vendredi 25 décembre 2015

En ce Noël vert...




Le Noël 2015 ne passera pas à l'histoire pour l'abondance de neige ou la température froide. Les champs sont verts et quelques plaques de neige ou de glace ici et là nous font plus penser à la fin avril qu'à la fin décembre. Une balade près du grand fleuve Saint-Laurent, à Neuville, nous a fait découvrir à Anne et à moi un troupeau d'environ 500 Bernaches du Canada, un radeau d'une centaine de fuligules non identifiables à cause de la distance et du manque de lumière ainsi que des harles, des garrots, des colverts et les trois espèces de goélands bien perchés sur un îlot rocheux..

Aucune glace sur le fleuve et pas plus sur les battures. En fait, sur le bord du fleuve, ça ressemblait plus à la fin octobre, car j'étais habitué d'observer ces radeaux de plongeurs à cette date dans la région de Leclercville. Le Fuligule à dos blanc / Aythya valisineria / Canvasback rapporté plus tôt cette semaine à Neuville se retrouvait d'ailleurs souvent dans les années 1980 parmi ces regroupements de fuligules.

Plus tôt en matinée, une visite à un poste d'alimentation bien tenu nous a permis d'observer un oiseau qui a ajouté un soupçon d'exotisme dans un Noël plutôt atypique. Ronald Lepage, bien connu sous le nom de Monsieur Cap Tourmente, a le bonheur d'héberger dans sa cour arrière une espèce peu commune au Québec, mais qui est rapportée sporadiquement près de mangeoires tard à l'automne ou tard au printemps. Et Dieu sait qu'elle est bien tombée puisqu'il serait difficile pour un oiseau égaré de trouver un meilleur endroit où s'échouer. Tout est mis à sa disposition: nourriture diversifiée, abri et même un bain chauffé.

Voici quelques images de cette femelle de Piranga vermillon / Piranga rubra rubra / Summer Tanager  


Cette femelle est du type de l'est. Son bec costaud lui sert à saisir les gros insectes ou les fruits qui font partie de son régime alimentaire habituel.


Son bec pâle et sa tête pointue la distingue du Piranga orangé / Piranga hepatica / Hepatic Tanager, une autre espèce pouvant s'égarer au Québec, mais de façon rarissime.


Cet oiseau égaré pourra compter sur la graisse animale (suif) mise à sa disposition pour contrer les températures froides de l'hiver québécois. Ses chances de survie ?  Très difficile à prédire puisque tout dépendra de la longueur et de la rigueur de notre hiver. Mais disons que ses chances sont plutôt minces.


Et, pour terminer, voici la photo d'un mâle de cette espèce prise le 07 mai 2015 au Lower Green Swamp Preserve, Floride, USA.








Joyeux Noël et à bientôt.



mardi 22 décembre 2015

jeudi 17 décembre 2015

L'or véritable du Ghana





Le Ghana est situé sur le golfe de Guinée, juste au nord de l'équateur. Il partage des frontières avec la Côte d'Ivoire à l'ouest, le Togo à l'est et le Burkina Faso au nord.



« Ghana carte » par of the translation : Eric Gaba (Sting) — CIA World Factbook (formerly on the French Wikipedia). Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ghana_carte.png#/media/File:Ghana_carte.png


Le pays est constitué de denses forêts tropicales au sud et de savane au nord. Le climat tropical est pluvieux, essentiellement en mai-juin (grande saison des pluies ou hivernage). La Volta noire, la Volta blanche ainsi que les rivières Oti et Daka se rencontrent au Ghana pour former le Lac Volta. Le barrage d'Akosombo, situé au sud du lac, produit beaucoup d'énergie pour le pays.




Comme nombre de pays africains, le Ghana est riche en matières premières, notamment en minerais et en pétrole. Son économie demeure cependant essentiellement basée sur l'agriculture. Il a longtemps été le premier producteur mondial de cacao (plus de 1,6 million d'hectares de plantations villageoises) avant d'être largement dépassé par son voisin la Côte d'Ivoire. L'industrie y est plus développée que dans le reste des pays de l'Afrique de l'Ouest. Par ailleurs, le Ghana va devenir dans les années à venir un pays producteur de pétrole grâce à la découverte en 2007 de ressources pétrolières offshore non négligeables.

