vendredi 18 janvier 2013

Le Harfang des neiges / Bubo scandiaca / Snowy Owl



Le Harfang des neiges / Bubo scandiaca / Snowy Owl  est l'emblème aviaire de la province de Québec. Il a été choisi parmi 17 espèces candidates et a obtenu ce statut officiel en décembre 1987*. La couleur de son manteau, son adaptation aux hivers rigoureux et le fait qu'il niche dans la toundra québécoise ont penché en sa faveur. Comme chez bien des rapaces, le mâle est de plus petite dimension que la femelle. Le mâle harfang est d'un blanc presque immaculé alors que la femelle est rayée sur presque toute la superficie de son corps, à l'exception de la face qui est toujours blanche. Même si elle blanchit en maturant, la femelle gardera toujours des lignes foncées sur les ailes, le dessus de la tête et la nuque. Plus la femelle est âgée et moins ses lignes sont apparentes, mais elles seront toujours présentes. L'immature, quant à lui, est fortement rayé et il s'observe en plus grand nombre que les adultes lors des visites hivernales sous nos latitudes **.




Son ère de distribution est circumpolaire et on peut l'observer autant dans l'Ancien que dans le Nouveau Monde. Comme il niche dans l'arctique, ce n'est que pendant la période hivernale qu'il nous visite en quête de nourriture. La raison de ces irruptions hivernales est un peu contestée ou contestable, car on les a souvent associées au manque de nourriture occasionnée par la baisse soudaine des populations de lemmings dans le nord. Il faut ajouter tout de suite que le harfang ne se nourrit pas seulement de lemmings. En Alaska, on l'a observé se sustentant d'une grande variété de proies: lagopèdes, grèbes, petits de goélands, guillemots, macareux, Petits Pingouins, mergules, canards, jeunes oies, foulques, bécasseaux, corneilles et même, aux endroits où l'eau ne gèle pas, de poissons qu'il attrape avec ses pattes. Quand ces proies deviennent rares, il se déplace vers le sud où il se nourrit de tout ce qu'il peut trouver sur place: lièvres, lapins, écureuils terrestres, rats, visons, mulots et musaraignes, et, lorsqu'il est vraiment affamé, il s'en prend même aux animaux à fourrures pris dans des pièges et il se nourrit aussi de restes de cadavres. Sur son terrain de chasse en arctique, il peut même s'en prendre à des jeunes Faucons pèlerins au nid, mais il peut en retour y laisser quelques plumes si ce n'est sa vie ***.


Photo © Norman Smith
Dans la partie est de l'Amérique du Nord, une étude poussée a été effectuée, entre 1981 et 1997, à l'aéroport Logan située à East Boston, Massachusetts (USA) sur les harfangs qui venaient passer l'hiver sur le vaste site aéroportuaire. Norman Smith est le maître d'oeuvre de ce projet ****. Il s'est impliqué dès le début et il l'a conduit sur toute cette période. Le travail s'est fait de jour comme de nuit et a consisté à observer, à capturer, à baguer et à colorer des harfangs.
L'observation de ces individus sauvages a permis de documenter la recherche d'habitat leur convenant, leurs besoins alimentaires ainsi que leur mode de vie nomade. Norman a ainsi pu colliger beaucoup d'informations sur leurs activités autant diurnes que nocturnes. Les points d'intérêt de cette étude étaient d'en savoir plus sur la chronologie et les techniques de chasse, sur la diète, sur les déplacements et les interactions entre les harfangs qui partagent le même site d'hivernage. L'utilisation d'une lunette d'approche permettant la vision nocturne a été d'une importance capitale puisqu'il s'est avéré que les harfangs étaient plus actifs la nuit. 

En fait, Norman voulait aussi répondre à ces questions que nous nous posons tous quand nous avons la chance d'observer des harfangs qui reviennent année après année au même site d'hivernage.


Norman Smith. Photo © Shawn Carey
  • Quand les harfangs arrivent-ils sur ce site d'hivernage ?
  • Combien de temps y demeurent-ils ?
  • Combien d'individus passent sur le site sans y demeurer ?
  • De quoi se nourrissent-ils ?
  • Quels sont leurs comportements au repos et en chasse ?
  • Le même harfang revient-il sur le site d'une année à l'autre ?   


