samedi 9 juillet 2016

Voyage voyage (partie 2)




«Partir, c'est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s'envoler. C'est s'apercevoir qu'on n'est pas les seuls sur la planète, qu'on ne sait pas tout comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent.»

P. Fillit


Me revoici à l'âge de 33 ans (1984). Marié depuis 8 ans et père d'une adorable fillette de 3 ans, je suis toujours aussi passionné d'oiseaux et de nature. Je vis maintenant davantage en campagne, i.e. en dehors du village de 3 000 habitants qui m'a vu grandir. La petite famille possède une maison stratégiquement bien située en bordure du grand fleuve Saint-Laurent. Un peu pas mal maniaque, j'organise mon environnement immédiat pour accueillir et même retenir le plus d'espèces différentes d'oiseaux possible. Et ça fonctionne au-delà de mes espérances puisque je cumulerai une liste de cour comptant 192 espèces différentes en 29 ans. Des espèces aperçues ou entendues alors que j'ai les deux pieds bien plantés dans les limites de mon terrain de 2 500 mètres carrés. Quelques unes font notre bonheur en nichant dans notre environnement immédiat, d'autres le font en se perchant bien en vue ou en survolant notre demeure.

C'est ainsi qu'un certain soir d'août 1984, nous accrochons un drap blanc sur un grand mur non encore peinturé, dans une pièce que nous venons de faire bâtir et qui deviendra notre futur salon. Les meubles neufs ne sont même pas encore livrés et nous déposons le projecteur à diapositives sur une boite de carton vide. Assis par terre, nous éteignons les lumières et le show commence. Notre ami Dom commente les diapositives de son dernier voyage fait à la Péninsule de Valdès, dans le sud de l'Argentine. Il profite de la présence de l'une de ses soeurs à Buenos Aires pour y séjourner quelques jours. Il planifie ensuite de continuer sur le pouce vers cette péninsule où il compte camper pour revenir avec des photos des éléphants de mer qui y mettent bas.  Dès la première photo montrant un oiseau, je lui demande d'arrêter et je cours chercher un guide que je viens de me procurer et qui traite des oiseaux d'Amérique du Sud. Pas question que les oiseaux projetés sur l'écran ne passent sous mes yeux sans être identifiés. Dom est un mordu de nature en général, de photographie et d'activités de plein air, mais il n'est pas un ferré en ornithologie. Et comme il s'agit d'oiseaux exotiques, inconnus encore pour nous tous, c'est ensemble que nous tentons d'identifier ce qu'il a réussi à immortaliser sur la pellicule. Le premier oiseau présenté est un Tyran quiquivi / Pitangus sulphuratus argentinus / Great Kiskadee, une  photo prise dans la cour même où sa soeur habite à Buenos Aires.


Le Tyran quiquivi est l'un des oiseaux colorés les plus faciles à observer à partir du Mexique, au nord, jusqu'en Argentine, au sud. Il est très vocal et le cri fort qu'il émet est facilement interprété par les francophones sous la forme d'un "Qu'est-ce-qui-dit !" ou par un "kiskadee" par les anglophones. Photo prise le 15 février 2014 à Huatulco, Mexique.


Il est suivi d'autres photographies prises dans la pampa de la Patagonie ou sur le bord de l'Atlantique.

Au gré des diapositives, des espèces toutes aussi exotiques les unes que les autres apparaissent et s'évanouissent devant mes yeux ébahis: Cygne à cou noir, Tinamou élégant, Manchot de Magellan... Mon degré d'excitation est à son comble. Je sais maintenant, au fond de moi-même, que j'irai un jour dans ces endroits et que je les verrai, à mon tour, tous ces oiseaux d'ailleurs. Dom vient d'ouvrir mon esprit à la planète des oiseaux. Je lui en serai toujours redevable.

Jeter sur papier, en quelques lignes, les étapes de toute une vie n'est certainement pas la chose la plus facile à faire. J'essaierai donc d'être le plus concis possible. Vous me pardonnerez si je déborde un peu. La passion est tellement difficile à contrôler.

Le voyage qui a littéralement changé ma perception des voyages a lieu en mars 1987 alors que nous nous rendons à Cuba, une destination très populaire et l'une des plus économiques à l'époque. C'est un voyage de famille et je suis accompagné de mon épouse et de ses parents, de ma fille de 6 ans, de mon frère Clodin, de ma soeur Sylvaine et d'un ami ornithologue, Louis-Sarto Carrier. Nous sommes logés à Playa Giron, près de la péninsule du Zapata. Il s'agit d'un tout inclus où nous côtoyons beaucoup de russes. Cuba constitue en effet l'endroit "dans le sud" de la Russie puisque les deux sont des pays communistes et qu'ils obéissent aux mêmes règles.  Après quelques jours, Louis-Sarto apprend qu'un groupe d'une dizaine d'Ontariens logent à Playa Larga (à 20 minutes de route) et que nous pouvons nous joindre à eux pour quelques jours. C'est ainsi que pour la somme dérisoire de $50.00 US par personne, mon frère, notre ami et moi-même, nous nous joignons au groupe pour les deux journées qui suivront. Je n'ai jamais compris ce bout-là, mais il faut croire que ma bonne étoile brillait déjà dans mon firmament de voyageur en devenir. C'est là que je découvre l'existence des voyages de groupe et je veux en savoir davantage. Le leader du groupe n'est nul autre que Tom Hince, le directeur du centre d'administration de Pointe Pelée, dans le sud ouest de l'Ontario. Sa grande amabilité n'a d'égale que sa générosité. Il me dit comment procéder si je veux organiser un groupe de Québécois.