Si le Ghana est indépendant depuis le 6 mars 1957, il fut une colonie britannique sous le nom de Gold Coast (Côte de l'Or). Le nom colonial de Côte-de-l'Or vient des très nombreuses mines d'or du pays qui, avant d'être exploitées par les colons britanniques, allemands, hollandais et français, étaient abondamment utilisées par l'ethnie Ashanti qui garde la tradition de splendides bijoux en or, tradition qui s'est propagée aussi chez l'ethnie voisine Abron.


Lors de notre visite (du 1er au 21 novembre 2015), nous avons couvert en 21 jours la presque totalité du pays. La petitesse du pays nous a permis de le faire assez facilement. Et nous l'avons fait en roulant à bord d'un véhicule. Pour la logistique de terrain, nous avons contacté la compagnie Ashanti African tours. C'est ainsi que nous avons pu compter sur les services d'un chauffeur, d'un guide ornithologue professionnel et d'un assistant. Une équipe dévouée, compétente et dynamique en tout temps. Si jamais vous songez à vous rendre dans ce pays, je vous suggère fortement de contacter Ashanti African tours. Chemin faisant, nous avons rencontré à quelques reprises des petits groupes qui avaient réservé leur service. De notre côté, nous étions quatre et nous avons rencontré un autre groupe de quatre et un autre groupe de deux personnes. Peu importe la grosseur de votre propre groupe, il semble y avoir moyen de rencontrer vos besoins.

Sur la Côte-de-l'Or, nous n'avons pas vu beaucoup d'or. En fait, nous avons longé deux sites d'extraction d'or où il n'était pas conseillé de trop s'attarder. Nos guides nous ont fortement suggéré de ne pas prendre de photographie de ces lieux. Les bouleversements d'habitat engendrés par cette activité étaient cependant très visibles. Heureusement pour nous, passionnés de la nature, le véritable or ne se retrouve pas dans le sous-sol, mais bien dans les différents parcs et les forêts qui restent encore assez présentes au Ghana. Voici donc des belles rencontres faites dans les différents parcs visités.


Grand-duc tacheté (adulte) / Bubo leucostictus / Akun Eagle-Owl .Réalisée le 3 novembre 2015 dans le parc national Kakum, Ghana, Afrique de l'ouest.


Souimanga à bec droit (femelle au nid) / Anthreptes rectirostris rectirostris / Green Sunbird. Réalisée le 3 novembre 2015 dans le parc national Kakum, Ghana, Afrique de l'ouest.
 
Calao de Hartlaub / Tockus hartlaubi hartlaubi / Black Dwarf Hornbill. Réalisée le 3 novembre 2015 dans le parc national Kakum, Ghana, Afrique de l'ouest.
  

Râle à pieds rouges / Himantornis haematopus / Nkulengu Rail. Réalisée le 07 novembre 2015 dans le parc national Ankasa, Ghana, Afrique de l'ouest.







Autour à longue queue / Urotriorchis macrourus / Long-tailed Hawk. Réalisée le 08 novembre 2015 dans le parc national Ankasa, Ghana, Afrique de l'ouest.

Veuve dominicaine / Vidua macroura / Pin-tailed Whydah. Réalisée le 05 novembre 2015 à la forêt d'Abrafo près de shama, Ghana, Afrique de l'ouest.


Calao longibande / Tockus fasciatus semifasciatus / African Pied Hornbill. Réalisée le 04 novembre 2015 à Abrafo forest près de Shama, Ghana, Afrique de l'ouest.


Calao à huppe blanche / Tropicranus albocristatus macrourus / White-crested Hornbill. Réalisée le 18 novembre 2015 dans la Bobiri Forest, Ghana, Afrique de l'ouest.

Guib harnaché / Tragelaphus scriptus / Bushbuck. Réalisée le 12 novembre 2015 dans la forêt de Bobiri, Ghana, Afrique de l'ouest.