En 15 ans, la date la plus hâtive d'arrivée sur le site est le 24 octobre et le départ le plus tardif est le 7 juillet. Ces dates extrêmes excluent, la moyenne se situe de la mi-novembre à la fin avril. 

Le nombre de harfangs observés chaque hiver varie de 5, durant les hivers 1980-81 et 1995-1996, jusqu'au record de 49 en 1986-87. Le matin du 23 Janvier 1987, 23 individus occupent le site aéroportuaire en même temps. 227 harfangs capturés ont permis d'ajouter beaucoup de données à cette étude. 10 individus ont été repris sur le site de l'aéroport de 1 à 10 ans suivant leur capture initiale. Au Canada, des oiseaux bagués à Logan ont été repris dans les années subséquentes en Ontario et des oiseaux morts (tués par des armes à feu) ont été trouvés au Québec et en Nouvelle-Écosse.   

Le marquage de couleur a permis de prouver que ces strigidés se déplacent beaucoup. Plusieurs individus ont été observés dans d'autres sites de la Nouvelle-Angleterre. 56 rapports font état d'individus colorés repérés au Maine, au New-Hampshire, au Vermont, au Massachusetts, au Rhode Island, au Connecticut, à New York et au Delaware. 11 de ces 56 rapports proviennent de lieux situés à plus de 150 kilomètres de East Boston. 

Un individu en particulier a été capturé à Logan le 9 Novembre 1991 et a été coloré en vert. Il a été photographié à Bath, Maine, le 19 Décembre 1991, à 197 kilomètres au nord est. Le 24 Janvier 1992, l'oiseau revient à Logan. Ensuite, on l'observe à Martha's Vineyard, Massachusetts, le 25 Février, à 115 kilomètres au sud est de Logan et à Charlestown, Rhode Island, le 26 Février, à 92 kilomètres de Martha's Vineyard. Le gardien du phare de Boston Light, à Little Brewster Island, Massachusetts, photographie l'oiseau le 16 Mars, 125 kilomètres au nord est de Charlestown. Le 23 Mars, il revient à Logan jusqu'au 20 Mai alors qu'il quitte Logan. D'autres oiseaux, cependant, sont demeurés toute la saison sur le site même de Logan. 

Toutes ces heures d'observation ont permis de noter que le Harfang des neiges préfère se reposer au sol durant la journée. C'est ainsi que nous l'observons souvent de jour, comme le montre bien cette photo d'un harfang adulte mâle prise sur le chemin de l'Azur, près de La Durantaye, le 12 Février 2012.




Dès que le soleil disparaît, le harfang devient très actif. Après s'être étiré les pattes et les ailes, il régurgite habituellement une boulette en préparation à sa chasse nocturne. Il repère alors un perchoir d'où il fera le guet dans le noir. En plus d'utiliser un perchoir, il peut également faire du surplace en vol à la manière de la Buse pattue / Buteo lagopus sanctijohannis / Rough-legged Hawk. Grâce aux instruments permettant la vision nocturne, tous ses faits et gestes ont pu être documentés tout au long de la nuit. Au cours de cette étude, des harfangs ont été surpris en train de chasser ou de se nourrir de 192 proies provenant de 35 espèces différentes. Le harfang préfère attraper sa proie en plein vol tel un gros faucon. Extrêmement agile, il a été observé éludant les tentatives de fuite des Plectrophanes des neiges ou attrapant un Canard noir en plein vol. La proie la plus grosse a été un Grand Héron et la plus lourde une Bernache du Canada. Le harfang n'hésite pas à attaquer d'autres oiseaux de proie, comme le démontre la liste suivante:


