mardi 28 octobre 2014

La magie de la première mésange



Dans exactement 24 heures, Anne et moi partons vers Paris pour une escale d'une journée chez notre ami Jean-Jacques Gozard qui y possède une maison. Et 36 heures plus tard, en compagnie de Jean-Jacques et de Richard Yank, nous prenons un vol vers le sud de l'Inde. Oui, beaucoup d'excitation dans l'air. L'Inde est une première pour nous et le séjour que nous ferons ensuite au Sri Lanka n'est rien pour calmer notre fébrilité.

C'est merveilleux de pouvoir voyager comme nous le faisons. Anne et moi en sommes conscients. Nos voyages nous font apprécier toutes les richesses naturelles que chaque destination recèle et nous dévoile toujours aussi généreusement. Ils nous font également voir in vivo l'état de l'environnement sur tous les continents autour de la belle planète bleue. Malheureusement, ce n'est pas toujours beau à voir. Je ne désire pas partir de longues diatribes condamnant l'attitude insouciante des humains qui détruisent tout au nom d'une modernité qui conduit inévitablement vers un cul de sac. Mais je dirais que le problème avec l'Homme, c'est qu'il n'accorde pas à la nature son importance et ceci est malheureusement un constat universel. C'est certain que des pays comme le Costa Rica font bande à part, mais c'est un travail de tous les instants de la part des dirigeants qui doivent savoir dire non au lobbyisme des grandes compagnies internationales. Le pouvoir actuel est une question d'argent et il est trop facile en 2014, grâce au phénomène de la mondialisation, pour les nations surpeuplées (surtout la Chine) d'acheter des terres à l'autre bout du monde pour y cultiver les denrées nécessaires à leur survie. Anne et moi l'avons vu, entre autres, au Brésil alors que des Japonais essayaient d'acheter des coins de forêt incroyablement peuplés de vie animale et végétale. Le tout se fait naturellement au détriment des habitats originaux qui sont détruits pour faire place à la monoculture ou à l'élevage de bovins destinés à la consommation humaine.

Même la vie marine est en sérieux péril. Nous le vivons ici au Québec depuis quelques décades avec la surpêche à la morue (aussi fait par des bateaux usines japonais), mais c'est vrai également dans tous les pays. C'est à Madagascar, sur la côte nord ouest du pays, que j'ai la chance de m'entretenir avec un homme qui organise depuis toujours des plongées sous-marines pour les touristes intéressés à explorer les barrières de coraux. Il organise également des sorties pélagiques pour la pêche sportive. Ces deux activités ont diminué drastiquement au cours des dernières décades à cause de la détérioration des habitats et de la surpêche. Maintenant, les bateaux usines effectuent des dragages en profondeur pour récolter les crustacés qui peuplent les planchers marins. Les coraux sont proprement raclés et détruits. Les populations des requins sont décimées à cause des pouvoirs soit disant aphrodisiaques de leurs nageoires. On le capture, on lui coupe les nageoires et on le rejette à l'eau. Comme insensibilité et manque de respect, difficile de faire pire. Oui, je m'éloigne, mais pas tant que ça.

La seule façon de créer un contre-courant à la tendance suicidaire actuelle passe par l'éducation. Difficile d'apprécier et d'aimer quelque chose que nous ne connaissons pas. Une fois que nous la connaissons, comment pouvons-nous rester insensibles à sa perte ?  Que faire pour apporter NOTRE grain de sel à cet effort de sensibilisation ?


Comme pour tout effort d'éducation, il faut un début.


La petite Zoé, 3 ans et demi, observe pour la première fois de sa vie une Mésange à tête noire au Domaine de Maizerets. De plus, elle a la chance de la tenir dans sa main. La communication avec l'oiseau ne peut être plus directe et plus intime. Je crois que sa Mamie Anne ne pouvait lui faire un meilleur cadeau en cette belle journée d'automne 2014.


La magie de la première mésange fonctionne à tout coup. Je me souviendrai toujours de MA première mésange, celle qui m'a fait assez confiance pour se poser sur mon doigt. Elle m'agrippait avec douceur de ses griffes et, à travers elles, je sentais presque son pouls. Une communication instantanée. Toute cette beauté cache aussi une grande fragilité qui s'évalue tellement bien au contact des griffes de l'oiseau sur sa propre peau. 

Et oui, la première mésange peut opérer de grandes choses dans le coeur d'un enfant et, une fois harponné, qui sait jusqu'à quel point cet enfant saura prendre la défense de cette belle nature et assurer la pérennité qui lui revient.  


@ bientôt.




 

4 commentaires:

Michel Plante a dit…

Magnifique ! Merci ! ;)

Claudette Archambault a dit…

Bon voyage...on voyage avec vous au travers vos récits.

Suzanne Labbé a dit…

Bon voyage les amis. Revenez-nous avec plein de beaux textes et photos.

Suzanne xxx

Noushka a dit…

Merveilleux ce post!
Oui c'est tout à fait ça, j'ai fait la même expérience avec une mésange bleue et un écureil le même jour, j'avais 7 ans :)
On comprend pourquoi on tombe dans cette 'marmite' après ça! LOL!
Bonne continuation Laval!