Élanion blanc / Elanus caeruleus caeruleus / Black-shouldered Kite. Réalisée le 11 novembre 2015 au Lilly pond près de Nasia, Ghana, Afrique de l'ouest.


Éléphant d'Afrique / Loxodonta africana africana / Savanna Elephant. Réalisée le 14 novembre 2015 dans le parc national Mole, Ghana, Afrique de l'ouest.

Grand-duc du Sahel / Bubo cinerascens / Grayish Eagle-Owl. Réalisée le 12 novembre 2015 dans le parc national Mole, Ghana, Afrique de l'ouest.


Vautour à tête blanche / Trigonoceps occipitalis / White-headed Vulture. Réalisée le 13 novembre 2015 dans le parc national Mole, Ghana, Afrique de l'ouest.


Oedicnème tachard / Burhinus capensis maculosus / Spotted Thick-knee. Réalisée le 13 novembre 2015 dans le parc national Mole, Ghana, Afrique de l'ouest.


Rollier à ventre bleu / Coracias cyanogaster / Blue-bellied Roller. Réalisée le 21 novembre 2015 au Shai Hills Resource Reserve, Ghana, Afrique de l'ouest.


Barbican bidenté (mâle et femelle) / Lybius bidentatus bidentatus / Double-toothed Barbet. Réalisée le 21 novembre 2015 au Shai Hills Resource Reserve, Ghana, Afrique de l'ouest.


Oedicnème du Sénégal / Burhinus senegalensis / Senegal Thick-knee. Réalisée le 21 novembre 2015 au Tema Lagoon, Ghana, Afrique de l'ouest.

Souimanga de Reichenbach / Anabathmis reichenbachii / Reichenbach's Sunbird. Réalisée le 7 novembre 2015 près de la rivière Amanzule, Ghana, Afrique de l'ouest.


Capucin nonnette / Spermestes cucullatus cucullatus / Bronze Mannikin. Réalisé le 19 novembre 2015 à New Tafo, Ghana, Afrique de l'ouest.


Tisserin à cou noir / Ploceus nigricollis brachypterus / Black-necked Weaver.Réalisé le 19 novembre 2015 à New Tafo, Ghana, Afrique de l'ouest.


Engoulevent terne / Caprimulgus inornatus / Plain Nightjar. Réalisée le 20 novembre 2015 au Shai Hills Resource Reserve, Ghana, Afrique de l'ouest.


Crécerelle renard / Falco alopex / Fox Kestrel. Réalisée le 17 novembre 2015 dans les Tongo Hills, Ghana, Afrique de l'ouest.


Picatharte de Guinée / Picathartes gymnocephalus / White-necked Rockfowl. Réalisée le 10 novembre 2015 au site Picathartes, Ghana, Afrique de l'ouest.



Et comme j'ai terminé mon dernier billet avec un coucher de soleil au parc national de Mole, voici maintenant un lever de soleil toujours sur le même site.







@ bientôt.





vendredi 4 décembre 2015

Obloni au Ghana





"Obloni, obloni, obloni"  j'entends des voix d'enfants qui scandent ce mot. Je suis au Ghana, plus précisément au nord est du pays, à New Tafo. Ces enfants me déconcentrent alors que toute mon attention se porte sur un bel oiseau que je suis en train de photographier.


Euplecte monseigneur / Euplectes hordeaceus / Black-winged Bishop


Une fois ma tâche accomplie, je me tourne vers eux. J'aperçois alors 3 enfants qui se tiennent près d'une case aux murs faits de boue séchée et chapeautée d'un toit de chaume. Une cinquantaine de mètres nous séparent et je ne sais pas trop comment interpréter cette amorce de communication. Se moquent-ils de la couleur de ma peau ? Veulent-ils établir un contact plus rapproché ? Ils me semblent à la fois ravis et un peu inquiets de ma présence. Ne voulant pas provoquer trop de vague dans ce petit hameau paisible, je décide de revenir sur mes pas en direction de l'hôtel que je viens de quitter depuis environ vingt minutes. Je suis seul ce matin, car mes compagnons de voyage, Anne Déry, Richard Yank et Jean-Jacques Gozard sont partis plus tôt en compagnie de nos guides ornithos pour escalader le Atewa Range. Après 18 jours de cavale assez intense à la grandeur du Ghana, j'ai décidé ce matin de me reposer et de profiter des environs de l'hôtel pour faire de la photo à mon rythme.