nom français nom scientifique nombre



Alouette haussecol Eremophila alpestris 2
Bécasseau variable Calidris alpina 8
Bernache cravant Branta bernicla 2
Bernache du Canada Branta canadensis 1
Busard Saint-Martin Circus cyaneus 2
Canard noir Anas rubripes 23
Chevalier sp
1
Cormoran à aigrettes Phalacrocorax auritus 1
Crécerelle d'Amérique Falco sparverius 2
Effraie des clochers Tyto alba 1
Étourneau sansonnet Sturnus vulgaris 5
Faisan de chasse Phasianus colchicus 2
Fuligule sp
2
Garrot à œil d'or Bucephala clangula 1
Goéland à bec cerclé Larus delawarensis 4
Goéland argenté Larus argentatus 1
Grand Héron Ardea herodias 1
Harfang des neiges Nyctea scandiaca 1
Harle huppé Mergus serrator 5
Hibou des marais Asio flammeus 5
Huîtrier d'Amérique Haematopus palliatus 1
Lièvre sp
1
Maubèche des champs Bartramia longicauda 1
Mouffette rayée Mephitis mephitis 3
Petit Garrot Bucephala albeola 1
Pigeon biset Columbia livia 13
Plectrophane des neiges Plectrophenax nivalis 4
Pluvier argenté Pluvialis squatarola 2
Pluvier kildir Charadrius vociferus 6
Poisson sp
2
Râle gris Rallus longirostris 1
Rat brun ou d'égoût Rattus norvegicus 47
Rat musqué Ondatra zibethicus 7
Rongeur sp
31
Sturnelle de l'Est Sturnella magna 2


À l'instar des autres strigidés, le harfang peut compter sur une acuité visuelle et auditive exceptionnelles qui sont essentielles à sa survie. On a documenté le plongeon d'un harfang dans environ 20 centimètres de neige et sa sortie avec un mulot dans les griffes. Comme le rongeur n'était pas visible, il a fallu que le hibou l'ait entendu. Et tout ceci en même temps qu'un immense avion de ligne 747 circulait sur le tarmac juste à côté. Un autre individu, difficilement visible même avec une paire de jumelles 10X50, a quitté son perchoir quelques minutes après le coucher de soleil pour venir fondre sur un Étourneau sansonnet. Cet étourneau était dans une cage et il servait d'appât aux harfangs afin de les attraper au filet pour prendre les mesures, les baguer et les marquer. Il lui a fallu parcourir une distance d'environ 1.6 kilomètres pour rejoindre sa proie potentielle. Et son vol direct ne laissait aucune équivoque sur ses intentions.


En conclusion   



Le nombre de Harfangs des neiges hivernant à l’aéroport de Logan varie grandement d’une année à l’autre. Durant les années où plusieurs individus sont observés et capturés, il s’agit surtout d’immatures et ils semblent en bonne santé. Ceci pourrait indiquer que la nourriture a été abondante sur leur territoire de nidification, que les femelles ont pondu plus d'oeufs (jusqu'à 14, les années d'abondance *) et qu’il en a résulté plus d’oisillons qui ont survécu et plus d’oiseaux sous nos latitudes en hiver. Les années où peu de harfangs sont présents, un haut pourcentage d’individus sont plus maigres que ce qu’ils devraient être. Ceci suppose que la nourriture a été plus difficile à obtenir sur le territoire de reproduction. Les nichées ont été plus petites, ce qui se répercute sur le nombre d’oiseaux observés chez nous en hiver.

Des 227 hiboux capturés, 19 étaient des mâles adultes, 14 des femelles adultes, 102 des mâles immatures, 81 des femelles immatures et 11 n’ont pu être catégorisés. Des recherches plus poussées sont nécessaires afin de voir si le manque ou l’abondance de nourriture dans la toundra arctique peut influencer le nombre d’individus qui viennent hiverner ici.

Dans la brique "Les Oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional", on peut lire à la page 1162 ce qui suit:

Des études récentes indiquent qu'en Amérique du Nord, il existe des différences importantes dans les mouvements et la répartition du Harfang des neiges en hiver, et que ces différences sont fonction des groupes d'âge et du sexe (Kerlinger et Lein, 1986). Les mâles immatures hivernent plus au sud et les femelles adultes, plus au nord; entre les deux se trouvent les femelles immatures et les mâles adultes. Les adultes semblent hiverner régulièrement au sud des grandes plaines du nord, tandis qu'au Québec, plus à l'est et sur la côte ouest, la plupart des migrateurs d'hiver sont associés aux invasions périodiques et irrégulières des juvéniles (Kerlinger et al., 1985a; Kerlinger et Lein, 1988b).