Un an plus tard, en mars 1988, je reprends l'avion pour Cuba, mais je ne suis pas seul. Je suis accompagné de 15 autres personnes qui ont répondu à mon offre d'un voyage de groupe sur cette île populaire des Caraïbes. Je n'ai malheureusement pas de photos personnelles potables d'oiseaux de toutes ces années entre 1988 et 2010. Mais je peux quand même vous donner une idée des voyages de groupes ou personnels faits à partir de 1989.


Costa Rica: mars 1989, mars 1990,  juin 1991, décembre 1991, mars 1993, décembre 1993, mars 1994, mars 1995, mars 1996, mars 1997, mars 1998, mars 1999,  mars 2000, mars 2001, février 2005, mars 2009, mars 2010.

Cuba: mars 1987, mars 1988, mars 2008.

Floride: décembre 1989, mai 2015.

Californie: décembre 1990.

Vénézuéla: juillet 1992,  décembre 1994, novembre 2008.

Colombie:  juillet 1991, décembre 1993. 

Jamaïque: avril 1993, mars 2007.

Mexique:  décembre 1995, février 2014, mai 2016.

Équateur / Galapagos: août 2000, novembre 2005, novembre 2010.

Espagne: mai 2001.

Panama: mars 2002, mars 2003, mars 2004.

Kénya / Tanzanie: novembre 2003.

Thaïlande: novembre 2004, février 2013.

Bélize: mars 2006.

Argentine: octobre 2006.

Afrique du sud: novembre 2007.

Pérou: décembre 2009, novembre 2010.

Brézil: août 2011.

Australie / Tasmanie: octobre 2011.

Madagascar: septembre 2012.

Sud de l'Inde / Sri Lanka: novembre 2014.

Ghana: novembre 2015.


Des Québécois(e)s à Cuba en avril 2008. Seriez-vous capable de reconnaître Jean Dubé, Jacques Pépin, Richard Yank, Richard Alan Jones, Leah Den Besten, André Charbonneau, Daniel Barrette, Johanne Barrette et Laval Roy ?
     

«Un bon voyageur ne doit pas se produire, s'affirmer, s'expliquer, mais se taire, écouter et comprendre.»
Paul Morand



Les îles Galapagos constituent des paradis abritant des espèces endémiques qu'elles soient minérales, végétales ou animales. Poser les pieds sur le sable blanc de quelques unes des différentes îles relève du fantasme. Nous voyons ici Anne en compagnie d'un Moqueur des Galapagos / Mimus parvulus / Galapagos Mockingbird et d'Otaries / Otaria flavescens / Eared seal. Comme pour bien des endroits à travers le monde, il est impossible de revenir tout à fait la même personne de ces lieux mythiques. Photo prise sur l'île de Floreana, le 23 novembre 2005.



«On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées.»
H. Taine




La passion des oiseaux amène ces Québécois(e)s à Bueng Boraphet, la plus grande zone humide du centre de la Thaïlande, avec une superficie de 224 km2.  Nous sommes le 13 février 2013.



«La vie est un long champ à cultiver. Voyager, c'est y semer la diversité de la Terre. Voyager, c'est l'embellir des couleurs du monde.»
L. Lesven



Il faut se rendre à un autre endroit mythique, l'île de Madagascar, pour espérer rencontrer le plus petit caméléon du monde, Brookesia minima. J'ai eu la chance de le tenir sur l'index de ma main gauche le  17 octobre 2012 au parc national de Masoala. Photo prise par mon ami Jean Jacques Gozard.


Je vous souhaite bien des voyages sur la route des oiseaux.


@ bientôt.

 


1 commentaire:

www.dianeclermont.ca a dit…

Wow, tu en as fait des voyages pour voir le oiseaux à travers le monde.
Même si tu n'as pas de photos, je suis certaine que tu les conserves précieusement dans ta mémoire.
Très belle photo pour le Tyran quiquivi que j'ai eu le bonheur de photographier au Texas, non loin du Mexique.
Merci de partager et me donner le goût d'aller voir tous ces oiseaux un jour !