D'un pas très lent, je retourne donc à l'hôtel et voilà que ce sont maintenant 5 enfants qui décident de me suivre. Ils continuent à m'appeler avec leur "obloni". Je décide de m'arrêter et je les photographie. Je m'approche d'eux et je leur montre leurs binettes sur l'écran de mon boîtier de caméra. Là, c'est la joie ultime parmi eux. C'est peut-être la première fois de leur vie qu'ils se voient sur un écran et ça les fascine.





S'il y a différentes façons de savoir si un peuple est fondamentalement heureux, la plus probante est, selon mon expérience, la joie de vivre qui se lit sur le visage des enfants. Une image est gravée à jamais dans ma mémoire. J'accompagne un groupe de Québécois au Kenya. Nous marchons dans un lieu où une falaise d'une trentaine de mètres nous surplombe. Tout à coup, nous entendons un cri provenant du haut de l'escarpement. Nous découvrons une fillette qui nous crie quelque chose que nous n'entendons pas bien à cause de la distance. À force de concentration, nous finissons par entendre un "Welcome to Kenya" bien senti. Cette fillette ne saura jamais à quel point elle m'a ému et combien elle a changé ma façon de voir les choses.


Un autre pays m'a beaucoup impressionné par la joie de vivre qui se voyait partout, peu importe le lieu et les circonstances. Dès que nos yeux croisaient ceux des locaux, un sourire ensoleillait leur visage peu importe leur âge ou leur condition. Ça se passait à Madagascar, une île merveilleuse au large de l'Afrique du Sud. Oui, l'Afrique est un continent fabuleux à découvrir malgré la pauvreté qui peut y régner.


Je ne connaissais pas le sens du mot "Obloni" jusqu'à ce que nos guides Ghanéens, William et Ebenezer, nous en fassent la traduction. "Obloni" signifie "homme blanc". La couleur de la peau n'a pas d'importance quand l'Homme rencontre l'Homme. Toute une leçon que nous donne un peuple qui a pourtant bien souffert à cause de la couleur de sa peau.


Je ne sais pas combien de milliers de kilomètres nous avons parcouru pendant ces 21 jours passés dans ce petit pays qu'est le Ghana (du 01 au 21 novembre 2015). Situé en Afrique de l'ouest, il est bordé au sud par le golfe de Guinée, à l'est par le Togo, à l'ouest par la Côte d'Ivoire et au nord par le Burkina Faso. La langue officielle est l'anglais, la langue d'origine est le twi et la monnaie le cédi (un dollar canadien vaut environ 3 cédis). D'après le recensement de 2010, la population du Ghana est estimée à 24 658 823 habitants. Environ 51 % de la population réside en milieu urbain. Les principaux groupes ethniques sont les Akans (47,5 %), les Mole-Dagbani (16,6 %), les Ewes (13,9 %) et les Ga-Dangme (7,4 %). D'après le même recensement, les chrétiens représentent 72,6 % de la population tandis que les musulmans représentent 18,2 % et les religions traditionnelles 4,2 %. Les personnes n'ayant pas de religion représentent 4,3 % de la population. Si ce consensus autour de la foi semble unir le pays, l’idée d'athéisme semble, elle, difficilement acceptable et même concevable. La présence des musulmans est en forte augmentation dans le nord du pays alors qu'elle est infime dans le sud.


Notre périple nous a permis d'observer des espèces animales d'une grande diversité et je vous en présente quelques unes.