En faisant les recherches pour écrire ce billet, j'ai appris énormément sur la diète et le comportement de ce gros strigidé, l'un des plus beaux à se présenter sous nos cieux lorsque l'hiver étend son manteau blanc sur nos champs et nos forêts. Un ami chasseur, amoureux lui aussi des hiboux, m'a raconté un jour avoir observé un harfang en pleine activité de chasse. Ça se passe en plein jour, à Saint-Édouard-de-Lotbinière. Le rapace est perché au sommet du toit d'une vieille grange. Juste en dessous de lui, un oeil de boeuf percé dans le mur du bâtiment permet à des Pigeons bisets de se percher sur le rebord, se croyant à l'abri des griffes du harfang. Et voilà que notre prédateur astucieux se laisse tomber devant lui, dans le vide, et il se contorsionne lorsqu'il arrive à la hauteur des pigeons. Les griffes bien dirigées vers un individu, il ne le manque que de quelques centimètres. Ne semblant pas débobiné du tout par son essai raté, le hibou rejoint son perchoir en quelques battements d'ailes et il tente à nouveau sa chance à quelques reprises, toujours sans succès, avant de s'envoler vers d'autres proies plus accessibles. La nature n'arrêtera jamais de nous surprendre.



Bibliographie consultée


* Gauthier, J. et Y. Aubry (sous la direction de) 1995. Les Oiseaux nicheurs du Québec: Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional. Association québécoise des groupes d'ornithologues, Société québécoise de protection des oiseaux, Service canadien de la faune, Environnement Canada, région du Québec, Montréal, xviii + 1295 p.

** del Hoyo, J., Elliott, A. & Sargatal, J. eds. (1999). Handbook of the Birds of the World, Vol. 5, Barn-owls to Hummingbirds. Lynx Edicions, Barcelona.

*** Terres, John K. 1956. The Audubon Society encyclopedia of North American birds. Alfred P. Knopf Inc, ed.

**** Smith, Norman 1997. Observations of wintering Snowy Owls (Nyctea scandiaca) at Logan Airport, East Boston, Massachusetts, from 1981-1997.
http://www.ncrs.fs.fed.us/epubs/owl/SMITH.PDF




lundi 14 janvier 2013

Le défi des cours



Le 2 octobre 2002, je lance, via mon site web Passion Plume, un défi à tous les passionnés d'oiseaux qui nourrissent les oiseaux sauvages en installant des mangeoires dans leur cour. La seule condition mise en place pour pouvoir participer est d'avoir atteint un nombre de 75 espèces observées à partir de sa cour. Je décide de cette règle bien arbitrairement, dans le seul but d'éviter d'avoir trop de cours à suivre. En effet, qui n'a pas sa mésange, sa tourterelle, son moineau ou son étourneau tout près de sa demeure ? Je ne dénigre vraiment aucune espèce d'oiseaux, mais nous savons que ces espèces sont plus répandues et elles représentent moins d'intérêt statistiquement. Comprenant très bien que ce chiffre n'est pas évident à atteindre pour une personne qui vit en pleine ville de Montréal, je me résous cependant à garder cette condition. Je calcule que la personne qui a pu inciter 75 espèces à passer dans sa cour a sûrement fait des bonnes choses pour arriver à ce résultat. Nonobstant le nombre d'espèces, ce défi se veut tout d'abord amical. Il est lancé à soi-même plutôt qu'à tous les autres participants. Mais je vois plusieurs aspects positifs à une mise en comparaison de différentes cours.  En demandant aux participants de donner une description succincte de leur cour, je veux connaître quel est le facteur qui influence plus les oiseaux à adopter une cour plus qu'une autre: choix judicieux d'arbres, d'arbustes et de végétaux , dimensions et emplacement du terrain, types de mangeoires, de nichoirs et de bains d'oiseaux qui fonctionnent le mieux...

De plus, ce défi permet de connaître les espèces communes selon les endroits où l'observateur se situe dans la province de Québec. Si le Moineau domestique est régulier dans une cour à Québec, il est inusité dans une cour à Rimouski.  Il en va de même de la Sittelle à poitrine blanche, du Viréo mélodieux, de l'Oriole de Baltimore ou du Piranga écarlate.

Et, il faut bien l'avouer, le fait d'attribuer un nombre d'oiseaux à notre cour peut nous amener à faire en sorte d'en attirer de plus en plus ou de prendre les moyens pour reconnaître les oiseaux qui passent et repassent au-dessus de la maison ou dans les arbres du voisinage, dans le courant de l'année et selon les saisons. Nous pouvons apprendre à reconnaître les oiseaux visuellement avec des bons guides de terrain ou auditivement avec des cassettes et des disques compacts que l'on peut trouver dans les boutiques ou sur les sites spécialisés via internet ou dans notre propre localité.

