (BESE), Pioui de l'Est (PIES), Moucherolle à ventre jaune (MOVJ), Moucherolle des aulnes (MOAU), Moucherolle tchébec (MOTC), Viréo de Philadelphie (VIPH), Viréo aux yeux rouges (VIYR), Troglodyte des marais (TRMA), Grive des bois (GRBO), Paruline à collier (PACO), Paruline flamboyante (PAFL), Paruline tigrée (PATI), Paruline à tête cendrée (PATC), Paruline à poitrine baie (PAPB), Paruline à gorge orangée (PAGO), Paruline à flancs marron (PAFM), Paruline à calotte noire (PACN), Paruline à gorge noire (PAGN), Paruline des ruisseaux (PARU), Paruline du Canada (PACA), Paruline noir et blanc (PANB), Paruline à joues grises (PAJG), Paruline masquée (PAMA), Paruline jaune (PAJA), Paruline bleue (PABL),Bruant à gorge blanche (BRGB), Bruant vespéral (BRVE) et  Bruant de Lincoln (BRLI)

du 22 au 31:  Engoulevent d'Amérique (ENAM), Engoulevent bois-pourri (ENBP), Pluvier argenté (PLAR), Plongeon catmarin (PLCA), Petit Blongios (PEBL),  Héron vert (HEVE), Moucherolle à côtés olive (MOCO), Moucherolle des saules (MOSA), Grive à joues grises (GRJG), Jaseur d'Amérique (JAAM), Paruline obscure (PAOB), Paruline verdâtre (PAVE), Paruline rayée (PARA) et Passerin indigo (PAIN)
  


Autrefois commune, la Sturnelle des prés est l'une des espèces champêtres les plus recherchées dans les campagnes de Chaudières-Appalaches, de Portneuf et de Bellechasse. Son chant a été interprété par Roger T. Peterson comme disant "Spring is here again".

Je vous souhaite votre plus belle migration printanière à vie.

@ bientôt.