 
Coucou foliotocol / Chrysococcyx cupreus cupreus / African Emerald Cuckoo
 



Agame des colons (mâle) / Agama agama / Common Agama



Gobemouche forestier / Fraseria ocreata  / African Forest-Flycatcher



Traquet familier / Oenanthe familiaris falkensteini / Familiar Chat



Élanion blanc / Elanus caeruleus caeruleus / Black-shouldered Kite



Rollier à ventre bleu / Coracias cyanogaster / Blue-bellied Roller



Atheris chlorechis / West African leaf viper



Pririt à collier / Platysteira cyanea cyanea / Brown-throated Wattle-eye




Trithemis arteriosa qui survole un plan d'eau pour y déposer ses oeufs.



Et pour terminer ce billet, un coucher de soleil sur le parc national Mole, situé au nord-ouest du pays.








@ bientôt.


vendredi 30 octobre 2015

Une rencontre inespérée... et presque historique.



Je me souviens très bien lorsque j'ai entendu parler pour la première fois de l'observation de cette espèce dans la ville de Québec. C'était à la fin des années 1960. Gabriel Allaire, mon "mentor ornithologique", m'avait alors parlé d'un oiseau qui occupait une cavité derrière la maison d'un de ses amis d'étude. Sa maison était située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, pas très loin du pont de Québec. Malheureusement. cette observation exceptionnelle est vite disparue du radar des ornithologues et il s'est avéré alors difficile d'en expliquer la raison.

J'ai dû attendre au début des années 2000 avant d'apprendre qu'au moins un autre individu de cette espèce était observé dans la région de Victoriaville. Mais il fallait garder le tout secret et c'est bien normal. Trop souvent la divulgation de la présence d'un strigidé dans un lieu donné attire l'attention d'observateurs ou de photographes qui s'y agglomèrent sans aucune retenue. Repasse du chant excessive, harcèlement continuel à cause du nombre successif d'observateurs...et l'oiseau effarouché peut décider de quitter l'endroit sans préavis.

Oui, je sais, vous trépignez. Mais qu'elle est cette espèce ?

Attendez un peu... vous saurez bientôt !

Au début d'octobre 2015, un chasseur à la sauvagine attend l'heure réglementaire pour débuter sa chasse. Il se trouve en bordure du grand fleuve Saint-Laurent, sur la rive sud. Il fait encore sombre lorsqu'il entend une seule fois le trille très ténu d'un certain strigidé. Sa cogitation ne dure pas très longtemps. Malgré qu'il en soit grandement étonné, il est sûr de son identification: il s'agit du faible trille d'un Petit-duc maculé !!!

Très bien, mais encore faut-il le confirmer, car il sait très bien que cette présence est très inusitée pour la région. Une visite ultérieure permet de confirmer l'espèce et la voici:


Petit-duc maculé / Megascops asio naevius / Eastern Screech-Owl

Alors que le Petit-duc maculé est présent plus régulièrement à partir de l'ouest de la région du centre du Québec (dans la ligne Drummondville / Trois-Rivières) , il est vraiment inusité plus à l'est.


L'élément le plus facile pour déterminer si on a devant nous un hibou plutôt qu'une chouette est la présence ou l'absence d'aigrettes, i.e. ces plumes qui font penser à des oreilles et qui sont pointées au-dessus de la tête. Un hibou est pourvu d'aigrettes, la chouette en est dépourvue.

Comparons ce Grand-duc d'Amérique photographié le 23 octobre 2014 à Neuville, Québec.


Grand-duc d'Amérique / Bubo virginianus virginianus / Great Horned Owl

avec cette Chouette rayée photographiée le 11 janvier 2015 au Domaine de Maizerets, ville de Québec, Québec.


Chouette rayée / Strix varia varia / Barred Owl

Donc, si on se base à cet élément et à la première photo présentée, ce Petit-duc maculé serait une chouette. Et non, selon les humeurs de l'oiseau, il peut modifier son apparence de façon assez radicale. Voici donc, en rafale, les trois aspects que nous a présentés le même individu


L'angle de prise de cette photo permet de voir que les aigrettes sont rabattues vers l'arrière. Ceci les rend invisibles lorsque l'oiseau nous fait face.