Pour participer, il faut donc avoir une liste minimale de 75 espèces d'oiseaux observées ou entendues alors que vous avez les deux pieds bien ancrés dans les limites de votre cour. L'oiseau peut passer en vol (vous ajoutez alors un V au bout du nom de l'oiseau), situation commune dans le cas de canards et bernaches ou de rapaces; l'oiseau peut nicher sur votre terrain ou chez le voisin (vous ajoutez alors un N au bout du nom), mais vous devez voir le nid à partir de votre terrain. Vous pouvez aussi n'entendre que l'oiseau, mais le reconnaître sans l'ombre d'un doute (auquel cas vous ajoutez un E au bout du nom). Quand, un peu plus tard, vous voyez une espèce que vous n'aviez fait qu'entendre auparavant, vous me le mentionnez et j'enlève le E .  Pour qu'il n'y ait aucune lettre suivant le nom de l'espèce, il faut que celle-ci se soit vraiment arrêtée pour se nourrir, pour se baigner ou pour se reposer quelques minutes. Elle doit s'être perchée ou s'être posée au sol ou sur l'eau directement dans les limites de votre terrain ou dans votre champ de vision.

Au cours des dix années qui ont suivi, j'ai eu le bonheur de voir 54 propriétaires de cour s'inscrire à ce défi amical et, ce, dans 15 des 17 districts administratifs de la province de Québec. Certains districts sont couverts par plus de cours que d'autres, mais c'est intéressant quand même d'avoir un portrait assez global au niveau de la province. Voici donc ces districts avec (entre parenthèses) le nombre de cour contenu dans chacun:

  • Côte Nord (2)
  • Gaspésie (2)
  • Bas Saint-Laurent (2)
  • Québec (7)
  • Chaudière / Appalaches (14)
  • Centre du Québec (3)
  • Mauricie (2)
  • Estrie/Cantons de l'est (3)
  • Montréal/ Laval (3)
  • Outaouais (3)
  • Abitibi / Témiscamingue (1)
  • Montérégie (4)
  • Laurentides (3)
  • Lanaudière (3)
  • Saguenay / Lac Saint-Jean (2)

Et le total cumulatif des espèces ayant fréquenté ces 54 cours est assez impressionnant puisqu'il comprend à ce jour 298 espèces différentes et 17 espèces d'oiseaux exotiques (échappées de captivité). C'est un nombre que je ne croyais pas possible en lançant ce défi. 

Si vous vous demandez dans quel district de la province de Québec la diversité est la plus grande et bien voici en ordre décroissant le nombre d'espèces observées dans une cour donnée, avec l'endroit où se situe cette cour, le district du Québec ainsi que les noms de ceux ou celles qui ont recensé les espèces à travers les années.


nombre endroit district au Québec recenseurs
223 Saint-Fulgence Saguenay-Lac-St-Jean Claudette Cormier et Germain Savard
195 Pointe-Platon, Lotbinière Chaudière-Appalaches Alice Desrochers
188 Arrondissement Sainte-Foy Capitale-Nationale Olivier Barden
180 Grenville-sur-la-Rouge Outaouais François Morand
166 Saint-Jean-sur-Richelieu Montérégie Marcel Jr. Gauthier
162 Saint-Jean, Île-d'Orléans Capitale-Nationale Thérèse Beaudet et Pierre Lamothe
161 Stoke Estrie/Cantons de l'Est Luce Lefebvre et Jacques Turgeon
160 Pointe-aux-Trembles Montréal/Laval Yves Gauthier
159 Sainte-Martine Montérégie Micheline Ouellet
157 Saint-Hubert Montérégie Raymond Belhumeur
155 Sainte-Gertrude, Nicolet Centre du Québec Carole Gélinas et Robert Barbeau
154 Lévis Chaudière-Appalaches Lorraine Plante et Simon Bégin
153 Adstock, Beauce Chaudière-Appalaches Donald McCutcheon
144 Saint-Majorique, Drummond Centre du Québec Jeanne Lehoux
144 Lévis Chaudière-Appalaches Guy Lemelin
143 Ville-Marie Abitibi-Témiscamingue Jonathan Fréchette
139 Grand-Calumet Outaouais Mario Gervais
139 Dunany Laurentides Sylvie Robert
138 Arrondissement Neufchatel Capitale-Nationale Louis Messely
132 Saint-Onésime-d'Ixworth Bas-Saint-Laurent Jean-François Rousseau
129 Saint-Étienne-de-Lauzon, Lévis Chaudière-Appalaches Louise Morin
129 Montmagny Chaudière-Appalaches Guy Poisson
129 Saint-Paul-de-Joliette Lanaudière Raymond Piché
127 Saint-Georges-ouest, Beauce Chaudière-Appalaches Réjean Turgeon
121 Falardeau Saguenay-Lac-St-Jean Andrée Desjardins
120 Saint-Armand Montérégie Normand Bourdon
116 Saint-Adalbert-de-Lislet Chaudière-Appalaches Jean-Guy Chouinard
113 Irlande, Beauce Chaudière-Appalaches Anne-Marie Galant et Paul Demers
110 Hull Outaouais Frédéric Bédard
109 Saint-Georges, Beauce Chaudière-Appalaches Luc Légaré
109 Magog Estrie/Cantons de l'Est Jacqueline et Renaud Pirsch
108 Matapédia Gaspésie Christiane Pitre
106 Danville Estrie/Cantons de l'Est Gilles Lacroix
105 Mont-Laurier Laurentides Robert Lebrun
103 Saint-Jacques-de-Leeds, Lotbinière Chaudière-Appalaches Gabriel Samson
103 Mont-Tremblant Laurentides Francine Charpentier et Gérald Gauthier
102 Arrondissement Sillery Capitale-Nationale Anne Déry et Laval Roy
102 Saint-Joachim-de-Courval, Drummond Centre du Québec Colette et Yvon Roy
95 Islets-Caribou Côte Nord Gilles Dupuis
93 Trois-Rivières Mauricie Micheline Bisson
92 Sainte-Rose-de-Laval Montréal/Laval Luc Laberge
92 Saint-Cyrille-de-Lislet Chaudière-Appalaches Richard Alan Jones
87 Saint-Nicolas, Lévis Chaudière-Appalaches Nicolas Hallé
86 Île-Bizard Montréal/Laval Louise Turgeon
82 Lac Ulysse, Zec Forestville Côte Nord Thérèse Beaudet et Pierre Lamothe
82 Saint-Léonard-de-Portneuf Capitale-Nationale Alain Cayer
80 Amqui Gaspésie Ronald Lang
80 Saint-Jean-des-Piles Mauricie Yves Leduc
80 Arrondissement Beauport Capitale-Nationale Diane Labarre
79 Rawdon Lanaudière Lise Poulin
79 Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud Chaudière-Appalaches Mario Lavoie
78 Arrondissement L'Ancienne-Lorette Capitale-Nationale La famille Lagueux-Tremblay
75 Rimouski Bas-Saint-Laurent André Boulianne
75 Terrebonne Lanaudière Lucie et Marcel Léonard

Et maintenant, voici les espèces qui ont été identifiées 

dans 100% des cours participantes (54/54):

Bernache du Canada, Colibri à gorge rubis, Pic mineur, Pic flamboyant, Geai bleu, Corneille d'Amérique, Mésange à tête noire, Merle d'Amérique, Jaseur d'Amérique, Paruline à croupion jaune, Bruant familier, Junco ardoisé, Tarin des pins et Chardonneret jaune.

dans 98.1% des cours participantes (53/54):

Pic chevelu, Grand Corbeau, Bruant hudsonien, Bruant à couronne blanche, Quiscale bronzé, Roselin pourpré et Sizerin flammé.

dans 96.3% des cours participantes (52/54):

Grand Héron, Goéland à bec cerclé, Étourneau sansonnet, Bruant à gorge blanche, Carouge à épaulettes.

dans 94.4% des cours participantes (51/54):

Canard colvert, Épervier brun, Tourterelle triste, Hirondelle bicolore, Vacher à tête brune.

dans 92.6% des cours participantes (50/54):

Pic maculé, Roitelet à couronne rubis et Cardinal à poitrine rose.

dans 90.7% des cours participantes (49/54):

Faucon émerillon, Viréo aux yeux rouges, Bruant fauve et Gros-bec errant.