Difficile de dire pourquoi l'oiseau dresse ses aigrettes. Stress ou, au contraire, bien-être ?




Voici les aigrettes étirées au maximum, ce qui change radicalement l'aspect de l'oiseau si on se réfère à la première image de ce blog.

Pour Anne et moi, il s'agit de la 310ième espèce observée ensemble au Québec depuis le 3 septembre 2005. C'est dire la richesse aviaire du Québec. C'est vrai que la province est grande, mais les déplacements en valent la peine.


@ bientôt.




jeudi 8 octobre 2015

Île-aux-Basques: du 18 au 20 septembre 2015




18 septembre 2015


Départ de Québec à 03h15 vers le quai de Trois-Pistoles où le capitaine Jean-Pierre Rioux nous attend pour une traversée prévue pour 06h30. Les pronostics météorologiques sont très optimistes pour ce vendredi ainsi que pour le samedi. Par contre, le dimanche pourrait être un peu plus hasardeux, mais nous avons de quoi nous occuper d'ici là. Dès notre arrivée au quai, vers 06h15, nous constatons qu'un couple de Repentigny attend également pour le trajet d'une quinzaine de minutes vers l'île. Ces derniers vont occuper le chalet à l'est de l'île, soit le Provancher, alors que nous occuperons le Meredith, à l'ouest.

Les conditions atmosphériques en ce vendredi matin sont idéales. Aucun vent, un ciel presque sans nuage et une chaleur un peu en haut de la normale pour la mi-septembre. Après une année sans nous rendre à l'île, nous nous sentons vraiment privilégiés de tomber sur de si belles conditions. Les réservations à l'île se font au début du mois de janvier de chaque année et il est alors impossible de savoir si nos choix seront les bons. Personnellement, nous avons vécu toutes les conditions possibles et nous devons avouer que l'Île-aux-Basques vaut le déplacement quelles que soient les conditions rencontrées.

À 07h30, tout est installé dans le chalet. Les victuailles qui vont au réfrigérateur, celles qui vont sur des tablettes, les vêtements les plus utilisés accrochés à portée de main ou déposés aux bons endroits. Comme nous arrivons à marée haute, nous décidons de prendre nos télescopes pour aller vérifier les déplacements des oiseaux marins au large. Nous demeurons alors dans la partie nord ouest de l'île.


Anne scrute le large avec son nouveau télescope Kowa et elle note le nombre d'individus observés pour chaque espèce afin de les comptabiliser dans Ebird.


Au large, des vents de 25 kilomètres à l'heure sévissent et nous découvrons de bons déplacements de laridés qui volent tous d'est en ouest. Cependant, une légère brume nuit beaucoup à la perception des détails et elle nous empêche de confirmer les espèces. Nous passons une bonne heure en stationnaires et ceci nous permet de très bien observer des individus qui volent ou se posent sur l'eau plus près de nous: 8 Canards noirs, 35 Eiders à duvet, 18 Macreuses à front blanc, 1 Macreuse brune, 7 Garrots à oeil d'or, 1 Harle huppé, 1 Plongeon catmarin, 1 Plongeon huard, 3 Fous de Bassan,  2 Courlis corlieux , 27 Guillemots à miroir. Et la visibilité s'améliorant: 300 Mouettes tridactyles, 20 Mouettes de Bonaparte, 30 Goélands à bec cerclé, 25 Goélands argentés et 10 Goélands marins.


Nous nous dirigeons ensuite vers la pointe ouest de l'île pour vérifier la présence de limicoles qui s'y agglomèrent indépendamment des marées. Même à marée fine haute, cet endroit accueille souvent plusieurs espèces différentes. C'est avec plaisir que nous y repérons: 3 Courlis corlieux, 85 Pluviers semipalmés, 15 Bécasseaux sanderling, 1 Bécasseau à croupion blanc, 25 Bécasseaux semipalmés et 2 Alouettes hausse-col.