dans 88.9% des cours participantes (48/54): 

Sittelle à poitrine rousse et Paruline jaune. 

dans 87.0% des cours participantes (47/54): 

Urubu à tête rouge, Pie-grièche grise et Durbec des sapins.

dans 85.2% des cours participantes (46/54): 

Oie des neiges, Roitelet à couronne dorée et Paruline à tête cendrée.

dans 83.3% des cours participantes (45/54): 

Buse à queue rousse, Pluvier kildir, Sittelle à poitrine blanche et Jaseur boréal.

dans 81.5% des cours participantes (44/54): 

Grand Pic, Paruline à flancs marron, Paruline flamboyante, Paruline masquée et Cardinal rouge.

dans 79.6% des cours participantes (43/54): 

Pigeon biset, Grimpereau brun, Paruline noir et blanc, Oriole de Baltimore et Sizerin blanchâtre.

dans 77.8% des cours participantes (42/54): 

Pygargue à tête blanche, Busard Saint-Martin, Crécerelle d'Amérique et Paruline à joues grises.


dans 75.9% des cours participantes (41/54): 

Épervier de Cooper, Tyran tritri, Viréo à tête bleue, Grive solitaire et Paruline à gorge noire.


dans 74.1% des cours participantes (40/54):

Moucherolle phébi, Plectrophane des neiges et Moineau domestique. 
 
Je n'accorde personnellement pas une grande valeur statistique ou scientifique à tous ces pourcentages et ces chiffres. Si ce défi a dix ans d'âge, quelques espèces qui composent les listes de certaines cours sont peut-être là depuis les années 1970. Par exemple, la Pie-grièche migratrice est présente dans 4 cours différentes au fil des années: à Saint-Jean-des-Piles, à Saint-Georges-de-Beauce, à Sainte-Majorique (ou elle a même niché et 3 oisillons ont été observés) et à Repentigny. Commune dans les années 1970, cette espèce est aujourd'hui super rare à la grandeur de la province. Une ou deux mentions par année seulement. Pour connaître les réelles tendances de population pour les différentes espèces, il faudrait tenir à jour la liste de chacune des cours sur une base annuelle. Ainsi, on saurait de façon plus précise si une espèce maintient ou non sa population pour une région donnée. Mais je n'ai jamais été très fort sur les statistiques et je ne serai jamais un scientifique pur. Cependant, j'adore littéralement étudier le comportement des oiseaux dans leur façon d'interagir avec leur environnement. Le seul côté scientifique qui m'intéresse vraiment est de mettre le nom exact sur une espèce observée. Ceci est de la plus haute importance lorsqu'on maintient des listes des espèces rencontrées sur sa route. 

Pour voir la liste complète des espèces observées dans les 54 cours, aller à cette adresse

http://www.ornithoplanete.net/defi_des_cours/macour-presentation.htm

Et voici, en finissant, un pic que je photographiais pour la première fois le 11 janvier 2013. Comme je suis fort sur les listes, je peux vous dire que c'est la 870ième espèce à vie que j'immortalise en photo. Je devrais atteindre la 1 000ième espèce lors de mon prochain voyage en Thaïlande du 5 au 28 février prochains. Ça ne devrait pas être un très gros défi.

Voici donc une femelle de Pic à ventre roux / Melanerpes carolinus / Red-bellied Woodpecker présente à un poste d'alimentation d'une maison privée au Lac aux canards, près de La Durantaye, depuis le 9 décembre 2012. 




Même si cette espèce se retrouve sur la liste officielle du Québec, elle n'est pas commune du tout. Pour espérer en voir durant la saison de nidification, il faut se rendre dans la sud ouest de la province, en Montérégie et plus précisément à Châteauguay. Cependant, durant la saison hivernale, il s'en observe sur un plus vaste territoire, mais toujours en nombre minime. En me fiant aux mentions faites sur le site des oiseaux rares, 9 Pics à ventre roux ont été repérés à des mangeoires depuis le 2 décembre 2012. 3 en Montérégie, 2 en Outaouais, 1 en Mauricie, 1 à Montréal, 1 dans Chaudière-Appalaches et 1 dans la Capitale-Nationale. Comparativement à d'autres années, on peut dire que c'est un bon hiver pour cette espèce.