 Alouette hausse-col (immature) / Eremophila alpestris alpestris / Horned Lark



Courlis corlieu / Numenius phaeopus hudsonicus / Whimbrel


Pendant tout ce temps, un Busard Saint-Martin immature maraude sans cesse dans le pré. Nous le voyons plonger vers des proies potentielles, mais le pourcentage de succès ne semble pas trop élevé. Normal pour un jeune de l'année qui doit améliorer ses angles d'attaque.





En après-midi, notre attention se porte sur la pointe est de l'île, plus précisément au nord de l'Anse d'en bas. Un endroit très pierreux qui nous a réservé de très belles surprises à travers les années. Même si nous sommes en milieu d'après-midi, l'activité est importante. Sur une grosse masse rocheuse, pas moins de 50 Mouettes tridactyles, 10 Goélands marins, 10 Goélands à bec cerclé et 5 Goélands argentés essaient de se mériter une place parmi les 67 Cormorans à aigrettes et les 15 Eiders à duvet. Un Faucon pèlerin très foncé nous passe sous le nez. La forêt nous offre quelques passereaux dont 3 Parulines à couronne rousse, de plumages différents, mais toutes de la race de l'est (hypochrysea). Les Bruants à gorge blanche nous accompagnent partout sur l'île, de sorte que le nombre estimé à 50 est probablement moindre que la réalité.


Bruant à gorge blanche / Zonotrichia albicollis / White-throated Sparrow


Nous terminons cette première journée avec 48 espèces et beaucoup de beaux moments en banque.



19 septembre 2015

Les premières observations matinales sont souvent plus fructueuses. Mais faut-il décider dès la veille au soir où nous nous dirigerons le lendemain matin. Vers l'est ou vers l'ouest de l'île ? Comme notre chalet est situé dans l'ouest, il est plus facile d'opter pour cette région...tout en espérant que la visibilité sera meilleure que celle de la veille. Dès le lever du soleil, je sors sur le patio du chalet et je suis tout simplement submergé par des cris de contacts et des sifflements en provenance de l'arrière du chalet. Des dizaines de Bruants à gorge blanche sont déjà actifs, ce qui suggère une arrivée possible de migrateurs. Des Merles d'Amérique passent en vol de même que plusieurs autres passereaux. Je remets en question notre choix de l'observation au large, mais, après une discussion avec Anne, nous décidons de maintenir notre programme. En passant par le petite sentier boisé qui longe le lac salé, nous ne pouvons résister à la tentation de nous arrêter quelque peu pour identifier les passereaux les plus coopératifs: Roitelet à couronne rubis, Roitelet à couronne dorée


Roitelet à couronne dorée / Regulus satrapa satrapa / Golden-crowned Kinglet



Viréo à tête bleue, Viréo de Philadelphie, Viréo aux yeux rouges, Bruant de Lincoln, Bruant fauve


Bruant fauve (immature) / Passerella iliaca iliaca / Fox Sparrow


et Paruline flamboyante



Paruline flamboyante (femelle) / Setophaga ruticilla / American Redstart

Et oui, la visibilité est meilleure au large, mais les laridés sont moins nombreux. Rien à voir avec les mouvements de la veille. Par contre, plus d'individus des autres espèces et même quelques nouvelles dont 120 Macreuses à front blanc, 17 Garrots à oeil d'or, 21 Grands Harles, 4 Plongeons catmarins, 8 Plongeons huard, 2 Grèbes jougris, 120 Cormorans à aigrettes, 3 Labbes parasites, 100 Mouettes tridactyles, 1 Petit Pingouin, 21 Guillemots à miroir, 20 Mouettes de Bonaparte, 30 Goélands à bec cerclé, 40 Goélands argentés et 26 Goélands marins. Un petit groupe de 7 Pipits d'Amérique arrive du large et passe devant nous. Un Faucon émerillon, un Épervier brun et un Faucon pèlerin très foncé (probablement un immature) survolent le pré tour à tour.

Comme la veille, une visite à la pointe ouest est bénéfique. Il y a plus de Pluviers semipalmés avec 120 individus bien comptés, 8 Pluviers bronzés, 1 Pluvier argenté, 4 Courlis corlieux, 1 Bécasseau maubèche, 55 Bécasseaux sanderling, 12 Bécasseaux variables, 2 Bécasseaux à croupion blanc et 30 Bécasseaux semipalmés. Le retour par le pré nous fait découvrir 2 Bruants des prés et 2 Grands Hérons en vol.

Bécasseau sanderling (juvéniles) / Calidris alba / Sanderling

En après-midi, nous investiguons davantage les régions boisées et nous sommes récompensés par 1 Grimpereau brun, 4 Troglodytes des forêts, 31 Roitelets à couronne dorée, 7 Roitelets à couronne rubis, 2 Grives solitaires, 10 Merles d'Amérique, 1 Moqueur chat, 1 Paruline à collier, 1 Paruline à tête cendrée, 1 Paruline verdâtre, 2 Juncos ardoisés, 1 Bruant à couronne blanche et plus de 90 Bruants à gorge blanche.

Cette deuxième journée se termine avec 54 espèces différentes.


20 septembre 2015 

Notre départ de l'île étant programmé pour la fin de l'après-midi, nous avons toute la journée devant nous et la température est très coopérative. Nous délaissons nos télescopes pour la journée, car nous voulons passer plus de temps en bordure et dans la forêt. C'est donc avec les jumelles au cou et la caméra en bandoulière que nous parcourons l'île d'un bout à l'autre. En plus des espèces mentionnées jusqu'ici, nous ajoutons 1 Pic mineur, 2 Pics flamboyants, 1 Moucherolle à ventre jaune, 1 Sittelle à poitrine rousse (la seule de notre séjour, cherchez l'erreur ?), 1 Grive à dos olive, 1 Grive à joues grises, 11 Jaseurs d'Amérique, 2 Parulines obscures, 1 Paruline à joues grises, 2 Parulines rayées, 1 Paruline des pins, 1 Paruline bleue, 1 Paruline à gorge noire, 1 Paruline à calotte noire et 1 Bruant familier.


Sittelle à poitrine rousse / Sitta canadensis / Red-breasted Nuthatch
 

Grive solitaire / Catharus guttatus faxoni / Hermit Thrush


Ah oui, en finissant, il ne faudrait pas que j'oublie de vous parler de la présence sur l'île de 3 Élans d'Amérique (orignaux), le plus imposant de nos cervidés québécois. Lors de la traversée vers l'île, notre dévoué capitaine Jean-Pierre nous a informé de cette nouvelle. Connaissant les dimensions impressionnantes de ces animaux, avec leur 2 mètres de hauteur à l'épaule, je me disais que c'était dans le sac. Il nous avait aussi parlé d'une petite famille de Renards roux. Des nouvelles très excitantes. Comme nous passons beaucoup de temps sur le terrain et que l'île n'est pas très grande, je croyais bien que nous réussirions à les voir et même à les photographier.

Mais non, beaucoup de pistes au sol, d'excréments et d'artéfacts de leur nourrissage sur la végétation, mais aucune rencontre. Je croyais bien que mon expérience de 6 mois passés en forêt boréale au cours des 4 dernières années jouerait en ma faveur. Mais non. Alors que nous reprenons le bateau pour le retour sur la terre ferme, deux des employés de Jean-Pierre nous disent qu'ils viennent juste de les surprendre alors qu'ils se trouvaient dans le petit étang situé au milieu de l'île. L'un des deux ajoute que les orignaux se tenaient bien cachés toute la journée et qu'ils ne sortaient que vers les 04h00 de l'après-midi. Un renseignement que nous aurions bien aimé connaître avant.


Faute de vous montrer l'un des trois orignaux de l'île, voici une femelle photographiée le 2 juillet 2012 en Abitibi.




et une autre femelle accompagnée d'un veau de l'année, photographiés le 8 juillet 2012, toujours en Abitibi.





Quant aux 3 orignaux, il s'agit de triplets d'environ 2 ans. Selon les dires de Jean-Pierre, ils devraient probablement quitter l'île plus tard en profitant des dernières grandes marées de la fin d'automne.


@ bientôt.